21 novembre 2009
MIROIR
La consigne du défi 81 était simple et belle : MIROIR. Voici ma participation aux défis du samedi. Son titre : "L'Autre reflet de moi-même".
(Cliquez pour agrandir)
20 novembre 2009
Ah, le petit personnel !
Une journée comme les autres, avec des collectors en STG aujourd'hui... Florilège (de ce dont je me souviens, car j'ai l'esprit fatigué, là) à partir d'un cours sur "maîtres et valets au XVIIIème siècle" :
_ Oh, Madame, François Mitterrand il est mort ? Naaaaannnnn ! Il est vivant, François Mitterrand !
Aucun n'a confondu avec le neveu vivant, je le précise.
_ Madame, c'est vrai que le roi quand il allait aux toilettes, y'avait un type qui le... [l'élève fait le geste au cas où je n'aurais pas compris] enfin vous voyez, avec du coton ?
_ Les domestiques étaient hébergés chez leurs patrons, et on les installait sous les combles. Les combles, ça signifie qu'en hiver, ils mouraient de froid, et en été, de chaud.
_ Ouais, ben donc ça va en automne et au printemps !
_ Madame, Aristote et aristocrate, ça a un rapport ?
_ Vous me donnez un exemple d'anoblissement récent ?
_ Jean Sarkozy !
_ N'écrivez pas vos cours au crayon papier, svp ! C'est craspouille, tout ça...
_ Mais Madame, ça glisse bien ! Oh, pardon...
J'ai fait mine de ne pas avoir entendu, bien sûr, pendant qu'elles s'esclaffaient en groupe...
Pour le reste, j'ai oublié, vous m'en excuserez. J'aurais dû les noter pendant les cours...
Vous remarquerez que F. Mitterrand avait choisi un livre ouvert et la bibliothèque en fond de cette photo officielle, avec un regard et un visage droit.... Cela me semble révélateur.
19 novembre 2009
Je suis une arachide
Après un lever tardif à 9h30, j'ai fait du ménage, rangé un peu, imaginé les changements possibles dans l'appartement tout en traumatisant les chats avec l'aspirateur, puis je me suis attelée au travail. Bilan : les plannings des colles pour les élèves volontaires sont prêts (ah, les heures supplémentaires pour les jours de repos ou après une longue journée de cours !), j'ai préparé une liste d'exposés possibles en seconde pour janvier, j'ai rentré toutes les notes sur le logiciel du lycée pour le premier trimestre. Par ailleurs, j'ai fait trois mails sérieux, dont j'attends toujours les réponses.
Et ce soir, je vais donner un cours particulier sur La Peau de chagrin de Balzac.
Il me reste à envoyer mon défi du samedi et à le revoir avant.
A part ces banalités, en voici d'autres : je dors deux heures l'après-midi, j'ai parfois des insomnies le soir (ceci explique cela), et j'ai un mal fou à me lever le matin (idem).
Le Bion 3 n'a pas l'air de faire effet. Ou alors, sans lui, je m'écroulerais, allez savoir...
Et puis je me suis mise aux céréales le matin, à peine nappées de lait sinon cela m'écoeurerait. Je devrais être en mega forme, non ? Bon, en même temps, chez Jordans, il y a trois pauvres noix de pécan dans tout le paquet. Voleurs ! Mais le goût est miam...
18 novembre 2009
Tournez manège
Comme Emy me cause en engliche pour que je m'active côté blog (rendez-vous compte, elle a fait une note plus vite que moi !), je me dis que je manque un peu à mes lecteurs une lectrice.
Mais que s'est-il donc passé depuis, allez, deux jours ? Le suspense est haletant, vraiment...
Dans le désordre :
- j'ai continué à déprimer mais j'ai dû aller au boulot.
- alors j'ai travaillé comme une demeurée, en ayant l'impression d'avancer de deux mètres dans l'océan Atlantique à plein régime.
- j'ai rencontré des parents avant la réunion officielle (ben oui, ça ne me suffit pas).
- j'ai houspillé les secondes, imité Frédéric Mitterrand et les Inconnus en cours, tenté d'établir une liste définitive de volontaires pour les
Zorro, Zorro !oraux blancs. - j'ai regardé les Desperate housewifes en engliche, of course, et en riant (LOL).
- j'ai failli rater l'heure ce matin : 25 mn pour émerger, ça commence à faire long.
- j'ai aussi failli manquer de biscottes au pti déj, et ça, ce n'est pas possible : un crime de lèse-petit-déj risquerait d'entrainer un meurtre (cf. la note d'Ed).
- j'ai écrit une jolie lettre officielle au proviseur à propos des sorties scolaires de mes classes. La première envisagée n'est pas possible, mais c'est en partie de ma faute.
- j'ai entamé une psychanalyse avec Klaki un soir sur MSN. C'est beau, le progrès.
- il y a eu une alerte incendie hier après-midi, qui m'a fait perdre environ 20mn de cours et m'a décalée dans mon planning avec les ES.
- j'ai écrit un mail de réclamation à Karouf, suite à un paquet de jambon qui puait à l'ouverture (le cochon est fourbe : il attaque avec la grippe, et nous achève avec son jambon !) et à un lot de champignons moisis pourrissant sur des panés de colin pas encore ouverts...
- j'ai entendu Diam's en live, et je n'aurais jamais pensé dire ça un jour, mais j'ai bien aimé : "L'honneur d'un peuple". Je songe à faire une séance d'ECJS sur "être Français" avec des titres d'Abd Al Malik, Diam's, Zazie, Barbara...
A part ça, j'ai envie de dormir tout le temps. Je comate. Je m'active uniquement pendant les cours. J'ai toujours les mêmes paquets de copies entassés sur la table du salon.
J'aimerais changer deux trois agencements dans l'appartement, aussi. Histoire de me donner l'illusion d'un changement au moins, quoi.
Voilà.
Alors, Emy, heureuse ?
16 novembre 2009
Intellectuels engagés, unissez-vous !
Etant donné que je ne veux pas "lâcher l'affaire" comme diraient certains de mes élèves, je décide de publier ici un excellent article de Christian Salmon dans le Monde, qui résume parfaitement ce que je ressens. Ma peur, ma colère sont dans cet article (au format Word juste après ou bien voici son lien) : Article_Monde_Raoult
Un appel d'écrivains a été par ailleurs lancé.
Et histoire de sourire malgré tout cela, voici une parfaite illustration de la chose en patates. Merci au génial Martin Vidberg.
Un autre article, encore plus théorique et particulièrement dérangeant -pas écrit par n'importe qui non plus : Tzvetan Todorov- me réjouit. Je suis heureuse de lire enfin ce que je ne parviens pas à exprimer, et de constater que ces articles sont en tête des textes les plus lus et les plus commentés.
Faites passer, ça fait du bien, même si ça fait mal...
ça sent la mer
J'ai rêvé sur le petit matin que je vivais dans un
appartement de type new-yorkais, au premier étage d'un immeuble, et mes
collègues de lettres et moi-même étions en train de le vider et de
ranger les bibliothèques. Il fallait entre autres peindre des lettres dessinées sur un mur, en écriture romaine,
très nettes comme celles que l'on voit sur... les pierres tombales.
Hum.
Mais le souci, c'est que je trouvais par terre des têtes de
crevettes roses. Juste les têtes. Je pensais que quelqu'une parmi nous
mangeait les crevettes, et jetait les têtes sur le sol. Je ronchonnais
et m'agaçais en pensant au ménage supplémentaire à faire. En plus, Clochette cherchait à en avaler une.
Soudain, je me retrouve dans la rue. Des policiers me disent qu'il y a un problème de canalisation, et que pendant quelques jours, il va y avoir des remontées dans les appartements. Les crevettes viendraient donc de là. Je pense à mes chats, aux portes qu'il va falloir fermer pour les empêcher d'avaler tout cela...
Je me suis réveillée avec mon noiraud sur le ventre, et Cloch' qui cherchait à aller sous la couette.
Après ces aventures pseudo new-yorkaises, il va falloir que je me noie sous la douche et que je bosse aujourd'hui : plus le choix.
15 novembre 2009
Démagnétisée
Je ressors d'une sieste de deux heures -oui, encore- qui m'est bénéfique sur le plan de la fatigue, mais qui sclérose un peu mon dimanche... Remarquez, sachant que je n'ai RIEN fait depuis ce matin, cela ne change pas grand-chose à l'affaire.
J'ai fait des rêves étranges de voitures, de ma mère, de noms juifs, de route en lacets, de coffre à ranger avec mille objets, de route vers... qui, vers quoi ? Je l'ignore...
Enfin bon, me voilà éveillée, alors je fais une petite entrée. La nuit est tombée sur la ville. La Défense commence à s'illuminer au loin. Je devrais culpabiliser car j'ai laissé le boulot en plan, mais même pas.
Hier soir, donc, pot dans Paris avec Emy. Rendez-vous était pris devant le café où nous nous sommes rencontrées la première fois -chabadabada !- à Nation. Par flemme et parce que j'avais froid (si vous suivez bien, nous avons depuis hier : larmes + absence d'activité + fatigue et sieste + froid = trop difficile à trouver, mmm ?), je n'ai pas pris le scooter. Je crois avoir bien fait malgré tout, car j'ai découvert au matin que mon parasol crocheté à la barre du balcon était tombé sous la force du vent !
Une fois à Nation, nous avons marché un peu pour rejoindre un café plus calme que ceux des alentours, bondés de supporters footballeux. Nous avons parlé, parlé, parlé de choses et d'autres, petites ou grandes. J'ai tourné autour du pot pour ce qui me tracassait. Et je n'ai pas pleuré !
Je me suis dit que j'étais étrangement pleine de tics et de tocs face à Emy : je me touchais le bord de lèvres (je crois que je fais une allergie à un gloss Sephora), pliait les bras, agitait les mains, me titillait le visage... Je me voyais faire cela, et n'y changeai rien. Heureusement qu'Emy m'avait déjà rencontrée !
Nous avons constaté qu'il y avait des points communs entre nos vies. Le passé a resurgi sous diverses formes : Emy et moi avons eu quelques profs en commun au collège et au lycée, dont C.. Alors bon, forcément, deux profs parlant profs... Vers 00h45, j'ai rencontré quelqu'un qui s'inquiétait parce qu'Emy ne répondait pas au téléphone : son Boubou ! Oui, le Boubou légendaire, en chair et en os de chaperon. C'était mimi.
Ensuite ils m'ont raccompagnée au métro, dans lequel j'ai voulu passer mon dernier ticket... démagnétisé. J'étais la seule à m'agiter devant les machines sur le quai (il y a des stations pour lesquelles c'est le cas, je le précise pour ceux qui l'ignoreraient). J'ai demandé à un couple non loin de là s'ils pouvaient m'aider en ouvrant les sorties automatiques, mais ça ne marchait pas. La dame m'a ensuite passé son Navigo gentiment (et un peu craintive, je l'ai senti), mais comme il était déjà bipé, impossible de passer non plus. Je leur dis que ce n'est pas grave, que je vais remonter à la station m'acheter un carnet et qu'ils sont déjà très gentils. Ils discutent à voix basse, la femme dit à son compagnon "Donne-lui". Il ne s'agissait pas d'un truc illicite, mais d'un ticket dont il ne se servait pas. J'ai été très agréablement surprise par ce "cadeau", ce geste que je trouve rare. La situation économique/sociale/politique actuelle fait-elle que la solidarité revient ? Je l'ignore, mais j'ai pu attraper le métro qui arrivait grâce à ce couple, et rentrer un peu avant deux heures du matin chez moi.
Ce matin, les chats étaient programmés sur 6h30, comme d'habitude. Mais moi je n'avais que quatre heures de sommeil. J'ai ronchonné, fait des câlins, puis somnolé jusqu'à dix heures.
Depuis, j'ai une flemmatite aiguë. Tant pis...
La nuit est vraiment noire, maintenant.
14 novembre 2009
Il était un petit avion
Un pavé dans la mare, histoire de diffuser l'info... : c'est ici.
Et sinon, qu'est-ce qu'on fait quand on a mal et qu'on ne peut en parler à personne, ni expliquer pourquoi sur son blog ?
20h10 : Je vais m'engouffrer dans la tempête puis dans le métro pour rejoindre Emy, somewhere un the city...
13 novembre 2009
Feuillets d'automne
Dans la grisaille et la monotonie de mes journées, envie d'un peu de légèreté. Alors voici un petit air fort agréable, aux sons californiens... Il tourne pas mal sur les radios populaires, mais qu'importe.
J'ai fini mes deux paquets de copies de Bac blanc (perles amusantes en vue, et j'ai fait aujourd'hui des imitations en classe qui vont devenir cultes, je le sens...) mais j'ai encore quatre paquets en attente. De toutes les façons, jusqu'à janvier, ça va être de la folie douce, comme toujours. La routine, quoi.
Aujourd'hui, les STG ont été bavards et amorphes (si si, le mélange est possible !). J'ai passé un léger savon aux secondes. J'ai vu une mère d'élève en fin d'après-midi. Et ce soir, petit service à rendre après diner. Ensuite, enfin, je me coucherai pour aligner dignement mes quatre heures de cours demain matin. Puis deuxième rendez-vous avec des parents à midi.
Heureusement, pot en vue avec Emy demain soir. Et j'ai reçu son livre cadeau : il s'agit de Le Dieu des petits riens d'Arundhati Roy. Inconnu au bataillon (shame on me) mais le titre est beau, déjà...
Et puis mercredi j'ai reçu aussi de la Fée deux livres en cadeau : Char illustré par Braque dans Lettera amorosa, ainsi que Forêts, texte de théâtre de Wajdi Mouawad. C'est chouette d'être encore et toujours étonnée par des découvertes littéraires...
11 novembre 2009
Ecris mais tais-toi
J'avais déjà du mal avec le fameux débat sur l'identité nationale, aux commentaires ultra modérés.
Mais là, j'ai découvert avec stupeur aujourd'hui ce qu'un député UMP avait osé demander à Marie NDiaye, prix Goncourt 2009 (et au ministre de la culture) : obéir à un droit de réserve parce qu'elle a quitté la France pour aller vivre à Berlin après l'accès à la présidence de N. Sarkozy, qu'elle avait critiqué assez ouvertement mais de façon plutôt feutrée, je trouve.
Les relents nationalistes aux accents pétainistes ou frontistes, l'horreur des termes choisis par ce député, l'image de la France réclamée par ce dernier, et le rétro pédalage absolu d'un gouvernement français à l'égard de ses artistes, me dégoûtent. J'en ai des frissons de peur.
Je ne pensais pas connaître cela de mon vivant. L'artiste, en France, a toujours été auréolé de sa liberté d'expression et n'a jamais eu besoin de justifier ses positions politiques, sauf lorsqu'elles étaient retorses (je pense à Drieu La Rochelle, par exemple, et encore).
Mais des gens comme Zola, Eluard ou Sartre se sont engagés politiquement, sans qu'on vienne leur dire : vous ternissez l'image de la France et vous devez vous taire. Vous devez vous taire...
On a pu leur reprocher leur engagement, mais jamais ces airs de censure ne sont venus taquiner les prix littéraires.
La réponse de Pivot a été magistrale, je trouve : "Le devoir de réserve qu'il [Raoult, député UMP] invoque n'a jamais existé, n'existe pas et n'existera jamais, pas plus pour le lauréat du prix Goncourt que pour le lauréat du prix Nobel de littérature".
Et celle de Marie NDiaye sur le président aussi : "Je ne crois jamais qu'un seul homme puisse faire un pays."
Français, tremblez : on marche sur toutes vos valeurs et la censure s'étend. Après la presse écrite, la télévision, les prix littéraires, les pancartes lors de manifestations ("Casse-toi pauv' con") ou les petites phrases aux airs innocents ("Sarkozy, je te vois !"), quoi d'autre ?
Edit du jeudi matin 8h15 : Marie NDiaye maintient ses propos, suite à la découverte de ceux d'Eric Raoult. C'est beau, quelqu'un d'engagé.
Edit de 9h30 : Et le ministre de la culture, qui s'était pourtant prononcé aussi sec sur l'affaire Polanski, décide qu'il n'a pas à se prononcer dans ce cas... Son oncle doit se retourner dans sa tombe.






















