12 octobre 2012

Piflouter : tenir le cap malgré la fatigue.

Il faut bien reconnaître que je suis, en quelque sorte, noyée. J'ai aussi peu de temps qu'à l'époque où je préparais sérieusement l'agreg. C'est donc du grand n'importe quoi.

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Dès que débute mon mardi, je suis en apnée jusqu'au vendredi 11h. Et cette semaine, mon mardi a commencé à 6h (rien que de très normal) et terminé à 22h puisque je devais aller à une présentation d'un projet théâtral auquel je fais participer mes élèves de seconde (ceux qui sont choupinoux et que nous gérons Hype et moi en tant que profs principales). Autant dire qu'une journée de seize heures, ça use d'entrée de jeu. Enfin couchée, j'ai compris que j'allais retourner au lycée seulement huit heures après...  Je devrais songer à m'installer une tente ou un sac de couchage sur place, peut-être.

Le reste de la semaine semblait moins chargé, et pourtant. Huit heures de cours hier, dont quatre heures de secondes le matin, cela vous impose d'être un sportif de haut niveau pour tenir le choc. Plus sérieusement, la contrainte physique et l'énergie que demandent nos cours me sidèrent toujours. Et on n'a même pas le temps de s'amuser un peu avec les collègues que l'on aime bien en salle des profs : peu de place à la détente, hélas, et nous ne parlons que travail...

Porsche

Au milieu de tout cela, j'ai décidé de changer de voiture pendant que la mienne a encore un brin de valeur : ma Ford est trop spacieuse pour moi seule, et très honnêtement, je m'ennuie avec sa motorisation. Je cherche donc à vendre celle-ci, et à me trouver une Twingo dynamique et économique d'occasion (vous vous attendiez à une Porsche ?). Même une Fiat 500 avec plus de 50000km est trop loin de mon budget, c'est dire.

Puisque nous parlons voiture, j'ai débuté ma journée de ce matin avec un magnifique PV de 90€ attrapé à 7h10 : pour éviter une attente de vingt minutes afin de passer un rond-point outrageusement mal fait, j'ai emprunté, comme un tiers des conducteurs du coin au moins, un raccourci. Il s'agit d'une rue à double sens, avec une voie bus. Au bout de deux cents mètres, je vois les girophares, trop tard (comme un nombre considérable d'autres conducteurs ensuite).

Le gentil policier me demande si je sais pourquoi je suis contrôlée. Je prends mon air le plus innocent et ahuri (à cette heure-là, je suis encore plus au point que d'habitude) et je glisse un timide : "A cause des travaux ?" Que nenni, évidemment. Normalement, j'aurais dû avoir un retrait de quatre points et 180€ d'amende. Je n'ai eu "que" 90€ à payer. Je n'ai quand même pas remercié le policier qui m'a verbalisée, hein. Mon talent de comédienne, en revanche, me vaudrait parfois quelque récompense.

Pendant que ce monsieur remplissait laborieusement mon PV (20mn pour le faire...), je m'impatientais. Oui, parce que le pire dans tout cela, c'est que malgré mes finances peu reluisantes, je ne pensais qu'à une chose : je vais être en retard au lycée. Je me demande si ce dévouement n'est pas un peu grave, quand même.  J'ai même prévenu Miss R au cas où, mais je suis arrivée au lycée deux minutes avant la sonnerie fatale, me précipitant à la photocopieuse -comme s'il en allait de ma vie que les premières aient un corrigé la veille de leur DST de type bac. (Car oui, j'y retourne demain quatre heures, pour surveiller mes louveteaux)

J'y ai croisé Asa, qui opère un jeu très adolescent avec moi depuis quelques jours : elle m'ignore, comme si j'étais transparente. Mercredi midi, elle n'a pas eu d'autre choix que de manger en face de moi à la cantine. Pendant tout le repas, elle ne m'a pas parlé ni regardée et a ostensiblement évoqué le sujet qui nous oppose : l'aménagement de la salle des profs. Je n'ai rien répondu, j'ai testé mes résistances. Ce qui m'agace le plus, c'est que son mépris m'atteigne. Auparavant, j'aurais royalement ignoré cette attitude. Mais avant quoi, me direz-vous ?

Avant que l'amour ne m'adoucisse, sans doute.

En bref, son attitude me chiffonne, et j'ai deux alternatives : soit continuer à faire sembler d'ignorer son mépris et sa colère; soit la prendre entre quatre yeux et lui demander directement pourquoi elle me fait la tête. Seul souci : elle va nier totalement et me dire que je me fais des idées, que tout va bien, blablabla. Pfffff, pourquoi est-ce que je perds du temps à ces gamineries ?

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Mon robin qui me fait Robine (à gauche)

Et puis cela n'a rien à voir, mais je voulais quand même évoquer ici ma reprise du tir. J'en suis à deux entrainements seulement, et j'y prends du plaisir malgré un manque d'endurance certain. Tirer des branches d'une puissance de 32 livres, c'est bien beau, mais je ne passe pas actuellement le cap des quarante flèches par séance. Il n'empêche que j'ai de beaux restes, puisque j'ai fait "un robin" : j'ai éclaté une flèche sur une tirée précédemment, au même endroit. Du coup, les gens présents dans le gymnase m'ont baptisée "Robine". J'ai trouvé cela plutôt sympa.
Quant à leur regard, je vois bien dans celui-ci que j'ai gardé une certaine aisance. On m'a déjà proposé d'aller tirer avec les équipes et les compétiteurs... Comment ? Je me flatte ? Ah, vous croyez ?

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15 juillet 2012

Fridigolère : adj. Etre très organisé, presque à l'excès.

Voilà, la voiture est quasi prête pour le départ de demain matin : le porte-vélos tout neuf (acheté moitié prix sur le goodcoin) a été installé sans que je m'y coince les doigts; les affaires de camping sont dans le coffre; ma valise est en stand by car je dois repasser. J'irai rejoindre Flûtine et son vélo dans le Berry, et nous repartirons pour sa ville, où il semble faire beau -ce qui relève du miracle à l'heure où à Paris nous rêvons de chocolat chaud, soupe ou autre plat d'hiver.

Puis, dans la semaine, direction Avignon. Ce sera une première pour moi. Nous camperons en dehors de la ville, car tout est archi complet. Nous rejoindrons chaque jour le festival à vélo. Et puis je reviendrai ici vers le 25, dans l'attente de la signature définitive de l'appartement (je suis au taquet, je ne vous dis pas !). Ensuite, ce sera encartonnage, peinture, déménagement, emménagement.

Cette nuit, la première depuis plus d'une semaine, j'ai réussi à dormir huit heures, et à me lever après 7h du matin. Un exploit en soi. Je pense que je ne vais pas prendre mon ordi pendant ce court séjour pour tenter de déconnecter un peu. Je pense encore trop au boulot, et je pourrais être tentée de travailler...

A part ça, j'ai repris le running et je sais que je peux tenir environ 25mn. J'en ressens les bienfaits, comme si par la transpiration j'éliminais tout le mauvais. Pas seulement les toxines, quoi.

J'ai pas mal réfléchi à mon histoire de canapé superbe, et je vais certainement descendre en gamme : j'ai trouvé deux sites qui vendent des chesterfields en croûte de cuir et non en cuir pleine fleur, ce qui permet de gagner... 50% sur celui de Maisons du monde. Il faut savoir être un tant soit peu raisonnable, quand même. D'autant qu'il me reste à acheter les fauteuils de bureau repérés chez mon amikea, et qu'ils ne sont jamais soldés. Pfff.

Bon, le repassage m'appelle, et même si je n'ai pas envie de lui répondre, je vais m'en débarrasser.

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12 juillet 2012

Surmeiller : verbe, être trop fatigué(e) pour bien dormir.

J'ai beau vouloir me coucher pas trop tard, j'ai du mal à m'endormir, avec ces angoisses tenaces. Pourtant, je m'active pour l'appartement, et en dehors des derniers achats les plus importants (les canapés), je crois tout avoir. J'ai même décidé de garder ma table de salon, et d'en faire une table de cuisine devant laquelle tout le monde s'extasiera, forcément.

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J'ai mis au moins trente minutes (c'est long, dans deux rayons du RoyMerlin) à me décider, pour choisir au final un coloris artichaut (dont Tinette est fan, je l'ai su après) aux reflets patinés rouges. J'ai hâte de customiser ma table !

Par ailleurs, comme je n'ai pas encore réussi à décrocher du lycée (tiens, je pense aux élèves qui emploient maladroitement le terme "accrocher le lecteur"), j'ai fait mes achats de rentrée pendant qu'il y a encore du choix. Ma pochette de copies sera siglée Little Marcel, j'assume. Quant au reste, je n'ai jamais choisi un agenda de prof aussi luxueux ? classe ? cher ? original ? beau ? pratique ? tout à la fois ? Et pour mon agenda perso, je suis restée dans la même gamme de couleur taupe, avec un format pas trop petit. Je ne suis jamais parvenue à passer à l'agenda électronique, qui ne laisse finalement aucune trace.

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A part ça, je vous parle matériel pour éviter de penser à mon petit moral, que j'explique par ce fameux vide-plein de fin d'année, et une fatigue cumulée qui s'abat sur moi ces derniers jours...

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21 mai 2012

Impédimenter : enquiquiner, alourdir, agacer. "Tu m'impédimentes, là !"

Alors que je rêvais depuis plusieurs nuits d'immobilier, les propriétaires de l'appartement parfait sur le papier m'ont enfin rappelée : je vais en faire la visite demain. Je couperai court à la énième réunion inutile qu'on nous impose au lycée, je passerai prendre Flûtine, et nous irons voir ce bien qui est bradé, en raison d'une urgence financière... Il y aurait des travaux à faire, mais le coup de chance de l'année est peut-être pour moi, qui sait ?

Je dois cependant garder la tête froide, et tout peser.

En attendant, je gère mon quotidien en travaillant pas mal pour le lycée (descriptif du bac à faire ce week-end, les recueils de poésie pour les secondes, les révisions de fin d'année qui ne sont pas bradées...).

Et puis hier, avec Flûtine, nous sommes allées au Grand Palais voir l'expo Helmut Newton. J'en avais très envie depuis un moment, et je n'ai pas été déçue. Je compte même y retourner avec Miss R.
Newton était photographe de mode pour les grands magazines de type Vogue, et ses images ressemblent à tout sauf à des photos de mode, justement. Il oscille entre sensualité, amusement, gêne, érotisme, mise en abyme, fétichisme, drôlerie... Il a par ailleurs le génie de se moquer de lui-même souvent, et son sens de la construction photographique est aigu. Nous avons été emballées par cette exposition, donc. A tel point que Flûtine m'a offert l'affiche de l'expo, splendide, et que celle-ci trône dans ma chambre, maintenant.

helmut-newton-grand-palais

Donc si vous en avez l'occasion, allez voir à deux (on a envie de réagir, de partager ses impressions) ces images troublantes à plus d'un titre. D'un autre côté, ce n'est vraiment pas le genre de sortie que l'on fait avec grand-maman. ;-)

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25 avril 2012

Boquille : n.f. Expérience difficile sur laquelle on prend appui pour progresser.

Alors voilà, le premier tour des élections a eu lieu. Je me serais bien passé de cette femme en troisième homme. Et rien ne m'a emballée, évidemment. Je trouve que rien n'est joué, tout est à faire.

Sinon, je poursuis mes recherches d'appartement, et c'est parfois assez déprimant : trois de visités ce matin, et aucune possibilité quelconque d'imaginer de vivre là-dedans. Encore un ce soir, dans une ville pas encore envisagée, et dite de façon polie "populaire". Mais je ne me ferme à rien. Il y aurait le tram, le métro, le RER...

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A part ça, je découvre toutes les vertus du fenouil, et ça n'a rien à voir avec ce que je viens de dire. On le cuisine en risotto, en soupe, à l'italienne, et c'est fort bon, ce petit goût anisé.

Et puis, je me dois de parler des résultats de l'agreg : je n'étais pas concernée, mais Asa, oui. Malgré des sujets en or, elle ne l'a pas eue. Je dois reconnaître que cela me soulage (il parait que c'est très humain) : je ne me sens plus nulle. Je dois quand même préciser que j'ai subi silencieusement pas mal de petites humiliations, et que cette année a été fort étrange sur ce plan-là. Asa est une personne très complexe, "brutale" selon ses propres mots, très ambitieuse, complexée et imbue d'elle-même tout à la fois. J'ai navigué dans ces eaux de septembre à mars. Je l'imaginais briller à l'oral, surtout qu'elle a eu "une chance de cocue" (dixit) pour les colles. Je ne l'ai d'ailleurs su que par écho, grâce à Tinette... Et puis non : tout comme moi, notes apparemment catastrophiques à l'oral, mais avec, entre autres, son auteur préféré (Shakespeare).

Enfin bon, je me sens allégée et à égalité seulement maintenant avec Asa. Peu importe si c'est mal, si je ne devrais pas penser cela, blablabla : ma remise en question prenait trop de place.

Allez, ma salade de fruits frais (papaye, ananas, pommes, kiwi) m'appelle !

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17 avril 2012

Pajouter : lire selon son plaisir, au rythme que l'on veut.

Je vous avais dit il y a peu que je retrouvais le plaisir de lire enfin des ouvrages que je choisis, et non ceux qui m'étaient imposés par le concours (ceci ne m'empêchant pas de découvrir avec beaucoup de satisfaction des oeuvres vers lesquelles je ne serais justement jamais allée).

Mccarthy

J'ai débuté par un roman d'anticipation de Cormac McCarthy, La Route. J'aurais pu (dû ?) choisir moins sombre, mais la couverture de l'édition limitée, argentée, à la tranche noire, me tentait depuis un bon moment. Le pitch est assez simple, somme toute : un homme et son fils (on ne connaitra jamais leurs noms) sont parmi les rares rescapés d'une fin du monde peu claire (une explosion, des cendres partout, un grand froid, la nuit quasi permanente...), et avancent sur la route pour aller vers le sud. Ils survivent comme ils peuvent, évitent "les méchants".

Au début de la lecture, j'étais comme certains élèves qui me disent parfois : "Mais... y' s'passe rien dans ce bouquin ! Y'a pas d'action !" Le rythme des journées répétitives, désespérées et angoissantes se ressent dans l'écriture, assez brillante (même s'il s'agit d'une traduction, on le sent bien). Je me suis laissée prendre au jeu en me demandant comment cette traversée allait se terminer, quelle fin était possible. Pour ne pas déflorer le roman, sachez juste que les deux ou trois dernières pages contiennent de l'espoir, et sont d'ordre métaphysique...

solution terminale

J'ai eu envie d'enchainer sur d'autres romans d'anticipation, et sur des uchronies. J'ai alors lu un ouvrage peu connu d'Anne Maro, Solution terminale. Cette fois-ci, le monde futur a rendu les individualités superflues et les humains sont classés en fonction de leur caste et de leur utilité. Les vieux dominent cette société, et cherchent à vivre le plus longtemps possible, avec des gens à leur service. La narration est construite sur plusieurs voix qui se superposent, se suivent. Certains tentent de résister mais la censure et le contrôle permanent (on pense à 1984 d'Orwell) nuisent à tous. Même l'amour est interdit...

J'ai lu ce roman avec curiosité au début, mais mon intérêt a progressivement décliné. Sans doute parce que j'ai lu de façon hachurée et que je n'ai pas réussi à créer une identification nette avec les personnages.

Actuellement, je relis (parce que je devais avoir quinze ans quand le l'ai lu, et que je l'ai donné à ma classe de première pour le bac) L'Ecume des jours de Vian. J'apprécie encore plus, avec l'âge (même si un agent immobilier ne m'a pas crue quand j'ai annoncé que j'allais vers ma quarantaine, oh my God !), le décalage, l'humour, la bizarrerie de ce roman.

Huxley île

Ensuite, ce sera un roman d'Aldous Huxley que j'ai découvert par hasard, Ile. Une île harmonieuse en apparence, qui attise les convoitises...

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14 avril 2012

Coumifade : n.f. association de sentiments paradoxaux

Cette dernière semaine a été plus chargée que je ne l'aurais cru. Les élèves étaient assez excités à l'idée d'être bientôt en vacances, et complètement passifs niveau travail. Le mélange est forcément détonant.

J'ai eu droit à un festival de perles toutes les minutes durant certains cours, dont j'ai oublié les trois quarts. Je me suis en revanche éclatée en faisant mes cours sur Baudelaire et Verlaine. C'est déjà ça.

Après chaque journée de travail, j'ai visité plusieurs appartements : je me verrais dans un seul d'entre eux, mais j'ai peur de m'éloigner encore plus en banlieue. J'ai beau savoir que si l'on veut me voir, cela n'empêchera rien; que si je veux aller sur Paris aussi souvent que je le fais aujourd'hui, cela sera possible; j'ai quand même une barrière psychologique. Et puis il ne s'agit pas d'un achat anodin, même si j'ai dû revoir mes ambitions à la baisse.

Sinon, je me sens fatiguée, évidemment. J'ai eu un gros coup de barre hier soir. Le lycée y est pour beaucoup, mais je sais que les oraux de l'agreg débutent demain, aussi... Asa les passera. Et cela charrie beaucoup (trop) de pensées.

Alors demain, je partirai à l'heure où blanchit la campagne pour rejoindre Flûtine chez elle. Nous irons ensuite randonner, nous aérer. Retour le 21, pour pouvoir voter le 22, bien entendu. Cette présidentielle me laisse perplexe, comme de nombreux analystes politiques. C'est pour cela qu'elle est d'autant plus importante : tout est possible, hélas. Et j'ai toujours le même frisson quand je glisse mon enveloppe dans l'urne : une fierté, un sentiment de liberté, de responsabilité m'envahissent.

Ce soir, j'irai à un concert classique avec ma mère -fait exceptionnel. Finalement, je procède encore à certains changements, et cela a du bon. Ah, et puis je me suis offert ça d'occasion, après Ally Mc Beal, Six feet under, Boston justice, et Downton Abbey :

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07 novembre 2011

Cachetouffer : s'empêcher de tousser la nuit pour éviter de réveiller l'autre ou essayer de dormir.

Dans le genre un peu stupide par honnêteté, je demande Virgibri : à l'arrêt vendredi, aphone, et passant des nuits extrêmement courtes à cause de ma toux agressive, je suis quand même allée au lycée samedi matin pour surveiller un DST de français. En gros, si je n'y allais pas, personne ne pouvait me remplacer : nous avons perdu mille heures d'aides depuis la rentrée (mais comme le dit le gouvernement, tout va bien dans l'EN), alors on fait du colmatage, du rafistolage et de l'exploitation de profs. J'étais donc dans la salle des profs, presque transparente de pâleur, et je croise l'adjoint.

Il me serre la main et me demande par automatisme si ça va mieux. Je lui lance, pathétique avec ma voix de chèvre, que non, évidemment. Et là, j'ai droit à une phrase que je trouve complètement vide, creuse, déplacée et énervante : "Ben, ça ira mieux lundi !"

Sachant qu'il y a des collègues absents depuis un mois, qui ne préviennent ni les élèves ni l'administration, et que je viens surveiller quatre heures un samedi matin, cette phrase a eu le chic pour m'agacer. Même ma grand-mère un peu simplette aurait trouvé mieux.

J'ai manqué de m'étouffer en l'entendant, mais aussi en évitant de faire trop de bruit face aux 43 élèves (deux classes, sinon, c'était moins drôle) que j'avais à surveiller. Ensuite, je suis partie pour la fac. Samedi soir, j'étais rincée. J'ai tenté de dormir sur un fauteuil du salon pour ne pas trop déranger Flûtine dans son sommeil; la cortizone me tenait éveillée à 3h malgré la fatigue.

Allez, j'arrête de me plaindre, mais il y avait longtemps que je n'avais pas été malade : j'avais oublié.

le jour où nina

Sinon, j'avais promis que je vous parlerais de la pièce "Le jour où Nina Simone a cessé de chanter". N'allez pas croire que cela raconte la vie de la chanteuse, loin s'en faut : j'ai été la première surprise par le thème. En fait, il s'agit de la vie réelle, dure, pleine d'humanité et d'horreurs, d'une femme libanaise, chahutée par l'Histoire du Moyen-Orient. L'actrice est aussi l'auteur du texte d'origine, publié chez Actes sud. C'est au théâtre de l'Essaion, à Paris, et c'est à voir car plutôt déroutant. Si vous y allez, prévoyez un maillot de bain : il fait atrocement chaud dans ce lieu.

Ce soir, nous allons encore sortir, cette fois-ci au cinéma, mais dans un cadre particulier... Je vous raconterai.

29 octobre 2011

Pouplonnerie : n.f. Désir de rester tranquille, vaincu par des envies de sorties.

Mes journées de vacances filent entre travail pour l'agreg (Maupassant et Rabelais, incommensurables), sommeil massif et pourtant peu réparateur, sorties dans Paris (théâtre, cinéma surtout), un ou deux rendez-vous avec des amis.

Le soir de mon anniversaire, nous devions aller voir l'exposition Fra Angelico (qui m'émeut beaucoup) au musée Jacquemart-André, en nocturne, puis diner dans un restaurant choisi au hasard. Mais face à l'afflux (la queue n'avançait pas, et donnait sur la rue), nous avons renoncé. Un peu dépitées, nous avons improvisé et sommes allées voir The Artist dans un ciné de St Lazare. Ce fut un très bon moment : le film a un charme suranné alors que nous savons bien qu'il est récent; il reprend des codes anciens et se construit avec différentes trappes; l'ensemble est léger et pourtant pas creux; les acteurs sont délicieux (Bérénice Béjo est charmante, et en plus, il parait que j'ai quelques airs de la jeune femme, ce qui ne gâche rien à mon plaisir).

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Finalement, nous sommes rentrées après et avons diné simplement d'une omelette au chèvre vers 22h30. Cette improvisation m'a bien plu; d'autant que je voulais simplifier au maximum cette journée d'anniversaire. Ah et puis j'ai eu comme cadeau un album magnifique de Corominas d'après Le Portrait de Dorian Gray de Wilde, deux bouchées de chocolat (framboise et coco), et le ciné, évidemment.

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Sinon, mercredi soir, sortie théâtre du côté de Montparnasse, en prenant des tarifs bradés sur le net. Il s'agissait de Madame de... Vilmorin, interprété par Coralie Seyrig (la nièce de Delphine). Au début du spectacle, nous sommes restées dubitatives, car la mayonnaise ne prenait pas : les regards de l'actrice partaient loin de nous, ce qui empêchait le contact, et la diction était particulière. Puis, progressivement, le charme a opéré, essentiellement grâce aux répliques de Louise de Vilmorin, très drôle, légère et profonde à la fois. Le lendemain, j'ai regardé une vidéo de la dame (morte en 1969) : elle était exactement comme Seyrig la jouait... Déroutant.

Aujourd'hui, visite d'un musée, achat d'une imprimante (j'ai un mauvais karma avec la technique depuis septembre, je crois), et théâtre encore ce soir !

Allez, Maupassant m'appelle un peu... Je l'entends qui râle.

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09 octobre 2011

Bouillefliquer : surveiller son poids, de loin, en cachette.

Il y a des événements bien plus importants dans le monde, dans notre quotidien, et je vais paraitre très nombriliste (n'est-ce pas l'apanage des blogs, d'ailleurs ?) mais voilà : j'ai passé un seuil de poids important. J'ai changé de dizaine.

J'attendais, j'espérais cela depuis des mois, et j'avais un mal fou à perdre à nouveau après ma stabilisation.

Je suis 400 grammes en-dessous du seuil qui était à atteindre. Depuis le mois de mai, j'ai perdu presque sept centimètres de tour de cuisse, et cinq sur les hanches.

Alors il pleut, le moral est variable, je ne suis pas au top en ce moment, mais cette nouvelle, là, en me pesant à reculons (la perception de mon corps est de plus en plus faussée, semble-t-il) ce matin, m'a fait du bien.

A suivre...

pèse personne chats

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