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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
8 mai 2011

Veuillez patienter, votre correspondant va vous mettre en relation...

Je suis revenue vers 12h30 d'un week-end bloguesque, telle un porte-drapeau fleuri, armée d'une rose orange à la main. Je vous en dirai un peu plus plus tard, car je dois repartir donner un cours particulier (oui, un dimanche, oui, un jour férié)...

A très vite, fidèles lecteurs.


Presque 18h30, me revoici.

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Comme je suis dans une nouvelle (enfin, plus si nouvelle que ça) dynamique depuis un an, j'ai décidé de dire simplement mes sentiments, mes envies, mes avis autour de moi. Cela m'a rendu plus légère, plus simple peut-être, dans le bon sens du terme.

Récemment, donc, j'ai fait un mail à Val, pour lui dire que j'avais rêvé de notre rencontre. En effet, elle et moi ne nous étions jamais vues, et nous avions évoqué, entre blogueuses, cette idée. Le temps a passé, et le rendez-vous n'avait jamais eu lieu. Et puis, suite à mon mail, les événements se sont enchainés naturellement : elle m'a invitée, j'ai accepté.

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Rencontrer quelqu'un que l'on pense connaitre à travers ses mots n'est jamais très évident. Quoique.

Je n'étalerai pas ici notre court week-end, mais sachez juste que je suis revenue avec le sourire. Et puis j'ai vu aussi un autre blogueur par la même occasion : c'est lui qui m'a offert une rose de jardin orangée.

J'ai pu respirer après ma lourde fin de semaine au lycée. J'ai pris du recul quant au courrier de mon assureur demandant que je lui redonne le remboursement de mon ancien scooter (ce que je n'ai pas fait : j'ai évidemment crié au scandale). "Peine d'argent n'est pas mortelle", entend-on souvent. Oui, il y a tellement plus important.

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PS : Eh, Caro, tu passes quand sur Paris ? ;-)

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26 juillet 2011

Jour 1 / Le Puy-en-Velay/ 14.798 pas

Puisque j'ai tenu un cahier pendant cette semaine, je vais m'en inspirer pour vous relater cette folle randonnée...

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Le début du périple s'est mal passé. L'auberge de jeunesse que je visais était fermée en raison d'un festival. Un type très louche m'a harcelée aux alentours de la cathédrale vers midi, en tentant une approche du type : "Tu rentreras quand t'auras trouvé un chéri ? Tu appelleras maman au secours au bout de 10km ?" Puis, constatant mon absence de réaction, il me lance, dépité : "De toute façon, Dieu me préfère mille fois à toi !" J'ai rétorqué "Tant mieux", ce qui l'a envoyé vers une autre jeune femme seule, et étrangère. (Soit dit en passant, il  y avait cette année, parait-il, beaucoup de femmes seules pratiquant le chemin.)

Passant par l'office du tourisme, je constate que tous les gîtes d'étape sont complets, sauf un peut-être mais qui ouvre ses portes à 16h. Je prends donc le risque de ne rien avoir du tout s'il n'y a plus de place.
En fait, je n'ai pas envie de rentrer dans les détails pour un abruti, mais sachez que j'ai été encaissée par un hôtelier avant de prendre une chambre parce qu'il me trouvait "bizarre" (dixit), pendant que je payais une autre chambre ailleurs, qui était moins chère. Au final, j'ai payé deux hébergements pour le premier soir, et j'en ai pleuré de rage.
J'ai aussi bêtement rayé mes bâtons de marche offerts par Flûtine à Noël, sur un escalier en y posant mon sac.

J'ai quand même visité un peu le centre du Puy, qui est assez joli mais qui ne m'a pas enthousiasmée car très gris. J'ai beaucoup aimé le cloître, en revanche.

J'attendais sans doute trop de ce démarrage. Et l'angoisse de ne pas parvenir au bout de l'étape Le Puy-St Privat le lendemain était bien présente : 24,5km pour une non-sportive...

J'ai dîné seule dans une pizzeria non loin de mon (deuxième) hôtel; j'ai préparé mes affaires pour le matin; j'ai mis mon réveil pour 6h30, et je me suis couchée vers 22h.

Trois-quarts d'heure après, je ruais en criant "Mais qu'est-ce que c'est que ça ?", pensant qu'une bête énorme, entre araignée et scorpion, rôdait d'un côté du lit. J'ai allumé comme une furie, tendue comme une arc, le coeur battant extrêmement vite... Il n'y avait évidemment rien.

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5 juillet 2011

Keep the faith

Cloch copies

Je corrige le bac, je corrige et je corrige.

A part ça, ben, je corrige.

Ah oui : je dors et je mange de temps en temps. Et je me suis accordé une récré avec Caro-Carito, et une autre avec le G4.

Il me reste quinze copies sur cinquante-six. Dès que je sors de mes stylos (verts, pour une fois), je vous fais signe.

Pendant ce temps, les chats ne m'aident pas du tout et font preuve de beaucoup d'enthousiasme...

cachou copies 2

 

21 avril 2011

Heureusement, il y a le Morvan

Juste avant les résultats, Flûtine et moi sommes parties sur un coup de tête en week-end improvisé. Direction la Bourgogne, et plus particulièrement le Morvan. Nous ne connaissions pas la région, alors opération découverte.

D'abord Saulieu comme point de chute : c'est le village du restaurant Loizeau, repris par Bocuse (?). Halte gastronomique, mais pas pour nous : office du tourisme, carte du Morvan, et nous vadrouillons. Pique-nique à l'aventure, devant l'église de Saulieu.

Puis direction le lac de Settons. Grand tour mais pas complet (le lac fait 17km de circonférence). Quelques achats dans une petite épicerie pour nous approvisionner avant l'arrêt dans un gîte d'étape. Finalement, nous prenons un pot dans un petit hôtel à Alligny. Et nous y restons. Ambiance kistch, chambre modeste mais nous dormons comme des bébés et mangeons bien pour assez peu cher.

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Le lendemain, direction Bibracte, un site archéologique, que nous dépassons finalement. Nous décidons de marcher dans la campagne. 10km de marche. Retour ensuite chez Flûtine vers 21h : plat de pâtes aux légumes. Je me réveille le lundi matin tôt, en sursaut. Vous savez la suite...

Pour rire, car le détail est troublant, une photo destinée aux candidats à l'agrégation 2011 : c'était la serrure de notre chambre...

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Mardi, avant de repartir et de quitter Flûtine pour un mois, j'ai acheté deux choses : mon cadeau de non-agrégation (Tinette me corrigerait en disant "d'admissibilité, bécassine !") et de la bière blanche du coin, afin de la boire au retour.

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J'ai évidemment renoncé au boîtier Nikon plus récent que le mien...

1 avril 2011

Youkouléler : 1. crâner avant de passer des examens. 2. se réjouir devant un blender.

Alors que j'écoute Raphaël Enthoven en podcast sur Rimbaud, je vous annonce qu'aujourd'hui, ayant été généreusement libérée par mon proviseur pour réviser :

  • Je suis allée chez le coiffeur. Comme dit Dolly, je suis "capillairement " prête.
  • J'ai relu Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé ? de Nazim Hikmet (100 pages environ), lu aussi des fiches sur les pronoms et le verbe. J'ai la désagréable impression cependant de ne rien retenir dans le domaine grammatical.
  • J'ai aussi réfléchi aux colles de demain pour ne pas être larguée : deux poèmes d'Arthur, deux leçons sur Melville. Je n'ai pas travaillé tout cela à fond, mais c'est un début.
  • J'ai vu ma mère, qui était ravie car son côté mère-poule ne peut s'exprimer en cette période de révisions : je suis enfermée dans ma grotte.
  • Je suis allée chez le médecin pour avoir sous la main tous les médicaments nécessaires en cas de maux de tête...

Sinon, je vous relate brièvement mon expérience de colle en explication de texte sur un extrait de Britannicus. Je suis passée mercredi, après un marathon de cours de seconde et dans un marathon de colles (nous étions cinq à passer à la suite !).

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J'étais étrangement à l'aise, encore une fois. Comme si mon trac devenait positif. C'est la première fois que cela m'arrive. Est-ce dû à mes six cachets d'euphytose quotidiens ? J'en doute, en fait.
Bilan de la prestation, dixit la prof : étude bien menée, dynamique mais un léger manque de technique (même reproche qu'en littérature comparée) et un contresens sur le mot "assez". Je me suis excusée d'avoir parlé "seulement" 25mn au lieu de 30, ce à quoi elle a répondu : "Ce n'est pas bien grave, quand l'explication de texte est bonne." J'aurais pu roucouler, je l'aurais fait.

Je crois qu'à ce moment précis, je me suis dit que j'avais peut-être le niveau, finalement. Et Asa trouve que je m'épanouis, que je rayonne depuis que j'ai admis mon admissibilité (hihi).

Ce matin, en me préparant, je me formulais quelque chose d'étrange : j'ai presque hâte d'être aux oraux. Pour enfin vivre ce sur quoi je me projette et dont on me parle tant. Ma seule peur porte sur le hasard des sujets : là-dessus, il y aura toujours des inégalités. Sinon, j'ai envie de me mesurer aux épreuves. Et ça, je vous l'assure, c'est une révolution, comme dirait Steve Jobs.

 

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13 avril 2011

Ultime day : épique

Avant de vous raconter mon épreuve de leçon, ze cherry on ze cake, laissez-moi débuter par mes frasques avec la SNCF.

cerise_cupcake

Ce matin, réveil à 6h. Pti déj, préparation, maquillage, et le reste; encas et sandwiches (pain complet, mâche, viande des grisons, chèvre frais, excusez du peu); Robbe-Grillet et Rimbaud glissés dans ma sacoche pour y jeter un oeil pendant le trajet. Départ de la maison à 7h05. Mais comme hier, je vois au loin le train me passer sous les yeux. Pas grave, me dis-je, il y en a toutes les 10mn en heure de pointe, et je suis convoquée à 8h15 donc c'est large.
Mais c'était sans compter sur l'imagination débordante de la SNCF en ces jours de concours : le prochain train était annoncé pour... 7h36. A cause d'une avarie technique, les autres avaient été annulés. Petite panique : j'appelle Flûtine pour qu'elle prévienne le lycée.
Pour faire court, sachez que j'ai eu le train prévu, que j'ai trotté ensuite dans le métro et que je suis arrivée au lycée Buffon à 8h13 exactement. Deux minutes avant l'appel et le tirage des sujets. Heureusement que je suis de nature solide, quand même.

Et nous voilà au moment fatidique : le tirage au sort. La leçon, je le rappelle, est une épreuve physique : six heures de préparation, et 50mn de passage en tout.
Je discute avec un agrégatif qui est dans les mêmes attentes que moi (et beaucoup d'entre nous) : pas Rimbaud, pitié, pas lui; le film de Melville siouplé, pitié; et Robbe-Grillet en deuxième position dans ce tiercé : moindre mal.
On me propose deux petits papiers. Je prends celui de gauche sur une impulsion. Je l'ouvre.

Effroi : "Poésies 1870-1871. Poésies 1872. Règles et dérèglements." Rimbaud, donc. Je redescends, digne, en salle de préparation. Je commence à réfléchir. Je demande à mes camarades leur douleur rimbaldienne : l'enfance, l'érotisme. Je ne m'en sors pas si mal.

Je n'ai rien laché pendant les six heures. J'avais mal au ventre sur la fin. Des sortes de crampes. Un gros glouglou récurrent. J'ai avalé deux tic tac menthe forte, histoire de faire allusion face à ses aigreurs d'estomac.
Mais j'avais sous les yeux onze pages quasiment entièrement rédigées, un plan qui me paraissait potable, et de nombreuses références. J'ai bien fait attention de ne pas m'appuyer sur des textes hors corpus (c'était l'un des pièges).

Je suis encore allée un peu trop vite (33mn au lieu de 40). Mais j'étais fluide, claire et je n'avais pas fumé les pages de mon Rimbaud pour élaborer un plan fumeux.
Questions du jour en entretien : connaissez-vous les interprétations des spécialistes sur le titre "L'Orgie parisienne" ? quel poète a repris la voie ouverte par Rimbaud si lui a repris celle ouverte par Baudelaire ? pourriez-vous expliquer "Racine - après lui, le jeu moisit" ? quelle différence faites-vous entre norme, référence et règle ?

J'avais les réponses à toutes ces questions, sauf la première. Et puis j'en ai oublié, vous imaginez bien. Je suis sortie, un brin branlante, quelques secondes. Sourire aux lèvres. Je l'avais fait. Ne pas sombrer devant Rimbaud. Ne pas me laisser écraser. Etablir un plan d'étude, comme un plan d'attaque. Avoir des choses à dire. Sortir la tête haute de ces trois épreuves.

Je l'ai fait.

Et si je n'ai pas l'agreg, je ne regretterai rien concernant mes prestations. Je suis allée au bout de mes capacités face à ces sujets. Je n'aurais pas pu faire mieux.

Ensuite, comme chaque jour, j'ai appelé Flûtine et Tinette. Envoyé des sms aux plus proches, pour tout clôturer dignement. J'ai pris le métro, en ayant soudain faim. Flûtine n'étant pas encore rentrée à la maison, j'ai décidé de me balader du côté de Saint-Lazare. Sur le trajet, j'ai cherché sur Google le nom de la femme qui m'avait interrogée en leçon : impression de la connaitre. Vue au capes ou ailleurs ? Ah, ben c'est l'inspectrice régionale de lettres. Gloups.

Sur St Laz, envie d'un moka chocolat blanc et d'une tranche de cake au thé et aux framboises dans une enseigne bien connue. Il y avait du bruit, je crois, mais je n'entendais quasiment rien. J'étais encore dans ma bulle. Sept heures  de réflexion d'affilée, c'est dur d'en sortir.

Cake

Je vous jure, monsieur l'agent, qu'il y avait un cake dans cette assiette !

Puis direction la Keufna, pour voir : je ne suis pas sortie de ma caverne depuis un mois. J'ai zieuté un boitier Nikon qui me tente, acheté un CD d'Otis Redding par simple envie depuis quelques jours (je l'avais en cassette audio il y a des décennies), et trois dvd : des classiques de la collection René Château (Nana, Les Liaisons dangereuses, Boule de suif).

Et là, pour tout vous dire, je sens la fatigue tomber progressivement. Impression d'avoir -enfin ?- des cernes. Flûtine ne va pas tarder. Je crois que je suis bien. Je peux attendre les résultats sereine. J'ai joué le jeu. Mais il va quand même falloir que je me repose un peu, je crois...

20 mars 2011

Troubliant(e) : effet de ce qui trouble et met dans un état de vide, de creux, de non-conscience.

Me revoilà, après deux heures et soixante pages de Charl'o, une fiche sur les prépositions, et un peu de méange (à petite dose). Je me suis levée à 7h30, assez en forme, je crois, malgré la semaine chargée que j'avais eue.

Je ne sais ce que je ressens concernant l'admissibilité : assez sereine d'un certain côté, et sceptique de l'autre. Des gens très méritants et bosseurs ne l'ont pas eue, et d'autres bien étranges et manquant de finesse sont avec moi en cours... Où dois-je me situer ?

Le plan de guerre des révisions, établi avec Tinette hier, est impressionnant. Heureusement que nous l'avons fait pour prendre conscience de la masse de travail restante. Je vais pas mal m'isoler pendant trois semaines, mais il faut savoir ce que vouloir.
Quant à ma colle d'hier sur Neruda, le positif c'est que je suis agréable à écouter (voix, diction, rythme), que j'avais des idées, mais mon plan était mauvais car thématique. Je constate aussi que dès que l'on passe à l'entretien, je perds de ma superbe... Il vaut mieux se planter maintenant, pour apprendre de ses erreurs, je le sais.

Là, pause déjeuner pour me reprendre un peu puis deux heures de copies. Impossible de faire autrement : je dois les rendre à mes collègues. Toutes celles de mes élèves vont cependant passer à la trappe jusqu'aux vacances d'avril. Ensuite, je prendrai enfin ma douche, et je me préparerai pour un G4 chez Tinette : nous allons fêter mon admissibilité.

Dites-moi, ce n'est pas bien passionnant, ce que je vous raconte. J'en aurais presque honte, parfois. Le pire, c'est que je risque de répéter tout cela assez souvent pendant un mois...

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Une douceur d'il y a quelque temps, avec Flûtine...

26 janvier 2011

Déballociter : coincer des citations dans une copie, en hésitant.

Montaigne

Fini le suspense pour l'écrit, c'en est fini de cette part du concours.

Ce matin, il pleuvait, il faisait nuit, j'étais seule devant les bâtiments de la maison des examens, cherchant à joindre Flûtine ou Tinette. Sous ma capuche, je me sentais fébrile : c'était cette épreuve-là qui me filait les choquottes.
Je monte les cinq étages. On nous ouvre enfin la salle au bout de quelques minutes. Précision : hier, il y avait un souci informatique, alors nos tables n'étaient pas décorées d'un autocollant à notre nom. Mais aujourd'hui, oui. Je cherche donc où je vais composer. Je sens qu'il y a un hic : je ne suis pas neuneu pour ce genre de devinette, et là, je sèche. Impossible de me trouver.
J'interroge un surveillant en chef, qui me cherche à son tour. "Ah ben oui c'est normal, vous avez été marquée absente, donc vous n'avez pas de table !" Petite panique : pourquoi ai-je été notée absente alors qu'hier j'étais bel et bien là ? Je demanderai par deux fois si cela n'a aucune incidence sur ma copie de didactique ni sur mon relevé de présence. On m'assure que non...
Je suis installée à une table, enfin. Je croise les doigts mentalement pour que Rimbaud ne tombe pas.
C., une agrégative que je connais depuis longtemps, me parle confusément du sujet d'hier. Mais je ne veux rien savoir ! Je veux rester sur ma petite satisfaction de la veille, pas que l'on m'embrouille l'esprit.
Je retourne à ma table. J'aurais dû la prendre en photo, je n'y ai pas pensé : elle était envahie par les copies, brouillons, stylos, lunettes, thermos, encas, mouchoirs... L'heure tourne. On attend le départ top chrono annoncé au micro. Sujets déballés. Sujets distribués retournés. Tension palpable.
On retourne les feuilles. Petit sourire en coin de ma part, encore : c'est Montaigne, le chouchou de Tinette. Voici le sujet, pour les curieux :
"Dans l'ordre de l'analyse et de la saisie par le langage, l'essai est la formule qui se rapproche le plus de l'inconsistance des chimères, des divagations de la psyché. A peine Montaigne a-t-il atteint un équilibre ou esquissé une forme, qu'il les altère pour en chercher d'autres, et ainsi de suite. C'est la toile de Pénélope: il défait ce qu'il a tissé et, dans les trous du filet, dans le bougé de l'étoffe, laisse transparaître les inquiétudes de l'ouvrier, les surprises d'un esprit aux aguets."

Dans quelle mesure ces remarques formulées par Michel Jeanneret en 1991 éclairent-elles votre lecture du livre I des Essais ?

J'ai mal commencé, puis je me suis organisée sur les conseils de Tinette. J'ai redressé la barre. J'ai rédigé, pour finir dans le doute et la fatigue complète au bout de de 5h30 (au lieu de sept). J'ai rendu mes dix pages.

C'est fait. La première étape est terminée.
J'ai craqué en rentrant, en pleurant un peu. Nouée pendant deux jours, et là, on relâche. Je ne sais pas ce que vaut ma copie. Ce n'est pas la dissertation du siècle, mais je l'ai rendue achevée.

J'ai eu envie de partir dès ce soir pour rejoindre Flûtine mais la raison l'a emporté : il vaut mieux que je me repose ce soir au lieu de prendre la route. Ce soir, repos, bon repas et au lit !

2 décembre 2010

Vaio, enfin !

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Je vous écris depuis enfin sur enfin avec mon nouvel ordinateur : un Sony vaio blanc et argenté. Un modèle de base, hein : je n'ai pas 1000 euro à mettre dans un tel objet, mais moitié moins. D'autant que j'ai vendu l'ancien.

J'avais très envie d'un Vaio depuis longtemps, et je ne regrette pas pour l'instant.

Alors voilà, tout est presque installé, et j'ai même réussi à basculer mes mails outlook sur thunderbird. Je les ai tous sauf... ceux de Flûtine. C'est le seul et l'unique dossier manquant. J'enrage d'avoir perdu nos mots doux, nos mots d'amour, nos confessions, tout cela. Le virtuel a profondément ses limites. J'en aurais pleuré de rage. Là je suis juste abattue. C'est dommage, cela gâche mon plaisir, en fait.

23 octobre 2010

Thirty five

Voilà, j'ai fini mes essayages. Je serai en robe noire, sexy et sobre à la fois. Ce soir, un petit cercle sera autour de moi pour fêter mes 35 ans. Il y a des absents, pour diverses raisons.
Je voulais quelque chose de simple et de festif, de léger et drôle. Pas de grosse fiesta. Un repas convivial. Beaucoup d'amour et d'amitié. Un regard tourné vers l'avenir, sans faire peser le passé sur moi. Tout se passera chez Asa, celle au coeur grand et à la porte toujours ouverte.

35

J'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé l'an dernier, lors de mon anniversaire : me sentir bien dans ma peau, et ne plus avoir cette honte vis-à-vis de mon corps. J'ai encore cinq ou six kilos à perdre, mais l'essentiel est derrière moi, le plus dur, quoi.
Je n'aurais jamais pensé, il y a un an, passer mes 35 ans avec une femme aimée. La vie me surprend à nouveau, et cela me fait un bien fou. J'ai laissé le pessimisme de côté, l'amertume, la froideur. En quelques mois, je me suis adoucie, je crois. C'est parfois déroutant, d'ailleurs. 

Tenez, j'ai une chanson en tête. Ou deux. Je vous les offre. Presque les larmes aux yeux. Mais pas de tristesse. Juste de reconnaissance. De joie.

Découvrez la playlist 35 ans

6 août 2010

La femme de...

L'an dernier, je suis partie deux semaines New-York (cf. les multiples entrées quasi quotidiennes que j'ai faites de là-bas, en avril). Pour me mettre dans l'ambiance, j'avais décidé, comme je le fais souvent, d'acheter des romans d'auteurs américains, se déroulant dans NYC.

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L'incontournable Paul Auster en faisait partie, ainsi que sa femme, Siri Hustvedt (j'ai un mal fou à retenir son nom). J'ai tardé à lire celle-ci. J'ai voulu commencer Tout ce que j'aimais il y a peu. L'intrigue avait l'air originale quoique sans aspect extraordinaire (la vie de deux couples d'intellectuels et d'artistes, voisins, dans NYC, au fil des années). Au bout de 80 pages environ, j'ai constaté que je m'ennuyais. Je ne me suis pas acharnée : je ne veux plus m'obliger à lire un livre par principe. Je ne trouvais aucun relief à cette histoire, même si le style de Hustvedt se laisse lire plaisamment -je crois.
En revanche, l'écriture d'Auster a quelque chose d'assez hypnotique, je trouve. Je suis toujours étonnée de constater qu'il traite certains sujets sans limites (l'inceste entre un frère et une soeur, par exemple), sans morale quasiment, et pourtant...Ses romans ouvrent tiroir sur tiroir, et c'est vertigineux.

Invisible (au titre déroutant lui aussi) m'a encore fait cet effet. J'ai clos l'ouvrage en restant sur une multitude de questions, sur des doutes, et en me disant qu'il me faudrait une relecture à rebours, maintenant.
Les traducteurs de ce type d'écrivain doivent à la fois s'arracher les cheveux, et prendre un plaisir fou à jongler avec un tel niveau de langue et de profondeur.

Si vous aimez être dérangé, bousculé par un auteur, et que vous ne vous êtes pas encore frotté à Paul Auster, je vous le conseille vivement. Et si vous connaissez déjà, je serais curieuse d'avoir votre avis sur la question !

11 juillet 2010

Ma vie, ma bibliothèque

Il y a de cela quelques semaines maintenant, Ed me proposait, par blog interposé, une entrée : raconter quel lecteur nous sommes. Puisque je suis en vacances, que les hirondelles tournicotent au-dessus du balcon, qu'une alarme de voiture a sonné toute la nuit et vient juste de s'arrêter, et qu'il fait encore frais, je m'y mets !

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La lectrice que j'ai commencé à être

Comme j'ai peu de souvenirs d'enfance, je rassemble des images et des dires pour raconter ces débuts.

martine

Je sais que ma mère me lisait des contes le soir.  C'est aussi elle qui m'achetait régulièrement les albums Martine, les énormes albums de BD type Spirou, et il y avait, je crois, des livres de la bibliothèque rose et verte quelque part... J'ai donc lu le Club des cinq, forcément, et auparavant Oui-Oui.

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Mais j'étais très intriguée par les anciens ouvrages de mon grand-père maternel (mort avant ma naissance), rangés sur une étagère basse, derrière un fauteuil, aux mots étranges sur les tranches, avec des Z : Balzac, Zola...

Et pour contenter ma curiosité, mon père m'offrait régulièrement des encyclopédies par thème, que j'adorais. Je ne les trouve plus aujourd'hui, et je ne sais ce qu'elles sont devenues. Les titres étaient assez simples : Pourquoi ?, Comment ça marche ?, Quand ?, etc. Ma culture s'est généralisée grâce à cela, je crois.

La lectrice pré-adolescente

Dans un certain désordre chronologique, sachez que j'ai poursuivi ma lecture de BD (pas des titres cultes) avec, par exemple, Clifton, que j'aimais beaucoup. J'aimais lire tout ce qui me tombait sous les yeux, de la pancarte de publicité au magazine léger, en passant par feuilleter les livres de mon père ou tenter d'en lire la 4ème de couverture.

Clifton

En 6ème, j'ai eu une prof assez extraordinaire, petit bout de femme qui avait une culture classique et un esprit jeune, ouvert. Il me semble avoir lu des choses sur la mythologie grâce à elle. Je l'ai eue aussi en cinquième, mais je ne sais plus trop quel type de livres je lisais à cette époque. Est-ce là que j'ai lu Fred Ulhman ? Je l'ignore.
Toujours est-il qu'en cours d'année scolaire, notre prof a été absente. Elle n'est jamais revenue. On ne disait pas ces mots-là, mais elle devait avoir un cancer.
Du coup, en 4ème, nous avons vu défiler une série de remplaçants, tous aussi transparents les uns que les autres. L'une d'eux nous avait fait lire un Balzac (mon premier !), Eugénie Grandet. J'en ai un souvenir effroyable mais attendri, aussi : je l'ai lu avec mon dictionnaire à la main, presque. C'est là que j'ai commencé à apprendre du vocabulaire. Le réflexe du dico m'est resté.

Et puis en troisième, nous voyons arriver une énième prof à la rentrée. Désabusés, nous pensons qu'elle aussi repartira. Mais il semble que non. C'était Comtesse. Truculente et passionnée, elle me fait découvrir Philippe Soupault, Apollinaire...

J'avais acheté à la librairie favorite de mon père un premier ouvrage de poésie : Rimbaud. Je lisais sans comprendre, en trouvant cela magnifique. C'est à cette époque que je me suis mise à lire à voix haute, et que j'ai appréhendé le bonheur sonore de la lecture.

Me voilà donc plongée, à treize ans, dans la poésie. Un monde s'ouvre à moi.

Cette année-là, je crois avoir lu beaucoup. J'ai entamé une longue série de "classiques" : Balzac et Zola, Barbey d'Aurevilly, Colette (la série des Claudine), George Sand... J'en oublie énormément. Je me plongeais aussi dans des ouvrages de culture littéraire, j'apprenais les mouvements, je créais des réseaux intellectuels...

La lectrice adolescente

On attaque la période très faste... Riche de ce que Comtesse m'avait enseigné et de ce que j'avais appris seule, je fais mon entrée en seconde à la fois angoissée, exaltée, et un peu sûre de moi.
C. (dont j'ai reparlé récemment) nous accueille avec un test de culture littéraire (idée que j'ai reprise depuis que j'enseigne !) : j'ai 17 sur 40. Je me souviens encore de ce camouflet. Je redeviens modeste, et je lis, je dévore, j'apprends, je bois les cours. Je note toute référence donnée par C. dans les marges de mon cahier, ce qui me permet ensuite de passer des heures à la Keufna pour les trouver, les jauger.
C'est là que je me suis réellement ouverte à toutes les littératures : en deux ans, j'ai découvert par exemple Herman Hesse, Toni Morrison, John Fante, Christian Bobin, John Irving, Jim Harrison, Yukio Mishima, Virginia Woolf, Stefan Zweig, Paul Auster...

Woolf

Il va sans dire que je frétille, que je me passionne, que je brûle avec l'enthousiasme de l'adolescence.

La lectrice post-Bac

Deux années de prépa, ça marque. C'est la période où j'ai le plus lu, autant par force que par raison. Le plaisir s'émoussait à mesure que l'on m'humiliait. Non : le plaisir n'était pas toujours la partie la plus visible de l'iceberg. Par exemple, lire cinq Balzac en quinze jours, avaler des Point Seuil histoire, connaître par coeur Le Porche du mystère de la deuxième vertu de Péguy ou faire un exposé sur la finitude chez Sartre en lisant L'Etre et le néant alors que mon père venait d'être insinéré, tout cela relevait de l'exploit intellectuel et émotionnel, comme si nous étions des animaux de cirque.

Pour autant, même si j'ai occulté quasiment tout énormément de références, de notions, j'ai appris aux forceps et cela m'est resté ancré, quoi que j'en dise.

Le soir, quand ma mère rentrait tard du travail (dans la restauration), elle me trouvait en position assise dans mon lit, toutes lumières allumées, un livre à la main, un cahier à côté de moi... endormie profondément. Elle éteignait, et je ne m'en rendais pas compte. Je lisais tout le temps : dans le métro, chez moi, le soir, le matin, durant les vacances, tout le temps.

J'ai souvenir d'une expérience assez traumatisante d'une lecture de l'époque : celle de La Nausée de Sartre. A cause de ce fameux exposé sur la finitude, je lisais du Sartre à tout va (avec énormément de plaisir; j'ai eu ma période existentialiste à cette époque). Dans le métro bondé, un matin, j'étais absorbée par ma lecture, quand je sens tout le monde bouger à une station. Je relève la tête, et je perçois donc tous les passagers descendre de la rame pour en prendre une autre à Invalides, sur le quai d'en face, en raison d'un souci technique. Je voyais la scène avec trop de recul, comme absente. Témoin de ce mouvement de foule non loin du convoi animal, j'ai ressenti la nausée, vraiment. Expérience physique de ma lecture, comme j'en ai rarement eu.

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La lectrice adulte

J'ai bien plus de mal à vous en parler, étrangement. Je peux vous renvoyer à la catégorie Lektur sur mon blog, par exemple. Vous dire aussi que j'ai poursuivi ce mélange entre classiques et modernes, entre différents genres. Je lis aussi depuis quelques années des auteurs contemporains vivants.

Mais il y a eu deux années post études durant lesquelles j'ai fort peu lu, quand même : j'avais fait une overdose avec la prépa, je pense.

Je me sens toujours fort curieuse de découvertes, d'expériences nouvelles. Cette année, l'Agreg va me forcer à lire Montaigne, une poétesse russe ou encore Césaire. J'aime cette variété.

Et enseigner en lycée m'y oblige aussi : je détesterais la répétition complète d'une année sur l'autre.

Des questions dans la salle ?

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PS : N'allez pas croire que j'associe mes lectures à ma scolarité. Seulement, les classes me servent de repères chronologiques et culturels.

28 mai 2010

Entière

Je suis rentrée il y a moins d'une heure. J'ai quelques vertiges, que je pensais dus à la faim, mais finalement non. La fatigue, sans doute.
La journée s'est passée; je la raconterai peut-être. Ou pas.
La voici en quelques photos...

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J'avais sur moi le foulard de Flûtine. J'aurais aimé plus.
J'aurai plus demain.

D'ici-là, j'aurais dormi et j'offrirai un visage plus frais, souhaitons-le...

12 mars 2010

"Je t'aime tellement que je ne sais plus lequel de nous deux est absent" (Eluard)

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J'aimerais être légère, vous raconter plein de choses, mais je suis assez nouée  (euphémisme) par l'absence de Flûtine, que je ne verrai pas avant la fin du mois. Il y aura donc eu à ce moment-là quatre semaines sans elle.
Les coups de fil, les mots, Skype et compagnie sont tellement faibles voire inutiles face au besoin de se voir, de se parler visage contre visage, de se toucher, de rire ensemble, sans le filtre de l'appareil ou de l'écran...

Je ne sais même pas dire ce que je ressens, en fait. Tenez, si vous avez des mots pour parler du besoin de l'Autre, de ce creux dans le ventre en son absence, des larmes au bord des yeux en partant au travail et en comptant les jours, laissez-les ici.

4 mars 2010

Pour un coup d'essai...

... ce n'était pas un coup de maître.
J'ai voulu courir aujourd'hui pour la première fois depuis des lustres. Armée de ma tenue bleue et d'un bandana acheté au Texas il y a des années, ainsi que de mes nouvelles chaussures de running, je suis descendue de chez moi, légèrement inquiète du résultat.
Craignant d'être ridicule, j'ai marché d'un bon pas vers la coulée verte, en me rendant compte qu'il faisait bien plus froid que je ne croyais. Premier mauvais point. Le vent me fouettait le visage et congelait mes mains. En plus, guillerette, j'étais partie avec seulement une polaire et un t-shirt technique...
Arrivée en haut de l'escalier qui mène à la coulée, un groupe d'adolescents me fixe comme un seul homme : ils sont presque une dizaine, rassemblés en bas, à boire et à fumer. Prions le petit Jésus qu'il n'y ait aucun de mes élèves parmi eux, pensai-je alors subrepticement. Je me ressaisis, et je descends gaillardement les marches, comme si j'étais une habituée du lieu.
Rapidement, j'avais inspecté les alentours et vu une poussette au loin, ainsi qu'un couple. Je marche un peu, puis j'enchaîne sur une petite foulée, en lançant la chrono de ma montre Casio rouge.
Las ! Très (très) vite je m'essouffle et ralentis. Je regarde ma montre : 1'30''. Pathétique. Je marche à nouveau d'un pas rapide (histoire de dire), et je veux poursuivre ma "course" au bout de la coulée mais je découvre que la deuxième tranche de celle-ci est fermée : les horaires sont encore ceux d'hiver. Deuxième déconvenue, donc.
Je rebrousse chemin en courant (ouèèèèh, je tiens plus de 2mn) en repassant devant le groupe de djeuns, l'air digne et inspiré (autant que faire se peut quand on souffle comme un boeuf). J'arrive au bout du chemin balisé, en croisant deux policiers, toujours aussi inspirée en apparence. Et je rentre, dépitée, dans le froid.
Au total, j'ai couru 5mn et j'ai eu l'impression d'être humiliée. Mais Flûtine me dit que c'est formidable d'avoir passé le pas, d'avoir essayé et commencé, alors j'ai envie de la croire...

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7 janvier 2010

Mes dépenses pour le mois

Me voilà revenue de ma journée soldes. Partie à 9h30, cela me paraît honnête.

Bilan des courses (ah ah, quel jeu de mots !)

Je suis relativement déçue par les soldes de vêtements, pas très intéressantes. Idem pour les chaussures. Je crois que les commerçants gardent leurs cartouches pour faire durer.
Evidemment, les bottines que j'avais repérées chez San Marina n'étaient pas soldées. Ben oui, que voulez-vous, c'est toujours ainsi quand je choisis du beau.
J'ai cherché un manteau gris (Val m'a donné envie d'un duffle coat, en plus), mais rien vu de palpitant : soit ils sont peu chers mais de piètre qualité, soit les prix sont prohibitifs et la qualité pas top.
Au final, donc qu'ai-je acheté ?
Deux chemisettes chez H&M pour les beaux jours : 5€ chacune. Et une écharpe noire pour ma mère au même prix.
Des barrettes, des pinces et des élastiques à cheveux chez Claire's : 4,50€.
Un pyjama orange  complet (haut manches longues, bas, veste polaire mi longue) chez Etam : 30€, malgré les 50% de rabais.
Une paire de Doc Martens basses à 76€ (ma plus grosse dépense). Il s'agit d'une paire que j'avais déjà eue, que j'ai usée jusqu'à la corde, et que je zieute depuis environ deux ans. Cette fois-ci, elles sont marron clair. J'ai eu 30% dessus, et c'était la dernière paire...

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Des produits de beauté car, et je trouve cela étonnant, Sephora fait des soldes. Je me suis offert un fard à paupière taupe splendide de chez Lancôme à 11€, une pierre ponce, et deux produits Sampar pour 22€ (avec 70% de réduction...). Ma mère a aussi eu droit à un fard bleu clair.

Sampar

Voilà ! Résumons-nous donc :

Dépenses : 155 €

Economies : 72,65 €

Il me reste donc à m'en remettre avant d'aller au théâtre ce soir avec mes collègues... et des élèves à foison.

18 décembre 2009

Je tiens le bon bout

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Je n'ai ni la force, ni le temps de vous raconter ma soirée, mais comme m'a dit Tine ce matin, "c'était plein d'amour".
Là, je viens de finir de corriger un paquet de seconde à rendre demain, j'ai enregistré les notes sur l'ordi et dans mon cahier, je m'apprête à rejoindre mes copines au théâtre pour voir deux petites comédies avec environ 200 élèves, puis je rentrerai enfin me coucher...
Ensuite, demain matin, quizz littéraire pour les premières et baccalauréat du même acabit pour les secondes. A la clef, des papillottes et des pièces en chocolat.
Et à onze heures, je serai en vacances ! A demain, donc...

13 décembre 2009

Pour fredonner

Au réveil j'avais cette chanson de Michèle Bernard en tête. Le titre sur Deezer n'est pas bon : il s'agit de "L'usine à chagrins". Quand on arrive sur le refrain tout doux à propos de Célestin, et des phrases de Bobin punaisées sur la porte, mon coeur se noue. Sans doute parce que j'aimerais laisser ce genre de cadeaux délicieux sur la porte de quelqu'un. Ou que l'on m'en dépose. Et puis Bobin, c'est le souvenir de C. : je l'ai découvert avec elle, grâce à elle.

Sinon, depuis deux ou trois semaines, en allant au lycée et en en revenant, j'écoute en boucle "Vénus"  de Bashung. Sans m'en lasser. Elle a quelque chose d'hypnotique, d'envoûtant par le choix des mots, je trouve.

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Vénus par Bouguereau

Et j'ai découvert dans les catalogues de Noyel du BHV que Philippe Jaroussky avait sorti un nouvel album. J'ai bien envie de le mettre sous mon sapin, tiens. En attendant, je vais en écouter en corrigeant des copies.

Avant toute chose, prendre ma douche, ranger un peu puis attaquer le travail.

7 décembre 2009

Ecran et ciel blancs

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Résumons-nous :

  • Le sapin n'est toujours pas décoré.
  • Les cours sur Dom Juan et Le Mariage de Figaro semblent prêts, ainsi que les sujets de dissertation et une interrogation de lecture pour les premières.
  • Je dois me remettre à niveau sur les pièces sus-mentionnées : je n'aime pas l'approximatif quand je fais cours.
  • Un paquet de copies a été corrigé entre hier et aujourd'hui.
  • Comtesse devient accro à des chats virtuels qu'elle n'a pas encore, mais j'aime bien être SOS Miaou.
  • Le ciel est blanc et cache les tours lointaines.
  • Demain aura lieu mon dernier conseil, le pire : celui des STG à 5,3 de moyenne de classe...
  • Je dors massivement le soir, et j'ai encore des velléités de sieste, contre lesquelles je lutte à coup de théine et caféine.
  • J'irais bien faire un tour dans les boutiques ou simplement au Monop, juste histoire de dire que je me coupe de ma routine.

En bref, je n'ai rien d'exaltant à raconter, vous voyez... Ah, si : l'un de mes pères Noyel accroché à la rambarde du balcon a perdu la tête, hier : elle est tombée dans l'herbe. J'ai donc un père Noyel sur trois décapité. Dois-je y voir un signe quelconque ?

Edit de 17h10 : ayèèèèèèèèè, le sapin est décoré ! Il est super classe et déchire sa race de résineux ! Des preuves ? En voici, avec un mini autoportrait en prime...

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9 novembre 2009

Des murs, encore des murs

9 novembre 1989
Le Mur de Berlin tombe. J'ai encore les images en tête, et je sens l'importance de l'événement. J'ai quatorze ans, et je me dis que oui, ça y est, je vis quelque chose de grand sur le plan de l'actualité. Je pourrai dire plus tard : "Je l'ai vu". Mon père ne commente guère. Je crois qu'il relativise beaucoup, en disant : "Qu'est-ce que ça va changer concrètement, dès demain ?" Mais j'invente, sans doute, ce souvenir.
Mon père se moque de ses quarante ans, comme de tous ses anniversaires. Impossible de me souvenir de ses cadeaux. Des livres, sans doute. Ma mère me dit une gourmette en argent, aussi.

9 novembre 1993
Mon père est mort dix jours avant. Les mois d'octobre et de novembre me seront à jamais pénibles.

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9 novembre 2009
Les vingt ans de la chute du Mur de Berlin. Commémorations, blabla, analyses.
Mon père aurait eu soixante ans aujourd'hui. On lui aurait offert des livres, c'est sûr : il adorait ça.
Je prends en photo la fameuse plantapapa. Elle résiste aux années. Moi aussi.

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24 décembre 2009

Paprika et moi

Pour ce soir, j'ai préparé un parmentier de courgettes, plat hautement anti Noyel. Mais ce qui compte, c'est qu'il est délicieux ! Il s'agit de viande hachée, agrémentée de lardons, d'oignon, d'épices, de tomates pelées, le tout cuit progressivement, mixé et placé au fond du plat. Ensuite, on le recouvre de rangées de courgettes alternées de mozzarella di bufala.
On parsème de chapelure et d'huile d'olive, on met au four, et on se régale.
Alors pour vous faire saliver, et parce que j'adore faire des photos de nourriture (mais aussi des autoportraits originaux), voici cette fois-ci des cadeaux visuels (comment je crâne !)...

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Et puis, où que vous soyez, quoi que vous fassiez ce soir, je vous souhaite le meilleur réveillon possible.

15 novembre 2009

Démagnétisée

Je ressors d'une sieste de deux heures -oui, encore- qui m'est bénéfique sur le plan de la fatigue, mais qui sclérose un peu mon dimanche... Remarquez, sachant que je n'ai RIEN fait depuis ce matin, cela ne change pas grand-chose à l'affaire.

J'ai fait des rêves étranges de voitures, de ma mère, de noms juifs, de route en lacets, de coffre à ranger avec mille objets, de route vers... qui, vers quoi ? Je l'ignore...

Enfin bon, me voilà éveillée, alors je fais une petite entrée. La nuit est tombée sur la ville. La Défense commence à s'illuminer au loin. Je devrais culpabiliser car j'ai laissé le boulot en plan, mais même pas.

Hier soir, donc, pot dans Paris avec Emy. Rendez-vous était pris devant le café où nous nous sommes rencontrées la première fois -chabadabada !- à Nation. Par flemme et parce que j'avais froid (si vous suivez bien, nous avons depuis hier : larmes + absence d'activité + fatigue et sieste + froid = trop difficile à trouver, mmm ?), je n'ai pas pris le scooter. Je crois avoir bien fait malgré tout, car j'ai découvert au matin que mon parasol crocheté à la barre du balcon était tombé sous la force du vent !

Une fois à Nation, nous avons marché un peu pour rejoindre un café plus calme que ceux des alentours, bondés de supporters footballeux. Nous avons parlé, parlé, parlé de choses et d'autres, petites ou grandes. J'ai tourné autour du pot  pour ce qui me tracassait. Et je n'ai pas pleuré !

Je me suis dit que j'étais étrangement pleine de tics et de tocs face à Emy :  je me touchais le bord de lèvres (je crois que je fais une allergie à un gloss Sephora), pliait les bras, agitait les mains, me titillait le visage... Je me voyais faire cela, et n'y changeai rien. Heureusement qu'Emy m'avait déjà rencontrée !
Nous avons constaté qu'il y avait des points communs entre nos vies. Le passé a resurgi sous diverses formes : Emy et moi avons eu quelques profs en commun au collège et au lycée, dont C.. Alors bon, forcément, deux profs parlant profs... Vers 00h45, j'ai rencontré quelqu'un qui s'inquiétait parce qu'Emy ne répondait pas au téléphone : son Boubou ! Oui, le Boubou légendaire, en chair et en os de chaperon. C'était mimi.

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Ensuite ils m'ont raccompagnée au métro, dans lequel j'ai voulu passer mon dernier ticket... démagnétisé. J'étais la seule à m'agiter devant les machines sur le quai (il y a des stations pour lesquelles c'est le cas, je le précise pour ceux qui l'ignoreraient). J'ai demandé à un couple non loin de là s'ils pouvaient m'aider en ouvrant les sorties automatiques, mais ça ne marchait pas. La dame m'a ensuite passé son Navigo gentiment (et un peu craintive, je l'ai senti), mais comme il était déjà bipé, impossible de passer non plus. Je leur dis que ce n'est pas grave, que je vais remonter à la station m'acheter un carnet et qu'ils sont déjà très gentils. Ils discutent à voix basse, la femme dit à son compagnon "Donne-lui". Il ne s'agissait pas d'un truc illicite, mais d'un ticket dont il ne se servait pas. J'ai été très agréablement surprise par ce "cadeau", ce geste que je trouve rare.  La situation économique/sociale/politique actuelle fait-elle que la solidarité revient ? Je l'ignore, mais j'ai pu attraper le métro qui arrivait grâce à ce couple, et rentrer un peu avant deux heures du matin chez moi.

Ce matin, les chats étaient programmés sur 6h30, comme d'habitude. Mais moi je n'avais que quatre heures de sommeil. J'ai ronchonné, fait des câlins, puis somnolé jusqu'à dix heures.

Depuis, j'ai une flemmatite aiguë. Tant pis...

La nuit est vraiment noire, maintenant.

30 novembre 2009

Soyez aware

Allez, comme cela fait longtemps que je n'ai pas évoqué les délicieuses perles de mes élèves, en voici un wagon. Je crois que nous avons tous besoin de rire, ou de sourire, par défaut.

Interrogation de lecture sur La Fontaine, premières
* de movaise fois
* Jean Marie Arouet alias Jean de La Fontaine (je précise que La Fontaine n'avait pris de pseudonyme, et que l'élève a pensé au véritable nom de... Voltaire)
* un âge assez avérée pour son époque
* sources de connaissent (= de connaissances)
* quand l'homme n'a plus de savoir, il déchût, il fane. ( C'est ma préférée !)

JeanClaudeVanDamme

Bac blanc sur l'argumentation (avec une fable en commentaire)
* il ne dit pas sa morale, il l'implicite
* apriorie
* la mauvaise foie, la perfidité
*ersensciellement (= essentiellement)
* enlocurence
* le juge il s'en fou
* ils voillent / ils voix(= voient)
* ce récit est dynamique grâce à la ponctualité (= ponctuation)
* un homme qui se noyé à la mer
* si il avais location (= s'il avait l'occasion)
* La Fontaine, philosoque des lumières du IXème siècle
* pas de playdoirie
* il y a des connotations misérables et tristes
* la roi se fait berner par un cerf (villageois sans terre) -> je précise que la fable portait sur un cerf et un lion... Et le cerf n'était pas du tout un serf.
* un monarque auquel on doit succomber à toute les exigences (Sarko Ier, sors de ce corps !)
* l'interessement de l'avis des conditions du peuples
* un avare de l'argent
* en échèque (shame on me, j'ai mis en marge : "et la carte bleue ?")
* il déshonneur sa mort
* execause (= exaucer)
* le cerf, agil du language
* elle est composée de vers en phrases
* les fables resteront gravées dans nos mémoires (c'est là que j'ai imité F. Mitterrand...)
* la vision de la mort de la reine par le royaume (on dirait du Van Damme)
* histoire entre Nicolas Fouquets et Louis XIV (Sarko Ier est partout, décidément)
* la morale à la fin peut être au début
* les fables ont connu un certain succès au XVIIème siècle avec des écrivains célèbres : Hugo, Corneille...

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Je m'arrête là pour aujourd'hui : j'en garde sous la coude, c'est mieux. En tous les cas En tout cas, je trouve toutes ces perles pleines de fantaisie, voire de poésie, parfois...

20 novembre 2009

Ah, le petit personnel !

Une journée comme les autres, avec des collectors en STG aujourd'hui... Florilège (de ce dont je me souviens, car j'ai l'esprit fatigué, là) à partir d'un cours sur "maîtres et valets au XVIIIème siècle" :

_ Oh, Madame, François Mitterrand il est mort ? Naaaaannnnn ! Il est vivant, François Mitterrand !
Aucun n'a confondu avec le neveu vivant, je le précise.

_ Madame, c'est vrai que le roi quand il allait aux toilettes, y'avait un type qui le... [l'élève fait le geste au cas où je n'aurais pas compris] enfin vous voyez, avec du coton ?

_ Les domestiques étaient hébergés chez leurs patrons, et on les installait sous les combles. Les combles, ça signifie qu'en hiver, ils mouraient de froid, et en été, de chaud.
_ Ouais, ben donc ça va en automne et au printemps !

_ Madame, Aristote et aristocrate, ça a un rapport ?

_ Vous me donnez un exemple d'anoblissement récent ?
_ Jean Sarkozy !

_ N'écrivez pas vos cours au crayon papier, svp ! C'est craspouille, tout ça...
_ Mais Madame, ça glisse bien ! Oh, pardon...
J'ai fait mine de ne pas avoir entendu, bien sûr, pendant qu'elles s'esclaffaient en groupe...

Pour le reste, j'ai oublié, vous m'en excuserez. J'aurais dû les noter pendant les cours...

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Vous remarquerez que F. Mitterrand avait choisi un livre ouvert et la bibliothèque en fond de cette photo officielle, avec un regard et un visage droit.... Cela me semble révélateur.

9 novembre 2009

I'm taking a moment

Voilà, ça y est, je l'ai. J'ai guetté le facteur et attendu au maximum pour partir chez Karouf. Maintenant, je peux y filer : j'ai reçu mon coffret intégral 30 DVD de la série Ally Mc Beal. On pourra dire ce que l'on voudra, je classe certaines séries dans la catégorie culture, parce que c'est MA culture.

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Ensuite, j'envisage d'acheter les premières saisons de Boston Justice (ou Boston Legal, deux titres possibles) : série parlant encore d'avocats, et créée par le même réalisateur qu'Ally Mc Beal.
En déballant et en rangeant mes DVD, j'ai constaté une chose : je ne regarde pas assez les merveilles qui sont chez moi. A tel point que j'avais oublié que je m'étais offert des perles du genre Le Bourgeois gentilhomme en musique, ou encore Yourcenar en entretien...
J'ai décidé de me faire des tas de visionnages à venir. Na.

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