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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
14 mars 2010

Vote etc

Je viens de finir de prendre mon petit-déjeuner, il fait gris dehors, j'anticipe mon programme du jour.
Hier soir, j'étais invitée chez une jeune collègue pour sa crémaillère. J'ai décliné l'invitation : je ne me sentais pas d'être au milieu d'une vingtaine de personnes inconnues dans un deux pièces. Et puis je l'aime bien cette collègue, mais je sens que je ne passerai pas le stade de la camaraderie avec elle. Autant avec mes copines du cercle littéraire (autrement dit le "G5"), cela coulait de source pour moi, autant là, j'ai un frein (sans trop savoir lequel, d'ailleurs).
J'avais donc décidé de repasser tranquillement devant quelques épisodes d'Ally Mc Beal. Le repassage, passé à la trappe hier soir, va donc être fait aujourd'hui.
Ensuite, et bien évidemment, je dois aller voter dans mon ancienne commune de résidence (je n'ai pas encore véritablement investi ma "nouvelle" ville et donc pas fait les démarches pour être inscrite ici). J'ai fait un cours en ECJS vendredi sur les régionales pour expliquer l'importance de ce vote dans notre vie quotidienne. Je lis partout que l'on craint les 50% d'abstention (rien de tel pour que ce soit le cas et que les gens s'habituent au chiffre). Cela me désespère et me mettrait presque en colère -chose rare chez moi, réellement. Quand je pense aux Irakiens qui se sont déplacés par millions sous les bombes, affrontant les attentats des extrêmistes pour aller voter, certains y laissant leur vie, je me dis que vraiment, ce confort de l'électeur français est un luxe que beaucoup oublient.
Depuis que je suis en âge de voter, je n'ai raté aucune élection. Enfin, un seul tour pour une régionale, à cause d'un accident de voiture dont j'ai réchappé par miracle, ce qui me paraît être une assez bonne excuse. Systématiquement, je ressens une grande fierté et presque un "pouvoir" d'être une femme dans un pays libre, qui a le droit de voter. L'image, le symbole peuvent sembler galvaudés aux yeux de certains, mais je pense toujours à celles et ceux qui se sont battus pour ça.

Par ailleurs, j'aimerais cuisiner aussi en ce dimanche : fondue de poireaux, compotée de pommes vapeur, pain perdu allégé.

Enfin, je dois ranger le linge propre, changer les draps, préparer trois contrôles de lecture et revoir mes cours.

Sinon, et cela n'a rien à voir avec mon dimanche -quoique-, je pense à Jean Ferrat, le poète engagé qui est parti aussi délicatement que possible hier. J'aimais beaucoup, en collège, faire étudier et écouter aux élèves "Nuit et brouillard" dans le cadre de la poésie engagée.

On m'a "offert"  un texte d'Aragon que j'aimerais mettre ici, mais il est un peu long. Alors cliquez sur le lien...

ferrat

Edit de 13h : furax, dépitée, verte, déconfite. Voilà les mots qui me viennent à l'esprit. Tenez-vous bien : moi qui prône l'importance du vote, moi qui voulais lutter contre le taux d'abstentionnisme, tout ça, je ne peux voter. J'ai été radiée des listes électorales de mon ancienne commune. La raison est floue, mais l'on suppose que c'est à cause du retour des courriers électoraux, étant donné que j'ai déménagé. Seul souci : aux dernières élections, j'avais pu voter sans problème. Je suis en colère contre moi-même parce que je ne me suis pas inscrite dans ma ville, certes, mais surtout en colère contre ce système expéditif. Je ne ferai même pas partie des pourcentages d'abstention ! Je ne suis même plus électrice. Quel camouflet !

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17 février 2010

Dead fish

Voilà cinq jours que j'ai laissé mon blog tout seul... Il est un peu déserté, je crois, tant par moi que par mes commentateurs favoris. Tout laisse à croire que nous sommes submergés, et c'est le cas.

Tout d'abord, mes journées avec Flûtine lui sont consacrées, et je laisse alors l'ordinateur, le portable, le travail de côté. Ensuite, mes semaines sont assez dingues, dernièrement. Un exemple depuis lundi, tenez.

Le lundi, je suis repos, normalement. Mais j'avais le conseil de mes secondes à 14h. Souci au début de celui-ci : Krakoukass "pète un câble" et l'ambiance devient très pesante. Je reprends les rênes du conseil aussi légèrement que possible, mais l'impression de départ restera. Au bout de deux bonnes heures, je m'enfuis, évitant de refaire le conseil encore une fois, avec Krak qui serait encore monté au créneau.

Je retrouve Flûtine, dans la grâce mais aussi dans la douleur : elle repart peu après, et la séparation est de plus en plus difficile...


Arizona dream death

Mardi,  journée bien lourde. Cours du matin, pendant lesquels je dois clôturer le groupement sur le théâtre avec les premières. Altercation avec un élève de STG. Rapport à faire dans la journée. Argumentation avec les secondes. Durant ma pause de mi journée, préparation des fiches de TPE avec mon collègue Hugh (commentaires, notation, organisation des dernières séances). Pendant ce travail-là, dans ma salle, on entend de l'agitation dans les couloirs, des cris, etc. Hugh sort. On apprend que deux extincteurs ont été balancés du 3ème étage dans les couloirs du rez-de-chaussée. Pas de blessés mais bon...

De fait, l'équipe pédagogique débraye une heure pour montrer sa désapprobation. Nous reprenons les classes, cahin-caha. Un élève de ES, Punch, écrit un sms durant mon cours. Cela m'agace de plus en plus. Je lui confisque son téléphone et il me dit :  "ça va vibrer, vous allez recevoir des textos". Royale et un brin méprisante, je lui réponds que ses sms me désintéressent au plus haut point. Je poursuis mon cours, face à Punch totalement fermé, qui s'écrase le visage avec force...
La sonnerie de fin de cours retentit. Je voulais parler à Punch, mais celui-ci sort comme une furie de la salle. Agitation dans les couloirs. Je jongle entre ceux-ci et ma salle pour comprendre : Punch pleure de rage, et je sens bien que cela n'a pas grand-chose à voir avec une histoire de téléphone. J'apprends qu'il a reçu un sms lui annonçant que son oncle est dans le coma, suite à un accident de moto. Ben oui, il fallait que ça arrive le jour des six mois pour F., forcément. Je poursuis Punch, qui tape contre les murs comme un forcené, et ne veut rien écouter. Je lui propose de le libérer pour le reste de l'après-midi. Inatteignable. Il est inatteignable. Je descends, abattue par un semblant d'échec. Je me pose mille questions sur mon attitude, ma réaction, etc.
Mes collègues me rassurent en me disant que j'ai fait ce qu'il fallait, que je ne pouvais pas savoir, et qu'en cas de souci grave, une mère ne fait pas un sms à son fils pendant les cours : elle aurait dû appeler le lycée, par exemple. Je me reprends donc un peu, mais je reste tendue.

Ensuite deux heures de TPE (avec cette même classe), au cours desquelles j'ai rongé mon frein avec certains groupes et j'ai réprimé des envies de meurtre avec quelques pestes notoires, mais aussi bien bossé avec d'autres.
Vient une heure de "trou", au cours de laquelle j'écris mon rapport sur l'élève de STG, juste avant le conseil de cette classe-là.
Conseil effroyable s'il en est, puisque nous avons presque battu des records de sanctions, plus symboliques qu'autre chose. Peu de moyens nous sont offerts pour lutter contre l'absentéisme, l'effronterie, les lacunes énormes, l'insolence...
Retour à la maison pour 20h. Je dîne en mode zombie, je fais ce que j'ai à faire, et me couche comme une masse vers 22h.
Ce matin, le réveil sonne, j'émerge difficilement. Et là, illumination en voyant le 7h24 au réveil : je commence à 8h... En moins de 15mn je me prépare, si "préparer" est le mot, je ne prends pas de petit-déjeuner (rien de tel pour me casser la journée, personnellement), et je pars, sans maquillage, les yeux gonflés, pour le lycée...

La matinée a été horriblement longue, d'autant que les élèves, allez savoir pourquoi, avaient décidé de jouer à "poisson mort" en cours. Tous.

poisson_mort

Alors là, voyez-vous, je vais me reposer un peu, surtout que ce soir, j'emmène mes secondes au théâtre...

2 mars 2010

Run, baby, run

Malgré quelques inquiétudes d'ordre financier et les cours et les copies en attente, je vais plutôt bien. Non, je vais bien.
J'en arrive à me poser des questions sur cette sérénité nouvelle, sur cette énergie que Flûtine me donne. Rien n'est parfait en ce bas monde, je ne l'ignore pas, et ma relation amoureuse pas plus qu'autre chose : je garde ma raison. Mais je suis dans une dynamique étonnante depuis un mois et demi.

Snapshot_20100301

J'ai même investi dans des baskets de running. C'est dire. Deviendrais-je un tant soit peu sportive ? Moi ? Moi qui fais environ 250 abdominaux quotidiens, moi qui mange presque bio maintenant et n'ai pas touché à un plat calorique ou une friandise depuis des semaines ? Moi qui songe à aller à la piscine alors que je nage mal/peu ?
Je souris à tout va, au point d'en avoir mal aux joues, presque. Remisée la Virgibri sombre et pessimiste. Je fais des projets, et les concrétise. Je ne sais combien de temps cet état de grâce va durer (et il est déjà fort long, je trouve), mais ce que j'en tire, c'est que l'on peut changer. Comme ça. Quasiment d'un coup. Attraper prestement la légèreté parce qu'on a su la lourdeur du monde, la nuit d'une vie. Se sentir délicieuse et parler avec les yeux, sans y mettre le moindre fard. Sourire au réveil, sourire le soir en s'endormant, sourire. Rire aux éclats.
S'occuper pleinement de soi, pour soi et pour plaire à l'autre. Encore plus.
J'aime cette toute nouvelle énergie, pas ressentie depuis longtemps. Trop longtemps.

7 février 2010

Rideau !

rhinoceros


Rhaaaaaaaaaaaaaaa, les bras m'en tombent : je viens de finir de corriger une copie de 13 pages totalement verbeuse, écoeurante comme un mauvais mille-feuille... J'ai dû y passer presque une heure !
Depuis ce matin, 8h30, j'ai corrigé treize copies de Bac en séries générales. Il m'en reste six pour cette partie. Ensuite, viendront celles des technologiques (23 copies), puis deux paquets en seconde, un en STG, un en ES... Tout va bien, tout va bien, respire, ma fille.

J'ai décidé, au milieu de cette semaine alléchante et exaltante intellectuellement, de m'occuper de moi mercredi après-midi, avant le cours du Louvre. Je crois que ce n'est pas en trop, d'autant que je verrai Flutine tout le week-end prochain, alléluia...

Allez, je retourne à mes commentaires sur Ionesco, souvent absurdes, mais sans le vouloir...

Edit de 19h

J'ai fini les copies des générales, préparé le planning de la semaine, relevé les notes de mes élèves, mais aussi fait de la wii fit. Seul souci : j'ai changé les piles de la wii balance board à sa demande (oui, elle cause), et là, sous l'euphorie du moment, elle a déglingué tous les résultats en me disant qu'en quatre jours, j'avais perdu 7kg. Mais bien sûr. J'ai été obligée de me peser après sur mon pèse-personne (chose que je ne fais jamais et qui me déplait).

Je vais enchainer sur mes abdos du jour, tenez. Je ne lâche rien.

11 février 2010

TourterElles

Pendant que mes sols sèchent, je me pose enfin pour écrire ma bafouille du jour.
J'ai réussi à me lever pas trop tard, grâce à mon combiné de fixe qui réclamait sa pitance de batterie. Ben oui, il est à mon oreille une bonne partie de la nuit, alors il se décharge, forcément.

Au lever, je prends des forces pour ma longue journée de repos-labeur. J'ai réussi à remplir les bulletins de mes trois classes en les étalant sur le matin et l'après-midi. J'ai fait tourner trois machines et deux sèche-linge. J'ai rangé la cuisine, fait les poussières, passé l'aspirateur, nettoyé les sols à grandes eaux.

Outre cela, je voulais préparer une compote maison, mais cela me semble juste ce soir. Je vais plutôt faire mes abdos quotidiens, avant d'enchainer sur du repassage.

Par ailleurs, j'ai eu pendant trente minutes environ une déléguée des parents d'élèves au téléphone. Je voulais entendre sa version des faits vis-à-vis de Krakoukass. Deux sons de cloches, c'est mieux.

A part ça, je roucoule toujours, et je trouve une forme de sérénité dans cette relation qui m'émerveille...

tourterelles

PS pour Emy : je n'oublie pas l'entrée sur les cours du Louvre, je n'oublie pas... Hier soir, c'était sur le quattrocento et j'ai adoré...

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12 février 2010

Rhaaaaa !

jean_louis_trintignant

Je reviens d'un spectacle fabuleux : Jean-Louis Trintignant récitant du Vian, du Desnos et du Prévert. Quelle voix ronde et chaude, grave et délicate il a ! Quelle classe a ce monsieur, vraiment...
Je regrette simplement qu'une vingtaine de spectateurs n'aie pas su éviter d'applaudir après chaque texte, alors que Daniel Mille jouait de l'accordéon pour accompagner Trintignant.
Et puis sinon, je devais enchainer pour aller chercher Flutine à la gare de Lyon, en voiture. Mais son train a beaucoup de retard... J'enrage de devoir encore attendre. Je pense que c'est pour éprouver notre patience.
Demain matin, je participerai à la journée portes ouvertes du lycée. Du coup, et heureusement, je commencerai un peu plus tard. J'ai préparé un document en powerpoint pour les lettres. Je suis assez contente de moi, surtout que je l'ai fait très rapidement cet après-midi.
En attendant de repartir dans la nuit froide vers la chaleur d'un coeur qui aime, je vais me prendre un café, car la fatigue se fait sentir, malgré tout.

23 janvier 2010

Les 1800

Cette entrée sera double, elle le mérite : c'est la mille huit centième... J'ai du mal à y croire vraiment, tant cela me paraît imposant. Double car elle contiendra quelques nouvelles fraîches et mystérieuses, et mon défi de la semaine. Oui, je suis magnanime, je sais; ne me remerciez pas.

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Premier temps

Le temps de prendre le temps, de lui courir après, d'attendre la fin des cours avec impatience, de rentrer vite vite car une femme est au fond du lit encore chaud, car une femme vous espère et vous sourit à votre arrivée.
Le temps du café pris seule le matin alors qu'elle dort profondément, en confiance, pendant que je lui écris des niaiseries pour son réveil.
Le temps des craintes que tout s'arrête, que tout ne soit que fumée, qu'elle veuille faire machine arrière...
Le temps des regards qui en disent long, en plein silence délicieux.
Le temps qui m'appartient. Le temps qui nous appartient. Jusqu'à demain matin tôt. Pour une fois.
Le temps où mon visage sourit, beaucoup, vraiment. Mes amies me disent que l'amour me va bien. A qui n'irait-il pas ?
Le temps de rêver au prochain rendez-vous...
Le temps de me sentir belle, en travaillant mon corps.

Deuxième temps

Celui de l'écriture. Ce que j'écris gagne en tendresse sans doute, en douceur. Le défi de cette semaine en est le témoignage, je crois. La consigne portait sur le papier, et devait contenir cinq noms d'oiseaux et quatre onomatopées.

Voici ma participation, intitulée "Tous mes papiers" :

Sur mes papiers virtuels, j’écris des mots de nuit, des mots d’orage, des mots de pluie.

Sur mes papiers de cœur, il y a des hirondelles, du miel, des odeurs de sapin, quelques grammes de cannelle et un grain de poivre. Ah, l’aigreur du piment…

Sur mes papiers calque, je dessine les contours de mes vides, comme un aigle dans le ciel.

Sur mes papiers buvard, j’attends que tout s’absorbe, aussi patiente que la buse le long de la route. Han, les taches restent.

Sur mes papiers à bonbons colorés, j’écris le vol rapide du colibri, les ailes du papillon, le rayon de lune ou de soleil, et pffft ! tout s’envole sous l’empressement du vent à jouer avec eux.

Sur mes papiers chiffon, j’essuie mes larmes, de joie ou de chagrin ; j’arbore certaines fleurs entre deux fils ténus ; je caresse l’épais feuillet et lui fais de l’œil, telle une pie prête à voler…

Mais j’endors mes plumes, les range au fond des trousses et des pots à crayons. Hum.

Garçon, du papier et de l’encre !

30 janvier 2010

Cape au vestiaire

D'ici aux vacances, le rythme va encore s'intensifier, alors qu'il me paraissait déjà haletant... La semaine prochaine sera banalisée car c'est le premier bac blanc officiel (en français, nous en sommes au troisième...). Au programme, 43 copies en vue et 37 élèves à l'oral. Les oraux représentent presque trois jours d'examen côté profs.
En sus, quelques réunions obligatoires, et un forum des métiers le samedi matin.
La semaine suivante sera la plus chargée niveau correction, car à partir du 15 février, les conseils de classe débutent. Evidemment, mes trois classes sont concernées par ce délai, sinon ça ne serait pas drôle. Il me reste sept paquets, sans compter les bacs blancs.
L'échéance pour les dossiers de TPE approche, encore une réunion (de trois heures !) obligatoire, des corrections, des corrections et des corrections. Et le samedi matin, portes ouvertes au lycée.

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En attendant, j'ai un grand ménage à faire dans l'appartement,  puis je préparerai mes listings et mes questions pour les oraux (six descriptifs complets à ingérer ce week-end, c'est-à-dire environ 45 textes...). Si j'arrive à saturation, sieste. Ce soir, séance de wii fit avec de la boxe et des activités qui me font bouger (+ mes 250 abdos quotidiens,) pour m'occuper demain matin uniquement de moi-même. Quelques courses au marché en matinée, et ensuite patience, patience jusqu'aux douceurs attendues le soir...

Ah, et puis j'en suis à moins cinq kilos. Lentement mais sûrement...

14 janvier 2010

Flute, alors...

Parfois, la vie est surprenante. Voilà quatre jours et trois nuits que je communique avec une femme que je baptise Flutine ici. Nous ne nous sommes pas encore vues, mais nous savons en gros à quoi nous ressemblons. Les échanges durent et sont de plus en plus troublants, intimes. La connivence intellectuelle est parfaite pour l'instant... On se lit des textes au téléphone, en en parlant ensuite pendant des heures...
Je sens en écrivant ceci que certains lecteurs pourraient y voir une aventure glauque. Pourtant, très peu de femmes parviennent à me troubler. Flutine y parvient, et je me laisse faire. Je ne sais où cela me mènera, mais le principe même de l'aventure, au sens étymologique, est de se laisser porter par ce qui peut arriver...

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Sculpture de Camille Claudel

En attendant, je passe mes nuits au téléphone sans voir le temps passer, mais les journées doivent contenir une sieste pour résister à la douce fatigue qui m'enveloppe.

A part ça, routine quotidienne au lycée : les STG sont toujours aussi déprimants et récalcitrants face au travail; il y a eu des vols pendant les TPE de ES; les secondes sont léthargiques; les réunions s'accumulent.

Je corrige lentement mes copies, comme d'habitude. La neige a fondu, le temps est au redoux, et je vais devoir rapporter avant dimanche, chez monamikea, le sapin de Noyel à recycler.

Allez, une petite chanson pour terminer, qui me fait penser à Virginia Woolf et Victoria Sackville-West...

8 janvier 2010

Mots et muesli

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Berthe Morisot, La Lecture

Ce soir, là tout de suite au moment où j'écris, j'aurais dû aller me racheter des céréales et poster un paquet et une lettre. Mais le froid qui tenaille m'a retenue, et j'ai préparé mes courriers moi-même avec de jolis timbres. Je les déposerai demain dans la boîte jaune énorme, pas loin du lycée.
Et puis je finirai les miettes de muesli au petit-déj, ça suffira.
Sinon, aujourd'hui, j'ai pu finir de corriger le satané paquet de copies de type Bac en ES car mes STG m'ont entourloupée, je crois. Explication : j'ai fini plus tôt car j'ai déplacé deux heures de cours au dernier moment pour arranger l'un des deux groupes. Prévenue à 13h (alors que je les avais à 14h...), je leur ai proposé un seul créneau horaire : rattraper les cours mardi matin, de 8h à 10h. Ils m'ont juré leurs grands dieux qu'ils seraient là, alors que cela leur fera trois heures d'affilée de français pour certains... Si j'ai des absents, ils seront collés, et je ne ferai plus aucun effort de ce genre. Ils sont prévenus à l'avance.

Ceci étant, je suis rentrée vers 15h, et j'ai donc corrigé les onze copies de commentaires composés restantes. Le bilan n'est pas si mal en ES : ils progressent globalement, et appliquent mes conseils. Ouf !

Mes secondes m'ont beaucoup agacée ce matin car j'attends d'eux de la participation (mes cours actuels ne peuvent s'en passer), et je suis face à des adolescents aussi réactifs que des poissons morts sur un étal. Est-ce moi qui suis moins patiente en ce moment ? Ou alors cette léthargie me pèse de plus en plus. Ou bien ils sont tout bonnement plus pénibles...

Quant aux STG, ils sont largués et face à leur manque d'armes pour lutter, ils optent pour l'insolence, la forfanterie, la bêtise grasse, tout cela au choix. L'un d'eux m'a dit, parce que je le remettais en place (il essaye la carte du sourire enjôleur avec les adultes femmes, pensant naïvement que nous pourrions être sensibles à ses charmes) que je ne suis pas drôle. "Ah mais mon cher, je ne suis pas Bozo le clown ! Vous n'avez toujours pas compris que je ne suis pas là pour faire rire. Je suis votre prof de français qui vous amène au Bac, pas Bozo !" Voilà le type d'échange dans lequel je suis obligée de tomber, au milieu d'une explication d'un extrait de Beaumarchais...
Mon impuissance -et celle de la littérature, celle des mots- face à eux, face à leurs difficultés; mon impossibilité à les atteindre, mon inutilité -oui, c'est cela, c'est ce mot autour duquel je tournais depuis si longtemps- me dévastent parfois, me minent beaucoup, m'inoculent quelque déprime souvent, me découragent de temps à autre...

Ah,et puis cela n'a rien à voir -quoique-, mais je me fais bêtement un complexe d'infériorité face à mes copines agrégées. Je me sens terriblement en-deçà de leur niveau. Je ne lis plus trop, et même mes Télérama me terrifient : ils s'accumulent depuis des semaines, toujours enfermés dans leur enveloppe de plastique fin... Et pourtant, j'ai mille envies de lecture. Je ne sais pas m'expliquer ce phénomène.

29 décembre 2009

Flop

Bon, alors, dimanche j'ai fait la fête aux tourteaux (je n'en avais pas mangé depuis des années), j'ai inauguré la robe offerte par ma mère, associée à des Richelieu, et je lui ai offert ses cadeaux.

tourteaux

Pour les objets Bécassine, aucun souci, mais je le savais déjà. En revanche, pour la montre, c'est une autre histoire. J'ai vu la tête de ma mère, et j'ai compris : elle trouve la Swatch très belle, mais elle ne la mettra pas. Elle ne porte plus guère de montre car elle regarde l'heure soit sur son portable, soit à la pendule du magasin où elle travaille... Je suis repartie avec l'objet du délit, vexée sans le montrer (je me trompe fort rarement pour les achats de cadeaux), en me disant que je me la ferai rembourser.

Que nenni. Je suis allée hier le demander dans un magasin de la marque, et l'on m'a rétorqué qu'il n'y avait jamais de remboursements : uniquement des échanges ou des avoirs (valables six mois, seulement dans le magasin qui l'a produit...). Je me retrouve donc avec 90€ dépensés dans le vide. Je devrai me choisir une montre, sans enthousiasme. J'en ai déjà pas mal, et je pensais bien faire pour l'anniversaire de ma mère.

Voilà, c'était la jérémiade du jour.

Sinon, j'ai refait aussi hier l'expo "De Byzance à Istanbul", forte de mon cours de l'école du Louvre sur le sujet cette fois-ci. Il y avait un monde dingue, et les gens étaient assez culottés, globalement. Je ne referai pas Renoir, sauf si quelqu'un veut y aller avec moi.
A propos de musées et de culture, tout le monde semble s'en moquer, mais on s'assoit dessus depuis un moment, et cela s'aggrave, je trouve : le musée du Luxembourg va fermer.

Après l'expo, un tour chez Swatch, mais aussi à la Fnac : je me suis offert le dvd du spectacle de Luchini, en promo à 9,99€, c'est-à-dire deux fois moins cher qu'à la sortie du théâtre...

A part ça et sans aucune transition, j'ai décidé que cette année, celle de mes 35 ans (gloups), j'allais m'occuper de moi. Enfin, surtout de mon corps. Je ne veux plus ressentir ce que je ressens lorsque je suis en société, cette impression d'être jugée, le fait de me sentir lourde et grasse...
J'ai donc l'intention de m'acheter une planche abdominale, et d'en faire le soir. Ensuite, si j'en ai le courage, piscine. Et enfin, wii fit. Cela ne me semble pas infaisable, même si l'engin ressemble un peu à un appareil de torture.

abdos

Ah, et si je me plains, si je me décourage, je compte sur vous pour me redonner un coup de fouet (mais gentil le coup, hein ?) ou me rappeler que non, je ne suis Marianne James, épanouie comme une déesse de l'abondance dans mes pantalons serrés en taille 44.

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Je peux compter sur vous ? Non parce que quand même, ça va durer un certain nombre de mois, cette affaire...

25 décembre 2009

Noyel, vous avez dit Noyel ?

Hier soir, tout n'était que tranquillité, sans doute parce que mes proches et moi-même n'avons plus d'enjeux sur cette fête depuis des lustres...
Le repas était simple (mon fameux parmentier de courgettes), accompagné d'un bon champagne, ensuite du roquefort et enfin des fruits et un cheesecake aux myrtilles pour moi (plus de place pour plus gros !).

ruinart

Comme j'avais fait une liste à Mama Noyel, j'ai eu ce que je souhaitais, et une petite surprise en sus : le dernier cd de Charlotte Gainsbourg et celui de Philippe Jaroussky (deux merveilles totalement différentes écoutées dès hier soir), le nouveau jeu wii fit en complément additionnel de l'ancien, et un livre d'art et de littérature que je convoitais.

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Auparavant, j'avais eu une robe et un gilet chez Esprit. Ma mère a complété avec un cadeau "utile" : des bons d'achat chez Picpic... Ben oui, les temps sont durs, ma pauv' dame.

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Je ne me suis pas couchée tard, et vers 23h30 j'étais au lit, en compagnie des chats. Je ne sais si je dois trouver cela triste ou pas, mais je crois que faire ce que l'on veut, avec qui l'on veut, au rythme où l'on veut est un grand luxe, déjà.

4 novembre 2009

Marchand de sable

montre_gousset

Bon, ça ne va pas du tout : je ne parviens pas à me lever à des heures décentes et je reprends les cours vendredi. Même si Clochette a fait du bruit à 7h, puis s'est installée sur moi à 8h, je n'ai émergé qu'à 9h. D'autant que je fais des rêves fort étranges : une montre à gousset que l'on doit séparer en deux pour qu'elle refonctionne, des chèvres et des lapins sur lesquels je pose ma tête afin de m'endormir, des balades avec des élèves et des copains handicapés déguisés (moi incluse), et évidemment la mort de F.. Cela promet pour la reprise...

lapin_carbone

Sinon, côté copies, je fais un calcul rapide : j'ai actuellement 42 copies de type Bac à corriger (questions de corpus + commentaire ou dissertation); j'attends 80 contrôles de lecture d'ici à la fin de la semaine prochaine et 50 commentaires. Il est évident que j'ai déjà des notes pour le second trimestre : je ne peux humainement pas corriger tout cela en quinze jours. Tant pis. Je vais miser sur les 42 bacs blancs pour ce trimestre, et ce sera déjà bien (même si je culpabilise un brin, je le reconnais)...
Je ne suis toujours pas allée chez Leroy Merlin pour divers achats, dont deux lattes du canapé que j'ai brisées le soir du 24. Hum. Si j'ai le courage, j'irai aujourd'hui, avant de filer à mes cours d'histoire de l'art.
Demain soir, je suis invité par mes collègues de lettres du lycée (enfin, quatre d'entre elles) pour un petit cercle littéraire déjanté. Je suis flattée. Je les découvrirai enfin sous un autre jour que celui du lycée.

Voilà, à part ça, point météo : il fait particulièrement frais du haut de ma tour d'ivoire, j'ai donc dû mettre le chauffage, mais à chaque fois que je l'enclenche, je pense à ma facture EDF-GDF atrocement élevée...

Allez, je file me détendre sous la douche (qui me coûte aussi cher en gaz que le reste) puis j'attaquerai les cours du jour sur le théâtre.

3 novembre 2009

Retour au réel

copies

Allez, c'est juré, j'attaque un paquet d'interrogations juste après cette petite entrée. Il me reste deux jours pour les faire (enfin trois, car je n'ai pas cours le jeudi), mais le souci, c'est que je n'ai même pas ouvert une seule copie de type Bac alors que j'en ai 42 à corriger en sus des interros. Sans compter celles des commentaires maison que j'ai donnés pour la rentrée et les contrôles de lecture prévus aussi au retour... Nawak, vraiment.
Donc aujourd'hui, un paquet, et des cours si j'ai fini. Faut dire que la météo n'incite pas à sortir, là. Une chance.
Ah et puis il faudra aussi que je vous parle des prix littéraires tombés hier, à l'occasion. Pour le Renaudot, je suis perplexe, vraiment...

Edit de 12h30 : le paquet est terminé ! Ce type de devoir est plus rapide à corriger (dix minutes "seulement" par copie), mais tout aussi déprimant que le reste... Seuls deux élèves sur 28 ont la moyenne. Je leur demandais de réfléchir, voyez-vous... Je vous donne la plus jolie perle du jour : "Jean Marie Arouet alias Jean de La Fontaine..." Là, pause repas et j'aviserai ensuite : cours ou bien copies...

17 octobre 2009

Une surprise par semaine !

Quelque chose d'étrange m'est arrivé ce matin,  à la fin de mes deux heures de cours avec les ES. Amouna, élève un peu dissipée et souvent en franche camaraderie avec un groupe de garçons hâbleurs, est venue me voir. Elle a patiemment attendu que le dernier élève, le plus lent, sorte de la salle. Elle avait l'air embarrassé.
Elle m'a demandé si je serais d'accord pour qu'intervienne en cours une association, et qu'elle préférait me le demander à moi plutôt qu'à l'administration directement. Forcément, je demande quel type d'association. "Une association contre l'homophobie".

symbole_femme

Et pas la moindre, apparemment : la LGBT. Amouna a un contact dans l'association, qui a l'air de connaître les procédures : le lycée doit inviter des intervenants extérieurs à entrer dans l'enceinte de l'établissement, avec une autorisation. J'avais remarqué des rainbow flags (elle semble ignorer le sens de la chose car elle découvrait l'expression dans ma bouche, même en lui montrant sa dernière copie parsemée d'arc-en-ciel) et le symbole de la femme, disséminés sur sa trousse ou ses feuilles...
Je ne m'avance pas trop, et dis qu'il me faudrait plus d'informations si je veux parler en plus hauts lieux de cette idée.

Avant de sortir de la salle, je lui demande, en précisant bien qu'elle n'a aucune obligation de me répondre, pourquoi elle s'investit dans ce type de lutte et d'association. C'est une fausse question et je le sais, mais Amouna ne s'en doute guère, je crois. Elle bafouille, rougit comme un coquelicot, et me fait deviner qu'elle est gay. Les seuls mots qui ressortent de son embarras, sont "Ben... moi...", accompagnés d'un geste de la main.

Je lui dis qu'elle peut me parler quand elle le veut, si elle me comprend bien. Je la rassure en banalisant l'aveu, et pour cause.

Ceci étant, je descends les escaliers en souriant, dans un premier temps : la confiance qu'elle me porte en moins de deux mois de cours est touchante et flatteuse, surtout que je ne suis pas prof principal de la classe. Mais que faire de cette bombe à retardement concernant l'association ? Justement, je ne suis pas PP. Je ne suis pas l'infirmière, non plus. Et encore moins CPE ou CO PSY.

Je n'ai pas non plus souvenir d'avoir parlé d'homosexualité en cours, ou de tolérance à cet égard. Alors pourquoi Amouna m'a-t-elle choisie ? Ai-je été percée à jour sans le vouloir, contre mon gré ? A-t-elle déjà ce fameux gaydar que je n'ai pas ? Damned !

Il me reste deux ou trois alternatives : m'assumer et revendiquer le droit des homosexuels au sein du lycée ou me montrer gay friendly, comme on dit. Cela me créerait une sacrée réputation, là... Ou bien refiler le bébé et l'eau du bain à autrui, ce qui ne me convient guère non plus : si Amouna s'est adressée à moi, et qu'elle est sincère, elle m'a tendu une perche, que je ne peux décemment laisser tomber sans rien faire. Ou encore essayer de lui parler à part, afin de savoir ce qu'elle veut vraiment au travers de cette intervention, qui pourrait aussi la mettre en porte-à-faux dans la classe ou le lycée : elle est arabe ET gay... Dernière solution, que je dois envisager même si cela ne m'arrangerait guère : je lui plais... :-s

Bon, vivement les vacances, que je ne doive pas gérer un Jack-in-the-box toutes les semaines...

jack

25 octobre 2009

C'est si bon...

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Après un debriefing de presque deux heures avec Micahuète au téléphone (non, nous ne sommes pas bavardes), je peux enfin vous parler de ma soirée !
Hier matin, donc, dernières heures de cours au lycée avant les vacances. Deux heures de surveillance avec les premières (qui ont fredonné un "happy birthday to you" branlant mais sympathique) et deux heures de seconde. Au programme, j'avais repris une idée des défis du samedi : les élèves devaient m'écrire un récit inquiétant à partir des "Noctambules" de Hopper. J'avais fermé les rideaux, acheté des bonbons halloween (je faisais des "pauses pub" pour les distribuer régulièrement).
Bilan : de nombreux meurtres, des histoires policières, mafieuses, étranges. Des passés simples barbares, mais on s'en fichait un peu : seule l'imagination primait. Petite cerise sur le gâteau : j'avais préparé un texte pour eux, en respectant les mêmes consignes. Je crois que cela leur a fait plaisir. Retour ensuite à la maison.
Après avoir fait le ménage dans l'appartement, j'ai attendu l'arrivée de Pumpkin et Micahuète vers 16h30. Elles m'ont aidée dans la mesure du possible, avec une certaine nonchalance rigolote. Pumpkin est arrivée avec un pull orange et pas rouge, mais aussi avec un cocktail maison "light" qui ressemblait à du sirop pour la toux mais en plus punchy : cointreau, vodka au miel, rhum... Micahuète avec un cheesecake citron et des cadeaux pas emballés, qu'elle a dû planquer et enrubanner aussi sec. A sa décharge, elle a préparé plus tard des pizzas maison aux airs de compositions florales ou d'oeuvres d'art.

Il manquait encore Emy, Peaceandream et S.. Une fois tout le monde là, malgré mon assez petit espace dans le salon, tout s'est mis en route. L'ambiance était bon enfant et joyeuse, je crois. Même les chats sont venus parmi nous (par l'odeur de la pizza au thon alléchés, certes).

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Le moment des cadeaux, après le cheesecake citronné, m'a été très agréable. Non pas parce que je recevais des cadeaux, mais parce que j'ai pris conscience que des amies avaient pris du temps pour me faire plaisir, qu'elles avaient communiqué entre elles par mail pour tout organiser... Du coup, elles ont fait carton plein !

Voici ce que j'ai eu comme cadeaux :

  1. Un bouquet de fleurs dans les rouges !
  2. Vous souvenez de la petite folie que je m'étais offerte au début du mois, mais que je n'avais pas explicitée plus avant ? Il s'agissait d'un notebook Acer de 11 pouces, bleu foncé, que je veux utiliser pour le travail uniquement... Folie regrettée peu de temps après, puisque mes impôts locaux m'assomment cette année. Et bien, il m'a été finalement offert... et a été complété par une mini souris assortie, ainsi qu'une housse rouge (oui, comme la thématique de la soirée) en néoprène. Acer_aSPIRE_ONE_751H_BLEU_02
  3. J'ai eu la dernière version du jeu Time's up, qui nous a fait tellement rire que j'en ai mal à la gorge depuis hier soir ! Je toussote telle une phtysique, mais peu importe !
  4. J'ai reçu aussi un autre jeu de société que je ne connaissais pas mais qui a l'air tout aussi bien : Cranium. Je pense que d'autres invitations seront lancées régulièrement pour s'amuser...
  5. Ensuite, des guimauves pour la gourmande que je suis, et un carnet félin de chez paperblanks.
  6. Enfin, le dernier album de Mika.

Qui dit mieux ? C'est bon de se sentir aimée, même si cela doit passer par des objets ou une "simple" présence... Parfois, c'est plus simple et tout aussi parlant. Mon père m'a appris très tôt cela : les paroles, c'est bien, mais les actes, c'est mieux.

Je ne peux non oublier cette épique partie de Time's up aux moments déjà cultes entre nous, je crois... Allô, gorge profonde ? ;-)

Et aujourd'hui, je me suis fait une journée vacances et détente en me levant assez tard, en flemmardant devant la télé et en mangeant les délicieux restes du repas d'hier. Je fais mumuse avec mes cadeaux.

Il y avait longtemps qu'un de mes anniversaires n'avait pas été si "léger" et aussi rempli à la fois. Love love today...

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8 octobre 2009

Kawa party

J'ai beaucoup cauchemardé cette nuit. Entre autres, mon pti sushi de requin sautait du sixième étage... L'image de son saut me reste en tête. Tête chargée d'un début de migraine, d'ailleurs.
Sinon, après avoir tenté de dégonfler les boules qui me servent d'yeux au quotidien, j'ai passé l'aspirateur comme une folle, rangé la cuisine, fait tourner une machine, préparé le sèche-linge, attendu le livreur de la Poste en vain (j'avais un petit mot hier dans ma boîte disant qu'il repasserait ce matin : n'allez pas croire que je sois désespérée au point d'attendre un facteur qui ne vient jamais et qui serait mon seul ami...), pris ma douche à toute vitesse et maintenant je dois cuisiner mon déjeuner.

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Ceci étant, j'ai à peine déballé mon zouli cadeau. J'ai bien envie de m'en occuper cet après-midi, histoire de ME consacrer un peu de temps. Les copies sont en stand by.Il faut encore tenir deux semaines. Qui ménage sa monture va loin, dit-on. Pas faux.

Et l'air de rien, il me reste à ranger mon linge propre, réparer le net chez ma mère, annuler un cours particulier (pas en forme et pas envie), préparer mes cours, et peut-être m'occuper de mes jardinières. C'est suffisant pour le reste de ma journée de "repos", je crois.

4 octobre 2009

Florilège

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J'ai parlé presque deux heures avec une collègue de lettres au téléphone ce matin, et cela m'a fait du bien. J'ai un peu dédramatisé, pour pouvoir reprendre les classes mardi. Ma collègue a été très franche avec moi, et j'ai eu droit à des compliments que je n'avais  jamais entendus jusque-là à mon égard.

Sinon, je laisse l'administration gérer le problème et l'enquête. En attendant, je reprends mes cours car je ne veux pas sanctionner les élèves sympa et bosseurs. N'oublions pas une chose : nous ne sommes que début octobre, et j'ai encore sept mois à passer avec mes élèves. Je ne veux pas que tout soit gâché à cause deux ou trois élèves en mal (mâle ?) de reconnaissance.
Par ailleurs, le proviseur m'a fait un mail à l'instant et va agir demain. Il dit la situation "intolérable et inacceptable". Sans doute aussi parce qu'il a su que j'étais soutenue par les délégués du personnel... Mais peu importe : le message aux élèves sera d'autant plus fort : je suis soutenue par tout le monde, et toc.

Du coup, j'ai décidé de faire mardi quelque chose qui va dérouter les coupables : en rire et les remercier, puisque cela m'a permis d'avoir un bouquet de fleurs, ainsi que des témoignages d'amitié touchants.

Les surprendre est encore ma meilleure arme, surtout par le rire et l'ironie. Les autres -la majorité-, ceux qui condamnent l'acte en silence, me suivront. J'ai d'ailleurs appris que certains adoraient mes cours ! Par quoi ne faut-il pas passer pour avoir des bouquets de fleurs et/ou de compliments !

9 octobre 2009

Pourquoi tant de haine ? *

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A écouter

Il y a des jours, comme ça, où l'on rentre en se disant qu'on ne sert pas à grand-chose, pourtant le fil tendu ne s'est pas brisé et ce n'est déjà pas mal.
Il y a des jours où l'on se demande si on a bien fait, bien dit, bien réagi.
Il y a des jours où l'on rentre en se demandant pourquoi il y a tant de haine enfouie en les autres, et pourquoi ma colère ne surgit pas, elle. Pourquoi je la contrôle parfaitement depuis des années. Des années trop longues pour être vraiment comptées.
Pourquoi cet élève détourne le regard par affront, et pense que je le prends pour un demeuré. Pourquoi il est toujours sur la défensive, et considère que ce mode de fonctionnement est la "normalité".
Pourquoi ce furoncle vivant sur son scooter a fait demi tour pour venir taper violemment ma vitre de voiture, devant le commissariat.
Pourquoi il voulait ma peau. Pourquoi je suis restée calme, lui disant d'un ton neutre, avec un demi sourire aux lèvres : "Ce n'est pas moi qui m'énerve, c'est vous." Et j'ai redémarré, pensant l'espace d'un instant qu'il allait me suivre jusqu'à la rue d'après - jusqu'à chez moi, donc.
Il y a des jours où  j'ai l'impression de donner beaucoup de moi au travail, dans la vie, et où je me positionne au-dessus du lot, de façon sans doute injuste : le facteur qui dépose un colis sur le paillasson d'un voisin, alors qu'il m'est adressé; le proviseur qui enterre l'affaire; des élèves qui sont de mauvaise foi et refusent de travailler; des collègues qui refusent d'affronter les élèves... L'incompétence a toujours été inacceptable à mes yeux. L'exigence que je me porte, je l'attends des autres. Grossière erreur, que je ne parviens pas à corriger.
La moitié de la classe de STG ne m'a pas attendue plus de trois minutes ce matin : ils sont partis. Puis revenus deux heures plus tard, comme des fleurs. Alors que moi, j'attends. Je suis experte, en attente. D'une patience infinie.
Il y a des jours que l'on aimerait recommencer, peut-être pour faire autrement. Ou pour bien les enregistrer, et garder un peu d'amour en soi, beaucoup de patience, énormément de foi en ce que l'on fait.

Vous m'y aidez un peu, en me lisant.

* Etonnante coïncidence en cette journée d'attribution du prix Nobel de la paix...

27 septembre 2009

Arômates

Hier soir, dinette chez Pumpkin avec deux autres copines. Au programme, oublier un peu la déprime ambiante, boire un ou deux verres de Martini tonic, rigoler.
La seule chose qui m'a dérangée, c'est que le tenancier du bar en-dessous avait proposé à Pumpkin de l'herbe, et que les filles semblaient partantes. En fin de soirée, donc, elles se sont passé le joint (très fleuri et fort aromatisé), alors que moi je cherchais un peu d'air à la fenêtre. Je dois paraître quelque peu coincée, mais c'était la première fois que dans mon entourage proche, cela se produisait. Je n'ai jamais essayé de fumer, ni tabac, ni produit illicite. Je n'ai jamais pris de cuite non plus. En gros, je ne sais pas trop ce que c'est que "profiter" de son adolescence -plus ou moins tardive.

Elles m'ont dit qu'elle avaient "dérapé" en cité U, à la Fac. Qu'elles avaient tout découvert là. Moi, je découvre certaines choses depuis finalement peu de temps, et n'en découvrirai jamais d'autres (ce qui n'est pas forcément un mal). L'une d'elles m'a dit, pensive : "Tu as trop travaillé, toi".

Il y a sans doute de cela. J'ai vécu en apnée avec mes deux années de prépa juste après le bac. Mon année de terminale, c'était mon père qui mourait à petits feux. Le reste (la Fac en vivant soit avec ma mère, soit dans un placard à balais de 15m2), je l'ai traversé cahin-caha, en mode automatique.

Alors quoi ? Ai-je râté des choses, des expériences ? Ai-je eu une véritable adolescence ? Je me suis toujours dit que non. Et pourtant, hier soir, j'aurais pu faire un rétro pédalage.  J'en avais l'occasion. J'ai refusé. J'ai même fait ma coincée en disant aux filles de faire attention en voiture (alcool + herbe, je n'aime pas). Certaines pensent que le joint n'influe pas sur les réflexes, mais sur la concentration.

Et moi j'avais en tête des images d'accidents de la route...

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En reprenant mon scooter (qui, je le rappelle, a été amoché à l'arrêt jeudi soir : il me manque un rétro), fatiguée par ma semaine, l'esprit un tout petit peu embrumé, j'ai failli avoir un accident avec un autre deux roues, fort pressé de me dépasser par la droite (le côté du rétro manquant) sur un boulevard désert, à une heure du matin.

Plus loin, j'ai vu une araignée trop grosse pour moi, en train de s'activer sur mon pare-vent. Je ne conduisais plus que d'une main. Dangereux. Je me suis arrêtée, en warning, sur une bande d'arrêt de bus. J'ai combattu la bête immonde avec une bombe anti crevaison, aspergée sur le haut de mon guidon.

Qui est la plus ridicule, dans tout cela ? Mes copines, l'araignée ou moi ?

28 septembre 2009

Femmes, je vous aime (attention, cette entrée risque d'être fort longue...)

Il y a bien longtemps que je n'ai fait une entrée sur mes lectures... Celles que j'envisage, ou celles qui sont achevées. Et comme Ed a lancé une petite requête aux bloggeurs qui la lisent, je me lance ! (Même si je ne crois pas en une écriture féminine...)

Voici donc des lectures d'écrivains femmes qui m'ont marquées (NB : je déteste l'appellation nouvelle d'écrivaine ou de professeure, que vous ne verrez jamais sous ma plume). Mes choix vous paraitront souvent classiques, et je m'en excuse à l'avance...

duras_douleurDuras_mer__crite

La première qui me vienne à l'esprit, c'est Marguerite Duras. J'ai eu ma grande époque, depuis le lycée jusqu'à la fin de mes années d'études. Mes deux livres les plus marquants ont été La Douleur et L'Amant. Pour des raisons fort différentes, d'ailleurs. Le premier parce qu'il est la douleur sur papier, et que j'y ai découvert un aspect de sa vie que j'ignorais : la résistance, le lien fort avec celui qui allait devenir plus tard président de la République, son mari déporté... Le second, bien plus connu, pour sa sensualité, ce regard acéré sur l'existence, l'adolescence, la famille. Enfin, un dernier ouvrage m'a bouleversée : La Mer écrite. Il est paru juste après sa mort, que j'avais apprise alors que je passais un stage BAFA. J'étais la seule à être bouleversée, et peu connaissaient Duras. Ce petit livre est composé de photographies, commentées par Duras. C'est la quintessence de son art et de toutes ses années d'écriture, à mon sens. Un écriture sèche, humaine, désarçonnante.

Yourcenar_Anna_sororColette_pur_et_impur

Ensuite, j'hésite entre deux monuments de la littérature, qui m'ont toujours impressionnée fortement par leur intelligence -et le mot est faible. Il s'agit de Marguerite Yourcenar et de Colette.
Assez vite, vers quatorze ans, j'ai voulu lire la série des Claudine, sans trop savoir pourquoi. Enfin, si : Comtesse adorait Colette, je voulais donc à la fois comprendre pourquoi, et me rapprocher d'elle de cette façon, sans doute (la littérature a été toujours été pour moi un moyen de grande proximité intellectuelle avec ceux que j'aime). J'ignorais que j'allais tomber sur une écriture aussi magistrale, à la fois simple et ciselée comme les plus merveilleux cristaux de Bohême... J'ai vite arrêté les Claudine pour passer à d'autres oeuvres telles que La Chatte ou Le Pur et l'impur. Depuis, j'ai investi dans les volumes de la Pléiade, jamais ouverts : ils me font presque peur par leur beauté... Je dis toujours que si je pouvais avoir le dixième du vocabulaire de Colette, je serais ravie, par exemple.
Mais je crois que ce syndrome d'infériorité est encore pire avec Yourcenar. C'est l'une des intellectuelles qui me foudroie par son intelligence. Elle n'avait même pas besoin de parler : son regard brillait autant que son intellect. Son écriture me paraît souvent trop profonde; j'ai l'impression que quelque chose d'important m'échappe et que je ne suis pas capable de la comprendre... J'ai lu son autobiographie, dont la première phrase m'est restée en mémoire : "L'être que j'appelle moi vint au monde le 8 juin 1903..." Mais aussi Anna Soror et Feux. Je n'ai jamais dépassé quelques pages sur Les Mémoires d'Hadrien. J'ai en mémoire un entretien de Pivot avec Yourcenar, qui m'avait saisi et hypnotisée. J'aimerais beaucoup le revoir, d'ailleurs.

Lajja

Ensuite, même si l'écriture en soi n'est pas excellente, j'avais envie de mettre dans cette liste Taslima Nasreen, lue dans les années 90. Cet écrivain était condamné à mort dans son pays, le Bangladesh, pour avoir défendu le droit des femmes... Livrée à une fatwa systématique, elle s'est exilée dans de nombreux pays, dont la France. Son parcours m'intéressait et j'étais dans mes années de révolte. Du coup, C. m'avait offert son roman à sa sortie : Lajja.

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Pour finir, car il y a peu de femmes dans ma bibliothèque, mais c'est l'histoire de nos sociétés qui veut cela, je terminerai avec encore deux "classiques"  : Virginia Woolf et Simone de Beauvoir.
Woolf, je l'ai lue progressivement, à partir de la khâgne, je crois, ou un peu avant. Mon souvenir le plus net, c'est Orlando. Et Woolf, c'est comme Yourcenar : trop intelligent pour moi, je pense. J'aime pourtant sa perception du temps et de la solitude... Entre les actes m'avait laissée perplexe, et je crois me souvenir que Mrs Dalloway aussi.
Quant à Simone de Beauvoir, le coup de coeur est venu après celui pour Sartre (il semblerait que pour beaucoup de lecteurs ce soit le cas), alors que j'avais eu en cadeau pour mes dix-huit les Mémoires d'une jeune fille rangée, avec une superbe dédicace de mes professeurs d'espagnol et de dessin de terminale, époux à la ville et parents d'un ami. Je reviens à Beauvoir, sans doute avec l'âge et grâce à mes études. J'avais dû la lire trop jeune, sans doute. Et l'un de ses romans, L'Invitée, n'est quasiment plus lu aujourd'hui. Là, j'ai décidé de me plonger dans Le Deuxième sexe et de peut-être relire ses mémoires, avec la suite, La Force de l'âge.

Ce que je constate surtout dans cette liste réduite, c'est qu'il m'est fort difficile de scinder les oeuvres de la vie de ces auteurs. Je m'explique : je crois qu'elles me fascinent parce qu'elles ont des parcours qui me passionnent, parce que leur courage, leur foi en ce qu'elles faisaient est admirable, parce que j'aurais aimé avoir leur force, leur subtilité, aussi.

Si je reprends tous ces noms, il ne s'agit que d'intellectuelles engagées, qui ont lutté quelle que fusse leur époque, pour s'imposer dans leur art et vivre ce qu'elles avaient à vivre. Duras engagée politiquement, mais aussi pour le droit à l'avortement avec de Beauvoir (pensez au manifeste des 343 salopes); Nasreen avec l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête depuis des années; Colette qui divorce, pratique le mime, aime femmes et hommes, fume; Yourcenar, aussi discrète que possible, qui vit son histoire d'amour avec une femme (connue en 1937... jusqu'en 1979, à la mort de celle-ci) et entre la première à l'académie française; Woolf, femme torturée et touchante, investie comme son mari dans la publication des auteurs en qui ils croyaient, et qui se suicide avec des cailloux dans les poches, en s'enfonçant dans l'eau...

Oui, elles me fascinent et j'ai envie de les relire, quitte à lutter contre ma petite intelligence, parce qu'elles le méritent tant, et que je n'aurai jamais fait le tour de leurs mondes...

"Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres." Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien

17 septembre 2009

Il n'y a pas de hasard (mais ça reste à prouver)

Qu'aurait donc dit Pascal (oui, c'est mon dada, on revient toujours à ses premières amours) sur le hasard ? J'aurais aimé pouvoir discuter avec ce type d'intellectuel, même si je n'aurais pas fait le poids. Une fois cette gêne dépassée, je lui aurais demandé, sans qu'il tombât dans un discours religieux chevronné, de répondre à mes questions, lui qui s'interrogeait sur les dés, les jeux de hasard, les probabilités...
Je n'ai jamais crû en un Dieu précis, et me suis toujours considérée agnostique. Ceci étant, j'ai une position paradoxale sur le déroulement de nos vies : j'ai toujours dit qu'il n'y avait pas de hasard. Que l'on rencontrait les gens que l'on doit rencontrer, par exemple.
Cela sous-entend donc que nous aurions une destinée, une vie plus ou moins "programmée". Je sais que le hasard est au centre de la physique quantique. Mon père en lisait beaucoup. Je sais aussi la petite phrase de Mallarmé. J'ai écouté il y a longtemps maintenant Hubert Reeves. Je suis donc bien paradoxale dans mes "croyances".

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Remarquez, Pascal aussi avait ses contradictions : janséniste de formation -tout comme Racine-, il n'en disait pas moins qu'il fallait croire de son vivant car l'on n'y perdait rien, alors que dans cette doctrine religieuse, on peut être condamné dès la naissance, quelles que fussent nos actions... Racine ne donnait aucun espoir à ses héros; Pascal, sous son pessimiste effroyable, donnait à croire que nous pouvions mieux faire que de subir notre misère...

Je prends sans doute trop de chemins divergents dans ce début de note, et j'en ai conscience. Pourtant, moi l'agnostique, moi la jeune femme qui fut en colère contre un Dieu éventuel lorsque mon père est mort à l'âge de 43 ans, je m'interroge, les années passant, et je nuance mes propos, parfois.

Mon père avait une approche de la religion que j'aimais beaucoup et que je trouvais très sage. Il disait entre autres que l'on n'avait pas besoin d'aller à l'église pour prier ou pour prouver que l'on avait la foi. Il n'avait fait aucun choix particulier d'obédience. Il pensait à Dieu comme on pense à une force immense, infinie, qui nous dépasse, et qui n'a pas besoin de rituels particuliers (cierges, encens, missel, etc) ou de lieux de culte.

Oui, les productions humaines faites en son honneur sont magnifiques. Mais pourquoi ne pourrait-on pas prier en laçant ses chaussures le matin ?

Je divague... Enfin, mon esprit est désorganisé.

Hier soir, un mois jour pour jour après la mort de F., sa cousine, dont il était très proche, a mis au monde un petit garçon. Celui-ci est né à l'heure exacte du décès de F.. A la minute près.

Forcément, cela perturbe certains fondements de ma pensée. Mais croire en le Rien, c'est encore croire. Pascal, vous m'entendez ?

Lecteurs, si vous avez des textes à me conseiller sur le hasard (mon père en avait tant...), n'hésitez pas...

20 septembre 2009

Qui peut arrêter le mode pilotage automatique, s'il vous plaît ?

Je sens bien que mes entrées sont moyennement palpitantes en ce moment, étant donné que j'ai des collègues bisounours. Mais il y a aussi le rythme soutenu du lycée qui n'arrange rien. D'un autre côté, je me suis mise en fonction pilote automatique depuis un certain temps, je crois.
Pour autant, j'essaye de sortir un peu le we pour ne pas devenir zinzin et absorbée uniquement par le travail. Alors hier après-midi, Mamanafaim (ancienne collègue de math et amie du premier établissement où j'ai enseigné) est venue prendre le thé. Nous avons évidemment parlé potins, pédagogie, élèves, tout comme cela avait été le cas dimanche dernier avec Micahuète. Les profs sont incorrigibles.

sushis

Hier soir, restaurant japonais imprévu avec S. et retour très tôt : j'étais épuisée. A peine rentrée, j'ai plongé dans mon lit pour ne me réveiller qu'après plus de neuf heures d'un sommeil lourd et quelque peu agité. Aujourd'hui, du rangement, peut-être un ciné, cours et copies au rythme habituel, repassage devant la télé ce soir sans doute...

Rien de fascinant à tout ce que je vous raconte, je sais. Mais j'ai bien du mal à émerger ce matin -comme de nombreux autres matins...

29 août 2009

Chiffouillis (néologisme primaire)

Brise

Sans aucun ordre ni transition :

J'ai croisé Rama Yade en ville. Ça m'a fait une belle jambe. Mais j'en ai deux.
J'ai mal à la tête. Un peu. Pas encore la migraine carabinée.
J'ai déjeuné avec Emy, aux grands yeux doux.
Mes cours ne sont pas prêts.
Mais la rentrée, c'est dans trois jours.
Envie d'un sac à main violet.
Je pense quasi en continu à F. et à ses proches.
Aucun kilo de perdu et rien en pantalon à me mettre.
Presque 1500 visionnages de la vidéo pour F..
J'essayerai mon vélo demain, je pense.
Ménage prévu demain aussi.
Toujours envie de câlins.
Mes aventures sur Arcachon sont restées en stand by sur le blog.
Je bénis l'inventeur du détecteur de mouvement sur désodorisant : ça fait un pschiiiiit de muguet quand les chats passent devant la litière. Marre du kakakipu.
Ma première vraie pré-rentrée va enfin se dérouler, après sept ans d'enseignement. Je vais avoir mon propre casier à mon nom. Cela parait dérisoire, mais pas pour moi. J'y collerai sans doute une image. Reste à savoir laquelle.
J'ai fait des photos dans Paris. Je dois les basculer sur l'ordi.
Envie d'aller voir Val.
Je me suis fait draguer par un grand black en attendant Emy. Pourquoi donc ai-je toujours plu aux hommes d'Afrique noire ?

Voilà de la bonne entrée bien décousue ! Pas trop perdus ?

casier_prof

27 août 2009

Rétro pédalage

Je me force à reprendre le fil de mes entrées, pour retrouver un semblant de rythme. J'ai du mal à penser "comme avant". Comme si la mort de F. m'avait replongée dans des sensations anciennes, presque occultées. La vase remonte. L'échelle des valeurs se remet d'aplomb aussi.
Mes pensées (oui, le terme est prétentieux : je ne suis ni Pascal ni Cioran, encore moins Baudelaire ou Bobin) tournent autour de la mort en général, de la mienne aussi et évidemment; de la place de la religion; de l'amour, celui qu'on renie souvent, celui qu'on accepte...
Je ne sais comment les présenter encore. Tout est mélangé.
Je dors mal, par blocs de quelques heures. Pas endormie avant une heure du matin, réveillée au moins quatre fois en sursaut, le lit étant le témoin et la preuve de mon agitation nocturne.

Et puis ce matin, j'ai reçu le courrier de rentrée du lycée. Le programme annoncé pour deux jours. Ambitieux mais salvateur : je me dois de replonger dans le quotidien.

Un beau vélo m'attend, même s'il ne tolère pas de porte-bagage, apparemment. Je ferai l'essai d'aller au lycée en me chronométrant et en constatant si, oui ou non, ce trajet est fatal à ma fraîcheur.

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Le mien est noir, aux écritures orangées, avec la selle blanche.

En attendant, je vais déjeuner puis je ferai une sieste : arriver à la rentrée avec des cernes sous les yeux, ça ne fait guère crédible ni sérieux.

Non ?

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