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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
12 septembre 2009

La nuit s'avance

La consigne 72 des défis du samedi portait sur la notion de temps qui passe : l'heure la plus longe, ou la plus courte, c'est selon...
Voici ma participation.

Dali_montre


Sous un soleil de plomb Sur les marches glacées Mes pas résonnent Ma bouche est sèche J’ai mis mon habit d’oiseau noir Sans ailes Celui qui me ceint Les larmes se retiennent Et puis tout se restreint Regards portés vers les Autres Que je veux plein d’amour Mais tout est aveugle Tout est assourdi Il n’y a rien sur mes lèvres Juste le silence Parfois l’ébauche d’un sourire Je me retourne Tout le monde est là Les assis Les debout Les vivants Qui voudraient le rejoindre Et le mort Tellement vivant Que l’on entend son rire Taper contre les vitraux Ma voix s’élève Je dis des mots Auxquels je ne crois pas Je ne retiens que l’Amour C’est déjà trop Et pas assez Ma voix s’élève Et se fait plus sûre Ma voix assène Ma voix martèle Il faut aimer Nous devons aimer Face à la bière C’est dérisoire Et puis si vrai Ma voix s’arrête Les larmes coulent La gorge sèche J’enveloppe d’un regard Tous ceux qui l’aiment Tous ceux qu’il aime Le savent déjà trop C’est le manque qui est insupportable C’est l’absence Qui devient présence Et que l’on hait Quelques gouttes bénies Sur son corps meurtri Sur son corps éteint Au-dessus du portrait Au sourire immense Un défilé sans fin Un amour sans fin Une douleur sans fin La fin la fin Je ne veux pas achever Il le faut bien A-t-on le choix

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7 septembre 2009

L'année s'annonce bonne

Je viens de finir de corriger un premier paquet d'interrogations. Je vous rappelle que, perverse comme je le suis, j'ai accueilli ces chers petits lycéens avec une trentaine de questions de culture littéraire.
J'ai commencé par les secondes, afin qu'ils fussent ma référence : ils me serviront d'étalonnage précis pour les premières. Bilan mitigé mais relativement positif : j'en ai 5 qui ont la moyenne. Cela paraît dérisoire, sans doute, mais je ne m'attendais pas à autant.
Ceci étant, j'ai eu de jolies perles dans ces interros. Je ne pensais pas cela possible, d'en faire sur ce type d'exercice. Ben si. La preuve.

* Donnez les titres d'oeuvres écrites par les auteurs suivants.

Zola : Les Misérables, Le vieille homme à la mer, L'Assomoire, L'Affaire Dreyfus. (Sacré Mimile !)
Racine : Célimène. (Cécécécé, Célimèèèèèèèèèèèèèèène !)

* Qui a écrit Cyrano de Bergerac ?
De Vinci.

* Qu'est-ce que le vair de la pantoufle de Cendrillon ?
Le vair est une matière transparente.
Le vair est un matériau que tout le monde ne pouvait le payer.
Le vair est une matière : le verre.
(La prof est abrutie, ou quoi ? Elle a fait une faute en écrivant "verre" et en plus elle veut savoir ce que c'est !)

cendrillon_pantoufle

Walt Disney nous ment !

* Qu'est-ce qu'une hyperbole ?
C'est abuser, faire une exagération.

Encore deux paquets de copies du même type... Youhou !

4 septembre 2009

A ta place

Voilà, j'ai effectué mes premières heures de cours au LycéeDésiré. Ben, c'est fou : je n'avais même pas d'angoisses, pas de noeud au ventre comme lorsque j'entamais un remplacement. Là, j'ai intégré que j'avais le temps -en gardant toute mesure- de m'installer, de trouver mes marques, d'en donner aux élèves et que je pouvais m'imposer sans avoir à lutter sans cesse, pendant des semaines...

D'ailleurs, j'ai du mal à rester totalement rigide et cela risque d'être un problème si je ne redresse pas la barre. D'un autre côté, les STG ont halluciné quand, sur la dernière demi heure, j'ai sorti mon interro de culture générale sur 40 points...

Demain, les ES et ma seconde y auront droit. A suivre...

Et puis en rangeant les chaises, j'ai trouvé un ancien graffiti qui m'a beaucoup amusée. J'ai imaginé l'élève s'évertuer à graver cela sur la chaise, en se cachant du prof...

040920091584

Puis en sortant de la salle, j'ai vu aussi un autocollant rigolo sur l'une de portes battantes du couloir.

040920091585

Je suis rentrée en souriant, alors que rien de particulier dans mes cours n'aurait dû me le donner. Je me sens tout simplement à ma place. Enfin.

25 août 2009

Il pleut sur la ville comme il pleure sur mon coeur

Ce matin, dernière étape des funérailles. La journée d'hier a été bouleversante.
Le prêtre a parlé de ma "conviction" en lisant, et nous avons souri de cette erreur. J'ai simplement ajouté,  à la fin de la première lettre de Jean, une reprise d'une phrase de ce texte : "Nous devons aimer", en regardant l'assistance, dans cette église bondée d'au moins deux cents trois cent cinquante personnes.
La vidéo a été visionnée ce matin plus de 330 775 fois. Internet peut aussi produire des miracles et tant d'amour...

Edit de 20h : ici comme ailleurs, j'ai fait des coquilles dans les titres... J'ai corrigé. Le soleil a pointé son nez au cimetière et après. Certaines images se gravent; elles sont tristes ou belles, ou les deux. La famille a voulu que je reste.
Le nombre de visionnages a doublé depuis ce matin. C'est beau. Tant d'amour...

oiseaux_coeur

27 juillet 2009

Il y a le ciel et la mer, et c'est déjà pas mal.

Oui parce que le soleil, vu d'ici, ce n'est pas gagné. Le temps est automnal; la pluie est ma compagne depuis le milieu de matinée.

Je ne me suis pas levée tard, j'ai rangé la cuisine, fait les poussières et les sols, puis j'ai filé chez Afondlaforme pour voir leurs parkas imperméables. Parce que dans mon grand tri, j'ai constaté que je n'en avais plus de très pratique. Au final, je suis revenue sans blouson mais avec une besace Delegate Eastpak kaki foncé (oui, j'aime cette marque) soldée, ce qui est rarissime. Je l'ai eue à quasiment 50%.

eastpak_delegate

Il me reste la valise à faire. Je pars demain matin pour le sud-ouest. C'est une région que je ne connais pas du tout. Changer d'air, prendre le large, cela me fera du bien. Je n'étais pas partie l'été dernier à cause du déménagement (piouh, je suis dans cet appartement depuis un an !) et en dehors de NY, mes dernières vacances remontent à juillet 2007...

Je ne crois pas les voler, ces vacances. Surtout que cette année, cette première année sur un poste fixe en lycée, je sais que je vais travailler comme une folle...

Allez, je vais déjeuner, je ferai une sieste puis la valise !

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25 juillet 2009

Balzac is back

damages_pr_sentation

Je ne sais pas si certains scénaristes américains ont lu d'excellents romans en long, en large et en travers, mais la réussite de Damages me laisse perplexe. Rarement j'ai vu série aussi bien menée et allant dans les tréfonds de la psychologie humaine, avec ses revers, sa complexité, sa perversion, son absence de manichéisme... Ce sont les ingrédients que l'on retrouve systématiquement dans des séries mettant en scène des avocats. J'ai fait le constat que c'était ce que j'aimais, finalement : les questions de justice, les joutes verbales, le doute et la conscience... Je pense à The Practice, Ally Mc BealBoston Justice, La Loi de Los Angeles (plus ancien), Dirty sexy money et évidemment Damages.

Patty Hewes, interprétée par Glenn Close, est une avocate brillante, cruelle, manipulatrice, dangereuse, fascinante, quasiment toujours sous contrôle. Elle combat des chefs d'entreprise véreux, imbus de leur personne, prêts à tuer, parlant sans détour et vivant sans pitié. Mais vous pouvez aussi tout inverser, et donner aux uns et aux autres les mêmes adjectifs.

La nature humaine est ainsi : elle n'a pas deux faces, le Bien et le Mal. Tout s'interpénètre, se mélange, et amène rarement à de bonnes surprises, souvent à des trahisons ou des déceptions. L'être que l'on croyait bon et qui vous plante un couteau dans le dos joue sur l'effet de surprise. Celui qui est mauvais et veut accomplir quelque chose de bon, n'y parviendra que difficilement : soit on ne lui fera pas confiance, soit ses actions passées reviendront telles un boomerang.

damages_visages

Damages est au coeur de tout cela. On sursaute en découvrant des manipulations abjectes, ou qui est complice avec qui. Mais on se surprend aussi à soupirer de soulagement quand un piège est déjoué. Les répliques sont cinglantes, le jeu des acteurs subtil et délicat : un regard, un sourire, un masque de froideur nous font basculer d'un coup.

J'ai visionné tous les épisodes des deux saisons en deux jours et demi, fascinée. Le système "narratif" est très efficace : il y a soit des flashes-back, soit des "retours en avant" pour tenir en haleine. Dans chaque épisode, ces flashes violents sont prolongés de quelques secondes. A la fin de la saison seulement, on les comprend. Le suspense est donc terriblement délicieux.

damages_saison_1_L_2

Je me suis dit hier soir que Damages, c'est Balzac version trash. Une version modernisée, au coeur de Manhattan, avec des PDG de multinationales. En dehors de cela, les portraits et les intrigues sont aussi fins que dans un roman du XIXème siècle.

Un tel compliment de ma part, ce n'est pas peu dire.

20 juillet 2009

Erotisme (2)

Voici ma troisième participation à la consigne 69 des défis du samedi ! Après une photographie et un poème, je me suis attelée à un texte en prose... Son titre : "Coup de soleil".


cerisier_Japon

Nous étions allongées dans l’herbe, protégées du sol par un mince plaid. Nous discutions de choses et d’autres, à l’abri de l’ombre majestueuse du cerisier de son jardin. Parfois, le soleil s’immisçait entre les feuilles, et je devais fermer les yeux pour éviter ses rayons.

Je portais une robe légère, fleurie, aux pans assez longs. J’avais retiré mes sandales, et mes pieds frôlaient l’herbe fraîche. Au détour d’un silence, je fermai les yeux, en souriant. J’étais bien.

Dans une demi-somnolence, je sentis qu’elle bougeait. Je crus entendre sa respiration près de mon oreille, et je frissonnai, en cet après-midi estival. Je pensai m’endormir.

Je crus que le vent se levait et faisait bruire les feuilles. Un souffle passa sur mon décolleté. Mes cheveux recouvrirent mon visage, pendant que mes seins pointaient, à cause de la brise fraîche et légère.

J’avais chaud, pourtant. De petites bêtes grimpèrent dans mon cou, puis le long de mes jambes. Je ne cherchai pas à les pousser ni à les faire disparaître, trop abandonnée au sommeil, nonchalante.

Le vent souleva soudain ma robe et laissa mes jambes à l’air libre, enfin. Je voulus les resserrer pour garder une certaine dignité, mais, malgré mon état, je me dis qu’elle dormait elle aussi, et que personne n’entrerait dans son immense jardin isolé. Je restai donc ainsi.

Les bêtes continuaient de grimper et de descendre le long de mes mollets, de mes cuisses, de mes hanches, parfois. C’était des allées et venues incessantes et discrètes, des frôlements d’insectes, doux comme des caresses.

Je plongeai dans ses sensations délicieuses et m’abandonnai. Les mille pattes vinrent jouer le long des dentelles de mes dessous, de façon insidieuse. Je crois que je gémis légèrement. Les pattes restèrent longtemps là, à chercher leur chemin, leur route perdue vers on ne sait quel trésor, vers on ne sait quelle nourriture.

Puis tout s’activa.

Je rêvai, je crois.

Au moment où je me réveillai en criant, je me relevai, cambrée, les mains au sol, les yeux fermés : le soleil était en moi.

2 juillet 2009

Sur la plage abandonnée...

DSC_0215

En cette journée encore caniculaire, je vais effectuer mon premier et véritable conseil d'enseignement pour la répartition des classes à la rentrée. Logiquement, j'aurai une seconde, une première générale et une première techno avec des compléments, car je n'ai pas mon service complet, là.
Deux contacts téléphoniques, un échange de mails, de la considération : tout cela me change fondamentalement de ce que j'ai pu connaître jusqu'ici. Je suis même invitée à la fête du LycéeDésiré après la réunion...

Donc là, je me prépare plus ou moins à débuter ma nouvelle vie de prof. C'est étrange car j'ai à a fois la sensation d'en avoir pleinement conscience, mais aussi celle de n'avoir toujours pas atterri. Le fait que nous soyons aussi plus ou moins en vacances y participe sans doute un peu : encore un pied dedans, et l'autre tellement plongé dans le sable fin...

Bon alors, sinon, il y a deux personnes qui n'osent pas passer le pas pour samedi ? ;-)

1 juillet 2009

Bye bye tzrorat !

Ce matin, j'ai surveillé pendant le Brevet de math. Deux loulous qui avaient au moins seize ans essayaient de communiquer. Pas pour tricher, mais juste pour causer. Mon regard noir ne fonctionne pas vraiment (et j'en suis presque vexée). J'en prends un sur le fait de récupérer un objet sous la table de sa voisine de derrière. Il m'alpague et cherche à se justifier en me jetant un "J'faisais juste craquer mes doigts !", armé d'un sourire en coin, et appuyé d'un clin d'oeil.
Il m'en fallait moins pour bondir : "Votre clin d'oeil, vous vous le gardez, nous ne sommes pas copains. Et les échanges, ça suffit."
Et là, il s'adresse à mon collègue pour lui demander : "Eh, la dame, elle a pas un problème ?", comme si je n'étais pas présente. J'ai senti que le seul interlocuteur valable à ses yeux, était un homme. Et cela me fait toujours le même effet : la colère, l'effroi, l'indignation. Mais je n'ai rien montré.

Sinon, j'ai donc effectué mon dernier aller-retour entre mon (ex) zone de remplacement et ma ville aujourd'hui. C'était bon de rendre mon bip de parking, mon passe, et de dire bye bye. Au revoir auquel d'ailleurs le principal n'a pas même daigné répondre. Passons.

Aucun collègue à saluer. Révélateur, je trouve. La CPE me souhaite bonne chance et tout et tout. J'en fais de même pour elle : elle quitte le collège après sept années de bons et loyaux services. Elle arrivait au bout de ses forces, je crois.

iProf

A part ça, j'ai logiquement trois personnes qui vont trinquer avec moi samedi 4 en fin d'après-midi : Ed, Emy et Micahuète. Qui veut nous rejoindre ? Pour l'instant, je n'ai pas encore choisi le lieu mais j'y réfléchis activement.

Bref, tout ça pour dire que : JE SUIS OFFICIELLEMENT EN VACANCES ! Et que je savoure encore et toujours ma mutation en LycéeDésiré.

26 juin 2009

Une époque qui s'efface

Hier, Farrah Fawcett. Aujourd'hui, Michael Jackson. Une tranche de ma vie, en fait. On dira ce que l'on voudra sur l'un ou sur l'autre, mais je les apparente à mes premiers souvenirs télé, quand je passais mes vacances chez mes grands-mères.
Pour le clip de "Thriller", la famille -hum, le mot est bien grand pour ce que nous étions les uns pour les autres, mais comment dire les choses autrement ?- était réunie autour du poste : mes deux cousines et moi-même, les parents, les oncles, les tantes, la grand-mère, l'arrière-grand-mère à demi aveugle, pourtant... Ils nous avaient bien dit que si nous avions trop peur, nous pouvions sortir de la pièce. L'événement était national, c'est sûr (une exclu je crois de Drucker, mais pas certaine de ça...). Planétaire, je ne le saurai que bien plus tard. Nous étions tous devant le poste, presque hypnotisés. Un clip si long, si réussi, si dansant. Et effrayant pour l'époque (1982), même si aujourd'hui cela fait sourire.
Jackson, pour moi, c'est un destin tragique, au sens ancien du terme. Comme si nous savions tous que cela allait mal finir, mais nous étions fascinés par ce génie musical. Une sorte de monstre et d'ange à la fois. Sa mort à cinquante ans n'est guère étonnante, malheureusement. Mais quand j'écoute sa musique, qui ne vieillit guère, je me dis que oui, il a touché à l'immortalité.

Quant à Farrah Fawcett, elle a bercé de multiples après-midi avec les "Drôles de dames". J'adorais cette série, qui repassait souvent (puisqu'elle date en gros de ma naissance). Je m'imaginais souvent être l'une d'elle (la brune aux cheveux carrés, dont j'aimais l'humour et la classe du personnage qu'elle incarnait : Sabrina Duncan dans la série) dans mes aventures de petite fille solitaire. Finalement, je suis peut-être devenue homo en les dévorant des yeux, ces femmes belles, drôles, intelligentes, surprenantes... Je craquais évidemment pour les deux brunes : Jaclyn Smith et Kate Jackson.

droles_de_dames

Et puis Farrah Fawcett avait cette gloire populaire qu'accorde parfois le public américain, à la fois terrifiante et admirable. Cette belle blonde a vécu une histoire tumultueuse avec Ryan O'Neal, le héros de Love story, ce film qui fait pleurer même si on l'a vu quinze fois.

Alors, voilà : les Jackson five, Jackson seul, Fawcett et les "Charlie's angels", O'Neal :  ce sont les années 70 et "mes" années 80-90. Et puis, pfiout, en deux jours, deux symboles qui disparaissent. J'ai déjà peu de souvenirs d'enfance, alors bon...

23 mai 2009

Miss Bricolage

bricolage

J'ai toujours été amusée par le regard interloqué de beaucoup d'hommes sur les femmes dans les boutiques de bricolage. Comme si cela n'était pas possible.
Ils ont souvent un petit air moqueur ("Ma pauv' petite, tu t'es perdue ?"), ou surpris ("Mais que fait-elle dans un magasin d'hommes ?") voire lubrique ("Vas-y, mets les mains dans les vis !").
Faut dire qu'à une époque, j'étais la seule femme à m'extasier sur les perceuses sans fil à batterie lithium ou les boîtes à outils flambant neuves... Depuis, j'ai investi, et j'adore ça. J'aime bricoler, peindre, réparer, retaper... Je suis juste nulle en plomberie (Dieu merci, peu de gens connaissent un épisode d'inondation peu glorieux en ma faveur...) mais pour le reste, je n'ai pas à rougir. J'adorerais avoir une maison dans laquelle je reconvertirais le garage en établi, ou bien j'aurais une petite cabane de bricolage dans le jardin. J'achèterai des meubles dans les brocantes, et je leur donnerais une deuxième vie (oui, maintenant je bave devant les ponceuses  à meuble...).

Quand vraiment j'ai un souci, je m'adresse aux vendeurs, car on découvre des mondes, des strates épaisses aux noms improbables, des matériaux dont on ignorait l'existence ou l'utilité... Mais quand un homme aux caractéristiques proches du macho me demande si j'ai besoin d'un coup de main (je n'aime pas cette expression, d'ailleurs), ou me regarde avec un air supérieur en disant : "J'peux vous aider ?", j'arbore alors mon air le plus sûr et je souris en répondant que non, merci, tout va bien.

Je ne suis pas mécontente de me débrouiller, d'ailleurs. Et les travaux manuels ont cette vertu extraordinaire d'occuper totalement l'esprit. On oublie tout car on se focalise sur un point précis, sur une ambition très concrète et notre concentration est complète. On ne peut se permettre d'utiliser un marteau, une scie ou une perceuse en pensant à autre chose. Et encore moins quand on travaille sur l'électricité (ou la plomberie, je sais ! Grumf !).

Et puis contrairement à mon métier, on voit les résultats de suite : la lampe s'allume -ou pas-, l'étagère tient et est droite -ou bancale-, la peinture est sèche -ou bien les chats mettent leurs pattes dessus. Quand ça cloche, on s'y recolle immédiatement, on corrige de façon simple et évidente le défaut qui persiste.

Alors qu'avec les élèves, on ne voit pas toujours où ça pêche. On n'est même pas sûr d'avoir bien placé les vis. On n'utilise pas de marteau pour forcer. Et puis il nous manque souvent les outils adéquates...

On a aussi de bonnes surprises : la tuyauterie installée fait parfois ressortir une eau pure et limpide. Elle avait gargouillé, assez boueuse, éclaté par jets improbables. Puis le flot était devenu continu, pour aider la source à se répandre et à s'éclaircir...

Les points d'eau auxquels un professeur s'abreuve sont rares. Et c'est pour cette raison qu'ils sont si précieux, évidemment.

20 mai 2009

Marathon

J'ai participé l'autre soir, pour la première fois de ma vie, à un marathon. Oui, moi, la non sportive, la récalcitrante du short, l'anti balleuse, je l'ai fait. Normal, remarquez : c'était un marathon d'écriture.

course_marathon_m

Le principe est simple : admettons que vous commenciez à écrire à 20h. Vous devez fournir un premier texte avant 21h. Et ainsi de suite chaque heure. J'en ai fait six en quatre heures, en compagnie de ma délicieuse camarade Val.

Le plus dur, c'est de se retrouver face au clavier sans trop savoir quelle voie suivre. Voici mes trois premiers textes, par ordre chronologique...


Ptit poème

 

Il en est de l’amour

Comme des gaufres

C’est chaud et croustillant

Sur le moment

Mais ramolli le lendemain

Quoique toujours délicieux

 

Il en est du silence

Comme des mots

On les savoure

On les partage

Quand les ondes

Sont les mêmes

 

Il en est des écrits

Comme des bijoux

Les plus précieux sont cachés

Les pacotilles s’exposent

Les pierres scintillent

Et l’on referme le coffre

 

Il en est du désir

Comme du feu

Il ne dure que si

On l’entretient

Il s’allume

Et nous brûle

Délicieusement

 

Il en est de mon texte

Comme d’une aventure

Celle qui éclot

Au détour d’un clavier

Celle qui avance lentement

De peur de tomber



Bouquet de fleurs

 

Elle portait une robe fleurie, aux couleurs légères. On aurait dit un tableau impressionniste à elle seule : la lumière se dégageait d’elle, et elle absorbait le soleil. Elle avait voulu porter un chapeau de paille, mais celui-ci s’échappait à la moindre occasion.

Sa longue main fine de pianiste le retenait, comme si les oiseaux pouvaient le lui voler. Ou le vent.

Tout rayonnait autour d’elle.

Nous n’osions jamais lui parler d’autre chose que du lycée, de fleurs, de nos familles… Nous étions tous amoureux d’elle. Mais elle, elle était libre et riait à gorge déployée dès que nous parlions d’avenir ou d’amour.

Libre.

Libre…

Et puis elle est partie après le Bac. Ses parents l’ont trainée dans une ville sombre, sans fenêtres sur la lune ou le soleil. Elle était le soleil, mais celui-ci s’est éteint progressivement. Elle ne nous a plus écrit et n’est pas revenue en vacances nous voir…

Je l’ai croisée des années plus tard, par hasard. J’attachais ma bicyclette; elle arrangeait des bouquets. Les tournesols se tournaient vers elle. Elle rayonnait à nouveau, dans ce quartier parisien un peu bobo mais sympathique. Elle était devenue fleuriste. Comment aurait-il pu en être autrement, d’ailleurs ?

J’étais heureux. Je ne suis pas allé la saluer, même si j’étais toujours amoureux d’elle, évidemment.

Mon soleil.

Ma lune.

Ma fleur.


A rebours

J’aurais dû commencer par là.

Je suis assise à ma table de salon, les chats passent parfois devant le clavier pour réclamer une caresse, mais je dois les éloigner afin de m’en tenir au timing imposé par le marathon.

Je me suis fait un thé à la menthe sucré, comme on le boit en Afrique (on en boit trois, normalement : le premier sucré comme l’amour, le deuxième doux la vie, le dernier amer comme la mort…) mais je me contenterais de l’amour pour ce soir.

J’ai chaussé mes lunettes pour éviter une éventuelle fatigue oculaire, même si la correction est minime. Seules trois petites lampes sont allumées, ce qui crée un espace feutré. Je n’aime pas les lumières vives : elles m’agressent.

Voilà, le chat noir s’affale dans mes bras et tricote contre moi. Peu pratique pour écrire, mais je ne peux refuser tant d’amour sans condition.

Au loin, la Défense se perd peu à peu dans la brume. J’écoute Fip en fond sonore. C’est doux.

Je me demandais en début de soirée ce que j’allais écrire, un peu tétanisée par ce nouveau défi littéraire… Progressivement, je m’apprivoise.

C’est bien, parfois, d’être moins sauvage…

 

 

8 mai 2009

Hédoniste

DSCF3359

Oui, j'aime les choses raffinées, la haute technologie, les défis intellectuels, les femmes compliquées. Oui, peu de gens me touchent beaucoup, peu de femmes me charment, mon niveau d'exigence est élevé en amour, en amitié (c'est pareil, de toutes les façons) et avec moi-même...

Mais...

J'aime la douceur d'un rayon de soleil printanier sur ma joue, une assiette à peine remplie de mets simples, des sourires silencieux, des futilités racontées jusqu'au bout de la nuit ou dans les virages d'une journée, le grain de la peau, la simplicité d'un regard, le vent dans les feuilles, la couleur des fruits et légumes dans leur panier, me promener au hasard...

J'aime le complexe et le simple. L'unique.

Comme sont les Hommes.

3 mai 2009

Poker face

DSCF3349


Mazette, j'aurais dû évoquer le poker avant : cela vous inspire !
La cravate ne m'a pas fait gagner (mise de 5€ par partie, donc pas de quoi se ruiner), malheureusement mais l'ambiance était super chouette. Les collègues de Pumpkin sont rigolotes comme tout. On a mangé des pizzas, elles ont pas mal bu, on a beaucoup ri. La soirée, au final, m'a coûté 20€ (deux parties de poker et ma participation aux frais). C'est presque moins qu'un restaurant, et ça n'a rien à voir avec.
Je "savais" jouer au poker en ligne, mais je n'avais jamais joué "en vrai". Ben ça change quand même. Et pis j'aime bien les jolis jetons ! Et pis on avait même un super tapis très pro. Na.
Je suis rentrée à 3h30 et me suis réveillée à 11h.
Un paquet de copies m'attend encore... mais je termine d'émerger.


DSCF3351

5 mai 2009

Le téléphone ne pleure pas : il se marre

telephone_fourure_Rouge_1

Enième coup de fil de la semaine pour connaître mon avis sur des tas de choses fascinantes. Cette fois-ci, c'est un homme au débit mécanique et qui ne semble pas respirer tant il parle vite.

_ MadameVirgibri?
_ Oui ?
_ Bonjourinsitutmachinchose  !
Jem'excusedevousdéranger
maisj'auraisquelquespetitesquestionsàvousposer...
Celaprendraàpeinedeuxminutesvousvoulezbienmelesaccorder ?
_Cela devient du harcèlement, ce type de coup de fil ! Non, je ne veux pas répondre.
_ Euh... Ah.   Maisjepeuxvousdemanderpourquoivousnepouvezpasm'accorderdeuxminutes ?

(Je souris, j'ai réussi à le décontenancer avec mon ton mi amusé mi agacé).
_ Mmmmmm... Non ! (Et il m'entend sourire à l'autre bout du fil. Si si, on peut entendre un sourire !)
_ Ah bon ?!
_ Ben oui, je ne vois pas pourquoi j'aurais à me justifier.
_ Euh, oui (il sourit à son tour)... Bonne journée, Madame. Merci.
_ Bonne journée à vous aussi !

Piouh, j'ai réussi à le faire parler à un débit normal sans répondre à son questionnaire. Je crois que je suis fichée rouge, maintenant.

6 avril 2009

Voyage littéraire

Dans quatre jours et moins de 19 heures, je serai sur le départ pour New-York ! Alors, selon vous, dois-je me lancer dans mes lectures américaines maintenant, ou attendre  d'être sur place pour en savourer la quintessence ?
Il s'agit de la désormais célèbre Trilogie new-yorkaise de Paul Auster et de Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt (sa femme).

Auster_trilogie
Hustvedt

11 avril 2009

NY moins quelques heures

Panneau_oeil_photo

Dans six heures, je décolle vers Ailleurs. Loin. De l'autre côté de l'océan. Je laisserai ici mes soucis, le collège, mes amours bancales, mes angoisses.
Je veux profiter (j'ai failli écrire quelque chose d'incorrect mais qui me plaît : "je me veux profiter...") de ce premier voyage depuis un bail. Le dernier, en dehors de l'Espagne estivale sur les cotes touristiques, c'était la Laponie. Il y a peut-être quatre ans, déjà...
J'ai pris de quoi écrire, de la musique, des livres, mon ordinateur portable et surtout, surtout, mon matériel photo. Je reprends mes passions enfouies on ne sait où -la photographie et l'écriture.
Vers deux heures du matin (heure française), je serai à New-York. Au programme, taxi avec Kim, un peu de repos, et dîner en ville. Là-bas, il sera sept heures du soir. Pas question pour moi de perdre une minute, même si je suis fatiguée.
Pour les abonnés à la newsletter du blog, petite surprise dans la journée. Pour les autres, des nouvelles as soon as possible sur le blog. Je tâcherai d'être fidèle et régulière à cette plateforme qui me lie à "chez moi", où que je sois.

A très vite, de l'autre côté de la Terre...

2 avril 2009

Y'a des jours comme ça

La réunion de ce matin ne m'a rien apporté et réciproquement : sous couvert de "nous devons travailler en équipe", au bout d'un moment, ça se tirait dans les pattes à tout va et je n'avais rien à voir ni à faire là-dedans. J'aurais mieux fait de rester au lit.
J'ai quand même entendu des choses qui m'ont laissée dubitative : 1) on doit éduquer les élèves, ça fait partie du boulot, soit on l'accepte, soit on ne l'accepte pas, mais on doit les éduquer; 2) exclure un élève, c'est le priver du savoir; 3) mettre une mauvaise note, c'est décourager l'élève.
Ce que je vois, c'est que normalement nous n'avons pas à éduquer les élèves, sauf au niveau civique, à mon sens. Ensuite, quand j'exclus un élève fortement perturbateur, c'est que je n'ai plus le choix, et qu'il nuit plus à la classe encore qu'à lui-même. Par ailleurs, généralement, ce même élève se refuse au savoir... Enfin, les mauvaises notes sont aussi honnêtes : si un élève ne fait rien et a quinze sur vingt, comment être crédible ? Si celui-ci va en lycée ou en section pro, et se retrouve d'un coup avec des mauvaises notes, à qui la faute ? J'ai mes défauts en tant que prof, mais je crois que mes élèves n'ont jamais pu me faire le reproche de les surnoter/ de leur mentir. Et lorsque celui qui avait 5 parvient à décrocher 10, il tire sa gloire de son mérite, pas de l'hypocrisie de l'enseignant.

Je couve vraiment un rhume et j'ai eu bien du mal à me lever ce matin.

Je suis toujours aussi embarrassée pour les choix de mutation.

lapin_b_lier

Mon élève de cours particulier m'a posé un lapin. Sa mère étant à l'autre bout du monde, il a dû profiter de cette journée ensoleillée et de sa copine. Je le conçois : un cours sur les notes de synthèse pour les concours commerciaux, c'est moins exaltant -même avec moi !

J'ai cassé une chaîne de cou en argent.

Mais j'ai fait une délicieuse sieste sur le balcon par un temps fort doux...

31 mars 2009

Sakapus is back again

Sakapus, la délicieuse et talentueuse prof que j'ai remplacée pendant six mois, m'a envoyé un mail hier soir, que je découvre au matin. Tenez-vous bien : je me suis trompée dans une référence sur la liste de Bac envoyée, et elle voudrait que je corrige moi-même cette coquille et que je lui renvoie la dite liste...
Je précise que je l'ai évidemment faite au format Word et qu'il n'y a aucun souci pour que Sakapus se bouge les phalanges et tapouille elle-même. D'autant qu'elle devra le faire pour les dernières séquences. Pensez-vous qu'elle va me demander de compléter la liste jusqu'au Bac ?
Mystère...

shadocks_1_

30 mars 2009

Dégommée

Aujourd'hui, pour la première fois de ma carrière (et sans doute pas la dernière), j'ai reçu deux projectiles en faisant cours. Il s'agissait de morceaux de gomme. Cela paraît mou, une gomme. Ben non.

gomme

Le premier coup a été porté pendant que j'écrivais au tableau, et je l'ai reçu sur la cuisse. J'ai évidemment fortement réagi, demandé qui avait fait ça, etc. J'ai donné une heure trente au coupable pour venir s'excuser. Vingt minutes plus tard, je lâche les fauves en récré, et au milieu de l'agitation, je reçois un autre morceau de gomme sur... la tempe droite.
A la fin des deux heures avec cette 6ème aéronautique, personne n'était venu faire son mea culpa.

Voilà, c'était la partie "how to have fun in a classroom ?".

Sinon, ma mère m'a offert un mega cuit vapeur qui tue la graisse mais garde les vitamines. Et ça, c'est l'arme fatale de mon régime. Au fait, j'ai perdu 500 grammes en une semaine. Cela paraîtra dérisoire à certains, mais pas pour moi.

seb_vitacuisine

Et ça, c'était la partie "how to loose weight ?".

Allez, je vais tenter de me cuisiner mes filets de cabillaud dans mon arme fatale.

25 mars 2009

"Prendre un amour comme on prend le train"

new_york1

Dans environ quinze jours, je serai à New-York. Deux semaines de break réel. Deux semaines seule chez mon amie Kim. Je me concentre sur ce voyage (le premier depuis un bail) pour éviter de sombrer.
Je me retrouve avec mes angoisses, ma fatigue, mes kilos gênants, ma solitude, mais je m'accroche à ce périple comme à un radeau. New-York ne me sauvera de rien, je le sais. Mais être ailleurs, ce sera déjà beaucoup.
Notre époque moderne nous refuse l'isolement total, cependant : internet chez Kim et wifi dans les cafés, téléphone portable qui peut recevoir sms et appels... Il est loin le temps où, adolescente, je n'avais qu'un coup de fil à passer d'une cabine, en guise de message rassurant pour mes parents... On composait longuement le préfixe à l'international et le numéro; cela fonctionnait rarement du premier coup; on croisait les doigts pour que quelqu'un fût à la maison...

Allô, c'est moi. Papa ? Maman ? Oui oui tout va bien, je suis bien arrivée. Oui, je suis bien installée. Oui oui ,le voyage s'est bien passé. Je ne reste pas longtemps, ça coûte cher. Je vous embrasse. Oui oui Maman, ne t'inquiète pas. Bisous ! Bisous...

Là, ce sera un mot sur le blog, un mail impersonnel (mais y a-t-il des mails personnels ?), un signe virtuel quelconque. Même ma mère utilise le net aujourd'hui. Je ronchonnais de devoir les appeler quand j'avais quinze ans, mais je donnerais beaucoup pour devoir le refaire en arrivant à New-York.

Allô, Maman ? Papa ? Oui oui tout va bien. Le voyage était long mais ça s'est bien passé. Oui, Maman, je vais en profiter.  Oui, Papa, je ferai attention. Je sais que Papa aurait été content. Je ne reste pas longtemps, je suis chez Kim. Bisous ! Bisous...

Et personne avec qui partager cela.

C'est moi. Oui, tout va bien mais... tu me manques.Je t'aime.

Il n'y aura personne au bout du fil, cette fois-ci.

16 mars 2009

Tête à euro (ou comment parler de rien plutôt que de ne pas parler du tout)

caron_chabal

Chabal pour Caron et Seat.
Adjani pour Lancel.
Bigard pour Tryba.
Zidane pour Danone.
Theron pour Dior.
Laporte, Lio, Genest et consorts pour Madrange.

Etc...

lancel_adjani

Je serais curieuse de savoir qui achète ces marques en fonction de la star qui a été rémunérée pour mieux les vendre. Personnellement, cela ne me fait ni chaud ni froid.

bigard_tryba

Vous croyez que c'est vraiment plus vendeur (surtout avec les difficultés de diction de Laporte ou la tête à claques de Bigard) ?


Jambon staaaaaarr!!

Enfin, ce que j'en dis, c'est qu'aucune des stars que j'admire n'est tombée là-dedans à ma connaissance, et que si cela arrivait, je n'irais pas acheter un produit en fonction de cette démonstration mercantile.
Et vous ?


 

13 mars 2009

Rainbow

bic_4_couleurs

Bilan du jour

Mon stylo quatre couleurs a été dérobé alors que je relevais les copies de la 6ème sport. La semaine dernière, c'était mon criterium qui avait disparu. Je l'avais "retrouvé" en morceaux dans les mains de Moumou, bavard impénitent et hâbleur pénible.
Outre le fait que ces menus larcins me vexent (j'ai toujours eu l'oeil du sioux, vif et en alerte), je me dis qu'il va falloir que je sois un peu plus parano et aux aguets. Et ça m'énerve.

Sinon, la 6ème ballon est vraiment plus faible que la 6ème fusée : les premiers sont parvenus à faire environ sept questions sur vingt dans une certaine agitation, alors que les seconds ont quasiment tout fait dans le calme...

A part ça, la serrure de ma salle de classe est totalement explosée et n'a pas été changée. C'est maintenant un trou béant dans lequel certains rigolos aiment à passer leurs doigts pendant que je fais cours... Je me demande combien de temps cela va prendre à être réparé...

9 mars 2009

Trentenaire

2009_02_20_20022009841

Passé trente ans, on se fatigue plus vite. Les soirées jusqu'à pas d'heure, ce n'est plus notre truc, ou alors on met plusieurs jours à s'en remettre. A la soirée d'anniversaire de Pumpkin, samedi, que des femmes trentenaires autour de la table (et que des homos; diable, elles se reproduisent !) qui ont fini en buvant une tisane bio affalées au fond du canapé... L'une d'elles a vu juste : "Avant, j'aurais bu une bière et j'aurais filé en boîte finir ma nuit...", dit-elle avachie et à demi couchée. Pour ma part, je suis rentrée vers 1h30 et mon réveil fut assez chaotique.
Alors quoi ? On vieillit tant que ça ? Ou l'on peut taxer la vie active de notre état ?
Tout ce que je sais, c'est que mes nouveaux gnomes m'épuisent bien plus que mes quatre classes de lycée (malgré la seconde frappée, oui oui !). On a l'impression que ce n'est pas le même métier, presque. Enfin, l'énergie n'est pas dépensée dans les mêmes choses, disons.
Avoir trente ans, c'est aussi dresser quelques bilans. Qui est encore dans notre cercle d'amis ? On compte d'ailleurs les amitiés en douzaine d'années. On regarde dans le rétroviseur, on s'inquiète de ne plus y voir les mêmes gens. On se demande pourquoi certains ont disparu du paysage. Pourquoi ils ne reviennent pas nous faire un signe. On flirte avec la culpabilité : qu'est-ce que j'ai fait ? qu'aurais-je dû dire ? et aujourd'hui, comment réagir ?
Du coup, hier soir, je ne sais ce qui m'a pris, mais j'ai écrit un mail à C. (énième tentative auprès d'elle) , et j'ai tenté d'appeler Mousse, son mari. Quand il a décroché, j'ai manqué de courage et profité de la mise en route intempestive de son répondeur pour raccrocher sans dire un mot.
Je ne sais pourquoi je n'ai pas parlé. Enfin, si : sa voix était lointaine et altérée par le temps. Il faut dire que je ne les ai pas revus depuis plus de dix ans... Après cela, j'ai fait redescendre mes pulsations cardiaques, et j'ai envoyé un sms sur son fixe. J'ai tenté de rappeler une heure après, en vain : il ne décrochait plus et avait débranché le répondeur.
Alors quoi ? Je devrais laisser tomber ? Le message a beau être clair, je n'y parviens pas. Quand on a encore le choix de parler à l'Autre, celui qui nous manque, celui qui manque à notre vie, parce qu'il est là, tout proche, il m'est insupportable d'envisager l'idée d'y renoncer totalement.
Quand la mort m'aura tout ôté, soit. Mais avant, non.

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Photos prises rue de Rivoli, février 2009

10 mars 2009

Adieu, Tchétchènes

Je me réveille en découvrant l'horreur absolue dans cet article. A part les voyages de notre président, les journalistes pourraient se pencher sur de véritables infos. Et la communauté internationale compte faire quoi ?
Comment se fait-il que l'on n'ait rien lu sur ce malade mental le 8 mars, soi disant journée de la femme ?

charia_onu

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