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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
11 juin 2011

La cerise sur le pompon

Après une nuit de presque dix heures et un jogging, je peux tenter de vous raconter ma fin de semaine de dingue. Je vais en oublier, c'est certain.

pompon

Mercredi, cinq heures de cours de seconde, comme d'habitude. Sauf que j'y vais en reculant. Dans la classe européenne, quatre élèves sur 25 (ils sont normalement 30) ont répondu à deux pauvres questions. Je m'agace et passe à autre chose, sans corriger. Ras-le-bol de travailler pour rien.

Ensuite, direction cantine pour manger avant d'aller récupérer mes descriptifs à Trifouillis : une heure pour y aller, quasi autant pour revenir, en pleine journée. Le Bac risque d'être sympathique, cette année.

Jeudi, journée marathon : deux heures de seconde, un conseil de classe de 2h pour "ma"seconde, deux heures de première pour finir au pas de course nos derniers textes de Bac, puis conseil de cette même classe. Comment vous raconter ces deux conseils, justement ? Celui de seconde a été déprimant, car nous avons dit ce que vous voulions dire côté profs. Le bilan est catastrophique, du jamais vu pour les uns et les autres. Un exemple : ils ont 5 de moyenne avec moi. Au final, onze redoublements proposés, huit passage en première, dont trois seulement en générale. Le reste, réorientation.

C'est la douche froide pour la plupart des élèves, mais je ne le saurais que le lendemain... Hier, donc.

A la récréation, mon collègue de math vient me voir et m'annonce, alors qu'il est plutôt mesuré, que les élèves ont été "infects". Ils ont lancé un oeuf au tableau alors qu'il y écrivait, l'une mangeait, deux criaient "Ben Laden ! Ben Laden !" et ceux qui étaient renvoyés de cours refusaient de sortir et ne se levaient pas. Forte de ces annonces, je me dis que leur redonner leurs fiches d'orientation et tout le toutim va être folklorique. J'étais en-deça de la réalité.

J'arrive devant ma salle de classe : ils avaient cassé un oeuf sur la porte, au niveau de la serrure. La CPE, qui me suivait par précaution, cherche une solution rapide. Nous changeons de salle, et les accueillons froidement, le visage dur. Deux élèves, un garçon et une fille, en descendant, arborent une robe de prière pour la mosquée -chose qu'ils n'ont jamais faite. Le garçon est envoyé au proviseur par la CPE. Nous n'entrons pas dans la discussion.

Les élèves installés doivent sortir ce qu'ils ont dans leur sac. S'ils refusent, direction le bureau du proviseur. Entre temps, la CPE a dû partir en courant. J'entends des cris dans le hall d'entrée. Une bagarre avait débuté. L'un de mes élèves est rattrapé par la CPE : on suppose que c'est lui qui a lancé les oeufs. Il est envoyé chez le proviseur, qu'il va ensuite insulter, d'ailleurs.

Une élève refusant de vider son sac, je m'approche, le ton monte : je me fais traiter fort rapidement de "sale vieille prof, "espèce de p..." et autres noms d'oiseaux en arabe, avec le Coran en guise de branche. Je la renvoie et elle me lance, avec beaucoup de raffinement : "J'm'en bats les c....... !"
Etrangement, je vis les choses avec énormément de recul et je lui rétorque : "Cela va être difficile, Baba, puisque vous n'en avez pas."
Vexée et fort énervée, elle tente de claquer la porte, que je retiens. Sa sortie, qu'elle voulait grandiose, s'avère ratée. D'autres collègues vont la rattraper ensuite, et lui donneront la réplique, comme je l'ai fait (nous en avons bien ri, après). J'avais envoyé la déléguée pour l'accompagner, mais j'apprendrai plus tard que cette dernière n'avait jamais atteint le deuxième étage : elle était partie pleurer aux toilettes, traumatisée par des injures de Baba, lancées au matin contre elle...

Entre temps, Kad, un élève qui s'était présenté toute l'année sous des airs bovins, me jette sa fiche d'orientation par terre en répétant de façon maladive : "Je refuse ! J'en veux pas !" Je lui explique qu'il doit régler ça avec son père (il redouble alors qu'il pensait passer en première S, avec 3 de moyenne partout sauf en math...) et qu'il n'a pas l'âge légal pour gérer les papiers. Il s'entête. Je refuse de mon côté de me baisser pour ramasser sa fiche. Je le renvoie (on en est à quatre élèves dehors). Il lance alors des propos incohérents, que des collègues me rapporteront aussi après : "Le lycée est à l'Etat !", "A quoi ça sert 2 en français ?" ou "Tout se paye !"


Enfin, alors que je retrouvais un semblant de calme (après des cris concernant Ben Laden pendant que j'étais sur le seuil de la porte), la fille qui portait sa robe de prière (rose clinquant) cherche à me provoquer, mais j'avais appris dans la semaine que la classe avait cherché à me faire craquer avec les propos racistes d'il y a quinze jours. J'ai donc pris beaucoup de recul. Elle voulait remettre en cause mes capacités d'enseignante : "On n'a rien appris cette année" / "Comment ça se fait qu'on a (sic) cinq de moyenne en français ?", etc. Je suis restée fort calme, ce qui a dû l'agacer au plus haut point, en lui parlant de donner/recevoir et en précisant que l'élève était responsable de son apprentissage.

Les deux CPE ont fait des aller-retour dans la salle pour m'aider, ainsi que des collègues qui ont halluciné de voir tant de haine et de bêtise concentrées dans quelques élèves. Au total, il aura fallu six adultes pour gérer ces 45mn de "cours".

A part ça, l'Education Nationale se porte bien.

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28 mars 2011

Haussoir : n.m. Caractère de ce qui permet d'élever ses capacités. Tenir le haussoir.

Prescription médicale : chaque jour, lisez au moins une heure. Le week-end, la prise est plus importante : entre cinq et six heures de lecture sont nécessaires. L'ordonnance vaut encore pour deux semaines.

Donc, hier et aujourd'hui, j'ai consacré quelques heures à Nazim Himet, Racine et la grammaire. Heureusement, mon proviseur a accepté de me donner trois jours -répartis soigneusement- pour réviser. Demain, vendredi et mardi prochain, je n'irai donc pas au lycée. J'ai choisi des jours relativement légers, qui ne feront pas perdre trop d'heures aux élèves. J'en profiterai pour lire et lire encore, mais aussi aller chez le coiffeur et me chercher un pantalon noir.

Ben oui, car avec mes kilos perdus, je n'ai plus vraiment de chouette pantalon à mettre. C'est drôle car pendant la période d'attente des résultats de l'écrit, je m'étais fait cette remarque dans une boutique : je regardais, presque insconsciemment, ce que je pourrais m'acheter et donc porter pour les oraux, si oraux il y avait...

Le souci, c'est que j'ai presque des tocs dans le cadre des examens : je dois porter certains vêtements, certains bijoux, avoir mes gris-gris, me mettre du vernis aux orteils même si personne ne les verra, et tutti quanti. Alors j'anticipe, pour me sentir vraiment à l'aise devant mes jurys.

Sinon, j'oscille entre assurance et doute. Il parait que c'est sain et plutôt normal (comme je n'aime pas ce mot !).

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Et pour finir, je vous offre une citation de Pablo Neruda, parce que c'est le printemps : mes plantations de jardinières me l'indiquent. J'ai choisi des freesias et des renoncules cette année. J'ai planté les germes de la beauté. J'attends les fleurs.

"Le printemps est inexorable."

10 mai 2011

Boulbanguer : être retourné(e) par une rencontre / croire à nouveau en quelque chose

En ce moment, les profs principaux courent après le temps. C'est la première vague des réorientations, et l'académie réduit à une peau de chagrin nos possibilités. De fait, les PP de seconde sont à cran. La semaine dernière, j'ai même cédé à la colère -ce qui n'est pas mon genre- lors d'une réunion d'urgence sur ces nouveaux délais : le proviseur n'a même pas rugi quand j'ai dit, la voix étranglée : "On nous demande d'accomplir en moins d'une semaine des miracles alors que l'on cherche à voir certains parents depuis huit mois ! Je vais bientôt me faire canoniser et je serai une sainte ! C'est aberrant ! On fait quoi, depuis septembre, selon vous ?"

En bref, tout le monde est à fleur de peau, et ça part à vau-l'eau.

Sauf que. Sauf que je viens d'avoir une maman au téléphone, et qu'elle m'a retournée. Je m'en voulais de ne pas l'avoir appelée avant, et je pensais me faire remonter les bretelles. Et elle commence par : "Vous êtes une femme formidable. Mon fils vous aime beaucoup." Je souris à l'autre bout du fil, de ce fils si discret en cours qui voulait absolument que ce soit moi qui aie sa mère au téléphone, et non mon collègue de sport co PP.
Sauf que j'apprends la situation de la mère, rongée par la culpabilité d'avoir vu son fils partir en seconde générale alors qu'il avait un projet professionnel.
Sauf qu'elle ne pouvait rien faire à ce moment-là pour l'aider : elle a enterré son fils ainé et lutte contre un cancer de la tyrrhoïde. Et qu'à l'époque, en fin de troisième, elle "était sur le billard", comme elle dit. Sa fille, doctorante en droit, s'est occupée de tout.
Sauf que le rectorat a pris le troisième voeu du gamin, le plus simple, par sectorisation, et n'a pas choisi son premier voeu professionnel.
Sauf que la mère est partie en clinique pour soins intensifs pendant des mois. Et qu'elle subit encore de la chimio. Et qu'elle pleurait au téléphone de vouloir "sauver" son petit dernier, avant la date "anniversaire" de la mort de l'ainé. Peut-être même avant de mourir.
Je voudrais vraiment l'aider. Je ferai mon possible, en espérant que la machine administrative ne broie pas cet élève. Je vois sa mère mardi prochain. Elle veut me faire une assiette de gâteaux :"C'est tout ce que je peux vous offrir pour vous remercier, laissez-moi faire ça !" Même si je lui dis que je prône la prudence, qu'on pourrait manger les gâteaux après l'affectation de son fils dans l'école qu'il veut. "Non, madame, vous êtes là pour aider mon fils, et c'est tout ce qui compte. Après, ça passe ou ça casse. Mais je veux vous offrir des gâteaux. La cuisine, c'est tout ce que je peux faire..."

 

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Ce coup de fil m'a redonné l'envie de me battre, et m'a donné l'illusion d'être un peu utile et reconnue. Si cet élève a son école, mon année aura été sauvée. Cela peut paraitre excessif, mais face au marasme restant, je vous assure que cette femme a illuminé ma journée. Plus encore.

Je vous laisse : j'ai une lettre de recommandation à faire.

 

PS : j'ai aussi pu discuter avec celle qui m'avait "agressée" sur le Coran, fort calmement. Et ça m'a fait du bien. Et je le lui ai dit.

5 mars 2011

Luminifier : se sentir pertinent(e), intelligent(e) devant des spécialistes.

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Je viens de rentrer d'une journée de colloque sur Melville et Le Cercle rouge. Je craignais de m'y ennuyer ou de ne rien comprendre, mais tout le contraire s'est passé. Ouf. Grand OUF car je peux très bien tomber en leçon dessus à l'oral (ben oui, je fais comme si je pouvais y aller, à l'oral).

Je l'avais regardé une deuxième fois hier soir, après les cours, pour l'avoir en tête. Et je ne suis pas mécontente de moi : j'avais vu pas mal de choses alors que je n'ai jamais suivi de cours de cinéma. Je commence même à beaucoup apprécier ce film, soit dit en passant.

Et puis le cadre du colloque était magnifique.

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Je pense quand même que la fatigue ne va pas tarder à se manifester, car j'ai écouté une dizaine d'intervenants, entre 9h30 et 17h30. Ensuite, je suis allée faire quelques courses au Monop (j'aime bien les promos "un acheté, un offert" qui me donnent l'illusion de ne pas trop me faire avoir par le système) pour me ravitailler et me faire un bon repas réconfortant ce soir. J'irai peut-être même jusqu'à m'offrir une bière, en regardant la saison 4 d'Ally Mc Beal. C'est trop la fête.

Demain, mon programme, c'est : bosser, bosser, bosser et bosser. Mes cours de la semaine, les lectures d'agreg, corriger les copies, remplir les bulletins, préparer mon conseil de lundi en tant que PP. A part ça, non non, je ne ressens pas de fatigue.
Je me suis juste trouvée un peu palotte  au retour, mais je mets cela sur le compte du trajet en scooter.

Je dois être rigolote à voir, avec des moufles de ski, pour conduire.

4 avril 2011

Néoblouzer : découvrir des mots rares qui ne sont pas des néologismes.

J'ai enfin entamé la lecture de Césaire, et je peux vous dire que je comprends mieux les propos de mes collègues, qui me disaient que Charles d'Orléans était quasiment plus simple à lire. Je n'ai jamais vu autant de mots rares, que même le TLF ne connait pas. Ils appartiennent souvent au vocabulaire botanique, médical ou encore à des régionalismes. De fait, j'ai divisé mon temps de lecture par trois : j'ai lu hier 50 pages en deux heures. Hum.
Pour m'éclairer, j'ai lu ensuite ma prise de notes sur la littérature comparée. Très dense.

Sinon, j'ai aussi révisé mes cours sur Robbe-Grillet, qui a toujours ce pouvoir soporifique absolu  sur moi. Impression d'avancer lentement avec lui, en fait.

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Photomaton pris hier. Cliquez !

 

Vers 20h, alors que je m'étais réveillée à 6h30 (un dimanche, oui, je sais), j'ai stoppé la machine et je me suis commandé des makis en récompense. Je les ai mangés devant deux épisodes de la saison 5 d'Ally Mc Beal. L'avantage, c'est que ça me détend, cette série. Au lit à 22h, car mes yeux baissaient le rideau.

A part ça, mon programme du jour portera sur Césaire encore et Montaigne. On verra ce qu'il me reste sur le timing pour envisager plus. Et ma seule "récréation", c'est Karouf. Pffff. Heureusement que j'ai encore demain (dernière journée donnée par le proviseur) pour poursuivre.

Je continue donc à courir dans cette dernière ligne droite, en sentant la ligne d'arrivée, un peu comme les chevaux. On verra bientôt si je suis pur-sang ou canasson.

Edit de 19h25 : 110 pages de Césaire, deux leçons de grammaire (l'infinitif et le morphème QUE), relecture des cours sur Montaigne. Je sature, alors direction abdominaux devant Canal !

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18 janvier 2011

Faire craquer le pécan : expr. idio., se réveiller en pleine nuit, en pensant qu'il faut se lever. Ne pas se rendormir après.

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Dans une semaine tout pile, je serai devant un grand bâtiment, à attendre que l'on veuille bien nous ouvrir pour que nous nous installions. Je me serai levée très tôt pour ne pas prendre le risque d'être en retard. J'ai souvenir d'escaliers sans fin, et d'étages immenses avec chacun une salle d'examen.
Dans une semaine tout pile -et tout face-, je m'angoisserai à propos du sujet qui va tomber. C'est drôle comme l'on parle de sujet qui "tombe" tout comme de "tomber amoureux". Je suis sûre qu'il y a une réflexion à faire sur ce point linguistique -mais ce n'est pas moi qui la ferai.

Je prends de l'euphytose (qui ne sert à rien à part me rassurer). Et puis je mange varié. J'ai fait des courses hier en fonction aussi de mes petits paniers repas pour l'agreg.

A part ça, je suis complètement charrette pour le lycée, une vraie catastrophe : je ne corrige plus de copies, je fais mes cours à la vas-y-comme-j'te-pousse, je bosse tout au dernier carat...

Heureusement, je me dis que juste après les épreuves, je partirai quatre jours chez Flûtine. J'ai réussi à avoir deux jours de repos ("en vertu du décret blablabla..." et surtout en précisant que le reste de l'année, je fais mon maximum -sous-entendu, certains ne se gênent pas...). Jolie récompense.

Ce soir, en rentrant, préparation de dernière minute pour les premières, puis lecture de Montaigne, et rererererelecture de mes citations. Et j'écoute en boucle les poèmes de Rimbaud mis en musique par Léo Ferré dès que je le peux.

Et comment ça, je suis speed ?

23 février 2011

Matètehéto : Loc. orig. inca. Malédiction portant sur le crâne. Dériv. : migraine.

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Mon programme du mercredi, après deux -voire trois journées- la tête dans un étau migraineux, était le suivant :

1) puisque le noirot doit poursuivre son traitement pendant encore un mois (le vétérinaire me l'a confirmé hier), j'ai prévu de racheter des mousses Gourmet pour les huit pattes qui se baladent dans l'appartement. Impossible de rester en rade alors que je serai chez Flûtine et que ma mère va s'occuper des chats en mon absence. Donc, il fallait aller chez Karouf.

2) préparer ma valise, justement, en vue de mon départ.

3) lire Neruda, encore et encore. Le principe de l'oeuvre est le suivant: raconter l'histoire du Chili depuis le XVème siècle, retracée poétiquement dans une grande fresque.

4) aller à la fac, au cours sur Charles d'Orléans avec des colles.

Pour concilier tout cela, je m'étais dit qu'éventuellement je me ferais plaisir en mangeant quelque part dehors, rapidement.

Bilan à 15h :

1) Karouf, c'est fait. Tout le bazar pour les chats est acheté, ainsi que du terreau et des graines à planter pour le printemps et l'été (c'est le point positif de ma folle journée).

2) ma valise est en partie prête. Reste le sac avec ordinateur, copies, livres, et tout le toutim à faire.

3) Neruda est lu à petites doses. Je suis arrivée au début du XVIIIème siècle. Wouèh !

4) J'ai déjeuné sur le pouce et dans le bruit avec des enfants dépassant le mur du son autour de moi. Ensuite, direction la fac, que je trouve étrangement vide. Et pour cause : il n'y a pas de cours cette semaine. J'ai mal lu mon planning d'agreg, et je me suis déplacée pour rien. J'ai donc prévu toute ma journée en fonction de ce non-événement.

Alors j'ai voulu, en rentrant, me faire plaisir et m'occuper de moi : direction body minute pour parfaire mes sourcils. Je trouve une place facilement, bon point. Je marche vers l'enseigne, et je vois deux esthéticiennes en train de papoter sur le pas de la porte. L'une d'elles me lance un : "C'est pour une épilation ?" J'ai failli répondre quelque chose de totalement décalé du type "Non, c'est pour acheter une planche de surf" mais je suis restée aimable et j'ai simplement acquiescé, en haussant les dits sourcils irréguliers pour signifier que je ne voyais pas pour quelle autre raison je serais ici. (Imaginez si j'étais là pour une épilation beaucoup plus intime, à devoir afficher comme ça en pleine rue... J'ai trouvé cette façon de faire assez verte, finalement.)
Elle me rétorque tout de suite, l'air débordé : "Aujourd'hui, ça va pas être possible ! Il faudrait repasser dans une grooooooooooooosse demie heure parce que..." Je vous épargne le longue explication concernant leur collègue absente, blabla, elles ne sont que deux, impossible, et les grooooooos yeux de la jeune femme qui roulent.
Gentiment, et assez lasse, je lui dis que ce n'est pas grave, ce n'est pas ma journée, ça arrive. Et que non, je ne vais pas tourner trente minutes dans le quartier en attendant potentiellement de me faire arracher trois poils. Je suis repartie, en me prenant un shampooing réconfortant Petit Marseillais au Monop pour mes cheveux tout aussi fatigués que moi, apparemment.

petit_marseillais

C'est par où, la cure de sommeil, siouplè ?

12 février 2011

Bilouquène : n.f. Explication grammaticale peu claire.

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Il parait, on dit, il y a une légende, qui raconte que je suis en vacances.
Sur le fond, c'est vrai. Je ne vais pas au lycée pendant quinze jours. Mais les cours à la fac continuent : je ressors de sept heures de grammaire, saine d'esprit -quoique- et abrutie. Mercredi prochain, idem pour trois heures, avec un prof caricatural vieux garçon, bavant, éructant, cultivé certes, ironique face à des références que nous arborons tous depuis des années, suant du crane. Comment ça, vous n'avez pas envie de me rejoindre ?
Sinon, j'ai trois (ou quatre ? je n'ai vérifié) paquets de copies. Les oraux du bac blanc à préparer (cinq descriptifs différents). Tous les ouvrages de littérature comparée à lire (Akhmatova, Hikmet, Neruda, Césaire), et trois autres pour le lycée.
Préparer le conseil de classe de la seconde dont je suis PP.
La voiture à faire réviser (elle a déjà 5000km de trop pour la première révision). L'ordinateur à faire réparer ou à échanger.
Le rangement à effectuer car l'appartement commence à me faire étouffer.
Le noirot à emmener chez le vétérinaire pour vérifier la cicatrisation de sa mâchoire.

Et puis, éventuellement, j'aimerais avoir une vie sociale et revoir mes amis...

Tout cela sera à gérer sans Flûtine qui ne peut venir, et moi qui ne peux partir... Je suis un peu sombre en regard de ces vacances, mais ça va passer.

Je croise les doigts pour ça, car j'étais très irritable cette semaine, ce qui ne me ressemble pas, et j'aimerais "tenir" dignement au moins jusqu'aux résultats de l'écrit. Is it possible ?

10 février 2011

Biglir : s'étouffer en apprenant un nouvelle inattendue.

Ben voilà, il reste une journée de cours, et ensuite, je respirerai peut-être... Enfin, samedi, journée grammaire à la Fac quand même. D'ailleurs, côté formation agreg, ça chauffe un peu : une agrégative a dit ce qu'elle pensait à un prof fumiste, et là, je dis respect. Je lui ai fait un mail de soutien, même.
Les profs formateurs ont tendance à oublier une chose : nous sommes des collègues, pas seulement des élèves...
Sinon, mes élèves sont toujours autant dans la rétention de travail, et je crains que tout cela n'empire rapidement : les directives du rectorat sont claires et affolantes. Elles disent de faire passer TOUS les élèves de troisième en seconde. Oui, vous avez bien lu. (Et avec 16000 profs en moins, tout cela risque d'être joyeux.)
Ces chers petits qui doivent me faire des exposés depuis mi décembre et qui en ce jour ne pouvaient pas passer au tableau, ("j'ai pas mes feuilles/ma clef usb", "j'savais pas", etc), par exemple.
Sinon, j'ai appris à la cantine, par une élève de première, que j'étais marquée absente (donc gréviste) et que la moitié de la classe était partie. J'étais furax, sachant que dès 8h j'étais sur le pont. Et que noyée comme je le suis, je ne peux pas me permettre de perdre deux heures de cours comme ça. Alors ce soir, l'adjoint du proviseur a eu un mail un peu agacé.

Antony

A part ça et ça n'a rien à voir, je suis toute contente d'avoir acheté des graines de courge, du son d'avoine, mon nouveau dentifrice bi-fluoré en promotion, le bain de bouche idoine (il parait que je manque de fluor, la vie est incroyable), un cd d'Antony and the Johnson à 3€ neuf (au monop', ils ne connaissent rien en musique, youpi !), un cadal pour Flûtine, et tout cela après la journée de cours.

graines_courge

Là, une délicieuse tarte aux champignons frais, faite maison, m'attend.

I need a break.

22 novembre 2010

Flûtine in the box

Mon silence de ces derniers jours n'est pas mauvais signe, loin de là...

jack_in_the_box


Samedi, en revenant de la fac, un chemin de clémentines m'attendait, de l'entrée jusqu'à la chambre, et telle le Petit Poucet, je l'ai suivi. Flûtine était là.
La surprise était à la hauteur du manque.
Depuis, je me suis accordé deux jours de repos, un peu comme des vacances. Là, nous travaillons chacune de notre côté, et nous irons au cinéma dans l'après-midi, sans doute.
La parenthèse dure jusqu'à demain matin. Ensuite, l'attente à nouveau, mais mes batteries d'amour seront rechargées (euh, ça fait gnangnan, non ?). Les conseils de classe, les réunions, les rendez-vous parents s'enchaineront, ainsi que les cours à la fac, un concours blanc...
Et puis il y a aussi les soirées avec mes copines profs de lettres, et ça, ça vaut de l'or, aussi.

30 août 2010

Je traîne

Il faudrait que j'aille à la poste et que je range des choses dans les communs (oui, le terme est vieillot, mais nous avons une cave commune dans l'immeuble, alors bon).
Mais... j'ai essayé mes anciens pantalons avec ravissement (sinon je n'avais rien à me mettre en bas, j'vous jure !). Je porte un gilet Esprit splendide acheté une misère dans les soldes d'été. Il va à ravir avec mon jean CK anthracite et un petit maillot en V noir.
Un brin de futile me fait du bien, surtout que je me sens jolie -et ça, mes amis, c'est un exploit. Je me dis que ça va être un problème : mes élèves ne vont pas m'écouter mais me regarder (rire immense à imaginer, là).

Sinon, j'organise les corvées : diverses inscriptions administratives, sportives et culturelles, un rdv chez le médecin pour la révision de rentrée.

A part ça, on commence à me questionner concernant ce que je veux pour mes 35 ans, et je suis un peu en panne sèche. Sortie de produits technologiques qui me font de l'oeil (iphone, un nouvel ordi), comme j'estime n'avoir besoin de rien, je ne sais que répondre.

J'essaye de me motiver pour la rentrée, sachant que le rythme de mon année va être fort intense. Ce qui me rassure, c'est que les copines la vivent de la même façon (Asa, Ed, Emy...). J'ai toujours les montagnes dans la tête. C'est grave, docteur ?

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Estaubé

Hier, j'ai refait du vélo, et ma condition physique m'étonne encore : pour une non-sportive, j'ai des réserves. Et mon corps se sculpte progressivement. Ce qui est bête, c'est qu'au moment où j'écris ces lignes, j'ai faim. Pffff.

Bon, allez, le devoir m'appelle...

26 août 2010

Trajets

Avant de filer encore vers de nouvelles aventures de pré rentrée, je vais vous dire grossièrement par où nous sommes passées pendant ces vacances...
Départ de Paris vers le pays basque, et plus exactement pour une aire naturelle. Balades dans le coin avec Sare, Hendaye, Saint Jean de Luz, Saint Pée sur Nivelle, Espelette, Aïnoha, Ciboure, Cambo les Bains, Itxassou...
Je vous épargne pour l'instant l'explication précise des randonnées, dont une à VTT sur 30km. Hum.
Ensuite, au bout de cinq jours, direction les Pyrénées orientales, vers les terres. Un camping accroché aux montagnes, superbe, dans le pays d'Ossau-Iraty. D'autres randonnées et visites pour Larrau, Holzarte, Ahusquy, Tardets, Mauléon (la ville de l'espadrille !), Bostemendit... Des merveilles, encore.
Puis, nous retrouvons le plaisir du matelas dans un gîte à Gavarnie, au pied du cirque. Un paysage totalement incroyable et idyllique au possible. Mon record : 900m de dénivelé, 2200m d'altitude. La région est extraordinaire. J'en reparlerai mieux, plus tard, j'espère.

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Vue du gîte, le premier matin...

Retour par une sortie à Cahors, pour récupérer les petites routes de Corrèze et du Limousin. Le porte-vélos nous lâche dans cette zone géographique. Il trône dorénavant dans une benne corrézienne.

Arrêt pour la nuit à Egletons, très jolie ville médiévale au coeur du plateau des mille vaches. Je bois une bière locale avec plaisir.

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Retour le lendemain par les départementales et nationales, car l'autoroute est bouchée. Les chats nous accueillent. Paris...

16 mai 2010

Police, ouvrez !

Hier soir, j'étais invitée, avec quelques 25 autres profs, chez ma copine Asa. Au programme, soirée tapas et jeux. Malgré le nombre de personnes présentes, je me suis sentie plutôt à l'aise. Jeanne, tête en l'air depuis des mois, a tenu à s'excuser d'avoir retenu en otage quelques-uns de mes cd en m'offrant le dernier album de Biolay (youpi !).
Tinette était venue me chercher en voiture, et j'espérais que mon fond de migraine ne se relèverait pas. Las. Une fois que les jeux ont commencé -deux time's up côte à côte, du poker, du tarot - le niveau sonore m'a été intenable. A la première partie, explosion de la migraine : on s'entendait à peine parler. Je me suis quand même bien amusée.
Pour l'occasion, j'avais choisi une sorte de déguisement avec cravate, petit gilet manche courte en V, chemise noire, chaussures surpiquées, casquette de turfiste : j'étais entre la joueuse de poker pro et la mafieuse.

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Au retour, vers une heure du matin, en sortant de la voiture de Tinette, j'entends de la musique techno à fond les manettes dans la rue. Rapidement, je comprends que ça vient de mon immeuble. Pire encore, je découvre, en montant les escaliers, que le bruit vient de mon palier. Mon voisin a mis NRJ à fond. Et quand je dis à fond, ce n'est pas juste pour faire joli.
Le temps de me démaquiller, je trouve cela intenable. J'entends quelqu'un frapper à la porte du voisin. Je sors mon minois fatigué et je participe à cet essai infructueux : le voisin ne bouge pas, malgré nos tentatives. Son chien, en revanche, nous entend parfaitement bien.
Et voilà que je me retrouve à appeler la police municipale, qui arrive cinq minutes après. Ils frappent à la porte avec une force inouïe, annoncent qui ils sont, cherchent le compteur électrique pour faire cesser l'alimentation de la radio du voisin, mais tout est un échec. "Foutage de gueule" selon l'un des officiers : le voisin ne bouge toujours pas, alors qu'il a placé son chien dans une autre pièce, entre temps. Je rentre à nouveau chez moi, à la demande des policiers; ces derniers repartent, impuissants; j'ai Flûtine au téléphone, tout endormie; je reprends des cachets pour ma migraine; j'enfonce des bouchons d'oreille pour ne plus entendre cet amas sonore insupportable, et je m'endors, cahin-caha.

Environ cinq heures plus tard, un peu avant 8h, Clochette vient tapoter avec sa patte ma joue pour me signifier que c'est l'heure du câlin, et mon noirot veut de l'eau... Résignée, j'ai ouvert un oeil, puis l'autre, et me suis levée, groggy.

Cet après-midi, activités manuelles prévues.

J'ai envie de dormir... Grumf.

7 juillet 2010

Fromagère

Me voilà revenue chez moi. Les chats étaient fort contents, moi un peu moins, forcément. Mais je me sens forte et riche de tout ce que je ressens, vis, accomplis avec Flûtine.
Demain matin, je rendrai mes copies de Bac. Les notes sont plutôt bonnes. La moyenne générale atteint presque 11, c'est dire. J'ai même mis un 19.
Je ne serai véritablement en vacances que vendredi, et j'ai l'impression d'avoir mille occupations pour ce début de repos. Tant mieux.
Une petite remise en beauté va s'imposer aussi, dans l'optique de rencontrer la famille de Flûtine... Et je me cherche un chouette vtt pour cet été, d'ailleurs.

Je m'arrête là pour ce soir, mais, promis, je reviendrai plus régulièrement ces jours prochains.

Et pour finir, voilà ce qui m'attendait le premier jour :

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Et ce qui m'a donné le sourire en partant :

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27 août 2010

Reprendre le rythme

Peu à peu, je comprends que je suis revenue en ville. Les gens vont vite, les magasins se remplissent, on parle de météo et de rentrée autour de moi, et tout le monde me dit "profite bien de ta dernière semaine". Pffff.
Alors, pour faire bonne figure, j'ai enfin trié aujourd'hui toute ma pile de polycopiés. Tenez-vous bien, il en restait de 2008, quand j'étais dans le lycée de Peps... Le tri a pris la matinée, le rangement une partie de l'après-midi. Mon sac little Marcel semble presque prêt.
J'ai aussi lu deux articles de Robbe-Grillet tirés de Pour un nouveau roman. Ah oui, j'ai oublié de vous dire que malgré mes périples montagnards, j'ai lu ou relu consciencieusement Britannicus, Mithridate (dont Flûtine a lu à voix haute le dernier acte lors d'une rando, un truc fabuleux !) et Les Gommes. Permettez-moi de vous dire que celles-ci m'ont dégommée (mauvais jeu de mots, je sais) : je m'effondrais de sommeil à chaque lecture un peu longue. Hum.

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Pottoks à Itxassou

A part ça, je gère mille idées à la fois, et je tâche de les rendre concrètes : mon inscription à la préparation du concours par la fac (l'EN adore nous laisser dans le flou total : je ne sais si je peux suivre les cours); mon envie de reprendre le tir à l'arc (je devrais jongler entre deux clubs car celui dont je défendrais les couleurs serait à 200km, ce qui empêche tout entrainement hebdomadaire, vous en conviendrez) alors que j'ai cessé de fréquenter les pas de tir depuis au moins deux ans; les check up de rentrée classiques (médecin, etc); mes projets de cours pour mes futures classes; mon abonnement au théâtre et dans un musée...

Sinon, je suis contente, car cet été j'ai revu Peps, Micahuète, Emy, S., Ed et Comtesse et j'ai écrit des cartes postales avec envie, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des lustres.

Il me semblait que j'avais encore d'autres choses à vous dire.... Ah, si ! Grande nouvelle : je suis allée spontanément à la piscine avec Flûtine ! Et ça, c'est miraculeux pour quelqu'un qui peine à nager et a peur de la profondeur. Comme quoi, on peut changer, et cette idée me fait chaud au coeur.

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9 juin 2010

Au Bac etc

Hier soir avait lieu le conseil de classe de mes secondes. Au programme, donc, après celui des STG (catastrophique), je devais attendre deux heures : le conseil était prévu à 18h. Sauf que...
Sauf que les professeurs et moi-même ignorions qu'il avait été avancé à 16h. Je l'ai appris à 15h55. Du coup, pas mal de mes collègues sont arrivés alors que nous avions fini; j'ai dû prendre des décisions avec les rares qui avaient pu être là, et je me suis sentie mal à la place de l'administration. Par exemple, ma collègue de physique m'avait fait un mail pour me dire qu'elle tâcherait d'être là alors que sa mère est mourante... Et elle est venue pour rien.
Aujourd'hui, Kracoukass m'a déjà fait deux mails pour avoir un rapport détaillé LE concernant : l'avenir des élèves semble annexe pour lui, là. Je lui ai pourtant évoqué des cas difficiles d'élèves dans des impasses, mais il veut savoir qui a dit quoi sur lui ! Je songe à noyer le poisson, évidemment, et à ne pas lui répondre sur ce point.
Sinon, je peux dire que j'ai fini tous mes programmes, tant en seconde qu'en première. Les ES sont tentés par des oraux d'entraînement la semaine prochaine. Pas tous, hein, ne rêvons pas, mais je trouve cela positif.

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Et puis lundi, j'ai assisté à ma première réunion en tant qu'examinatrice du Bac. Je suis dans un lycée huppé, dans une ville sarkozyste connue... Nous étions dix-huit professeurs à être convoqués. Et c'était une véritable galerie de portraits : le seul mâle de l'équipe est un sosie d'Orlando (sans les lunettes, mais bien décoloré en blond-roux), une autre est le portrait craché de Muriel Robin.

J'ai aussi une caricature de profs de lettres, intello de gauche, habillée en copin-copine, les cheveux à la Brigitte Fontaine, petites lunettes rondes, avec de graaaannnnndes convictions et beaucouuuuuup d'expérience.Elle est la seule à vouloir se réserver le droit d'interroger les candidats sur des textes hors liste de Bac...

Ou encore cette prof qui m'a côtoyée pendant un an lorsque j'étais stagiaire à plein temps, et qui ne sait pas même qui je suis : normal, étant agrégée, elle me considérait transparente, moi, la pauvre certifiée. (Il doit y avoir dans mes archives une note concernant une anecdote savoureuse à cet égard.)

Et pour finir, la prof qui arrive sans un stylo, me prenant le mien, posant des questions pleines de lapalissades et qui, constatant que nous sommes dans le même jury, me demande mon numéro de téléphone. Je n'aurais rien contre, si ce n'est que j'imagine bien pourquoi : ayant les mêmes descriptifs, elle pense sans doute que nous allons partager le fruit de notre travail pour préparer les questions d'oraux. Quand elle a eu fini de noter mon numéro, je l'ai laissée en plan : "Euh, je te donne le mien ?" Je n'en voulais pas, mais j'ai été polie.

Il faut dire que j'avais un air rock, au milieu de cette basse-cour : blouson en cuir bordeaux, lunettes de soleil, Converse noires, scooter... Je dois aussi rentrer dans un stéréotype, j'en ai conscience, mais je sens qu'observer tous ces gens va encore beaucoup m'apprendre.

Ah et puis mes élèves de seconde ont fini de voir le film "Molière" avec Romain Duris, et je crois qu'ils ont aimé. J'ai dû le voir quatre fois mais je ne m'en lasse pas : Luchini est génialissime, et Laura Morante pleine de charme...

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29 avril 2010

Zen, vous avez dit ?

Je sens mon lectorat revenir et piaffer d'impatience à chaque nouvelle entrée, alors me revoilà !
Je me suis baladée en ville hier, armée de mon boîtier photo, de mes lunettes de soleil et d'un grand sourire serein. En marchant, des gens assis en terrasse ont gratifié mon passage d'un "Waouh, zen attitude !" dans un premier temps, puis, plus loin, d'un "Tranquille !", ce qui m'a agréablement étonnée.

zen

Je voulais vous montrer quelques photos prises hier, mais j'ai inversé les câbles des appareils photo dans la valise, et mon lecteur de carte mémoire sur l'ordi défaille...
J'ai donc marché environ trois heures dans cette ville nouvelle qui me plaît bien, étonnamment. Je ne sais d'ailleurs pourquoi je ne la nomme pas ici. Comme si Flûtine et moi pouvions être identifiées au milieu de millions de personnes... Absurde.
A part ça, je n'ai aucune envie de rentrer lundi, non pas à cause de la rentrée (quoique...), mais parce que la présence de Flûtine à mes côtés me devient essentielle. Hum, ça devient grave, docteur.

Alors je travaille mes textes poétiques pour le dernier objet d'étude, et je vais corriger quelques copies. Ce soir, nous irons au théâtre voir une amie proche de Flûtine.

Le temps est superbe, il fait encore frais ce matin. La douceur de ce séjour ressemble à celle qui émerge enfin de moi depuis début janvier. Enfin. Laisser l'armure de côté, ça allège incroyablement.

3 décembre 2009

Sexytude zéro

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Ce matin, je me suis réveillée les cheveux dans les yeux, les bras repliés sur l'oreiller, avec Clochette endormie près de ma tête, retenant de ses pattes douces mon poignet. C'était bon d'émerger ainsi, alors que les rêves de la nuit avaient été perturbants (sans faire de psychanalyse de bazar, ils expriment tout bonnement mes inquiétudes sur mon physique, ma capacité à plaire, mes égarement sentimentaux...).
Cloch a poursuivi le câlin en se glissant sous la couette, contre moi. Son ronronnement résonnait délicatement jusqu'à mon oreiller. Le noiraud nous a rejointes, en s'installant sur mon flanc.
Je me suis levée au bout d'un certain temps, en évitant de penser à toutes les corvées que j'ai à faire.
Mon hésitation du jour porte sur mes activités : copies, achat de sapin, courses Karouf, parapharmacie, cours ?

Je commence aussi à angoisser sur cette maudite période de fêtes. Ne vous méprenez pas : j'adore Noyel, les décorations, les lumières, tout ça. Mais je n'ai rien à fêter. Ma mère vit avec un homme que je n'apprécie guère, et avec qui je n'ai jamais voulu passer Noyel. Pourtant, je n'ai plus qu'elle comme famille.

C'est sans doute ce qui me noue : ne plus pouvoir me reposer sur quelqu'un d'autre en ces moments-là. Et me dire que le jour où je perdrai ma mère, je serai seule. Complètement seule.

Je ne prends guère soin de moi depuis quelque temps. J'entends par là que je me néglige pas, mais que je n'ai pas l'impression non plus de me mettre en valeur. D'habitude, je rends mes pieds tout doux, j'utilise des soins pour mes cheveux, je mets même parfois du lait à la figue pour le corps, je me passe de la crème pour les mains le soir... Je n'en ai pas envie. Je me dis sans doute que je n'ai à plaire à personne, ou que je ne plairais à personne. Comme nous disions avec Sandy à une époque, ma "sexytude" est à plat. Zéro pointé.

Cependant, et c'est contradictoire, j'en ai conscience, je ne me pose guère la question au lycée. Je reconnais sentir parfois des bourrelets disgrâcieux; je tire sur mes pulls pour qu'ils en montrent le moins possible, mais je doute que mes élèves sentent cette gêne. J'ai l'air très à l'aise avec mon corps. J'ose les couleurs, parfois une jupe ou une robe, je porte quelques bijoux, et de temps à autre je fais claquer mes talons sur l'estrade.

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Dessin de Renoir

Alors quoi ?

Alors je me disais récemment que si l'un d'eux me posait une question du genre "Vous êtes mariée, m'dame ?", je serais bien embêtée de passer pour la vieille fille de service. Avant, je pouvais entretenir le suspense (si je décidais de répondre) avec un "Non, je suis pacsée". Cela résolvait pas mal de choses.

Aujourd'hui, je ne suis qu'une femme de 34 ans, vivant avec ses deux chats, joignant les deux bouts de façon hasardeuse, recevant l'aide financière de sa mère régulièrement, et angoissant pour les fêtes...

17 décembre 2009

Tombe la neigeuuuuuuuuuuh !

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Oui, je sais, c'est dangereux, c'est glacé, il fait froid, ça crée des bouchons, toussa toussa. Mais qu'est-ce que c'est beau, la neige ! (Photos prises ce matin, je précise)

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C'est vraiment le temps idéal pour ma soirée raclette à la maison ! Allez, grand ménage, du coup...

Edit de 14h55 : voilà, le ménage est fait. Il ne reste que la table du salon à débarrasser et à dresser. Je reviens de chez mon libraire : j'y ai trouvé quatre petits ouvrages à offrir ce soir à mes copines. Ils sont glissés dans des paquets cadeaux affublés de nains, accompagnés de rochers Suchard noir et lait.
Je vais tenter de corriger quelques copies en attendant que Jeanne débarque pour le thé. Et voici les livres que j'ai dégotés... Pas facile de choisir et de trouver, quand il s'agit de profs de lettres.


RilkeRenoir

PerecFumaroli

16 décembre 2009

Monsignor, il est l'or !

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Il faudrait...

  • que j'avance un paquet de copies de seconde, pour leur rendre vendredi au mieux, samedi au plus tard.
  • que je prépare un jeu littéraire ou culturel pour les classes de samedi.
  • que je range un peu l'appartement pour ne pas tout faire demain matin.
  • que je boive un thé ou un café pour tenir au cours du Louvre ce soir.
  • que je fasse quelques mails.
  • que je prépare un envoi postal.
  • que j'aille faire un pti tour à la Fnac avant demain pour acheter quatre livres à offrir à mes copines au dessert demain soir.
  • que je parvienne à formuler ce que je ressens : cela fait quatre mois tout rond que F. est mort.

Il faudrait, oui.

Mais j'ai dormi un peu moins d'une heure, et je suis lasse. Je dois tenir jusqu'à samedi onze heures. Après, advienne que pourra...

Sinon, deux petites perles du jour, en ES :

Je présente Dom Juan, la pièce de Molière.  Je parle du sens moderne et du  terme qui est rentré dans le langage courant avec des phrases du type "Cet homme est un véritable Dom Juan !".

_ Et pour une femme qui séduit les hommes, que dit-on ?
Didi lève à peine la main et lance :
_ Une prostituée !

Eclats de rire dans la salle. Je prends mon air éberlué. "Ah oui, quand même... Il y a du boulot, là ! Alors je précise pour vous, Didi : une femme qui ne se fait pas payer !"

Un peu avant, j'avais eu droit à une réponse typique en ES, je crois...
_ Alors, remettez-vous dans un contexte. Nous sommes au XVIIème siècle, et Molière ne fait pas publier sa pièce. Il y a plusieurs raisons à cela. (...) Mais pour quelle raison essentielle un auteur publie une oeuvre ?
_ Pour l'argent !
_ Pour vendre !
_ Ah, rassurez-vous, vous êtes dans la bonne section ! Vous êtes bien des ES... Il publie pour... être lu !
Ils sourient mais sentent bien qu'ils ont raté un petit quelque chose encore, même si j'en plaisante.

Et le pire, c'est qu'ils ignorent que je leur ai acheté des pièces d'euro en chocolat pour samedi... Hihi.

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16 novembre 2009

ça sent la mer

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J'ai rêvé sur le petit matin que je vivais dans un appartement de type new-yorkais, au premier étage d'un immeuble, et mes collègues de lettres et moi-même étions en train de le vider et de ranger les bibliothèques. Il fallait entre autres peindre des lettres dessinées sur un mur, en écriture romaine, très nettes comme celles que l'on voit sur... les pierres tombales. Hum.
Mais le souci, c'est que je trouvais par terre des têtes de crevettes roses. Juste les têtes. Je pensais que quelqu'une parmi nous mangeait les crevettes, et jetait les têtes sur le sol. Je ronchonnais et m'agaçais en pensant au ménage supplémentaire à faire. En plus, Clochette cherchait à en avaler une.
Soudain, je me retrouve dans la rue. Des policiers me disent qu'il y a un problème de canalisation, et que pendant quelques jours, il va y avoir des remontées dans les appartements. Les crevettes viendraient donc de là. Je pense à mes chats, aux portes qu'il va falloir fermer pour les empêcher d'avaler tout cela...
Je me suis réveillée avec mon noiraud sur le ventre, et Cloch' qui cherchait à aller sous la couette.

Après ces aventures pseudo new-yorkaises, il va falloir que je me noie sous la douche et que je bosse aujourd'hui : plus le choix.

5 décembre 2009

Quand la forêt vous prend...

Hier, ma journée fut longue, longue, longue... Entre les heures mortelles avec les STG (j'ai failli m'endormir et je me trouvais très mauvaise prof, alors que j'avais fait ce cours de façon fort enlevée et enjouée aux ES), un petit Hugo (Victor, je ne parle pas de l'un de mes élèves) en seconde, et pour finir un conseil de première qui m'a semblé s'étendre à cause de ma fatigue, j'étais contente de rentrer chez moi le soir.

Victor_Hugo

D'autant que ce matin, c'était réunion parents-profs avec remise des bulletins en seconde dès 8h30. J'ai vu bien plus de parents que prévu (j'avais un planning, que j'ai tenu de main de maître, alors que mon co PP avait 20mn de retard sur ses créneaux horaires hyper sophistiqués), et ça m'a fait du bien de me sentir, pour la première fois vraiment, légitimée sur un poste.
Pas de remarques sur : mais quand partirez-vous ? qui vous remplacera ? qui remplacez-vous ? respectez-vous le programme ? nos enfants prennent-ils du retard ?, et j'en passe.
Là, quelques parents m'ont remerciée d'être investie dans mon travail, de tenir le blog, de leur parler mais surtout de les écouter, de faire un "programme génial" (dixit). Certains élèves craignaient de passer avec PR (prof rigide = mon co PP) et semblaient noués devant leurs parents. J'ai toujours tenté de les mettre en valeur, sans les tancer vertement. Les plus faibles et travailleurs, je les ai motivés. Une mère était prête à disputer sa fille, et s'est retrouvée embêtée quand j'ai dit que j'aurais eu envie de lui donner les encouragements... La gamine était incrédule. Elle avait déjà eu un rdv avec PR auparavant, et avait pleuré devant lui.

Voilà, tout cela me met du baume au coeur, car l'ambiance en STG me fait souvent douter. Il faut que je me remette moins en cause, et que je délègue une part de responsabilité aux élèves quant à la moyenne catastrophique (je n'ai jamais vu cela, toutes sections confondues, en sept ans de carrière) et à l'atmosphère lourde en cours.

Sinon, comme prévu, je suis allée chercher mon beau sapin Robin des Bois chez mon amikea. Il y avait beaucoup de monde, mais je suis astucieuse. Dans ma twingo, ça sentait la forêt. J'adore !


Pub La Vosgienne avec Dominique Lavanant 1994

23 novembre 2009

"Je n'aime pas les fenêtres, j'aime les trous"

Hier, j'ai déconnecté un peu de ma morosité et du rythme boulot-boulot-boulot en voyant Peps. Chez elle, nous avons fait un brunch. Elle avait fait les choses en grand :

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Ensuite, après divers papotages, direction l'abbaye de Maubuisson. Je voulais la visiter depuis longtemps, et Peps voulait m'emmener à l'expo Orlan qui se déroulait dans ces lieux.
Elle se la jouait parce qu'elle connaissait déjà l'artiste dérangeante, pffff ! Nous avons traversé la grange aux dîmes, le parc, des petits ponts de bois en chantonnant, et enfin l'abbaye. Des oeuvres d'Orlan étaient exposées en divers endroits. Certaines m'ont plu, d'autres moins. Il faut dire que l'artiste prend son corps en guise de champ d'expérimentation et s'en sert pour dénoncer certaines dérives.
Alors la chochotte qui est en moi (peur des aiguilles, de la chirurgie...) a du mal, par moment.

Mais ses robes vides dans la salle des religieuses étaient vraiment très belles. Je compte faire un album photos dès que je le pourrai, mais là je dois m'activer un tant soit peu face à la masse de choses que j'ai à faire pour cette semaine...

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Je complèterai ma note avec le sac de Peps, des photos, et quelques descriptions des oeuvres que nous avons vues, promis !

Edit de 18h25 : entre deux copies, j'ai créé un album photos sur mon dimanche et Maubuisson. Bon visionnage, avant d'avoir les explications...

5 novembre 2009

Levée des mauvais pieds

Mais que fais-je à une heure matinale debout, alors que je n'ai pas cours ?
J'avais mis le réveil, oui, mais pour essayer de trouver une jolie montre Swatch (sur venteprivee.com) pour ma mère... Bilan des courses : le réveil de 6h50 a fait plaisir aux chats -qui ronronnaient comme des fous-; je n'ai trouvé aucune montre potable;  j'ai envie de me recoucher (je ne le ferai pas par crainte de la migraine); je suis ronchon car je n'ai pas encore pris mes deux cafés serrés du matin.
Mon programme du jour a quelque peu changé, du coup : tarte salée à préparer ce matin pour ma soirée litterary girls, cours et copies évidemment, sieste, puis me préparer et filer dans la nuit froide en scooter...
J'oublie Leroy Merlin pour l'instant. Tant pis.

Allez, je vais me faire mon plateau de pti déj, sinon je vais vraiment ronchonner...

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Edit de presque 16h : piouh, je sors d'une sieste d'une heure un peu agitée par ses rêves, mais calmée par les deux présences félines qui se collent à moi dans ces cas-là... C'est le déluge sur la région parisienne : je ne prendrai sans doute pas mon scooter ce soir. J'ai à peine corrigé pour l'instant. Je crois cependant que la plupart de mes cours sont prêts. Et c'est ce qui compte, avant d'aller dans la fosse aux lions et d'en ressortir comme Daniel, miraculée à chaque fois (je plaisante, pour ceux qui n'auraient pas compris).

10 septembre 2009

Aplomb concon

Mauvaise foi intégrale de nos chers ministres. La voix de son maître... Certains plus que d'autres, d'ailleurs. Mais pour une fois qu'un article résume clairement les problèmes auxquels nous allons être confrontés, ça fait du bien de le lire.
Au fait, vous avez entendu parler du pic des naissances en l'an 2000 ? Faites le calcul, on y arrive bientôt, à ces petits du nouveau millénaire qui entrent au collège...

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