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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
9 octobre 2009

Pourquoi tant de haine ? *

bon_colere

A écouter

Il y a des jours, comme ça, où l'on rentre en se disant qu'on ne sert pas à grand-chose, pourtant le fil tendu ne s'est pas brisé et ce n'est déjà pas mal.
Il y a des jours où l'on se demande si on a bien fait, bien dit, bien réagi.
Il y a des jours où l'on rentre en se demandant pourquoi il y a tant de haine enfouie en les autres, et pourquoi ma colère ne surgit pas, elle. Pourquoi je la contrôle parfaitement depuis des années. Des années trop longues pour être vraiment comptées.
Pourquoi cet élève détourne le regard par affront, et pense que je le prends pour un demeuré. Pourquoi il est toujours sur la défensive, et considère que ce mode de fonctionnement est la "normalité".
Pourquoi ce furoncle vivant sur son scooter a fait demi tour pour venir taper violemment ma vitre de voiture, devant le commissariat.
Pourquoi il voulait ma peau. Pourquoi je suis restée calme, lui disant d'un ton neutre, avec un demi sourire aux lèvres : "Ce n'est pas moi qui m'énerve, c'est vous." Et j'ai redémarré, pensant l'espace d'un instant qu'il allait me suivre jusqu'à la rue d'après - jusqu'à chez moi, donc.
Il y a des jours où  j'ai l'impression de donner beaucoup de moi au travail, dans la vie, et où je me positionne au-dessus du lot, de façon sans doute injuste : le facteur qui dépose un colis sur le paillasson d'un voisin, alors qu'il m'est adressé; le proviseur qui enterre l'affaire; des élèves qui sont de mauvaise foi et refusent de travailler; des collègues qui refusent d'affronter les élèves... L'incompétence a toujours été inacceptable à mes yeux. L'exigence que je me porte, je l'attends des autres. Grossière erreur, que je ne parviens pas à corriger.
La moitié de la classe de STG ne m'a pas attendue plus de trois minutes ce matin : ils sont partis. Puis revenus deux heures plus tard, comme des fleurs. Alors que moi, j'attends. Je suis experte, en attente. D'une patience infinie.
Il y a des jours que l'on aimerait recommencer, peut-être pour faire autrement. Ou pour bien les enregistrer, et garder un peu d'amour en soi, beaucoup de patience, énormément de foi en ce que l'on fait.

Vous m'y aidez un peu, en me lisant.

* Etonnante coïncidence en cette journée d'attribution du prix Nobel de la paix...

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Commentaires
V
Pas d'affolement, Emy. :-) Le type en scooter, je ne le le reverrai plus. Et pour la colère, je gère depuis des siècles... ;-)
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E
Je n'arrive pas à croire ce que je lis... J'ai passé une sale journée mais là je vois qu'il y a pire bien pire...<br /> et surtout le fait que tu ne craques pas, que tu ne laisses pas exploser la colère me fait peur. Il faut virginie, il faut que tu puisse t'exprimer. Que vas tu faire pour le coup du mec à scooter?<br /> Ecris moi si t'as besoin, tu sais que je suis là.. pas tout prêt mais là.
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P
jean-Claude Forest, le papa de Barbarella, a dessiné, vous n'étiez pas née, une petite BD dans laquelle on voit un personnage naître, un œuf à la main, il grandit avec toujours son œuf à la main, il surmonte des difficultés (injustices, vexations, chagrins, etc.) et un jour il n'en peut plus (c'est dans un théâtre effrayant de guerre de tranchées) il écrase son œuf ; La terre se désintègre.<br /> Virgibri, allez-y doucement, tout doucement, s'il vous plait.
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