Eternelles questions
Je ne sais quelle mouche m'a piquée mais j'ai fait un mail dimanche à une collègue du lycée, qui assume pleinement son homosexualité sans la revendiquer pour autant. En gros, son look parle pour elle. Je la voyais typiquement dans le Marais, et après quelques discussions, j'ai vu que je ne m'étais aucunement trompée. Nul besoin de gaydar pour son cas.
Donc, elle a entre autres les cheveux décolorés et hyper courts, très stylisés.
Comme elle est sympa, je lui ai écrit pour lui poser une question totalement futile : quelle est l'adresse de son coiffeur ? J'ai enrubanné tout ça, pour être le moins ridicule possible. Du coup, nous avons échangé quelques messages dans la journée, et ses propos m'ont amusée. Evidemment, elle a bien vite compris que, si nous n'avions pas le look en commun, nous partagions d'autres préférences.
Je lui ai parlé de mon envie de me couper les cheveux courts, et de toutes les interrogations que cela entrainait chez moi : ne pas avoir envie d'entrer dans un stéréotype, ne pas alimenter les discours du tout-venant sur le fait qu'une homo a forcément les cheveux courts, ne pas placer la féminité dans la chevelure, etc.
Elle m'a répondu que les jeunes filles branchées du Marais avaient l'air de se poser bien moins de questions que nous. Ce qui est plutôt vrai.
Ceci étant, j'ai une bonne adresse de salon de coiffure -non loin du Marais, of course- et j'hésite. Je ne voudrais pas non plus déplaire à Flûtine. D'un autre côté, si je me sentais mieux dans mon corps, mon visage, ne serait-ce pas bénéfique ? Et je me dis que si je songe enfin à vraiment changer de tête, c'est que j'ai dû enfin prendre un peu conscience de ma perte de poids. Il était temps.
Je me donne jusqu'à jeudi pour réfléchir. Si je ne me donne pas de butoir, je vais tergiverser pendant des semaines. En attendant, Paris m'appelle un peu pour marcher.
