J'aurais bien voulu vous faire une note assez longue, mais là, ma première journée de reprise a commencé sur de méchants maux d'estomac (j'ai hésité à aller travailler, c'est dire) et s'achève sur une migraine et des maux de coeur. J'espère que mes collègues ne m'ont pas empoisonnée hier soir, tiens. Ze rigole. Sinon la soirée s'est bien passée : c'était radio potins sur le lycée (à propos de gens que je connais et d'autres pas), rigolade et compagnie. Bon, là, je vais tenir compagnie à l'artisan qui répare mon siphon de dessous d'évier (qui fuit depuis des mois, maintenant).
A plus tard, fidèles lecteurs, si ma tête me le permet...
Edit de 19h55
Au fait, petite perle du jour : je fais une présentation générale sur le théâtre aux STG. Je leur parle des places disponibles et des catégories.
_ Quand vous voulez acheter des places de théâtre ou de concert, vous allez... _ Chez Leclerc ! On va chez Leclerc !
On parle beaucoup des dix ans du Pacs, en ce moment. Dix ans. C'est peu et c'est beaucoup. J'entends partout les fameux pourcentages sur le nombre de couples hétéro (95% l'an dernier) face aux couples homo pacsés. Sur les dépacsages (16%, contre 45% de divorces), aussi. Comme s'il fallait se justifier sur le succès du Pacs. Ou se positionner absolument face aux hétéros. Et puis c'est si rassurant de se dire que 95% des Pacs l'an dernier ont été contractés par des couples "standards"... Et bien moi, cela m'agace de rentrer dans les statistiques qui rassurent les bonnes gens : je suis dépacsée de cette année. Je n'ai toujours pas ouvert le courrier qui l'officialise. Oui, c'est très facile comme démarche à effectuer. Et c'est aussi personnel et enthousiasmant que lors de la signature du pacte entre deux personnes qui s'aiment : froid, distant, mécanique.
Oui, j'ai quitté S. et j'ai donc rompu le contrat de moi-même, implicitement. Nous allions vers nos cinq ans de Pacs. Six en novembre. Que les homophobes se réjouissent, donc.
La consigne 79 était assez longue, mais en voici l'essentiel : il fallait écrire un texte relativement sérieux (discours, manifeste, sermon, mode d'emploi, etc) débutant de façon sensée, puis de lentement le faire basculer vers le grand n'importe quoi. De plus, cinq notes de longueur croissante devaient être présentes dans le dit texte. Enfin, l'une de nos mensurations (peu importait laquelle) se trouverait quelque part... Pleine d'inspiration, j'ai écrit deux défis. J'ai envoyé seulement le sermon intitulé "Marx attacks" aux défis du samedi. Je vous offre le second en "cadeau" ici...
Premier texte : "Marx
attacks".
Mes biens chers frères,
mes biens chères sœurs,
Nous
sommes réunis en ce jour pour célébrer Dieu et tous les siens. Merci à vous
tous d’être venus assister à cet office, placé sous le signe de la crise, tant
économique que morale. Oui, nous découvrons ébahis une société qui se perd dans
des plaisirs futiles, qui pense que ne pouvoir acheter ce qui lui plait est un
réel souci*.
Non,
mes frères ! Le bonheur n’est pas dans le périssable, dans le superflu,
dans ce qui a un prix** ! Le bonheur, Dieu nous le donne, Dieu nous
l’offre chaque jour : dans le sourire de nos enfants, dans l’amour de
l’épouse, dans la bienveillance de l’époux, dans un travail gratifiant et
honorable, dans un bon repas…
Mais
c’est surtout l’épouse, celle qui s’occupe du foyer et de nos plaisirs
quotidiens, qui est à récompenser. Je vois au premier rang de mes ouailles une
délicieuse famille et de jeunes couples. Les femmes sont délicieuses, avec
leurs jolies robes d’été colorées, leurs décolletés plongeants (au moins du 95C
pour celle à ma droite), leurs mains fines…
Oui,
mes frères, le bonheur est là ! Dans les décolletés offerts gracieusement
par Dieu, dans la bouche pulpeuse de cette tentatrice (pour l’éliminer, tapez 2
sur votre clavier !***), dans ces doigts caressants…
Oui,
mes sœurs ! Vous êtes Satan réincarné dans des plaisirs charnels, et je
m’y vois bien, en Enfer : les flammes me chatouillent les mollets et plus
encore… J’ai dû manger trop de chili con carne ce midi.
Mes
frères, plongez dans vos lits et retirez vos chaussettes en fil de soie !
Honorez vos épouses des bienfaits qu’elles vous offrent ! Luttez contre le
fléau du capitalisme outrancier ! Marx nous attaque ! Mars attacks
too !
Satan
est parmi nous, mais le pire est à venir : les merguez vont
disparaître ! Luttons ensemble et veillons à ce que le pouvoir de la
merguez perdure. Pour preuve de ma dévotion à la Sainte Saucisse****
Diaboliquement Piquante, j’ôte ma robe et me flagelle à coups de côtelettes
d’agneau !
Le
saint Agneau***** me sauvera, oui. Oh oui, la douceur des côtelettes sur ma
chair piquante ! Je suis une merguez dont on doit retirer le piment !
Oh, que de saucisses érigées partout ! Je ne les avais jamais vues, sauf
dans les plis de mon lit…
Ah,
Marx, délivre-moi du mal !
*La
notion philosophique du désir reprend bien cette question : on désire
quelque chose ardemment, et une fois qu’on la possède, on n’en tire aucun
plaisir car on désire alors autre chose encore.*
**
Même à prix coûtant, évidemment, sinon à quoi servent donc les promotions à
part nous attirer dans leurs filets ?**
*** 5€ la première
minute, puis 3€ les suivantes, prix d’ami***
****
chipolatas et de Strasbourg ****
*****AOC*****
Deuxième texte : « Jeszcze Polska nie zginela,
kiedy my zyjemi » *
La Pologne peut sembler
aujourd’hui trop lointaine pour croire qu’au XIXème siècle un lien particulier
unissait ce pays au nôtre. Pourtant, étudier l’influence des auteurs polonais
exilés en France est totalement justifié.
Des ouvrages portant
sur ce thème ont déjà été faits, mais pour la plupart en polonais, ou d’accès
difficile. Les noms de Mickiewicz, Slowacki** et Norwid sont aujourd’hui
quasiment méconnus des lecteurs français. Cependant, comme Mickiewicz la fait
dire à l’un de ses personnages dans Les
Confédérés de Bar, la Pologne était appelée « la sœur de la
France » au XVIIIème siècle. On trouve même parfois le nom de
« France du nord » pour cet Etat qui semble, de nos jours, si éloigné
de nous.
Ces deux pays étaient
cependant fortement liés au XIXème siècle sur un plan politique : quand
Napoléon arriva sur les terres de la Sainte-Alliance et créa le duché de
Varsovie (en 1806), les Polonais crurent pouvoir retrouver leur indépendance.
Nombreux furent ceux qui s’engagèrent à ses côtés. Son impact sur le peuple
polonais fut surprenant. On pensa même, plus tard, mettre le fils de Napoléon
Ier sur le trône en plastique de Pologne.
Lors des périodes de
crises de démence, les Polonais attendaient de la part de Louis-Phiphi et de
ses ministres un soutien. En 1830, l’opinion publique française fut
véritablement du côté de la « cause polonaise ». La plupart des milieux et des centres ainsi que
le carré de l’hypoténuse, s’investirent dans cette lutte gréco-romaine et
firent tout pour aider les quelques cinq mille réfugiés qui se trouvaient sur
la clef de sol française.
On créa des pièces de
théâtre, des collectes furent effectuées en faveur des émigrés, on déclamait
des poèmes et on chantait « La Varsovienne », chant populaire qui a
inspiré Marie-Paule Belle*** bien plus tard. La France était polonaise. On
trouve des preuves de cet engouement dans la correspondance de grands auteurs
français (Marc Lévy, Georges Cend, Bernard Musso, Sainte-Beuverie, Michelin),
dans des œuvres poétiques majeures (Les
Feuilles mortes et Le Chant de
l’aurore de Viktor Hugo, ou encore dans l’œuvre complet de Van Damme), mais
aussi dans le milieu musical grâce à Chopine et ses amis (Grégoire, Hallyday et
Barbelivien****).
La barrière des moutons
a été la principale difficulté de ce mémoire, d’autant qu’il a été écrit sous
l’effet de la célèbre vodka Zubrowka. Alors toutes ces lettres bizarres de
l’alphabet polonais sont passées à la trappe, parce que faut pas exagérer non
plus, les bourreaux de travail et les autres, ils nous fatiguent.
Sinon, le plombier
polonais n’est pas passé et ce n’est pas grave. En revanche, nie rozumiem. Il
faudrait quand même apprendre le krakowiak en mangeant de la soupe aux
choux. Le bortsch nous ferait le plus
grand bien pour digérer ce travail universitaire aux qualités gustatives
réduites. Filons voir un Kieslowski d’urgence, avant que le plombier***** ne
frappe vraiment à la porte pour réparer mon siphon bouché (référence 95C
chez Le Roi Merlin) !
* Traduction : « La
Pologne n’est pas morte tant que nous vivons », extrait de l’hymne
national polonais.*
Beaucoup de mes blogamis profs sont en vacances ce soir... Pour ma part, ce sera demain à midi. Ensuite, rangement et nettoyage de l'appartement avant ma "Strawberry party" ! Le principe est simple : mes invitées devront porter quelque chose de rouge et d'apparent sur elles. J'ai décidé de faire une soirée le premier jour des vacances et de donner une thématique. En plus, cela tombe le jour de mon anniversaire, donc je fais d'une pierre deux coups (même si cela me pèse, mes anniversaires, mais c'est une autre histoire). C'est la première fois que j'organise quelque chose dans cet appartement. Etrange. Ce soir, j'ai repassé et fait les poussières. Hier, courses pour le miam. Là, je vais ranger les vêtements repassés, et puis filer au lit. Passionnant, isn't it ?
Je crois qu'outre le manque de temps certain, je n'ai pas écrit depuis deux jours ici parce que j'aimais à me voir petite fille, au milieu de ce texte. Encore au centre de la pièce... Mais il faut bien avancer. Encore et toujours. C'est usant, je trouve. Faire comme si on allait, faire comme si on savait encore le bonheur, la joie, faire comme si la douleur s'estompait... Je vois S. plongée dans celle-ci, et je retrouve d'une certaine façon ce que j'ai vécu il y a un peu plus de quinze ans. Nos stigmates sont différents, notre deuil aussi -chaque deuil l'est-, mais c'est toujours, pour qui sait voir, la chair qui trinque, le corps qui dit la douleur à l'intérieur. Les yeux, la peau, la maigreur, les rondeurs, peu importe : rien ne ment.
Je ne sais que vous dire d'autre, là, ce matin. Je ne suis pas "que" dans ces angoisses et cette tristesse, même si elles ont la première place. Il y a aussi le vide sentimental subi/choisi, le côté je-suis-débordée-au-lycée et je m'y prends mal pour organiser des sorties (je ne sais ni n'ose faire), et puis le temps qu'il faut pour ranger l'appartement alors que je vis seule, organiser ma soirée de samedi...
Allez, je vais commencer le ménage pour cesser de geindre. Cela me sera toujours plus utile.
J'ai un début de mal de tête. Plusieurs cauchemars dans la nuit. Vais me faire un thermos de café pour le lycée. La chaîne de restau "Le paradis du fruit" s'est refait une beauté. Les prix aussi. J'ai quatre cinq rouges à lèvres Chanel. Je ne pensais pas en avoir autant. Mes cheveux ont bien poussé : je peux commencer à me faire un ersatz de queue de cheval. Hier soir, j'ai pris des photos des vitrines des grands magasins : les surréalistes auraient adoré. Il me reste à les mettre en ligne ici. Ou pas. J'ai repris mon plan de lecture analytique sur Pascal ce matin en moins de 15mn. Il y a des jours où je m'étonne moi-même. Je vais mettre mes Kickers basses aujourd'hui, en espérant pouvoir encore marcher ce soir. Je me suis acheté à la Keufna de nouveaux écouteurs pour mon ipod, alors que j'étais entrée pour une cartouche d'imprimante. Mon imprimante a soif de noir, encore.
Sur ce, l'ECJS m'appelle, et Blaise aussi.
A ce soir, fidèles lecteurs courageux, qui risquez la déprime en me lisant régulièrement.
Ou alors je suis votre catharsis.
Comment cela, mes cours me tapent sur le système ?
Comme prévu, j'ai passé ma première partie du week-end (donc hier) à travailler pour le lycée. Encore beaucoup de choses à faire aujourd'hui, d'ailleurs. L'imprimante turbine, la table de salon est envahie de polycopiés, livres, manuels, stylos, post-it...
Mes quatre heures du samedi ne se sont pas trop mal passées. J'ai juste merdoyé sur un texte de seconde que je pensais être dans leur livre, mais non... J'ai donc improvisé comme je sais le faire (ah l'expérience de supertzr !) un petit cours, avant de passer à la fameuse interro de connaissances littéraires. Interrogations qu'il faut corriger pour les trois classes, maintenant.
En première, un élève m'a gentiment prévenue qu'il serait, je cite, "souvent dans le gaz" le samedi matin. Peut-il imaginer que moi aussi ? En tout cas, il m'a amusée avec son air nounours.
Sinon, mon blog pour les élèves a beau être connu d'eux, je n'ai eu que deux visites. Grumf.
Demain, je découvrirais l'ambiance TPE. J'ai du boulot par dessus la
tête, mais je ne m'en plains pas (pour l'instant) : j'ai choisi cette
mutation.
Là, je vais attaquer le rangement afin que la table du salon puisse être accessible. Ensuite, rebelote de cours. J'envisage des corrections sur le balcon. Parce qu'il va faire beau. Voire très beau cette semaine. Point positif : j'irai au lycée en vélo. Point négatif : samedi, je suais comme un phoque dans ma salle étuve, alors dans les jours prochains, je n'ose imaginer...
Mon noirot, ma tendresse sur pattes, ma réglisse peureuse a huit ans aujourd'hui.
C'est le tombeur de ces dames, de mes deux femelles, au côté pataud et doux.
Approximativement, j'ai reçu de lui (car ce sont les chats qui donnent, pas nous qui prenons) environ trois mille câlins. J'en veux au moins autant. Et de lui, et des Autres...
Ayè, Virgibri a fait sa rentrée. Elle a la tête farcie d'informations et d'une bonne migraine. Faut dire qu'une journée complète de réunions (pas toujours utiles) dans une salle à l'acoustique effroyable, ça n'aide pas. Alors, bilan : Je suis PP d'une classe de seconde européenne avec un collègue de math : ben vi, dans les établissement "difficiles", c'est comme ça que ça se passe. Précision : j'avais demandé à ne pas l'être dans ma fiche de voeux... De fait, mes élèves de seconde m'auront en français, en ECJS et en professeur principal... Gniark gniark gniark ! J'ai un emploi du temps pas mal : scindé en deux blocs (mardi-mercredi et vendredi-samedi), avec de belles plages possibles pour bosser et corriger... Parce que je pense qu'il n'y aura pas une période sans copies, en fait : des devoirs communs, des ambitions réussites, des bacs blancs sont déjà prévus pour l'année... Mon organisation de début d'année niveau cours doit être revue rapido : certaines collègues ont voulu intervertir deux séquences, alors que j'avais prévu de super enchaînements pédagogiques... Sinon, l'ensemble des profs a l'air très dynamique et une foule de projets coexistent.
A part ça, pour vous faire sourire, j'ai noté deux trois choses. Ce matin, en partant avec mal au ventre, passait à la radio une chanson des Rolling Stones que j'ai failli prendre pour un message subliminal concernant ma journée : "Emotional rescue".
Le proviseur a une tête de garçon de boucher mais le charisme d'une huître. Il a un tic langagier : il répète à l'envi "à un moment donné".
Et puis son discours aux petits nouveaux sonnait parfois comme celui d'un prêtre ou d'un gourou : "Ne restez pas seul..."
Voilà, donc je suis une grande fille, maintenant : j'ai mon beau casier à l'étiquette rose pétard. Je le prendrai en photo pour Emy dans les jours prochains, promis.
Je retourne bosser avant de dîner devant la saison 5 des Desperate. Parce que je le vaux bien.
A quelques heures de ma première véritable pré-rentrée...
Je ne sais toujours pas ce que je vais mettre, mais tout est repassé. Serai-je en version endimanchée, cool, chic mais relax, femme fatale ou étudiante ? Mon sac est fait. Je ne sais toujours pas comment je vais me présenter. J'ai décidé de porter plus de bijoux. Je me sens énorme. Mais je n'ai pas d'autre choix que d'avancer, là. Je dois encore choisir mon tuning de casier. Le blog pour les élèves est opérationnel.
Simplement, demain soir, quand je rentrerai, il n'y aura personne pour m'accueillir avec un grand sourire et me dire : "Comment ça s'est passé ?". Puis, un peu après : "Je suis fière de toi." Ou bien : "Je suis heureuse".
Parce qu'au fond de moi, je ne le suis pas. Et seul le regard de l'Autre saurait me le faire sentir, parfois.
Hier, j'aurais dû travailler sur mes cours. Mais j'ai du mal quand il fait très chaud. Même pas une excuse, juste un constat. Alors j'ai vivoté. Je réfléchis, je feuillette, je tournicote. Restaurant imprévu le soir. En me préparant, j'ai découvert que la veille, j'avais dû perdre le beau bracelet en argent acheté sur Arcachon. Un bracelet de type touareg, avec deux chaînes épaisses mais un fermoir simplifié. En bref, je l'ai porté trois fois. Je suis verte de rage. (Drôle d'expression, tiens) Heureusement, il me reste la bague... (Admirez au passage le flagrant bronzage de ma peau de miel)
Sinon, j'ai bien envie de m'acheter un vélo pour la rentrée, afin d'aller au lycée par ce moyen. Au Ferret, j'ai redécouvert une marque californienne absolument splendide mais hors de prix : Electra. Il va falloir que je renonce à cette idée saugrenue et que je me rabatte sur les vélos Karouf... Ceux de Decathlon ne me font guère rêver non plus... Enfin, cet achat n'est pas du tout certain. Pourtant, quand on n'a que deux km à faire pour aller travailler, c'est à la fois trop près pour s'y rendre en voiture, et trop loin pour y aller à pied chargée comme un âne... A méditer.
A part ça, je ne sais pas si ça vient des vacances ou si me déconnecter m'a fait du bien, mais j'alimente moins le blog. La rentrée compensera sans doute ce vide, avec son lot de surprises, d'angoisses et de nouveautés.
Et puis il y a des gens que j'ai envie de (re)voir, de côtoyer, de rencontrer... Envie de donner et recevoir de l'amour simplement (oui, cela fait pompeux... Mettons ce dégoulinage sur le compte de la chaleur). L'ours solitaire, sauvage et grognon que je suis, serait-il en train de changer ?
Maintenant que j'ai pris ma douche et me suis parfumée au lait de figue, je prends le temps de jeter quelques mots sur le blog. J'ai passé deux semaines dans une ancienne ville thermale du sud-ouest, appréciée de Napoléon, avec Micahuète. A vous de deviner de quelle ville je parle (oui, j'imite Ed, et alors ?). Je vais avoir plein de choses à vous raconter, car certains épisodes ont été burlesques... En attendant, je vais dîner, regarder les Desperate pour faire transition avec mes chouettes vacances, et filer au lit. Hein, comment ça, je devrais vider la valise ? Pfffffffffffffffffffff...
Bon, j'ai vu les secondes. J'ai fait ma prof Pti pimouss : fruitée, petite mais costaude. Le côté je fais l'appel et je m'arrête pour demander si le chewing-gum d'untel a été jeté, ou encore le ton glacial du "En silence, l'installation" ont fait leur effet, je crois. A côté de ça, j'ai été discrètement marrante sur la grippe des pauv' cochons. Le tout a duré plus de deux heures, quand même. Demain, même si c'est tôt et que rien ne m'y oblige, j'irai me présenter auprès des élèves de 1ère qui font leur rentrée avec leurs PP. Sinon, il faut que je prépare mes premiers cours d'ECJS, que je mette en place la prise en main des classes, que j'aille chez Leroy Merlin, et pitêtre San Marina, que je passe à la Poste pour envoyer un gros livre de maîtrise vendu d'occasion, que je me change pour ce soir, que j'envoie mon arrêté à la MGEN, que je paye la cantine... et que, et que, et que...
Oui, ça y est, je le confirme : fini le farniente. La rentrée a bel et bien commencé.
La consigne 69 coulait de source... Elle dure deux semaines. J'ai pour l'instant participé deux fois (et je compte éventuellement poursuivre) : l'une en image, l'autre en texte. Les voici...
En ma fin d'année libératrice, j'en ai entendu de belles... Et de la part des élèves, et de la part de quelques collègues.
Pour mes 6èmes, puisque nous avons fini sur l'héritage biblique, cela a donné lieu à de multiples questions en cours. Le jour où nous avons traité dans les grande lignes l'épisode de l'arche de Noé, cela a été rocambolesque... Extraits :
* Mais Madame, les animaux, ils sont dans un monde parallèle ?
* Quand les chiens se marient, ils mettent une bague ?
* Le frère de Noé, il a emmené les animaux avec une flûte !
Du coup, ils ont dérivé sur les pouvoirs magiques... Et là, j'ai pris conscience du fossé qui les séparait de la réalité :
* Harry Potter, ça existe aux Etats-Unis !
* Ouais ! Et les arbres qui bougent et qui parlent, y'en a ! Ils ont repris ça de l'Afrique !
* Superman, il existe aussi aux Etats-Unis : ils l'ont montré aux infos !
Quand j'ai dit, sourire aux lèvres, que tous les matins je garais mon vaisseau spatial sur le parking et que je rangeais ma cape dans l'armoire avant de faire cours, deux ou trois m'ont crue...
Et puis, les deux dernières heures, nous avons fait le jeu du baccalauréat. J'avais changé des catégories pour compliquer les choses, mais certains n'ont besoin que de catégories simples. Pour la lettre L, par exemple, deux élèves en équipe se disputaient :
_ Lafghanistan !
_ Mais non, ça commence pas par un L !
_ Mais si ! Lafghanistan.
_ C'est un A ! T'es bête ou quoi ? L'Afghanistan !
J'essaye de les aider un peu en précisant au Pierrot lunaire que "la France" par exemple, c'est par un F que ça commence et que l'on ne compte pas l'article.
_ La France, Pierrot...
_ Ben, c'est par un L aussi, me lance-t-il tout content.
Enfin, côté prof, une collègue de sport un peu grande gueule mais plutôt gentille, qui utilise des "c'est le frère à ... bidule" (faute grossière et courante que j'ai toujours du mal à entendre) et "c'est une panel intéressante"...
Pour finir, une autre collègue d'anglais qui s'adresse à moi sans connaître mon nom ni mon prénom, et attend que je lève la tête pour me lancer un : "Et heu... tu viendrais au repas de fin d'année s'il a lieu lundi soir ?" J'ai répondu d'un laconique et péremptoire "Non", évidemment.
Quand je pense qu'en premier contact avec une coordo de LycéeDésiré, j'ai eu droit à mon prénom, au tutoiement, 45 mn de causerie, une requête pour que je vienne au conseil d'enseignement et une invitation sincère pour que je reste à la fête du lycée après, ça change...
Je ne vois pas les journées passer, en ce moment, qu'elles fussent fort occupées ou pas du tout ! Aujourd'hui, lever tôt sans l'avoir décidé mais ce n'était pas grave : j'ai profité de mon petit-déjeuner en longueur, rangé, et cuisiné un clafoutis aux framboises et aux prunes. Malheureusement, j'ai senti poindre un début de mal de tête vers midi, sans doute dû à la musique que j'avais mise le matin (pas violente, mais bon : Cold Play puis Ray Lema et les voix bulgares). Pour m'occuper l'esprit, j'ai cherché à résoudre un problème de site en streaming : j'ai téléchargé un patch pour divx, et ensuite j'ai regardé, non stop, toute la saison 1 de Damages... Un délice d'intelligence, de violence contenue, de stratégie, de finesse psychologique... Et puis Glenn Close est là, magistrale. Elle a un charme fou, soit dit en passant.
L'ordi commence à vraiment chauffer du clavier, mais je suis contente de ma journée. Au loin, le ciel est couleur cendres, mes géraniums fuschia colorent le balcon et ressortent encore plus, j'étais sur mon beau canapé turquoise, avec mon portable...
J'ai quand même fait une pause dans l'aprèm pour aller à la Poste. Grandiose, non ?
Pour ma rentrée des classes, Ed, lors de notre pot mutationnel, m'a offert deux cadeaux. L'un étant indispensable, l'autre plus superflu. A vous de savoir lequel est lequel. ;-)
Vous me pardonnerez la mauvaise qualité des photos, mais je n'ai pas pu trouver sur le net cet ensemble stylo plume + effaceur...
La consigne 68 indiquait qu'il fallait utiliser une clé, d'une façon ou d'une autre, et que celle-ci devait être importante... Après hésitations, j'ai quelque peu détourné le défi. Voici ma participation :
6h35 : mon résultat de mutation n'est toujours pas publié. Sur quoi dois-je me baser ? Je sens que j'aurai la réponse un de ces quatre matins, sans prévenir. J'ai bien fait d'aller me coucher hier soir sans attendre bêtement. Mais j'ai mal dormi et mal au ventre. Me sens oppressée. Zut, moi qui voulais garder la tête froide, c'est raté. Bonne journée à tous... Les gremlins m'attendent.
Edit de 18h15 : il me semblait bien que quelque chose ne collait pas sur le site des mutations. L'erreur de date a été rectifiée : résultats prévus le 15 à minuit... Belote et rebelote pour le stress.
Ce matin (un lapin ! euh non), j'ai accompagné mes deux classes à une présentation du projet orchestre pour l'an prochain. Outre le manque d'organisation notoire sur les horaires (le début et la fin étant différents pour l'administration et les intervenants, hum hum, bonjour la communication), j'ai beaucoup aimé entendre les musiciennes : cor, clarinette (gros coup de coeur pas très nouveau pour cet instrument), flûte traversière (il y a longtemps, une amie en jouait et j'adorais l'écouter en duo avec une autre amie... clarinettiste), trompette, saxo.
J'ai été la seule prof à essayer les instruments (sauf la trompette par manque de temps, je le regrette). Mes collègues semblaient un peu rabat-joie (ou blasés, j'hésite). Moi, j'étais comme une gosse devant ces merveilles... Certes, je devais jouer au cerbère avec certains zozos, mais ce n'était pas grave, sur le moment.
Il paraît que je m'en suis fort bien sortie sur la clarinette. J'adore ce son moelleux et dynamique... Une vraie plainte du coeur... Et l'objet est magnifique, je trouve. Ebène et argent.
J'ai toujours regretté de ne pas avoir dit oui à mes parents quand ils m'ont proposé de jouer d'un instrument. Il n'est jamais trop tard, me direz-vous. Certes. Mais je faisais un blocage sur le solfège comme j'en ai fait un sur les mathématiques. Je m'imagine toujours saisir une guitare ou m'asseoir devant un piano à queue et pouvoir jouer ce que je désire, comme par enchantement... J'ai d'ailleurs un très bel harmonica, fort peu usé...
Bêtement, j'ai même regardé sur Ebay les prix des clarinettes d'occasion, dans l'idée de reproduire juste des sons, chez moi... La musique du coeur, vous dis-je.
Aujourd'hui, j'ai dû aller dans mon RAD (établissement de rattachement administratif) pour signer mes préférences de TZR au cas où je repiquerai pour une cinquième année... C'est le Proviseur qui m'a "accueillie" (dans une immonde robe fleurie des années 80...) par un grâcieux : "Oui, c'est pour quoi ?" Sur son visage, je lisais plutôt : "Qu'est-ce qu'elle veut, celle-là, encore ?" Certes, des parents venaient de quitter son bureau et cela semblait avoir été pénible pour elle, mais bon.
J'explique la raison de ma venue. Nous basculons dans un secrétariat : "Ginette, vous pouvez vous occuper de madame... madame... Supertzr ? Elle doit signer... je ne sais quoi !"
Tant de considération m'émeut toujours.
Sinon, j'ai appris que la moyenne avant d'avoir un poste fixe quand on est TZR est d'environ huit ans. Ça fait peur. Et si je décroche le pompon, cela relèvera du miracle, vraiment.
Autrement, au milieu du brouhaha ambiant de ma halte-garderie au collège, certains élèves ont des questions simples mais efficaces : sur le récit des origines du mal version biblique, ça se bouscule. Exemple : "Mais madame, ça veut dire qu'Adam et Eve ils ont des enfants... qui ont eu des enfants... et tout ça jusqu'à moi ?!", m'a interrogée le petit Kimimi qui est... noir.
J'adore qu'un adolescent de douze ans relève ce genre d'absurdité. :-)
Au retour de NY, le dernier album de Juliette Gréco m'attendait, coincé dans un emballage serré. "Je me souviens de tout". J'ai tourné autour quelques jours, je l'ai regardé, lisant les textes, découvrant les compositeurs et auteurs... Un matin, dans la voiture, j'ai commencé à l'écouter. Et là, déception. Impossible, me dis-je, de ne pas accrocher du tout. Au bout de trois chansons, j'ai coupé. L'album a stagné dans la voiture quelques jours encore. Je l'ai remonté à la maison. Puis il a pris la poussière sur mon bureau. Pourtant, "ma" Juliette me souriait merveilleusement.
Je sais qu'il est des albums qui se refusent à une première écoute. Alors j'ai persévéré ce matin, dans le calme de mon appartement. Il est évident que ce ne sont pas des chansons à écouter en voiture en première découverte. Les textes collent parfaitement à la dame et sa voix n'a rien perdu de son envoûtement malgré les années... Ce soir, sur Fip, à partir de 21h, la radio lui offre deux ou trois heures de sa propre sélection. J'ai hâte d'entendre le velouté de sa voix... En attendant, voici l'un de ses dernières associations : Gérard Jouannest, son mari et ancien pianiste de Brel, excusez du peu, a composé une bonne partie des musiques de l'album d'Abd Al Malik, Dante (il faut vraiment que je l'achète). Et sur ce morceau, Gréco et Al Malik se répondent...
A part ça, je découvre depuis quelque temps Alexis HK. L'un de ses derniers titres, "Chicken manager", absolument génial, devrait beaucoup plaire au Cpe et à Ed, par exemple... Je vous mets le seul lien que j'aie trouvé sur le net : la qualité sonore n'est pas parfaite, mais vous pouvez suivre les paroles sur Youtube, à droite de l'écran...Edit de 15h20 grâce à Laura : allez écouter le morceau ici !
Enfin, il y a Luciole. J'aimerais en connaître plus mais j'ai eu un coup de coeur pour son titre "Perpendiculaire". Si vous avez Realplayer, vous pouvez aller l'écouter ici.
Hier soir, je n'avais aucune envie de dormir. Je me suis forcée à aller me coucher vers 1h, et encore forcée à m'endormir vers 2h30. Sachant que j'avais cours ce matin, je ne vous dis pas le déphasage complet... Je ne pensais pas que le décalage horaire serait aussi enquiquinant. J'avais souvenir qu'en étant revenue de République Dominicaine, cela s'était bien passé. Etrange. Sinon, j'avais oublié l'effroi que me procurent certains élèves. Cette impuissance face à eux. Leur violence inhérente. Leur aspect bestial pour quelques uns. En plus, je n'ai pas réussi à remettre la main sur le contrôle que j'avais préparé avant les vacances, et j'ai dû en improviser un... Quel démarrage ! Là, je dors à moitié (pfff, c'est bien le moment !) et pourtant il va falloir que j'aille chez Karouf faire des courses. Le frigo ne se remplira pas tout seul de mes yaourts-nature-du-matin-qui-me-mettent-de-bonne-humeur. Et je dois aussi me racheter des fleurs pour les jardinières. Tiens, je vais me prendre à café ou deux avant...
Edit de 15h10 : finalement, j'irai demain. Je me sens incapable d'arpenter les allées de Karouf aujourd'hui... Je me passerai de yaourt nature encore un matin.
J'ai tenu hier soir jusqu'à 22h30, puis je me suis effondrée comme une larve jet-laguée. Réveillée à 5h, j'ai flemmardé pendant environ 1h30 avec les chats, qui sont trop heureux de me retrouver, je crois. Je me sens fatiguée (plus qu'hier, peut-être) mais je ne parvenais pas à me rendormir ce matin. Au réveil, j'avais des images de NY en tête. C'était agréable. Je vais vite oublier mes aventures du retour, sauf pour en rire. Au programme du jour : décapage, crémage et soin du corps. Mes pauvres pieds auront droit à un traitement de faveur. Normalement, j'avais prévu de ne pas bouger mais il faudrait que je fasse des courses... Aucune envie. Je devais aussi voir la Fée pour lui remettre ses cadeaux. Les deux possibilités me semblent compliquées, malgré trois délicieux cafés (bouh, ça m'avait manqué !) pour me ressaisir...
Il faut aussi que je pense aux schtroumpfs du collège, quand même. Pffff.
Et puis pour le fun, voici mes dernières photos du voyage...
Ce soir, et ce n'était pas prévu, c'est poker chez Pumpkin ! Elles sont vraiment sympa ces soirées entre filles. On rigole, on ne joue pas trop d'argent, on mange en fonction des envies, elles boivent et moi je sirote. Cela me détendra de ma semaine composée de six rapports dont cinq concernant la 6ème sport. Nous n'avons que cela dans notre carquois, nous les profs de ce collège mal réputé. C'est bien maigre et bien triste...