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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
21 juin 2013

Pour la révolution, rappelez lundi

Je reviens avec mes copies de bac sous le bras.

Pardon, je reviens avec mes 65 copies de bac sous le bras. Alors que je devais en avoir environ 50. Tout cela était logique : dix professeurs, environ 540 candidats; il suffisait de diviser par dix.

Mais c'était sans compter sur les formules airthmétiques stupides du Siec (centre des examens) : on charge les premiers professeurs de la liste du maximum de copies par examinateur, puis, les derniers ont ce qui reste. Donc nous sommes huit à avoir 65 copies et les deux autres ont 11 et 12 copies.

Heureusement, dans ma commission, tout le monde s'en indigne. Le proviseur-adjoint, en revanche, nous la joue "on ne peut rien faire et je vous comprends". Il avait déjà grandement merdoillé concernant la répartition des descriptifs d'oraux, mais là, c'est la cerise sur le pompon. Son discours fataliste ne nous a guère plu, pour tout dire. Il faudrait que nous courbions l'échine silencieusement.
Du coup, nous avons nous-même appelé nos inspectrices : l'une d'elles doit venir lundi midi. C'est dire.

Ah, et puis une fois que j'aurai corrigé mon paquet, je devrai rentrer les notes moi-même sur le net. C'est nouveau. Et nous faisons cela gracieusement : c'est le pack all-included de l'Education Nationale. Ainsi, au moindre problème, sur les doigts de qui taperons-nous ? Sur ceux des professeurs, évidemment.

inquisition

Et puis au cours de cette réunion, nous avons évoqué d'éventuels problèmes dans les descriptifs des oraux. J'ai failli tomber de ma chaise en entendant une collègue dire que dans une de ses listes, il n'y avait que deux textes n'appartenant ni au XIXème ni au XXème siècle et que cela mériterait une inspection !
Elle était d'une raideur et d'une exigence inquiétantes. Diable, le professeur a choisi Duras ou Verlaine, quel outrage à la littérature ! Au bûcher !

J'ai précisé de ma voix posée que cela me paraissait un brin excessif et que, comme nous le rappellent les inspecteurs, le bac français porte sur les programmes de seconde et de première. Par ailleurs, l'enseignant a une liberté de choix à laquelle nous tenons tous...


Donc, si je résume ma matinée, c'était à la fois l'Inquisition et la Révolution. Drôle de mélange.

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15 janvier 2013

Mon week-end grisant

Outre un repas pris dans la lenteur chez Angelina, qui a fait suite à une deuxième visite de l'exposition Hopper, j'ai joué ma parisienne ce week-end, et cela m'a fait du bien. Exposition sur la photographie en France à la MEP, un peu de shopping (j'ai perdu une taille de pantalon et je remets pour la première fois en dix ans ma taille "standard"...), du repos, de la tendresse, de la découverte... Car oui, il y a bien deux plats sur les photos. Mais chuttttttt !

Car là, je dois plonger pendant une semaine dans la préparation de mon inspection de mardi prochain : la première en dix ans, il était temps ! Je suis à l'ancienneté, je n'ai donc rien à perdre, mais c'est toujours du stress.

A suivre...

29 décembre 2012

Le crève-coeur

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Je crève d'envie d'entendre sa voix, là.

Je crève d'envie qu'elle sache à quel point j'ai mal.

Je crève d'envie de lui hurler que je l'aime, même si cela ne changerait rien.

Je crève d'envie de savoir avec qui elle est, ce qu'elle fait, et de connaître la vérité : je ne peux croire qu'elle aille passer seule le nouvel an chez sa mère.

Je voudrais tellement qu'elle ait mal comme j'ai mal, mais ce n'est pas possible puisqu'elle ne m'aime pas comme je l'aime.

Je crève d'amour. Malgré tout.

Je crève d'envie de savoir vivre sans elle, vraiment, sans avoir l'esprit hanté par des images.

22 décembre 2012

Si la tare automatique pouvait fonctionner pour tout...

Pourquoi, mais pourquoi suis-je encore et encore amoureuse de cette femme qui me refuse tout entière ?

Hier après-midi, elle m'a fait un sms, demandant si elle pouvait m'écrire une lettre ou me parler. J'ai tenu jusqu'à ce matin, et j'ai cédé à la tentation d'y répondre, en sachant que cela ne mènerait à rien. J'avais raison : nous ne parlons pas le même langage. "Amour" signifie pour elle tendresse, amitié, douceur. Pour moi, il s'agit de sentiment amoureux, surtout.

J'ai tenté de trouver une explication à cet écart insoluble en cherchant les deux mots dans le Robert historique de la langue française (cadeau que j'avais commandé... pour elle et moi). Rien trouvé de satisfaisant. Evidemment.

Hier soir, j'ai diné dans un restaurant indien avec Miss R : les amies se relaient au maximum pour m'éviter l'effondrement total. J'ai reçu un cadeau de sa part et de mes copines profs d'espagnol : une balance culinaire. Ironie du sort : l'achat avait été fomenté il y a un moment avec la complicité de Flûtine... Comme je me fixe une tâche par jour à remplir, il y aura sans doute mon premier essai de macarons maison. Sinon, à la fin du repas, j'ai vu un couple de jeunes femmes arriver. C'est bête, mais ça m'a fait du bien.

terraillon macaron

Avant le restaurant, je suis passée voir ma mère. La pauvre, je lui avais à peine expliqué la situation. Je l'ai fait succinctement (je ne lui ai jamais parlé vraiment de ma vie sentimentale et personnelle), en pleurant et en rageant. Elle qui adorait Flûtine était désolée et perplexe : tout comme moi, elle ne la reconnait pas dans ces actes.

Je voudrais que Flûtine vienne sur Paris en rampant ou sur les genoux pour faire acte de pénitence, me disant qu'elle s'est fourvoyée; qu'elle a compris d'où venaient nos problèmes; qu'elle a la solution; que je suis vraiment la femme de sa vie (NB : phrase dite au moins trois fois); qu'elle va m'aimer comme je suis; que Mamie Nova (j'ai baptisé "l'autre" ainsi, et ceux qui savent ce qu'elle fait dans la vie apprécieront ce surnom) n'est pas une amoureuse mais juste une substitution, une excuse; qu'elle n'a pas de désir pour elle; et que, et que, et que...
Oui, je m'illusionne. Mais en cette période de Noël, il ne me reste quasiment que cela : croire aux miracles. Et je serais sans doute assez bête, si cela se passait, pour la laisser entrer, les genoux en sang, dans cet appartement tout empli d'elle, tout empli de nous.

5 août 2012

A la mine

ripolin

Au deuxième jour de peinture, je peux vous dire que le salon couleur titane aux reflets nacrés est fini, que les bureaux attendent d'être enrubannés de gris souris et de fer forgé, que la chambre sera préparée demain, en vue de devenir "petit ventre de taupe". Avec mes petits camarades (Harry, Peaceandream, S., bientôt Hype et peut-être Micahuète), différents chaque jour, nous avançons vraiment bien. Flûtine arrivera pour l'encartonnade de livres et de vêtements.

Je prends des photos du chantier, pour faire des souvenirs et voir l'avancée des travaux. Après, on oublie vite la couleur pêche et les pochoirs à la cire que l'on a difficilement ôtés, ou l'association bleu lagon délavé / vert pomme, ou encore la frise de princesses Disney.

La banquette des amis a été livrée, aussi.

Je m'approprie les murs avec beaucoup de plaisir. J'imagine ma vie entre ces couleurs, progressivement.

Je vois ceux qui m'aiment se réjouir pour moi, et c'est doux.

Demain, j'espère que nous finirons les bureaux. Ce serait encore une magnifique réussite.

A suivre...

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27 avril 2012

Horoscope et consorts

Yamagata

Etat physique : enrhumée.

Etat mental : curieux et sceptique.

Playlist : Rachel Yamagata.

Livre : L'Ecume des jours, terminé hier.

Couleur dominante : rose vif.

Envie de travailler, échelle de 1 à 10 : 2.

Régime : stagnant.

Amour : inébranlable.

Amitiés : choisies.

Série : How I meet your mother, en VO sans sous-titres.

Appartements visités : presque dix.

Humeur : légère.

 

12 mars 2012

Paroles complètement dégelées

Agrégatif ou pas, si vous le pouvez, foncez voir l'adaptation théâtrale de l'oeuvre de Rabelais au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis ! J'avais acheté mes places le 1er septembre, sceptique : comment mettre en scène un tel texte ?

Dès les premières minutes, le ton est donné : Rabelais est un grand fou qui ose tout, qui fait rire, et sa gouaille, sa vivacité sont étrangement vivants sur scène.

paroles gelées

Les acteurs sont dynamiques et touchants, mais surtout la mise en scène est d'une rare intelligence. Tous les thèmes rabelaisiens sont abordés : la littérature, le rire, les voyages, le gigantisme, la scatologie, l'érotisme, la nourriture, la joie, les angoisses... Les mises en musique sont extrêmement pertinentes (une chanteuse classique est parmi les acteurs) et lumineuses.

Nous avons entendu, miss R. et moi-même, des profs de lettres guindées désapprouver ("Heureusement que je suis venue : je n'emmènerai pas mes élèves voir cela !" ou encore "C'est comme une fois, dans une mise en scèèèèène faite par une collègue, elle a eu l'audace de faire entrer un élève sur scène sur une trottinette ! Le proviseur était ou-tré !"), ne sentant pas que la littérature est quelque chose de vivant, de dérangeant, et que l'apparente légèreté de Rabelais n'est... qu'apparente.

Quel enchantement de pouvoir retrouver le plaisir du texte de cette façon ! Si je le pouvais, j'emmènerais le lycée voir ce spectacle, moi !

26 février 2012

C'est lourd, les cheveux

Alors voilà, j'ai les cheveux courts mais avec du mouvement et plein d'épaisseur. Je suis contente car cela fait ressortir mes particularités et mon visage. Je dois encore travailler sur le fait que cela ne me fait pas entrer dans un stéréotype et ne m'ôte aucune sensualité.
Mes amies lettreuses ont beaucoup aimé, en tout cas.

J'ai aussi envie de m'affirmer dans un style autre. Ou de m'affirmer tout court. Comme si avec les années, je m'étais de plus en plus effacée, moi, l'ado au caractère fort...

Albert-Nobbs-

J'ai vu deux films qui se répondent en écho, cette semaine : Tomboy en présence de Céline Sciamma à la fac de Nanterre, et Albert Nobbs avec Glenn Close. Ces deux films sont vraiment troublants à plus d'un titre. Ils interpellent sur la question de l'identité, du genre, et du désir. J'ai des périodes où je retrouve ce thème : c'est le cas en ce moment.
J'ai besoin de savoir si je peux plaire ainsi, en fait. Enfin, c'est bien plus compliqué que ça, mais je n'ai ni le recul nécessaire, ni le courage, ni le temps de vraiment développer.

Shakespeare m'appelle avec ardeur, et je louvoie ces derniers jours pour éviter de bosser l'agreg : j'ai peur. Tinette l'a bien senti, et cherche à me motiver pour que je m'accroche. Je pense qu'elle craint vraiment que je m'écroule si je ne décroche pas les écrits, et encore moins les oraux, si oraux il y a...

Allez, Willy me rappelle à l'ordre...

18 février 2012

J'ai appris d'où vient "soi disant" aujourd'hui

grammaire

Mes deux dernières semaines ont été éprouvantes, tant moralement que physiquement. Il était grand temps que cela cesse, même pour deux semaines. Hier, je me suis réveillée avec une migraine terrible; j'ai tenu deux heures en cours, et je suis rentrée (en laissant évidemment des consignes aux CPE pour mes classes...). J'ai dormi cinq heures d'affilée, de 11h30 à 16h30, assommée par mes cachets et par la crise. Cela ne m'a aucunement empêchée de dormir le soir, d'ailleurs.

Je n'ai toujours pas fini de lire Botho Strauss, mais ces lectures de littérature comparée sont perturbantes à plus d'un titre : j'ai cauchemardé dans la semaine, en rêvant que je me faisais violer. Au matin, on n'est guère fraiche. Ceci étant, j'ai beaucoup aimé lire la pièce de Shakespeare, sans doute parce qu'elle est très bien traduite (l'édition bilingue du concours permet d'apprécier). Et je me souviendrai de l'avoir lue durant mon week-end à... Marrakech. Heureusement qu'il y a eu cette bouffée d'air, ce soleil, cette amitié pour tenir.

Sinon, côté lycée, je ressens une certaine amertume, une dureté qui s'installe car je vais de déconvenue en agacement, de déception en étonnement. Si nous ne nous serrons plus les coudes dans cet établissement, ce sera la fin d'une période dorée, dont je n'aurais connu que la queue de la comète. Et nous souffrirons terriblement de cet individualisme...

Je regarde donc comme prévu les postes Eclair vacants. Je réfléchis. Je me dis qu'au pire, je reste dans LycéeDésirée (quelle ironie que ce nom, aujourd'hui !), mais que je déménagerai pour enfin devenir propriétaire, et que je prendrai de la distance avec le boulot. On grignote peu à peu les forces vives de l'Education Nationale, et je ne veux pas y laisser ma santé, même si j'adore enseigner.

grammaire-francaise-et-impertinente

Mon premier jour de vacances s'est déroulé à la Fac : grammaire Maupassant le matin, grammaire Rabelais l'après-midi. J'étais contente d'y aller, pour me changer les idées, apprendre, faire autre chose que mes cours au lycée. Mais... la prof du matin, toute gentille, ne faisait que répéter les mêmes phrases trois fois, avec des "euh..." qui ponctuaient ses propos tous les deux mots. Au bout d'une heure trente, nous avions travaillé seulement trois occurences du texte. Je sais que les profs sont les pires élèves, et que mon exigeance s'est accrue du fait que j'enseigne moi-même, pourtant je ne supporte pas cette perte de temps, augmentée par les questions faussement intellectuelles de trois péquins qui ont besoin de reconnaissance.

L'ambiance des cours de cette année est très différente, bien plus individualiste. Tout cela manque de légèreté et de bonne humeur. Comme beaucoup se prennent au sérieux ! S'ils sont admis, ils diront sans doute à leurs collègues qu'ils doivent avoir moins de candidats et moins de travail parce qu'ils sont agrégés...

Je ne pensais pas ainsi jusque là, mais en repensant au sale coup de mes collègues de lettres, et en voyant ces gens imbus d'eux-mêmes ou vexés de ne pas avoir eu ce fameux concours, j'ai bien envie de leur mettre une deuxième admissibilité dans la tronche. Dommage qu'ils ne m'aient pas piégée avant les écrits : j'aurais eu une raison supplémentaire de me battre, peut-être. Et si tel est le cas -être admissible voire admise-, je prendrai un malin plaisir à leur demander plus de candidats, et autant que mes collègues certifiés. On me taxe de mesquinerie : je ne le deviendrai pas, mais je peux m'en donner l'air.

Je vais travailler durant les vacances, lire tranquillement, aussi, enfin. Le Précis de grammaire pour les concours m'attend, entre autres.

Là, c'est un bon repas à préparer qui me tend les bras. Et je dinerai en regardant encore des épisodes de la dernière saison de Six feet under, même si cette série me bouleverse...

19 décembre 2011

Le cavalier bleu et le pont

Dans mon programme de Noyel, il y a aussi des expositions. Aujourd'hui, c'était celle de la Pinacothèque, consacrée à l'expressionnisme allemand. J'avais peur d'être déçue comme cela m'arrive au Luxembourg, quand il y a peu de toiles, mais là c'était vraiment une belle expo. J'y ai découvert des peintres inconnus au bataillon (dois-je en avoir honte ?), au milieu de Kandinsky : Jawlenski; Franz Marc; Nolde (que je connaissais et que j'aime décidément beaucoup); Münter; Kirchner; Macke; Schmidt-Rottluff... Mais mon coup de coeur -et celui de Flûtine aussi- a été pour Marianne von Werefkin.

werefkin par jawlensky

Voilà pour les présentations : son portrait a été réalisé par son compagnon, Jawlenski, en 1906.

Son univers fantasmagorique, sombre et coloré, les personnages dignes de contes merveilleux, les montagnes envahissantes, les chemins tracés : tout cela m'a attiré. J'étais ravie de m'éduquer le regard encore autrement, de m'obliger à voir des toiles abstraites (cela me pose souvent problème : je n'ai pas d'émotion face à ce type de peinture) et d'aller voir une exposition qui n'avait pas toutes mes faveurs a priori. J'avais réservé suite à une opération de promotion à la Keufna : une place achetée, une offerte. Sinon, c'est plutôt cher, comme partout : environ 11€. Là, 12€ à deux, ça me plait ! Et il n'y avait pas grand monde, quel plaisir...

Vivement la prochaine sortie : je suis ravie de vous parler d'autre chose que du lycée, de l'agreg, et/ou de ma fatigue attenante.

werefkin écoliers

 

25 janvier 2012

Warrior

photo agreg

J'ai survécu à la deuxième épreuve, avec moins de tensions qu'hier. La Fontaine s'est invité aujourd'hui. Ma copie est correcte et sans prétention aucune. Juste correcte, ce qui n'est déjà pas si mal, je crois. J'ai eu l'impression d'être la montagne qui accouchait d'une souris. J'ai tenu, j'ai rendu mes deux copies doubles avec une quarantaine de titres de fables et environ douze citations. Mais là j'ai un tenace mal de tête qui persiste depuis hier. Etrange, isn't it ?

Je reviendrai vous parler de mes impressions, mais j'ai un stage demain et cours vendredi; j'ai faim (je mangerais bien un loup !) et la fatigue se fait sentir...

Et sinon, pour me récompenser, je me suis arrêtée à la Keufna et je me suis offert le dernier album de Juliette Gréco !

 

gréco

Merci pour vos messages de soutien amicaux et enthousiastes, au fait. :-)

9 octobre 2011

Bouillefliquer : surveiller son poids, de loin, en cachette.

Il y a des événements bien plus importants dans le monde, dans notre quotidien, et je vais paraitre très nombriliste (n'est-ce pas l'apanage des blogs, d'ailleurs ?) mais voilà : j'ai passé un seuil de poids important. J'ai changé de dizaine.

J'attendais, j'espérais cela depuis des mois, et j'avais un mal fou à perdre à nouveau après ma stabilisation.

Je suis 400 grammes en-dessous du seuil qui était à atteindre. Depuis le mois de mai, j'ai perdu presque sept centimètres de tour de cuisse, et cinq sur les hanches.

Alors il pleut, le moral est variable, je ne suis pas au top en ce moment, mais cette nouvelle, là, en me pesant à reculons (la perception de mon corps est de plus en plus faussée, semble-t-il) ce matin, m'a fait du bien.

A suivre...

pèse personne chats

7 août 2011

Jour 9 / Espalion / 47.317 pas / 24,5km

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La dernière étape a été le coup de grâce sur le plan de l'effort physique, mais nous n'avons pas eu une goutte de pluie malgré la nuit de déluge. Je m'attendais à une descente très longue mais M. et moi avons été surprise de débuter par de difficiles montées. Elle souffrait autant que moi malgré ses quinze ans de moins et son sac plus léger, ce qui m'a presque rassurée. Nous n'en voyions pas le bout de ces côtes raides.

J'ai pourtant profité du silence, du vent dans les feuilles, des dernières framboises chapardées, de la lumière, des paysages époustouflants depuis ces hauteurs, puisque je savais que c'était mon dernier jour.

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Les villages de St Côme d'Olt et Espalion sont vraiment beaux. Je m'en suis mis plein les yeux (désolée pour cette formule facile et galvaudée). J'ai fini par une série de montées pernicieuses, dont une pour atteindre une statue de la Vierge de Vermus dans les hauteurs d'Espalion. Il était encore grand temps d'arriver mais je ne voulais rien lâcher sur cette dernière étape.

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En bas, sur le village qui longe le Lot, il y avait l'église de Perse, déserte et belle. M., qui est du coin, est un guide personnel et me fait découvrir, malgré notre fatigue, Espalion. Nous nous quittons après le passage du vieux pont, alors en réfection. Je me retrouve seule, et je rejoins mon hôtel. L'accueil a été on ne peut plus froid : c'est un hôtel qui offrait un tarif pélerin, mais qui semblait ne pas assumer cette clientèle. L'hôtesse m'a regardée comme une pestiférée et a fui en m'ouvrant la chambre. Il s'agissait d'anciennes chambres de bonnes bradées, au papier décollé, aux volets rouillés et entièrement fermés. Quand j'ai ouvert, j'ai découvert un magnifique point de vue sur la ville, de l'église paroissiale en briques jusqu'à une colline.

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Ne voulant pas dîner dans cet hôtel, j'ai vite pris ma douche et soigné mes douleurs pour rechercher mon dernier tampon de créanciale. Une fois de plus, ce sont les couples du sud qui m'ont aidée dans le village. J'ai ensuite choisi mon petit restaurant (une pizzeria à l'orthographe variante), repéré l'arrêt du car pour le lendemain 8h et me suis promenée, en claudiquant.

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Devant mon assiette, j'ai eu envie de pleurer. L'heure de la fin sonnait, et l'accepter était difficile. Comme me l'a dit Flûtine au téléphone rapidement ce soir-là, "on pleure et on ne sait pas exactement pourquoi, mais on s'en fiche !".
J'ai sombré dans le sommeil vers 21h30. Je vous épargne la journée du retour, grise, longue, lourde, nauséabonde aussi.

J'ai oublié beaucoup de choses dans mon petit journal de Compostelle. Il reste assez informatif, volontairement : l'expérience vécue m'appartient, et reste difficile à expliquer. Je suis heureuse et fière d'avoir parcouru ce chemin, tant mental que physique.

Alors que vous lirez ces mots que j'ai programmé à l'avance pour vous, je marcherai peut-être déjà dans les montagnes ou m'y préparerai. Comme quoi, le chemin n'est jamais fini, en fait...

6 août 2011

Jour 8 / St Chély d'Aubrac / env. 32000 pas / 17km

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Le trajet du matin était magnifique. Au milieu des champs, des prairies, des vaches; dans le vent froid et vif...

La deuxième partie, après Aubrac, a été plus dure : il y avait environ 10km de pente. J'ai encore pas mal marché avec M., parfois en discontinu pour profiter du silence et des paysages, malgré les bavards impénitents.

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Le soir, dans le gîte, M. m'a fait un cadeau d'adieu tout gentil : elle a cuisiné pour moi des courgettes farcies, puisque nous avions une cuisine à disposition. J'ai été touchée par son geste. La journée s'est donc bien achevée, malgré une petite inquiétude pour l'hébergement. Quand je suis arrivée sur St Chély, il n'y avait plus de place dans les deux gîtes que j'avais repérés (les moins chers). Heureusement, au seul café du village, les deux couples du sud étaient là à finir leur repas, et m'ont sauvée : j'ai migré dans le gîte qu'ils avaient trouvé et qui n'était pas indiqué sur les guides de rando. M. a fait de même. J'ai eu une petite chambre de princesse, dormi dans le lit du grand-père de la propriétaire et me suis reposée sous les toits mansardés, alors qu'il pleuvait des cordes dehors.

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J'y ai aussi rencontré le seul moustique de la création qui a passé sa nuit à dormir, et non à me piquer.

Le lendemain m'attendait la dernière étape de mon périple, alors que j'avais envie de poursuivre : Espalion, à presque 25km.

5 août 2011

Jour 7 / Nasbinals / 38.200 pas / 21km

Partie assez tôt, arrivée tôt, vers 14h15, sans une goutte de pluie ! Bon rythme encore malgré un tendon périlleux. J'ai pris le temps de visiter le village après m'être installée au gîte communal, qui ressemblait particuièrement à un ancien pensionnat ou une ancienne colonie de vacances industrielle, mais à l'accueil sympa.

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J'ai vite fait le tour de Nasbinals, et donc profité d'un peu de temps pour me reprendre avant l'étape difficile du lendemain pour St Chély.

J'ai pris une limonade à la myrtille et un gâteau fait avec ces fruits, en terrasse, dans un rayon de soleil : c'était trop rare pour ne pas en profiter. J'ai décidé à ce moment-là plusieurs choses : 1) que je mangerais un aligot le soir; 2) que je boirais une bière blanche locale après ce repas, au gîte; 3) que j'allais m'acheter un Astro, le seul scorpion restant, dans ce bar. Voyez comme les ambitions d'une marcheuse sont réduites au soir du septième jour de marche...

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J'ai donc dîné comme prévu. Sauf que j'ai retrouvé dans le restaurant le groupe de quatre, avec qui je n'avais guère envie de manger, mais comment refuser dans si peu d'espace ? J'avais pourtant prévu de la lecture... Le service était extrêmement lent, la serveuse peu futée, l'aligot était bon, et pas assez chaud, hélas. Je suis même partie avant la fin, car la tête me tournait de fatigue dans le bruit de la salle, et que j'en avais assez d'écouter des banalités...

J'ai retrouvé M. au gîte, et nous avons partagé ma bière, en riant beaucoup. Les lits grinçaient à cause de ressorts antiques; pourtant, cela ne nous pas empêchées de dormir une fois de plus comme des loirs, pour nous lever à 6h30 le lendemain.

Malgré mes douleurs aux épaules et aux pieds, j'avais envie de continuer. Pour profiter de la récompense de chaque paysage, chaque nuage, chaque végétal...

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25 septembre 2011

Croquaille : n.f. Bruit de la noix qui est cassée avec une pince monseigneur ou un outil de bricolage.

noix pince

Cette année, quelque chose me perturbe, me chiffonne aux entournures par rapport à la préparation de l'agreg. Je tourne autour mais je crois que je suis bien plus consciente de l'esprit de compétition qui existe, sans doute parce que je me mets une certaine pression pour cette deuxième session.

Hier, j'ai assisté aux premiers cours de la Fac, que "j'essayais" : je fais un grand tri, pour m'alléger quelque peu. J'ai retrouvé des têtes connues, beaucoup d'admissibles qui retentent leur chance comme moi, tout ça... J'ai été très sensible au fait que nombreux sont ceux qui n'écoutent pas, restent dans une forme d'autisme, presque. La question qui suit est évidemment : en suis-je aussi ?

Ou alors je suis vexée parce que j'ai l'impression que l'on ne m'écoute pas, moi. Comme si ma parole ne valait pas grand-chose. Je le ressens aussi au lycée, avec les collègues (et jamais avec les élèves).

Par ailleurs, je sens bien que je n'ai jamais été fort combative non plus. Par contraste avec Asa, c'est flagrant.

J'ai aussi appris qu'une fille absolument incompréhensible et pédante, qui passait l'agreg pour la troisième fois, avait eu 20 en littérature comparée. Je savais qu'elle était bien classée, et je m'étais dit que l'atout de la simplicité n'en était pas un pour l'agrégation. Cela m'a donc été très fortement confirmé hier. Je reste aujourd'hui incapable de produire de tels commentaires pompeux, verbeux. Même si je parvenais à nouveau aux oraux, je me casserais sans doute le nez de la même façon.

N'allez pas croire que je déprime. Je prends conscience de certaines choses, d'un malaise, et je tente d'avancer pour ne pas redevenir l'ancienne Virgibri, abattue, pessimiste, vaincue d'avance. J'ai quand même commencé à travailler mais, même si cela peut paraitre prétentieux, mon souci ne se situe pas là : je dois croire en moi, et me pousser, seule.

 desserts noix

Pour me changer un peu, j'ai préparé un gâteau aux noix (que l'on a ramassées avec Flûtine le week-end dernier) et une tarte pommes/noix zossi. J'aime quand ça sent bon dans l'appartement. Dommage que j'y sois seule...

27 juillet 2011

Jour 2/ St Privat d'Allier / 37200 pas / 24,5km

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Départ à 7h du matin. A 7h15 environ, dans la grande côte du début, obligée de sortir mon poncho. Je ne l'ai pas quitté ensuite de la journée : il a plu durant mes sept heures de marche.

Je me suis demandé pendant ces heures de souffrance, pourquoi j'étais là. Je me disais que je n'avais rien à me faire pardonner au point d'être transie de froid, encapuchonnée, casquée et les pieds trempés. Mes chaussures faisaient "sploutch" à chaque pas dans les deux dernières heures : des geysers d'eau s'évacuaient de l'intérieur des chaussures...

Je n'ai pas vu grand-chose du paysage sous des trombes d'eau : je baissais la tête sous mes casquette pour éviter la pluie et me protéger (ah ah) du vent. Je regardais attentivement où je mettais les pieds, bénissant mes bâtons de marche qui m'ont sauvée plus d'une fois.

En une matinée, j'ai vu des animaux mais pas d'humain. Quatre pélerins en tout sur la journée. On m'avait dit que le chemin était très fréquenté, pourtant. J'ai compris et appris seulement plus tard que beaucoup avaient pris la route à pied et non ce chemin, réputé dangereux. Moi qui cherchais le silence et la solitude, c'était parfait. Sauf qu'il n'aurait pas fallu qu'il m'arrivât quelque chose en route...

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Je suis arrivée sur St Privat épuisée, à 13h50. Je suis entrée dans le seul troquet d'ouvert, un bar improbable figé dans les années 70. J'y ai mangé un croque-monsieur et bu un panaché. Sur la photo, il y a de la buée, à cause de la pluie incessante de la journée...

Je voulais m'installer dans un dortoir familial, mais leur porte n'ouvrait qu'à 16h. J'ai migré juste en face, et le réconfort de la douche a pris tout son sens dès cette première étape. J'ai choisi la demi-pension. Ce détail est important, car j'ai donc découvert aussi les tablées de pélerins, et les chambres collectives (j'avais oublié ce que c'était avec les années)...

 (Je poursuivrai mon récit plus tard : ça prend plus de temps que prévu, mais je poste quand même ce début de 2ème journée !)

 Edit du 28/07, 9h10 : je reprends donc mon récit.

Au gîte, je choisis donc la demi-pension. Je découvre la tablée de pélerins à 19h. Outre mes camarades de chambrée, il y a un couple espagnol parlant peu français, et un groupe de quatre (trois femmes, un homme). Ce dernier groupe m'a pesé, il faut le reconnaitre.

L'une des femmes se chargeait de tenir salon avec chacun d'entre nous, et cherchait à alimenter les discussions. Cela partait sans doute d'un bon sentiment, mais s'avérait pénible, à force. Elle m'a demandé d'où je venais et en quoi j'étais étudiante. Quand j'ai répondu que j'étais parisienne et que j'avais 35 ans, j'ai senti un léger recul, et une étiquette m'a été apposée  (ce ne sera pas la dernière fois du séjour, hélas). Poussant ses investigations, cette femme a voulu connaitre mes impressions sur cette étape. J'ai dit qu'elle avait été plutôt difficile, que je ne m'attendais pas à cela, et que j'hésitais à poursuivre.

Que n'avais-je pas dit ! Comment, mais non, on ne s'arrête pas si vite, pas possible, blablabla. Je n'ai pas vraiment apprécié : que le chemin dure un jour ou un mois, c'est MON chemin. Ils m'ont donc pointée du doigt (même le couple espagnol a eu droit à la traduction) jusqu'au petit-déjeuner. J'ai rétorqué ceci au réveil, avec le sourire : "Cette question vous taraude, dites donc ! Que je poursuive ou non le chemin, ma décision sera très sereine."
J'ai appris peu de temps après que ces quatre-là se faisaient transporter leurs affaires d'une étape à l'autre et avaient emprunté la route pour arriver à St Privat...

Quand ils m'ont croisée deux jours plus tard, ils étaient éberlués mais n'ont pas cherché à me causer. Tant mieux.

26 juillet 2011

Via Podiensis

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Des données, d'abord :

  • partie dix jours, et huit de marche
  • moyenne quotidienne de 20km
  • total de 156,5km, c'est-à-dire environ 1/10ème de la via Podiensis (le Puy-Compostelle), et presque 300.000 pas
  • trajet du Puy-en-Velay à Espalion
  • 3 tendinites évitées
  • quelques rencontres
  • quelques déceptions
  • sac à dos de 13kg, bien trop lourd : il faut qu'il pèse au maximum 1/10ème du poids ou moins de 10kg pour les femmes...
  • environ 35€ dépensés par jour
  • levée tous les jours vers 6h30, couchée à maximum 22h
  • beaucoup ont cru que j'avais moins de 25 ans...
  • une gourde perdue
  • un hôtelier malhonnête
  • 18 tampons sur ma créanciale

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13 juin 2011

Possicailler : hésiter à sortir par temps pluvieux.

L'espace du blog a été longtemps pour moi une soupape, une sorte de catharsis  dans laquelle je m'exprimais, bien plus que dans la vie. Mais il semblerait que je sois mystérieuse même pour les êtres les plus proches de moi. Pourtant, j'ai l'impression d'avoir progressé en ce domaine, malgré mes silences à répétition (que je recherche puisque mon métier, c'est de parler, et j'en suis saoule souvent).

Mais surtout, surtout, je ne veux pas chouiner, geindre comme beaucoup le font : cela m'insupporte. Je me dis que ceux qui m'aiment prendront le train sauront voir quand je vais mal. Pas toujours vrai, et cela me joue des tours.
Je passe pour la femme inébranlable, solide, voire indifférente, qui gère tout au mieux. Sauf que cette femme fatigue. J'aurais besoin de béquilles pour marcher que je ne le dirais pas : j'irais les chercher moi-même à cloche-pied -ou je ramperais.

Ces derniers temps, je voudrais me lover contre Flûtine, me taire, et peut-être pleurer. J'ai tenu, je suis allée au bout de l'année avec les élèves, mais à quel prix ? Ces dernières semaines se sont présentées à moi sous le signe de l'échec : pédagogique, littéraire, physique.
Je me vois mauvaise prof, mauvaise candidate à l'agreg, toujours aussi balourde et sans séduction. J'ai cumulé, j'ai encaissé, et voilà le résultat : je reviens en arrière.

Alors actuellement, je lutte pour ne pas retomber dans une de ces phases de dépression chronique dont j'avais le secret, et qui ne m'avait pas atteinte depuis plus d'un an.  Je n'ai guère d'enthousiasme, et en dehors de lieux ou de personnes réconfortants, je fuis. Le terme est sans doute excessif, mais c'est l'idée.

J'aurais envie de parler d'amour, de me recouvrir d'amour, et de m'en servir comme d'une béquille, ce que je faisais au début de ma relation avec Flûtine : je planais à un mètre du sol.

Aujourd'hui, je vais sans doute me balader dans Paris, puisque je n'ai pas fait cela depuis un bail à cause du rythme effréné que nous subissons en fin d'année. Mes balades solitaires parisiennes ont toujours été essentielles. Je prendrai l'appareil photo (autre catharsis), et j'irai un peu au hasard. Ou pas.

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4 août 2011

Jour 6 / Lasbros / 36.307 pas / 21km

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Journée de marche avec M., au même rythme. Nous arrivons sur le plateau de l'Aubrac, très beau et venteux. Sans y être jamais allée, le paysage me fait penser à l'Irlande. La matinée s'écoule sur une bonne foulée : 15km en quatre heures. Nous passons par Aubrac puis Aumont-Aubrac. Pour des raisons de ravitaillement, il faut attendre l'ouverture de l'épicerie de ce dernier village, ce qui nous coupe dans notre élan. En effet, elle ferme de midi à... 15h.

Nous déjeunons sur les marches de l'église, en riant de fatigue. La pluie s'invite. Le groupe de quatre nous rejoint, puis nous décidons de prendre un pot dans le seul café ouvert. Envie de dormir, de s'arrêter vraiment mais il reste environ six kilomètres à faire pour rejoindre le gîte. Beaucoup de pélerins s'arrêtent à Aumont car c'est l'étape classique. Cependant, les prix sont prohibitifs. C'est pourquoi j'ai décidé, avec d'autres, de pousser plus loin jusqu'à Lasbros.

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L'arrivée est difficile car j'ai mal au talon et sur les derniers kilomètres, je me raidis chaque jour. Une petite chapelle très jolie nous accueille juste avant le village.
Le gîte est extra : grande maison avec vrais matelas, une baignoire-douche (avec, luxe extrême, un sèche-cheveux !), et surtout, surtout une machine à laver à disposition, ainsi qu'une... cheminée ! Il fait tellement frais pour la saison que les propriétaires nous lancent un feu, très réconfortant. Cela nous permet aussi de faire sécher nos affaires pour le lendemain.

Le repas est parfait après une journée de marche : soupe de légumes, pâtes, salade, yaourt. Je dîne en compagnie des deux couples sympa de la veille, et avec M..

Ce jour-là, en parlant avec elle, j'ai résumé mon régime, ainsi que mon expérience quotidienne du chemin ainsi : je l'ai fait sans douleur, mais non sans efforts.

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3 août 2011

Jour 5 / St Alban / 35.574 pas / 20km

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Du Villeret à St Alban, le chemin est relativement plat. Relativement. Il a plu pas mal dans la plaine en arrivant sur le Sauvage. Trempée, j'ai pris un thé pour ma réchauffer dans ce refuge. En repartant, il peluvait un peu moins. Nous avons marché à quatre, ce qui était sympathique mais sur la fin de l'étape, j'ai trouvé cela presque pesant : mes compagnons s'arrêtaient sans cesse pour faire des pauses, prendre des photos, manger, boire, papoter... C'est bien dans une certaine limite : le rythme de marche est systématiquement "cassé".

Nous avons déjeuné dans un refuge de l'église St Roch, qui était fort jolie. Une dame semblait nous attendre pour tamponner nos créanciales.

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En arrivant sur St Alban, nous avons été déçus : le village ne se découvre pas peu à peu, comme les autres. Nous tombons dans une zone assez déserte, où les hôpitaux psychiatriques, les services gérontologie se succèdent. Le village est très gris. Heureusement, le gîte était au bout de la pente que nous avons descendue. Il était temps d'arriver. Il s'agissait d'un gîte "solidaire". Je craignais un peu le côté anarchiste, engagé, altermondialiste "à fond" mais le couple qui tenait ce lieu était mesuré et fort sympathique. Le confort était rudimentaire dans les chambres, et le repas très sympa. Nous avons eu quelques instants de silence avant de dîner, pour penser à ceux que nous aimons ou que nous détestons. J'ai aimé cette idée.

J'ai partagé une chambre avec M., étudiante en médecine (qui a crû à son tour que j'avais une vingtaine d'années...). C'est avec elle que je vais marcher les jours suivants, et je recroiserai aussi deux couples du sud, simples et généreux. Je laisserai les autres marcher ensemble : ils ne pouvaient plus se séparer, ce qui me semblait un peu contraire à l'idée que je me faisais du chemin.
Mon tampon de créanciale a été mis par une petite dame sans âge, chez elle. J'avais même le choix entre trois tampons.

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Pendant le petit-déjeuner, le lendemain, j'ai vu que des roses trémières entouraient les fenêtres du gîte.

Lors de cette étape, quelque chose s'est passé : j'ai pris du plaisir à avancer, à marcher, à me dépouiller d'une façon plus immatérielle qu'en m'allégeant le sac. Je pensais que Flûtine aurait aimé me voir avancer d'un bon pas, à une certaine cadence, en oubliant presque la douleur au tendon d'Achille. Je me suis sentie forte, à ce moment-là. Et je n'avais pas envie d'arrêter le chemin.

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28 juillet 2011

Jour 3 / Saugues / 32.363 pas / 20km

La distance était plus courte mais j'ignorais alors qu'une étape difficile m'attendait : d'importants dénivelés... Quasiment pas de pluie mais de grosses montées. Musculairement, j'ai souffert ce jour-là. J'ai donc acheté de l'arnica en homéopathie (et je me suis shootée avec les jours suivants).

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J'ai dormi au gîte communal, où j'ai rencontré une marcheuse qui faisait de petites étapes : j'ai décidé de faire comme elle le lendemain, afin de me reposer quelque peu.

Le soir, j'ai diné avec un randonneur de la veille, et j'ai bu, en guise de récompense, une bière locale (en repensant à une étape de l'été dernier avec Flûtine, où j'avais goûté une cloche rouge).

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La discussion était bien plus intéressante que la veille, et j'ai apprécié la franchise de cet homme : il se trouvait capitaliste, matérialiste depuis toujours, et tentait de trouver un sens à son existence en marchant. C'était la septième année qu'il faisait un bout de Compostelle, seul.

Il m'a dit que j'avais fait le plus dur de ce chemin en deux jours...

2 juillet 2011

Là où sont mes pieds, je suis à ma place.

Ouhlala, comme la fatigue me joue des tours en ce moment ! Des cauchemars qui me font crier, le discours pour mon collègue Grand Chef baigné de larmes, des copies de Bac qui me mettent dans un état très border line, une fête de fin d'année qui ne semble pas si joyeuse que ça...

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Une petite image kistch

Mais j'étais quand même "déguisée" en petite squaw, avec un arc traditionnel en main, un collier de perles sur le front (qui a fasciné mon proviseur, je crois), une robe noire, un cordon de ceinture avec une toute petite plume, et un collier avec des sortes de clochettes au bout. Dès le titre de ma bafouille, je me suis mise à pleurer, ce qui n'était pas du tout prévu. Et apparemment, j'ai bien failli faire pleurer l'assemblée. Grand Chef était très ému. A la fin, me prenant dans ses bras, alors que je m'épongeais sur son t-shirt, il m'a dit en pleurant lui aussi : "Je suis content que ce soit toi qui aies fait ça !" Et moi de lui répondre : "Tu voyais quelqu'un d'autre en indienne, franchement ?"
Alors nous avons ri et pleuré en même temps.

Pour répondre à vos questions concernant le cherokee, j'ai effectué une recherche sur le net et j'ai trouvé des mots dans cette langue, que j'ai retranscrits dans mon discours. Il y en a de très beaux : asgaya/femme, agehya/homme, dideloquasdi/école, tawodi/faucon, etc. Je ne m'étais pas trouvé de nom indien chouette, c'est dommage.

Je ne suis pas partie très tard, parce que la fatigue se faisait sentir; parce que je sentais aussi que tout le monde s'inquiétait pour l'année prochaine, en tâchant d'oublier celle qui vient de finir; parce que je savais aussi que je devais entamer mon paquet de  56 copies aujourd'hui.

Dans la journée, j'ai corrigé TOUTES les questions de corpus. J'ai trié les travaux d'écriture : 31 commentaires, 8 inventions, 17 dissertations. Je pense  corriger demain le maximum de ces dernières. Je dois tout rendre jeudi matin, à 10h. Sans être très fort en maths, on comprend rapidement qu'il faut au moins douze copies quotidiennes pour s'en sortir...

Et là, je n'en peux plus de cette année. De la souffrance de la fin. De la marche agrégative ratée de peu. De la vie sociale réduite à cause du boulot. De la séparation géographique avec Flûtine. Des aller-retour à Sousse-Perpète pour les oraux. Des tensions qui émergent au lycée.
Ce matin, au-dessus de mon paquet sans fin, j'ai failli craquer. Et puis non. Comme d'habitude.

Tenez, un cadeau pour la fin : un proverbe amérindien que j'ai glissé dans mon intervention pour Grand Chef : "L'amitié entre deux personnes dépend de la patience de chacun".

20 juin 2011

Run, baby, run

Croyez-le ou non, j'ai  couru hier... trois fois 10mn. Flûtine m'accompagnait. Je n'ai jamais couru autant, je crois, en ayant si peu de difficulté à le faire.

Si vous voyez cette basket quelque part, je suis peut-être dessus :

New balance

Je dors aussi comme une masse depuis trois nuits. Je ne me réveille même pas en pleine nuit.

Je chante, beaucoup.

Là, il fait beau et un peu frais encore. Mes élèves de première passeront l'écrit de français cet après-midi. J'aurais fait ce que j'ai pu pour elles. J'ai encore un peu de temps avant de reprendre le rythme effréné du bac, mercredi...

11 avril 2011

D-Day

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Scrabble "arrangé" hier soir par Flûtine

 

Première épreuve, passée. Il s'agissait de la littérature comparée. Je suis tombée sur... Neruda, un extrait du chant II, l'un des plus célèbres : "Les hauteurs du Macchu Picchu". Je ne sais pas du tout ce que vaut ma performance : impression d'être passée un peu à côté du texte, tout en me disant que les questions sont faites pour déstabiliser, gratter là où ça fait mal et que je ne dois pas me fier à cela.

Exemple de questions retorses auxquelles j'ai eu droit : pourquoi Neruda écrit-il Macchu Picchu et non Machu Picchu (qui est la bonne orthographe) ? les entrailles de la terre, toute cette thématique, cela vous évoque quoi  dans la mythologie ? faites toutes les remarques nécessaires sur l'expression "les lampes de la terre".

J'ai tenu le temps imparti, j'ai bien fait une intro et une conclusion (choisissant un vers du passage pour terminer en beauté), j'ai articulé, j'ai accepté des auditeurs (qui ne m'ont rien dit après...). Et je n'ai pas sombré malgré mes réponses vides; j'ai tout enchainé, stoïque.

Pour l'explication de texte et la leçon, mes préférences portent sur 50% des auteurs. C'est peu et c'est beaucoup. Exemples de sujets tombés en leçon : Néron dans Britannicus, le corps dans les Essais 1, la jalousie dans La Jalousie (je tire mon chapeau à Inthemood). Gloups.

Je vais me lever très tôt demain... Il faut tenir physiquement. Heureusement, Flûtine est là pour s'occuper de moi. Elle et bien d'autres ont l'air d'avoir aussi passé un oral aujourd'hui, en même temps que moi. C'est peut-être ce qui me rend plutôt sereine. Allez savoir.

 

 PS : si quelqu'un a la réponse concernant l'orthographe du Ma(c)chu Picchu, je suis preneuse : cela me taraude.

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