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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
22 octobre 2008

Mondes parallèles

Les secondes frappés m'ont tuée hier, comme d'hab'. Je les trouve très vulgaires, mais ils ne comprennent pas où est le problème.

Nous étudiions (le mot est ambitieux pour ce que j'ai fait durant ce cours) une nouvelle qui marche bien d'habitude : "Quand Angèle fut seule" de Pascal Mérigeau.

Voici le texte :

"Bien sûr, tout n'avait pas toujours marché comme elle l'aurait souhaité pendant toutes ces années ; mais tout de même, cela lui faisait drôle de se retrouver seule, assise à la grande table en bois. On lui avait pourtant souvent dit que c'était là le moment le plus pénible, le retour du cimetière. Tout s'était bien passé, tout se passe toujours bien d'ailleurs. L'église était pleine. Au cimetière, il lui avait fallu se faire embrasser par tout le village. Jusqu'à la vieille Thibault qui était là, elle qu'on n'avait pas vue depuis un an au moins. Depuis l'enterrement d'Émilie Martin en fait. Et encore, y était-elle seulement, à l'enterrement d'Émilie Martin ? Impossible de se souvenir. Par contre, Angèle aurait sans doute pu citer le nom de tous ceux qui étaient là aujourd'hui. André, par exemple, qui lui faisait tourner la tête, au bal, il y a bien quarante ans de cela. C'était avant que n'arrive Baptiste. Baptiste et ses yeux bleus, Baptiste et ses chemises à fleurs. Baptiste et sa vieille bouffarde qu'il disait tenir de son père qui lui-même...
En fait ce qui lui avait déplu aujourd'hui, ç'avait été de tomber nez à nez avec Germaine Richard, à la sortie du cimetière. Celle-là, à soixante ans passés, elle avait toujours l'air d'une catin. Qu'elle était d'ailleurs.
Angèle se leva. Tout cela était bien fini maintenant. II fallait que la mort quitte la maison. Les bougies tout d'abord. Et puis les chaises, serrées en rang d'oignon le long du lit. Ensuite, le balai. Un coup d'oeil au jardin en passant. Non, décidément: il n'était plus là, penché sur ses semis, essayant pour la troisième fois de la journée de voir si les radis venaient bien. II n'était pas non plus là-bas, sous les saules. Ni même sous le pommier, emplissant un panier. Vraiment, tout s'était passé très vite, depuis le jour où en se réveillant, il lui avait dit que son ulcère recommençait à le taquiner. II y était pourtant habitué, depuis le temps. Tout de même, il avait bientôt fallu faire venir le médecin. Mais celui-là, il le connaissait trop bien pour s'inquiéter vraiment. D'ailleurs, Baptiste se sentait déjà un peu mieux... Trois semaines plus tard, il faisait jurer à Angèle qu'elle ne les laisserait pas l'emmener à l'hôpital. Le médecin était revenu. II ne comprenait pas. Rien à faire, Baptiste, tordu de douleur sur son lit, soutenait qu'il allait mieux, que demain, sans doute, tout cela serait déjà oublié. Mais, quand il était seul avec elle, il lui
disait qu'il ne voulait par mourir à l'hôpital. II savait que c'était la fin, il avait fait son temps. La preuve, d'autres, plus jeunes, étaient partis avant lui:.. II aurait seulement bien voulu tenir jusqu'à la Saint-Jean. Mais cela, il ne le disait pas. Angèle le savait, et cela lui suffisait. La Saint-Jean il ne l'avait pas vue cette année. Le curé était arrivé au soir, Baptiste était mort au petit jour. Le mal qui lui sciait le corps en deux avait triomphé. C'était normal.
Angèle ne l'avait pas entendue arriver. Cécile, après s'être changée, était venue voir si elle n'avait besoin de rien. De quoi aurait-elle pu avoir besoin ? Angèle la fit asseoir. Elles parlèrent. Enfin, Cécile parla.De l'enterrement bien sûr, des larmes de quelques-uns, du chagrin de tous. Angèle l'entendait à peine.
Baptiste et elle n'étaient jmais sortis de Sainte-Croix, et elle le regrettait un peu. Elle aurait surtout bien aimé aller à Lourdes. Elle avait dû se contenter de processions télévisées.
Elle l'avait aimé son Baptiste, dès le début, ou presque. Pendant les premières années de leur mariage, elle l'accompagnait aux champs pour lui donner la main. Mais depuis bien longtemps, elle n'en avait plus la force. Alors elle l'attendait, veillant à ce que le café soit toujours chaud, sans jamais être bouillant. Elle avait appris à le surveiller du coin de l'oeil, levant à peine le nez de son ouvrage. Et puis, pas besoin de montre. Elle savait quand il lui fallait aller nourrir les volailles, préparer le dîner. Elle savait quand Baptiste rentrait. Souvent Cécile venait lui tenir compagnie. Elle apportait sa couture, et en même temps les dernières nouvelles du village. C'est ainsi qu'un jour elle lui dit, sur le ton de la conversation bien sûr, qu'il lui semblait avoir aperçu Baptiste discutant avec Germaine Richard, près de la vigne.
Plusieurs fois au cours des mois qui suivirent, Cécile fit quelques autres discrètes allusions. Puis elle n'en parla plus. Mais alors, Angèle savait. Elle ne disait rien. Peu à peu, elle s'était habituée. Sans même avoir eu à y réfléchir, elle avait décidé de ne jamais en parler à Baptiste, ni à personne. C'était sa dignité. Cela avait duré jusqu'à ce que Baptiste tombe malade pour ne
plus jamais se relever. Cela avait duré près de vingt ans. Son seul regret, disait-elle parfois, était de n'avoir pas eu d'enfants. Elle ne mentait pas. Encore une raison de détester la Germaine Richard d'ailleurs, car elle, elle avait un fils, né peu de temps après la mort de son père, Edmond. Richard, un colosse aux yeux et aux cheveux noirs avait été emporté en quelques semaines par un mal terrible, dont personne n'avait jamais rien su. Le fils Richard, on ne le connaissait pas à Sainte-Croix. II avait été élevé par une tante, à Angers. Un jour cependant, c'était juste avant que Baptiste ne tombe malade, il était venu voir sa mère. Cécile était là, bien sûr, puisque Cécile est toujours là où il se passe quelque chose. Elle lui avait trouvé un air niais, avec ses grands yeux bleus délavés. Angèle en avait semblé toute retournée.
Cécile était partie maintenant. La nuit était tombée. Angèle fit un peu de vaisselle. Elle lava quelques tasses, puis la vieille cafetière blanche, maintenant inutile, puisque Angèle ne buvait jamais de café. Elle la rangea tout en haut du bahut. Sous l'évier, elle prit quelques vieux pots à confiture vides. A quoi bon faire des confitures, elle en avait un plein buffet. Elle prit également quelques torchons, un paquet de mort-aux-rats aux trois-quarts vide, et s'en alla mettre le tout aux ordures. Il y avait bien vingt ans qu'on n'avait pas vu un rat dans la maison."

Quand j'ai demandé, par exemple, ce que l'on pouvait supposer à propos de la mort suspecte du mari de Germaine, Edmond, j'ai eu droit à : "Sa femme elle avait le sida et elle lui a refilé !" ou encore "Il fumait la pipe donc il a eu un cancer" (erreur sur le personnage, en plus).

Quant à la vraie raison de l'assassinat, ce fameux enfant qu'Angèle n'a pas eu, le pire a été un truc du genre : "C'est de sa faute !" en parlant de la femme. Celui qui m'a dit ça avec l'air benêt et convaincu (il l'a répété plusieurs fois malgré mes remarques) ne comprenait pas que je sois choquée par ses propos d'adolescent du XXIème siècle au style médiéval...
Ensuite, il y a eu l'avalanche de propos sexistes (le sexe faible, tout ça) mais c'est moi qui étais méchante et injuste avec les hommes, selon eux.
Une fois le dos tourné au tableau pour écrire trois mots en guise de réponse à la question, j'ai entendu un sonore "Ta mère la pute !" qui ponctuait un de leurs dialogues...

Bref, j'étais dans un monde absurde. Et j'ai toujours 2 textes de retard avec eux par rapport à l'autre classe de seconde : impossible d'avancer.
En plus de cela, j'avais deux paquets de copies à leur rendre. J'avais prévu 7mn pour le faire, ce qui est largement suffisant. Mais non. Un seul a été distribué sur les deux.

C'est long, 7 minutes entières pour donner 32 copies. Long.

Après cela, bizarrement, j'ai ressenti une douleur au niveau du crâne : une énième migraine.

Heureusement, dehors, le spectacle automnal m'a quelque peu apaisée...

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16 septembre 2008

Papier glacé

Quand je vais chez le coiffeur, j'ai du mal à résister à l'appel de la presse "facile". C'est comme une curiosité malsaine, qui me fait penser au moment où l'on ralentit sur la route lorsqu'il y a un accident.
Bref, Marie-Claire me tendait les bras ce matin. J'ai côtoyé Carla Bruni, Louise Bourgoin, Dita von Teese (et aperçu Marie Laforêt sur le journal de mon voisin).

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De la première, je ne retiens qu'une chose : elle ne cesse de dire "mon mari" -variante possible : "mon mari et moi"- mais ne nomme jamais le président par son prénom. Elle prône et revendique leur union, leur proximité, mais sur le plan du langage, il y a une réelle distance. C'est la fonction maritale qui prime.

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Quant à la deuxième, je dois reconnaître qu'elle est absolument charmante. Et cultivée, ce qui ne gâche rien. J'ai appris qu'elle vivait le grand amour avec Julien Doré, le xième gagnant de l'un des télé-crochets actuels.

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La troisième est une sorte d'icône sexy, pin-up incisive que je ne connaissais que de nom. Enfin presque : elle est l'égérie de Wonderbra... Ce que j'ai apprécié, c'est son franc-parler : elle ne se cache pas d'avoir de faux cils, de faux ongles et de faux... seins. Ou encore de s'être shootée pendant quelques années à toutes les drogues dures et imaginables. Elle avait d'ailleurs tellement maigri à cause de ça, qu'elle n'avait plus de seins. CQFD.

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Pour ce qui est de Marie Laforêt, j'ai juste aperçu quelques mots du titre de l'article : "...vivre...luxe" et vu une photo d'elle les cheveux longs, presque complètement blancs. Elle était assise sur un canapé ou un lit blanc lui aussi.

Parfois, on devrait s'abstenir de regarder au bord de la route, et fermer les yeux.

marie_laforet_jeune

8 septembre 2008

Beta bloquants

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Bon, soyons honnête : je n'ai rien de particulièrement fulgurant à évoquer. Pas de poste; une sorte de routine qui s'installe, à laquelle je vais ajouter des entraînements de tir puisque je me suis réinscrite hier. J'iria dès ce soir, et ce sera bien difficile de retrouver un niveau correct...
J'ai entamé une cure de longue durée de beta bloquants pour lutter contre mes crises de migraine car les triptans ne me font aucun effet si ce n'est de provoquer des effets secondaires rarissimes sur moi.
Je dors mal, mais la Fée a décidé de m'écrire un conte en plusieurs épisodes pour que je fasse de jolis rêves. C'est beau, non ?
Les Jeux Paralympiques ont début dans une grande indifférence, mais mes camarades du tir à l'arc ont l'air motivés et épanouis. Je me sens à la fois très proche d'eux et très loin... Etrange sensation.
J'ai vu Sandy hier. Elle arbore un joli ventre rond puisqu'elle entame son neuvième mois. Le Chaton est en grande forme à presque un an et demi : nous avons joué lui et moi sur le synthé de son Papa. Le petit Mozart était ravi.
Et puis, pour ne pas trop penser à l'éventuel coup de fil du rectorat, je vais lire le deuxième tome de Larsson (et sur lequel je n'accroche vraiment pas au bout de 130 pages, désolée, Emy).

3 août 2010

Pause estivale

Voilà, tout semble presque prêt. Flûtine est sur la route.
Je n'ai programmé qu'une entrée sur le blog, concernant deux lectures, et c'est tout. Silence radio pendant plus de deux semaines. Cela me fera du bien, et puis vous aussi, vous serez loin de l'écran, et c'est mieux ainsi.
Nous allons faire pas mal de kilomètres mais cela ne me fait pas peur. La voiture est sacrément chargée. Je vais bien vérifier le gonflage des pneus tout à l'heure. Il semblerait que la pluie soit annoncée pour demain soir sur notre camping. Dommage...

camping

J'ai emporté des lectures d'agreg (Montaigne encore, Racine et Robbe-Grillet). Juste pour les lire. Les connaître un peu. Les savourer. Laisser mûrir.
Par ailleurs, j'ai deux maillots de bain, mes appareils photo, mon vtt, mes affaires de rando et je suis heureuse de tout cela.

En attendant mon retour, je vous souhaite un beau mois d'août, tel que vous l'espérez.

Edit du 4 août : finalement, nous en partirons que demain matin. Ah, le travail...

12 avril 2011

J2

Réveillée à 4h55, levée à 5h05; partie à 5h55, j'ai vu le train de 6h09, annoncé sur le site ratp, passer à 6h01. J'étais déconfite. La question que l'on se pose de suite, c'est : à quelle heure est le prochain train ? Puis : vais-je arriver en retard ?

ratp_appli

Dieu Métro merci, je suis arrivée ric rac au lycée pour poireauter patienter dans le hall et m'inquiéter à l'idée de tirer un sujet atroce du type un poème obscur de Rimbaud à commenter. Il ne restait que deux papiers dans l'enveloppe des sujets. J'ai eu l'un des derniers chapitres des Essais I. Décidément, c'est mon année Montaigne. Seul souci réel, la question de grammaire : les propositions subordonnées (sauf les relatives, parce que ça serait trop facile, hein).

J'ai bien utilisé mon temps de préparation, mais il faisait atrocement froid dans la pièce. En faisant la question grammaticale, j'ai peu paniqué, me disant que j'énumérais sans doute des évidences, mais qu'au moins je "remplissais". En revanche, en passant à l'oral, j'ai bien senti à quel point j'étais affreusement mauvaise -comme tout le monde- dans ce domaine.

Questions grammaticales du jour : "que" peut-il avoir la valeur de "si" dans la grammaire moderne ? une proposition subordonnée est-elle toujours dépendante syntaxiquement de la principale ? d'ailleurs, le terme de proposition principale est remis en question aujourd'hui; comment l'appelle-t-on dans la grammaire moderne ?

Questions sur le texte Montaigne : qu'est-ce le souverain bien en philosophie ? quel lien pourriez-vous faire entre cette notion et César, justement mentionné dans ce chapitre ?

Il reste donc une épreuve, la plus physique : la leçon. Six heures de préparation, 50mn de passage, entretien compris (et je vous fais la vidange ? je vous change les pneus ?). Je redoute affreusement Rimbaud : si je tombe sur lui, je suis en danger pour valider l'agrégation car il y a un risque énorme d'avoir environ 05/20.
Seules autres possibilités : Robbe-Grillet ou le film de Melville. Je prie pour avoir le film et "briller" dans une épreuve.  Mais là, Arthur me nouerait presque...

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6 septembre 2010

Groggy

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Souvent, voire toujours, à la rentrée, quelques angoisses se font jour. On rêve des élèves, on a peur de rater nos premiers cours alors qu'ils sont essentiels, on se pose mille questions -systématiquement les mêmes- du type : dois-je faire un plan de classe tout de suite ? classeur ou cahier ? parler du bac en long en large et en travers ? fiche de renseignements ou pas ? test de connaissances pour les "accueillir" ? parler des programmes ?
La question de l'habillement est importante elle aussi, à mon sens.
Alors cette nuit, je ne me suis endormie que vers trois heures. C'est toujours ainsi dès que je me formule qu'il faut que je dorme pour être en forme.

Sur la table du salon qui fait office de bureau, s'accumulent les feuilles, livres, pochettes en une seule colonne, de plus en plus haute. Et je dois poursuivre aujourd'hui (je n'ai pas cours le lundi).

La semaine de reprise sera morcelée de toute part : grève de l'EN en ce jour, grève collective demain, aïd jeudi ou vendredi... De fait, côté élèves, ça ne les met pas en situation de travail. J'ai un peu peur des retombées sur l'ambiance en classe.

Ceci étant, j'ai décidé de participer à la manifestation de demain. Pour moi,ce n'est pas courant et je tenais à le signaler. Je suis révoltée par le massacre de l'école depuis longtemps, mais là, je veux un peu plus m'investir. Et j'en ai assez d'enrager dans mon coin parce que l'on me tient par le porte-monnaie.

A ce propos, je le suis tellement que j'ai accepté de donner un cours particulier hier... Voilà où les profs titulaires en sont bien souvent. Parce que nous le valons bien. Eh, monsieur le ministre, vous m'entendez ?

5 octobre 2009

Faut-y que j'sois solide !

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Outre le fait que j'ai passé une journée de repos assez nulle en soi (soucis administratifs au pays des shadocks de l'immobilier), je pensais naïvement trouver en rentrant un message au moins du lycée afin de savoir où nous en étions et comment agir demain.
Mais rien. Nada. Queutchi. Niet.
Super facile à gérer, vraiment.

25 décembre 2011

Noyel marin

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Nous avons totalement improvisé, vendredi, un réveillon à la mer : direction Villers-sur-mer, à côté de Deauville. A deux heures de Paris, un dépaysement. Le soleil était là hier, et malgré une certaine fraicheur, nous étions bien. Nous avons marché, marché, marché tout au long de la plage. Et puis déjeuné face à elle, comme si notre pique-nique était un festin.

J'avais du mal prendre conscience que nous étions là, vraiment, car j'ai quelques angoisses en ce moment, qui m'empêchent de vivre parfois dans le présent. Et puis ce lieu est chargé d'un souvenir de vacances avec mes parents, alors que je devais avoir neuf ou dix ans : j'avais attrapé un très méchant virus, et je n'avais rien vu de mon séjour. Crises de délire à presque 41° de fièvre, épuisement total. Mais ce souvenir m'est cher car à la fin du séjour, j'avais regardé mon père nager au loin, avec ses jumelles, alors que j'étais assise dans un fauteuil avec une couverture... Cette image-là reste en mémoire.

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Pour le repas du soir, nous ne voulions pas forcément mettre les petits plats dans les grands, Flûtine et moi. Nous avons fait très fort : direction Karouf market, petits achats pour moins de dix euro, et repas... sur notre lit ! (On n'a même pas bu la bière, qui a été remplacée par du Koka lïte.)

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On a bien fait de ne pas sortir le soir car très vite, après l'ouverture des cadeaux, nous avons sombré dans le sommeil et Flûtine dans... une crise de fièvre. Serait-ce l'air de Villers qui provoque des délires ?

Nuit agitée mais énorme si l'on compte nos heures (couchées à 21h20, levées à 9h15...). Malgré la fatigue de Flûtine, nous avons rejoint Deauville pour marcher le long de la plage, et improviser un léger pique-nique avec nos restes. Et puis retour dans le silence, avec ma jolie passagère endormie, et moi qui conduisais.

Au fait, j'ai eu comme cadeaux de la musique (Alain Leprest, un live de Camille, Muse et... une démo de Flûtine !), de la lecture sur la peinture, et je me suis offert une petite lime à ongles rigolote.

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Cette globale simplicité m'a beaucoup plue.

15 juillet 2011

"Les promesses d'un visage" (Baudelaire)

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J'ai vu l'exposition Manet à Orsay aujourd'hui. Outre les toiles les plus célèbres, qui ont été simplement déplacées des autres salles du musée, mais qui me donnent toujours le sourire (en particulier "Le balcon" sur lequel j'avais travaillé il y a quelques années), j'ai (re)découvert certaines autres peintures, venues surtout des Etats-Unis.

J'ignorais aussi que Manet avait eu une période "religieuse", qui n'a pas duré longtemps (cf. "Le Christ mort et les anges").

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Mais surtout, surtout, je suis tombée amoureuse de deux pastels, installés côte-à-côte : le "Portrait d'Irma Brunner" (le plus connu) et "Jeune femme blonde aux yeux bleus". Je les ai  achetés en carte postale pour les regarder encore, même si leurs couleurs d'origine sont atténuées sur la reproduction. Elles sont superbes. Je me disais qu'avec leurs défauts, toutes les femmes peintes par Manet étaient vraiment belles. Sans compter Berthe Morisot, que j'aurais pu, je crois, aimer. Elle est fascinante (et l'une de ses toiles, "Eté", l'est tout autant).

Dans cette même salle, il y avait aussi "Liseuse" et "Chez la modiste", qui m'ont touchée. Ou encore "L'amazone". Que des portraits de femme, je sais...

J'ai aussi été surprise, en regardant différents dessins préparatoires à "Olympia" (et spécialement une sanguine), de constater que je rentrais terriblement dans l'esthétique de l'époque. Pour la première fois, suite à mon régime, je me suis dit que ce type de corps pouvait être beau, vraiment. Désirable.

Et puis les dessins à la plume de Baudelaire m'émeuvent toujours autant.

J'ai aussi découvert, après l'expo, de récentes acquisitions du musée : cinq toiles de Bouguereau. C'est surprenant et très beau.

Tout cela en écoutant du Benjamin Biolay, par choix : casque sur les oreilles, souriant souvent. Je serai pleine de ces images, en marchant.

15 février 2009

Pâte à crêpes

En vacances depuis vendredi soir, après avoir recopié au propre les cahiers de texte, dit aurevoirmercietàbientôt, rangé mon casier, fait une lettre aux profs principaux, j'en passe et des meilleures, j'ai pu rentrer chez moi.
J'y ai retrouvé Clochette et ses premières chaleurs -elle sera stérilisée demain, malgré son pedigree blabla car je n'ai guère le choix, malheureusement.

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Hier, jour de St Valentin, je me suis pathétiquement réveillée avec une peluche dans les bras, et me suis couchée avec. Entre temps, j'ai rentré les notes des élèves sur mon ordi (quoi, comment ça, je n'arrive pas à décrocher ?), suis allée me balader un peu, et j'ai fait des courses chez Picpic pour remplir mon congel.
Bref, une St Valentin sous le signe de tout, sauf de l'amour.

Mais le week-end prochain, grâce à la Fée, je partirai à Honfleur dans une chambre décorée comme si j'étais à la montagne. J'aurai peut-être aussi reçu un joli cadeau rouge accompagné d'une gravure au dos...
Sinon, mardi soir, avant-première prévue avec la Comtesse.

Je prends mon temps, je laisse les choses et les gens venir. Là, je vais prendre ma douche puis je descendrai peut-être au marché.
Ensuite, repos, repassage en regardant un Woody Allen, préparation de pâte à cannelés. Et pas de stress pour les cours. C'est ce que j'aime le plus, dans ces vacances.

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18 octobre 2008

Brouillonne

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Avant de partir à la poste puis faire des courses, je me suis dit qu'il fallait que je fasse une liste rapide des choses dont je dois vous parler :

  • mon premier vrai sourire sur ce remplacement (c'était hier)
  • Zora qui adore le français
  • ma fatigue
  • mes derniers achats musicaux
  • Catherine Frot
  • mon premier concours de tir à l'arc

C'est déjà pas mal pour quelqu'un qui voudrait avoir des journées rallongées de plusieurs heures : je suis tellement hors-service que je mets quinze fois plus de temps à faire les choses... Je ne vous dis pas la galère pour les dix paquets de copies en attente...

A très vite !


18h40 -> Nous y voilà : je fais déjà une pause après quatre copies de première S...

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Je vais vous parler de mon sourire d'hier : en seconde, nous avons des heures d'AI (aide individualisée) qui sont consacrées aux élèves les plus en difficulté (c'est d'ailleurs grandiose ce que l'on peut faire avec une heure... Hum, passons). Je n'avais pas choisi ceux-là mais les tricheurs de mon premier devoir maison. En effet, ils étaient trois à avoir pompé sur le net des textes contre le racisme. Ils avaient été notés respectivement 1 et 3 sur 20, avec les adresses des sites dans la marge.
Je leur ai proposé, après avoir discuté avec eux de l'inutilité et de la malhonnêteté de la démarche, de retenter de faire ce travail avec moi pendant l'heure. L'un d'entre eux, bon élève, a ronchonné, fait semblant de croire qu'il n'y avait pas de souci particulier avec sa copie, puis a joué le jeu. Les deux autres, plutôt sympathiques, ont accepté de suite et reconnu leur erreur. Je suis passée pour les aider tant sur le fond que sur la forme, même si j'ai allégé mes remarques concernant l'orthographe.
Cinq minutes avant la fin, je leur ai attribué des points : ils en ont eu sept chacun. Ce qui m'a redonné le sourire, c'est qu'ils m'ont remerciée sincèrement. Auprès de leurs parents, ils pourront dire qu'ils ont réussi à les gagner ces points-là, et que cette heure, qui devait être particulièrement pénible (dernière heure de la semaine, avec sortie à 17h30...) s'est avérée bien plus riche que prévu.
J'étais épuisée, mais heureuse, en repartant de mon lycée, solitaire.

11 août 2008

Cycle de lavage

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Bérengère Schuh, Sophie Dodemont, Virginie Arnold

Médaille de bronze par équipe, JO de Pékin

Aujourd'hui, j'ai décidé de m'occuper l'esprit en me donnant des petits objectifs : laver la voiture (ça fait environ deux mois que la pauvre 307 attendait de retrouver sa couleur de carrosserie), aller à la pharmacie (plus rien pour mes bobos de tête), faire un tour dans ma nouvelle ville, passer à la mairie pour avoir des guides municipaux...
Ce qui peut paraitre étonnant à certains, c'est que je suis contente de m'y être tenue. Comme s'il s'agissait de petites victoires du quotidien.

J'ai évité de rester affalée au fond du canapé en regardant des dvd ou en cherchant le tir à l'arc retransmis (éh, si vous ne le savez pas, les archères françaises ont accompli un exploit en décrochant le bronze par équipe ! Et j'ai assez souvent tiré avec elles sur les pas de tir : c'est comme si des "camarades" avaient gagné. Le monde du tir est finalement très petit. Et suivre ces matches m'aurait presque redonné envie de m'y remettre...).

Les chats s'entendent plutôt bien, même si la petite Clochette a tendance à épuiser Cachou : elle le poursuit avec frénésie et l'adore. L'appartement me plait, et mon quartier aussi. Bien plus que l'ancien.

Et puis j'attends. J'attends le retour de la Fée.

28 mai 2009

Rouge laqué, comme le canard

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J'ai donné un cours particulier de philo, ce soir. Sujet choisi par mes soins : "Peut-on désirer sans souffrir ?"
Bon, le bilan, c'est "pas vraiment, même si on le veut". Je maîtrise l'art de la synthèse, hein ?
Sinon, en début de cours, la mère de mon élève (aujourd'hui en terminale, alors que je l'ai connu en 4ème...) est arrivée avec un petit paquet sous le bras : c'était une parure Waterman rouge laqué. Je n'en suis pas revenue. Comme ça, sans raison.

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A part ça, les schtroumpfs ont été infernaux ce matin. Je dois absolument prendre le temps de vous raconter deux trois choses édifiantes...
Mais avant, repos de la guerrière. Demain , cours puis Karouf puis Tati puis BHV ! Piouh...

2 janvier 2015

Tourner la page virtuelle

Après treize ans (!) de bons et loyaux services, j'ai décidé de laisser mon blog "Prof et plus si affinités" pour aller vers d'autres horizons, beaucoup moins personnels. A force d'avoir écrit ce que je traversais, et surtout parce que je ne suis plus une inconnue pour certains d'entre vous, cet espace de liberté est devenu peu à peu un espace étriqué pour moi. C'est-à-dire que c'est tout le contraire de ce que je voulais.

Pour ceux qui aimeraient malgré tout me suivre dans mes aventures culturelles, envoyez-moi un message via le lien "Contactez l'auteur" (en haut à droite de la page d'accueil). Je vous donnerai la nouvelle adresse de mon blog, quand je n'aurai aucun doute. N'hésitez pas à me contacter, ou bien à laisser un commentaire ou une demande au pied de ce message.

Après toutes ces années, j'ai un peu de peine à basculer et à abandonner, d'une certaine façon, mon tout premier journal virtuel. Quelques chiffres, tout de même, depuis que j'ai migré sur canalblog, en 2006 :

2349 messages

319.503 visiteurs

7039 commentaires

539.410 vues

18 abonnés

3941 photos

Ecrire ici m'a beaucoup apporté, et je vous en remercie car vous êtes responsables d'une grande partie de mon plaisir à gérer ce blog. J'espère m'épanouir sous de nouveaux horizons virtuels. Merci à tous, déjà et encore.

merci-a-tous-

Edit du 19/02/15 : il y a encore de nombreuses visites quotidiennes sur ce blog (environ 50/jour), alors que je ne l'alimente plus. N'hésitez pas à me contacter pour me suivre ailleurs, si le coeur vous en dit !

2 août 2013

Santiago, Praia, Fogo...

Demain, à cette heure-ci, je serai au-dessus de l'océan... Destination le centre du monde, d'une certaine façon. Au milieu de l'eau, plusieurs îles forment un pays, celui de Cesaria Evora. Nous y serons, en circuit itinérant, entre sable noir, volcans, plages, marchés aux épices, et mille autres découvertes (allez sur google images, ça fait rêver).

Il y a bien longtemps que je ne suis partie si longtemps et pour un véritable voyage dépaysant. J'espère vraiment déconnecter là-bas, car je cauchemarde beaucoup trop à mon goût, et je ne me détends guère, malgré les vacances.

Je serai donc en cure de désintoxication du net et du portable pendant trois semaines.

D'ici-là, vivez bien et profitez !

boîte

Je laisse la boîte aux lettres ouverte pour trouver vos commentaires en rentrant (je modère, je modère !).

3 mai 2013

Goulasch et compagnie

Si je vous parle d'un opéra qui a été inspiré par celui de Garnier, d'un palais, de thermes et de bains chauds, d'une synagogue, d'un mémorial de l'holocauste, d'un château, et d'un fleuve qui est dit "bleu", devinerez-vous où je passe mes vacances ?

Je suis allée pour la première fois à l'opéra hier soir, dans cette capitale européenne, et j'ai souri tout du long, je crois. Puccini et sa Butterfly m'ont enchantée. Je n'ai qu'une envie : y retourner.

C'était juste un petit mot en passant, et en souriant bêtement...

19 mars 2013

Restons légers

Parce que la reprise, ce n'est jamais drôle, voici mes dernières perles.

La première série concerne environ dix copies de commentaire sur un texte d'Aragon (en S) :

* Aurélien dégage un réel intéressement de Bérénice.
* Aragon a écrit Aragon en 1944
* en quoi la rencontre est supersticiel ?
* Aragon insiste sur une argumentation péjoratif sur Bérénice
* tout est péjoratif chez Bérénif
* il est devenu assez dur dans sa tête
* nous passons de la péjoration à la fascination

Aragon Aurélien

La deuxième série, c'est ce que j'ai entendu toute la journée durant les Zorro blancs de Bac :

* Blues brother voit tout (pour Big brother dans 1984 d'Orwell...)
* se vestir (= se vêtir)
* l'Humanisme fait suite au Réalisme
* Beaumarchais est un auteur réaliste
* Rimbaud a fait des petits poèmes, il est jeune
* le libertinage, c'est quand un couple va dans des clubs échangistes
* le petit joujou (pour "Le joujou du pauvre" de Baudelaire)
* Rimbaud réalise un spleen

Et j'ai eu un élève qui est arrivé sans convocation, sans textes, et sans stylo car il revenait de vacances, dixit. Cela ne semblait pas le gêner de me le dire.

A suivre, car j'ai encore une vingtaine de candidats à faire passer dans la semaine...

 

8 août 2012

Peaux de peinture

Je suis assez raide et j'ai mal partout, mais je tiens le bon bout. Le résultat a, je crois, beaucoup "de gueule". Demain, Flûtine donnera du rouleau pour finir la chambre et je corrigerai au petit pinceau les accrocs de la peinture (ah, les scotches !). Et ce sera fini... (Enfin, les cartons prendront le relais.) Comme je m'y vois bien, dans cet espace !

21 février 2012

Eternelles questions

coiffeur ciseau

Je ne sais quelle mouche m'a piquée mais j'ai fait un mail dimanche à une collègue du lycée, qui assume pleinement son homosexualité sans la revendiquer pour autant. En gros, son look parle pour elle. Je la voyais typiquement dans le Marais, et après quelques discussions, j'ai vu que je ne m'étais aucunement trompée. Nul besoin de gaydar pour son cas.

Donc, elle a entre autres les cheveux décolorés et hyper courts, très stylisés.

Comme elle est sympa, je lui ai écrit pour lui poser une question totalement futile : quelle est l'adresse de son coiffeur ? J'ai enrubanné tout ça, pour être le moins ridicule possible. Du coup, nous avons échangé quelques messages dans la journée, et ses propos m'ont amusée. Evidemment, elle a bien vite compris que, si nous n'avions pas le look en commun, nous partagions d'autres préférences.

Je lui ai parlé de mon envie de me couper les cheveux courts, et de toutes les interrogations que cela entrainait chez moi : ne pas avoir envie d'entrer dans un stéréotype, ne pas alimenter les discours du tout-venant sur le fait qu'une homo a forcément les cheveux courts, ne pas placer la féminité dans la chevelure, etc.

Elle m'a répondu que les jeunes filles branchées du Marais avaient l'air de se poser bien moins de questions que nous. Ce qui est plutôt vrai.

Ceci étant, j'ai une bonne adresse de salon de coiffure -non loin du Marais, of course- et j'hésite. Je ne voudrais pas non plus déplaire à Flûtine. D'un autre côté, si je me sentais mieux dans mon corps, mon visage, ne serait-ce pas bénéfique ? Et je me dis que si je songe enfin à vraiment changer de tête, c'est que j'ai dû enfin prendre un peu conscience de ma perte de poids. Il était temps.

Je me donne jusqu'à jeudi pour réfléchir. Si je ne me donne pas de butoir, je vais tergiverser pendant des semaines. En attendant, Paris m'appelle un peu pour marcher.

28 mai 2012

Nous sommes à votre écoute

Avant de me plonger dans l'ambiance caliente des copies et des bulletins, je me dois de vous dérouler mes derniers jours culturels avec Flûtine.

L

Il y a eu d'abord l'expo Newton au Grand Palais, et vous le savez déjà. Le lendemain soir, concert de L au théâtre de l'atelier. Si cette jeune chanteuse continue ainsi, elle risque d'électriser un nombre de spectateurs de plus en plus important. Sur le plan vocal, rien à redire, et c'est un sacré luxe. La fragilité due au trac dans le premier morceau est vite devenue très pro. Flûtine a répéré un aspect technique qui m'a échappé mais qui semble être rarissime : une sorte de tempo personnel que L suit, qui fait qu'elle ne se laisse pas embarquer par les musiciens. Sa voix est comme autonome, ce qui est impressionnant. Sinon, L manque de maturité scénique, et sa candeur, sa fraicheur dénotent avec le côté sombre de ses textes. Elle a aussi quelques petits tics mignons, qui seront sans doute corrigés au fil du temps. Mais là, je me dis, quel potentiel, grands dieux...
Et puis il y a eu une prouesse vocale en rappel, effectuée avec Camelia Jordana, invitée juste pour cette reprise a capella d'une chanson de Lhasa : bluffantes de maitrîse, les demoiselles.

Ensuite, nous avons enchaîné avec une adaptation d'une pièce de Rebotier (créée aux Amandiers de Nanterre), sur Cergy. Les trois comédiennes étaient épatantes au niveau du rythme et des prouesses de diction autant que de voix. J'ai regretté cependant qu'il n'y ait pas plus de liens entre les saynètes car l'ensemble paraissait quelque fois décousu. Pourtant, il y avait vraiment des pistes à prolonger et à exploiter.

DSC_0410

Et ce week-end, pour compenser la masse de travail, expo Degas à Orsay samedi, et visite de l'abbaye de Royaumont avec pique-nique hier... Je poursuivrai plus tard : les copies m'appellent !

PS : Emy, je n'oublie pas le récit immobilier mais j'ai opté pour les arts, qui sont bien plus dignes d'intérêt ici... Mais promis, je ferai une entrée sur mes aventures aussi.

17 avril 2012

Pajouter : lire selon son plaisir, au rythme que l'on veut.

Je vous avais dit il y a peu que je retrouvais le plaisir de lire enfin des ouvrages que je choisis, et non ceux qui m'étaient imposés par le concours (ceci ne m'empêchant pas de découvrir avec beaucoup de satisfaction des oeuvres vers lesquelles je ne serais justement jamais allée).

Mccarthy

J'ai débuté par un roman d'anticipation de Cormac McCarthy, La Route. J'aurais pu (dû ?) choisir moins sombre, mais la couverture de l'édition limitée, argentée, à la tranche noire, me tentait depuis un bon moment. Le pitch est assez simple, somme toute : un homme et son fils (on ne connaitra jamais leurs noms) sont parmi les rares rescapés d'une fin du monde peu claire (une explosion, des cendres partout, un grand froid, la nuit quasi permanente...), et avancent sur la route pour aller vers le sud. Ils survivent comme ils peuvent, évitent "les méchants".

Au début de la lecture, j'étais comme certains élèves qui me disent parfois : "Mais... y' s'passe rien dans ce bouquin ! Y'a pas d'action !" Le rythme des journées répétitives, désespérées et angoissantes se ressent dans l'écriture, assez brillante (même s'il s'agit d'une traduction, on le sent bien). Je me suis laissée prendre au jeu en me demandant comment cette traversée allait se terminer, quelle fin était possible. Pour ne pas déflorer le roman, sachez juste que les deux ou trois dernières pages contiennent de l'espoir, et sont d'ordre métaphysique...

solution terminale

J'ai eu envie d'enchainer sur d'autres romans d'anticipation, et sur des uchronies. J'ai alors lu un ouvrage peu connu d'Anne Maro, Solution terminale. Cette fois-ci, le monde futur a rendu les individualités superflues et les humains sont classés en fonction de leur caste et de leur utilité. Les vieux dominent cette société, et cherchent à vivre le plus longtemps possible, avec des gens à leur service. La narration est construite sur plusieurs voix qui se superposent, se suivent. Certains tentent de résister mais la censure et le contrôle permanent (on pense à 1984 d'Orwell) nuisent à tous. Même l'amour est interdit...

J'ai lu ce roman avec curiosité au début, mais mon intérêt a progressivement décliné. Sans doute parce que j'ai lu de façon hachurée et que je n'ai pas réussi à créer une identification nette avec les personnages.

Actuellement, je relis (parce que je devais avoir quinze ans quand le l'ai lu, et que je l'ai donné à ma classe de première pour le bac) L'Ecume des jours de Vian. J'apprécie encore plus, avec l'âge (même si un agent immobilier ne m'a pas crue quand j'ai annoncé que j'allais vers ma quarantaine, oh my God !), le décalage, l'humour, la bizarrerie de ce roman.

Huxley île

Ensuite, ce sera un roman d'Aldous Huxley que j'ai découvert par hasard, Ile. Une île harmonieuse en apparence, qui attise les convoitises...

31 décembre 2011

Before et after

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A minuit, ce soir, je dormirai. Et ça sera bien comme ça. Flûtine a dû rentrer chez elle, car les tarifs prohibitifs du train l'ont empêchée de rester deux jours de plus sur Paris. Alors nous allons opter pour une soirée calme, sans falbalas, trompettes ni tambourins. J'ai décidé de m'offrir simplement un verre de Martini blanc, et du foie gras sur du pain frais aux céréales.

Ensuite, j'irai sans doute me coucher.

J'ai quand même envie de vous donner la phrase que j'ai produite par le fruit du hasard, sur un générateur de bonnes résolutions :

"Consulter

effrontément

pour se faire soigner

sans aucun tabou."

 

Elle m'amuse bien, cette résolution.

Passez le réveillon qui vous plaît, comme vous l'entendez. Et à demain, en 2012...

18 janvier 2012

Shopping revival

Je suis assez lasse, quoique pleine d'envies de changements et donc motivée pour y parvenir. Je songe par exemple aux mutations acrobatiques en établissement "éclair" : je sais bien que cette proposition de l'Etat est un piège, mais cela me permettrait de rejoindre Flûtine dès cet été, par exemple, et de déménager (mon propriétaire me sort par les oreilles, si je résume : il ne mérite pas mon argent).

L'administration du lycée nous soutient de moins en moins et surtout reconnait de moins en moins le travail que nous fournissons. Tire-au-flanc ou prof dévoué, on a autant de respect...

Le concours, c'est dans une semaine, et je suis à la fois soulagée d'y être enfin, et évidemment inquiète car mes connaissances sont globalement approximatives. Je révise quand même avec régularité. J'aimerais beaucoup tomber sur Maupassant, qui est l'auteur que je maitrise le mieux -sans surprise.

photo shopping

Pour sortir de ma routine et me faire plaisir, je suis allée aujourd'hui du côté de Rivoli, juste après les cours, comme si je faisais quelque chose d'interdit. J'ai révisé dans les transports, et songé aux nouvelles de Guy en faisant les boutiques. J'ai trouvé, pour des prix dérisoires, une jupe en jean (oui oui, moi en jupe, dingue !), un jean Esprit (une première dans ma vie : normalement ils sont trop petits), un joli gilet gris beige de la même boutique, un pull framboise chiné chez Gap, et un ensemble tour de cou/bonnet "mou" en laine mélangée et chiné. Ce petit ensemble était hors de prix initialement : 44.95€ et 22.95€. Du délire. Là, j'ai eu le tout pour... 9.98€ ! Passionnant, hein ?

En fait, si je vous parle de ça, c'est parce que j'ai l'intention de faire un grand vide dans mes affaires après l'agreg, et que je veux renouveler mon stock de vêtements, ainsi que mon style. J'ai très envie de garder uniquement ce qui me met en valeur et ce qui me plait. Le reste sera donné aux bonnes oeuvres et/ou vendu sur une brocante au printemps.

Et puis l'an dernier, quand j'ai passé les écrits, j'étais habillée comme un sac. Cela m'a perturbée. Là, j'ai envie de me sentir sûre de moi, jusqu'au bout des ongles (de pied). J'adorerais m'offrir une nouvelle petite doudoune colorée et légère, mais je dois tenir mes finances un brin, quand même. J'en ai acheté une violette pour ma mère, chez Gap, et je souhaite secrètement (bouh, c'est mal !) qu'elle ne lui plaise pas pour la lui piquer...

Rhaaaaa, c'est bon d'être futile entre deux pages de Rabelais !

7 octobre 2011

Hugo, si tu nous entends, tape trois coups

A l'image de ma semaine, chargée de ce type d'interventions...

Pour aider la première d'adaptation, je reviens sur des notions basiques et leur ré-explique le déroulement de l'épreuve. Certains comprennent enfin que c'est une étape du Bac... Je reprends la méthodologie des questions de corpus.

_ Par exemple, si vous tombez sur un corpus comprenant un texte de Victor Hugo -je vous choisis un auteur que vous connaissez au moins de nom-, vous devez avoir des automatismes. Que savez-vous sur Hugo ?

_ Il a écrit Les Misérables !

_ Et il était poète !

_ Oui, continuez !

_ Euh... Le Dernier d'un condamné ?

_ Oui, l'homme engagé, et puis ?

_ Eh, madame ! Il a vécu deux cent'ans.

Mon air halluciné la fait douter (un peu).

_ Ben si, j'vous jure, j' l'ai vu, ça : il a vécu deux cent'ans.

_ Mais ça va pas, toi ! T'es cinglée ! On peut pas vivre deux cents z'ans !

Je reste pantoise.

_ Mais il est mort à quel âge, mad'me ?

_ Vers quatre-vingts ans... Vous ne confondriez pas avec un anniversaire quelconque pour sa mort, par exemple ?

_ Ah... ben p't'être, oui...

enterrement-victor-hugo

Victor Hugo (1802-1885)

 

27 août 2011

ça sent la rentrée...

Outre le fait que je m'inquiète naturellement pour chaque rentrée, un peu comme un acteur avant une première, j'ai des raisons d'avoir des angoisses.


Tout d'abord parce que l'année s'est plutôt mal achevée, je ne reviendrai pas sur ces points déjà évoqués ici. Et le public qui arrive semble au moins aussi difficile à gérer, voire plus que celui des années précédentes. Il faut dire qu'avec des directives rectorales stupides du type "faisons passer tous les élèves en seconde, cessons les redoublements", cela commence à être compliqué sur le terrain.
Ensuite parce que j'ai eu un ou deux échanges de mails avec le proviseur-adjoint qui m'annonce, ravi de lui-même, m'avoir concocté un emploi du temps sur trois jours : je travaillerais (j'insiste sur le conditionnel qui me laisse un espoir) le mardi huit heures, le jeudi cinq heures et le vendredi sept heures. Pure folie. Si tel devait être le cas, je renoncerais aux deux heures d'ECJS pour "m'alléger".

Quoi qu'il en soit, ce serait une catastrophe malgré les jours de repos "compensatoires" : physiquement, il est extrêmement difficile de tenir plus de cinq ou six heures de cours d'affilée. Les profs qui passent ici le savent bien.

Ajoutons à cela la préparation pour l'agreg 2012, et me voilà bien coincée. Je sais bien que j'ai choisi de la repasser (mais en me  tenant à un autre rythme et une autre organisation), et que j'ai aussi voulu ce lycée. Cela ne m'empêchera pas de formuler ces inquiétudes- légitimes selon moi.

IMG_1057

Sinon, j'ai vécu un véritable revival avec le retour des cartables Tann's. Je me revois, petite, très fière d' en avoir un en cuir rigide. Le mien était gris-bleu, avec un cuir un peu rapé, et sur le modèle du bleu vif de la photo.
Aujourd'hui, ils sont en synthétiques résistants. C'est presque pareil, mais pas vraiment.

Toujours dans la veine de la rentrée, j'ai enfin classé mes cours de l'an dernier, trié, rangé, et... fait mon cartable.

Pas étonnant que j'aie mal au ventre avec tout ça !

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