S. va sortir de l'hôpital aujourd'hui, mais sans savoir ce que son genou a eu... Une semaine d'arrêt encore, jusqu'à lundi prochain. Je n'ai qu'une heure de cours ce matin avec les BTS (youpi), puis je devrai m'organiser pour le retour de S..
J'envisage aussi de replanter les pensées que ma mère m'a offertes hier. Elles sont bordeaux. J'ai envie de me faire des jardinières aux couleurs sombres et profondes, cette année. Enfin, ce n'est que la deuxième fois que je fais ça dans ma vie, puisque nous n'avions pas de balcon avant ! Et puis je terminerai sur des copies cette journée chargée... Bouh.
Ce soir, j'ai décidé de regarder le match de rugby sur mon bel écran télé. Mais quand je lis les bons mots de Bernard Laporte, j'ai du mal... Après le match France/Irlande, remporté haut-la-main par les coqs, il a lancé à ses joueurs : "Ce soir, vous avez été grands comme le président de la République !". Il faut l'imaginer dire ça avec son absence de diction et son accent impossible, les yeux béats d'admiration...
Edit : oh my God, Iznogoud est là, dans la tribune présidentielle... Beurk. Et les commentateurs de dire : "On va voir si l'intelligence l'emporte sur le physique". En gros, les All Blacks sont des cons. Quelle horreur, ce chauvinisme !
Oh oh oh, il n'y aurait sans doute qu'une vague bleu layette, comme l'écrit Libé. Yes, l'électorat de gauche s'est mobilisé, même si l'abstention a été trop importante, encore. Il y aurait des doutes sur la TVA ? C'est étonnant. J'aime quand ce qui est annoncé avec tambours et trompettes ne devient qu'un sifflement au fond des bois.
Selon «les Echos», le
ministère de l'Economie et des Finances veut supprimer 17.000 postes
dans l'Education nationale, soit beaucoup plus que les 10.000 envisagés
par Xavier Darcos.
Par Liberation.fr
LIBERATION.FR : jeudi 5 juillet 2007
"Le ministère de l'Economie
et des Finances veut supprimer 17.000 postes dans l'Education
nationale, soit beaucoup plus que les 10.000 envisagés par Xavier
Darcos, croient savoir les Echos. Le ministre de
l'Education nationale a qualifié lundi de raisonnable le chiffre de
10.000 postes qui ne seraient pas renouvelés l'an prochain dans le
secteur dont il a la charge. Dans son édition de jeudi, le quotidien économique explique que
l'Education nationale contribuera pour "une bonne moitié" aux efforts
demandés par le gouvernement, qui souhaite ne pas remplacer un départ à
la retraite sur deux dans la Fonction publique dès 2008.
Le Premier ministre, François Fillon, a confirmé mardi soir que
l'objectif du gouvernement était de supprimer "grosso modo" 35.000
postes de fonctionnaires l'an prochain.
Interrogé sur le chiffre de 10.000 fourni par Xavier Darcos, le
chef du gouvernement a déclaré : "C'est un chiffre qui a été jeté comme
ça en l'air (...) C'est un ordre de grandeur, si on veut"."
La même info, dans Le Monde :
e gouvernement vise 17 000 suppressions de postes à l'éducation nationale", affirme le quotidien économique Les Echos, jeudi 5 juillet. Pourtant, le 28 juin, le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos avait estimé "aux alentours de 10 000", le nombre de postes supprimés en 2008. Selon le quotidien, cette annonce n'était "que tactique" et destiné à "faire passer l'idée que le chiffre serait élevé".
Au total, sur
les 5 millions de fonctionnaires, près de 35 000 ne seront pas
remplacés en 2008, contre 15 032 cette année. Hormis l'éducation
nationale, dont la contribution reste la plus forte, c'est à la défense
et aux finances que les pertes d'emplois seront les plus élevées, avec
respectivement 6 000 et 3 000 postes supprimés. Viennent ensuite
l'intérieur et l'écologie (2 500 et 1 700 postes). Le solde (4 800) "sera réparti entre les autres ministères, sachant que la justice bénéficiera d'un traitement de faveur", Nicolas Sarkozy ayant promis "d'accroître ses moyens".
UN MILLIARD D'EUROS D'ÉCONOMIE
D'après le quotidien, ces mesures devraient permettre une économie de
un milliard d'euros en année pleine. Cinq cents millions seront ensuite
redistribués aux fonctionnaires. En 2008, "seuls 250 millions d'euros" devraient être retirés de cette mesure, le temps "que la machine s'enclenche". L'Etat, qui aurait l'intention d'être "très, très ambitieux",
souligne que ces réductions d'effectifs visent également à rendre
l'administration plus efficace. Le quotidien note que l'enseignement
supérieur, la recherche, les collectivités locales ainsi que l'hôpital
seront épargnés."
Il y avait un moment que j'échafaudais cette liste de lecture. Comme on se délecte à l'avance d'un cadeau, je me réjouissais de ces futurs achats de nourriture spirituelle. Alors voilà mes compagnons de voyage ibérique cette année :
Pierre Jourde, L'Heure et l'ombre
Luis Fernando Verissimo, Le Doigt du diable
Ronald Wright, Chronique des jours à venir
Javier Cercas, A la vitesse de la lumière
Jane Austen, Orgueil et préjugés
Ray Bradbury, La Foire des ténèbres
Philip José Farmer, Les amants étrangers
Daniel Keyes, Des Fleurs pour Algernon
Carmen Posadas, Cinq mouches bleues
(Et, logiquement, Muriel Barbery, L'Elegance du hérisson, si je le trouve d'occasion)
Enorme crise de migraine dès le réveil. Jusqu'aux vomissements. Dans ces cas-là, je suis incapable de faire quoi que ce soit. Je déteste être dans cet état. Je retourne somnoler, encore et encore.
16h35 : j'ai dormi environ six heures durant cette journée. La céphalée est toujours là, dès que je commence à bouger : je sens une aiguille à tricoter qui me traverse la tête depuis le front jusqu'à la nuque, tournant sur elle-même. Mais les maux de coeur semblent avoir disparu; c'est déjà ça. Mes cours ne sont pas prêts, les copies n'ont pas avancé. Je ne me sens toujours pas capable de m'y mettre. Dilemme.
JE SUIS EN VACANCES ! Depuis ce matin, 9h30, après la commission d'appel.
Je vous prépare pour ce soir ou demain une entrée concernant la lecture (message subliminal pour 22).
La nouvelle tendance, après griller les feux, est de conduire sur la bande d'arrêt d'urgence ou le petit bout de route sur la droite des voitures à vive allure. Bande d'abrutis. Il y a de plus en plus de gens qui estiment que les règles ne servent à rien. Imbéciles.
J'ai crû mourir en voiture, justement, ce week-end. Le conducteur était médecin-urgentiste, avait bu plusieurs verres de vin dans la soirée (rouge + rosé + whisky), et n'avait plus de permis. Si j'avais su tout cela, j'aurais pris ma voiture pour aller au restaurant, mais on a voulu faire au plus simple en partant avec un seul véhicule. Je prends mes responsabilités et je gère la sécurité routière autant que possible, alors que ma vie dépende de quelqu'un comme ça, je ne le supporte pas. J'ai été tendue toute la soirée. J'avais raison : il a roulé en ville à 90-100km/h, en disant qu'il n'y avait pas de priorité à droite, ou alors qu'il n'y avait personne...
Pendant les surveillances de Brevet, j'ai été chargée des candidats libres le deuxième jour. Nous étions deux profs pour trois élèves dans une toute petite salle (c'ets absurde, je sais). Je m'installe confortablement derrière eux avec un livre à la main, pendant qu'ils composent. Mon collègue est au bureau, devant. Entre un agent de administratif, qui devait nous apporter une agrafeuse. Il s'étonne : "Oh, ils sont quatre, en fait !" Il m'a prise pour une élève de quinze ans. Moi. Le pire, c'est qu'il a continué en nous expliquant qu'elle était la feuille à insérer dans nos copies. Avec mon collègue, ça nous a amusés. Mais le type n'a rien compris. Quand même, j'ai le double de leur âge, à ces candidats...
Il fait évidemment bien gris aujourd'hui. Un an que la Reine est morte. Les images reviennent, douloureuses, froides. Ce type du crématorium qui nous a balancé l'adagio de Pachelbel sans qu'on lui demande rien. Et qui a lu un texte sans doute répété des centaines de fois, juste en changeant le nom du mort, alors qu'on ne voulait rien. RIEN. Je lui aurais bien coupé la langue, si j'avais pu. Cette allée de rosiers que je n'avais revue depuis des années, où les cendres de la Reine auraient voulu se mêler à celle de son fils. Mais tout s'envole. La cendre plus qu'autre chose. Mon pied qui se brise au lieu de ma tête et de mon coeur trop lourds. Larmes de rage. Et si je suis dans cet appartement aujourd'hui, c'est grâce à Elle. L'argent qu'elle m'a laissé. Amer constat. La vie nous joue des tours. Mais je sais que la Reine en aurait souri. Ri, peut-être.
endant
six semaines, ils n'en ont pas aperçu un seul. Venus de Chine, du
Japon, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, des experts ont écumé les
eaux du Yangtsé, le grand fleuve chinois, sans rencontrer un seul
"baiji", le nom chinois du dauphin blanc de rivière. "Ces résultats signifient" que cette espèce "s'est probablement éteinte",
a indiqué Wang Ding, de l'Académie des sciences chinoise, qui a dirigé
l'expédition, menée en décembre et dont les conclusions ont été rendues
publiques mercredi 8 août.
"Une partie de l'âme chinoise s'en est allée", titre le quotidien britannique The Independent, qui souligne l'importance du cétacé en Chine, où il est surnommé "la divinité du Yangtsé", dont il habite les eaux depuis 20 millions d'années.Quelque 5 000 dauphins auraient vécu dans les eaux du Yangtsé il y a moins d'un siècle, selon le site baiji.org,
fondé par des associations de différents pays qui se consacrent aux
espèces menacées. Une expédition conduite en 1997 n'avait permis de
repérer que 13 individus. Victime d'une pollution dévastatrice, de la
pêche illégale et du trafic fluvial, le baiji est la première espèce de
cétacé à subir les conséquences de l'industrialisation en s'éteignant. (source : Le Monde)
JT de 20h, France2, copie conforme du journal de Pernaud :
Les vacances d'Iznogoud, insignifiantes au plus haut point : environ 8 minutes.
Une plage en France, connue seulement des initiés : environ 5 minutes.
25 millions de sans-abris en Asie, suite aux inondations : 10 secondes. Selon l'Unicef, des millions de personnes pourraient contracter le paludisme, la dengue et d'autres
maladies si les autorités n'apportent pas dans les jours à venir médicaments et nourriture aux personnes
sinistrées.
La priorité de l'info me laisse pantoise et écoeurée.
J'ai un problème : je crois qu'au bout de quatre ridicules jours de cours, ma voix défaille déjà. Comme dit S., j'ai ma "voix de Robert". Et depuis hier soir, je le sens bien, j'ai mal à la gorge. Pas comme quand on a la grippe ou je ne sais quoi. Non, une sorte de gêne, un noeud, une fatigue des cordes vocales. Ben mince, j'aurais jamais crû que le lycée, ça me ferait ça ! C'est dur, la vie d'artiste.
Il va falloir investir dans mes pastilles miracle, destinées initialement aux acteurs et chanteurs...
Au risque de me faire lyncher gratuitement, j'annonce que ma semaine est finie. Ben je suis quand même fatiguée. Pas la même fatigue qu'en collège, mais quand même. En plus, je n'arrête pas de chauffer du cerveau (les cours à préparer, les évalutations de seconde qui me sont tombées dessus en traitesses, etc), et de courir pour faire des tas de trucs (ma mère veut une nouvelle litière pour ses chats, il faut fignoler les trente ans de S., s'occuper de la maison, donner un cours particulier à un élève de première...). Alors je dis sans honte que je suis un brin fatiguée. Na.
Voilà, cinq heures de cours dont quatre non-stop (oui, je sais, ça paraît dérisoire face à la journée d'un Français qui travaille pour gagner plus, et qui mérite son salaire, lui, pas comme ces feignasses de profs) m'ont pas mal attaqué le capital énergie. Mais pas du tout de la même façon qu'en collège : mon énergie passait alors pour les 3/4 dans la discipline (en gros, sur 50 mn de cours, 10mn réelles étaient consacrées à la littérature), alors que là je pratique ma discipline. Je peux parler de littérature, analyser, faire chauffer mon cerveau. Certes, je m'emballe. J'ai pu constater que ma 2ème classe de seconde avait l'air plutôt faible. Je sais que j'aurai quelques désillusions à l'écrit. Mais j'ai envie de profiter de ce moment légèrement euphorique -pour une fois que ça arrive. En plus, une collègue avait gentiment déposé deux ouvrages de BTS tout neufs pour moi sur une table. Elle ne me les prête pas, non, elle me les donne. Piouh, c'est bon de se sentir exister, même si on est TZR.
Vais p'têtre demander une mutation en lycée de Zep en fin d'année, moi, à ce rythme. Oui, je sais, je ne l'aurai pas. Rabat-joie !
Après avoir fait pas mal de recherches et ruminé tout ça hier, je suis aujourd'hui dans l'action. Je me repose sur des choses qui existent déjà pour l'instant, en les agençant à ma sauce. Je ne peux pas faire mieux en 48h. Les secondes (générales) vont commencer par la nouvelle. J'enchaînerai par la suite avec un mouvement littéraire et culturel (je penche pour le Romantisme et/ou le Réalisme car j'ai deux classes). Quant aux BTS, je relativise : la méthode de la synthèse ressemble pas mal à celle de l'analyse des corpus du Bac français. J'aurai ces élèves une heure en classe entière, et deux heures en demi-groupes. J'ai un peu plus de sang-froid, même si la petite boule au ventre est bien là. Il me faudra deux à trois jours pour la gérer. Ensuite, je prendrai le pli assez facilement, me connaissant. Ceci étant, le travail n'est pas le même au niveau de la préparation des cours, je le vois déjà. Et je crains les corrections de copies, bien plus longues, mais pas forcément meilleures qu'en collège...
Finalement, aujourd'hui, une autre TZR va distribuer les livres. On s'est réparti la tâche. Donc, hier, au milieu de centaines de livres qu'il a fallu soulever, déplacer, distribuer, j'ai eu de petites perles d'élèves quand ils arrivaient jusqu'à moi pour émarger :
* _ Vous avez bien dix livres ? Bien, vous émargez, alors. Hésitation de l'élève. _ Euh, ça veut dire quoi, "émarger" ? _ Vous signez, pour prouver que vous avez récupéré vos livres.
Après ça, je n'employais guère ce verbe incompréhensible pour certains, contre ma volonté. Il y a aussi ceux qui signent de leur prénom. Non-sens absolu selon moi, mais ce n'est pas la première fois que je vois cela.
* On plaçait les livres de langue et les options en bout de table. Evidemment, les élèves ne regardaient pas les couvertures. Un jeune homme arrive vers moi, et demande : _ Euh, celui-là aussi, je le prends ? _ Vous faites allemand ? _ Non... _ Vous voulez faire trois langues au lieu de deux ? _ Non... _ Alors reposez donc ce livre d'allemand.
Sur six ou sept classes, j'ai vu UN SEUL élève choisir ses manuels en fonction de leur état et de leur apparence. Et dans cet énorme lycée, il n'y a qu'une seule classe de littéraires (pour quatre scientifiques blindées à plus de 30 élèves chacune). Ils sont 24. Je ne pensais pas qu'on en était encore là.
J'avoue, chers lecteurs, vous avoir laissés sans nouvelles volontairement pendant trois semaines : je me suis sevrée du net. Je n'ai pas même cherché à me connecter d'un quelconque cybercafé en Espagne. Je devais préparer des posts par avance avant mon départ, mais je n'ai pu en faire qu'un. Je suis nulle pour les jeux et devinettes (pas comme Ed), et j'avais trop de choses à faire (ce qui est encore le cas : l'appart ressemble aux coulisses d'un cirque). Je ne suis pas totalement reposée après ce congé ensoleillé : je rêve presque toutes les deux nuits du collège, par exemple... Je prendrai le temps de mettre une ou deux photos en ligne dès que possible, mais je stresse de voir l'appartement dans un tel état. Il FAUT que je le range et le nettoie. Aurais-je des tocs, avec l'âge ?
Ohlalalalalala, mon sac ressemble à celui d'un sherpa ! Avec la valise d'arc en plus, ça promet, demain, dans le métro... Je vais avoir l'air d'une méga touriste -ou d'une aventurière, tiens. Mes habits "techniques" (Northface, Millet...) jouent un rôle là-dedans, c'est certain. Mais au moins, je ne porterai pas de coton durant mes 8 heures de voyage en train et je resterai au sec. Et toc.
Sinon, je tenais à vous dire que, cette fois-ci, j'ai préparé des messages à l'avance. C'est rigolo de les voir exister dans le "(futur)" comme dit canalblog. Bon, je vais me faire un petit scrabble en ligne, histoire de me détendre (car je stresse généralement pas mal avant ce genre de voyage).
Histoire d'embêter Pascale, je vais laisser un message du genre : "je m'absente pour une dizaine de jours blabla". Je serai dans les Hautes-Alpes, avec des sportifs. Je vais retirer la rouille de mon arc, en même temps. Ensuite, à mon retour le 25 au soir, je referai mon sac pour partir le lendemain en vikend à Honfleur. J'aime bien faire des trukkks.
Mais blogger va me manquer quand même, évidemment.
Alors quelques petits mots à mon retour me feraient plaisir... J'dis ça, j'dis rien, hein.
"On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on
n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est." (Jean Jaurès)
Pourquoi ai-je choisi ce métier ? Qu'est-ce qui fait que je continue à enseigner ? Pourquoi éditer les perles de mes élèves ? Voilà les questions sous-tendues par le commentaire de Papistache. Je vais tâcher d'y répondre au mieux...
En
troisième, âgée 13-14 ans, j'ai décidé de devenir prof. Sans doute
parce que j'étais fascinée par certains enseignants, mais aussi parce
que la passion de la littérature me dépassait : je voulais la partager
avec des élèves plus tard. Mes études ont été orientées uniquement vers
ce but. J'ai aussi passé mon BAFA, avec beaucoup de plaisir (et
d'abnégation, il faut le reconnaître). Arrivée au pied du mur, j'ai
pris peur. Et si je n'étais pas faite pour ça ? Et si j'étais mauvaise
? Et si je m'effondrais ? Et si je ne parvenais pas "à les tenir" ? Et
si, et si, et si... Donc, après la Maîtrise et avoir passé l'Agreg
(+ le Capes, le tout en dilettante, sans y croire vraiment), j'ai
travaillé pour payer les factures. Lorsque j'en suis parvenue à
répondre au téléphone (au bout de six mois), j'ai démissionné. Je ne me
sentais bien nulle part, et j'avais l'impression d'avoir fui. Un mois
plus tard, je commençai mon premier remplacement dans un lycée pour
handicapés moteur, sans avoir au aucune formation pédagogique réelle. Les
cinq premières minutes de cours ont été déterminantes. Mais j'ai
compris que je ne pouvais faire un autre métier que ccelui-ci. Je suis
devenue accro. Et quand on dénigre le terme de "vocation", je crois que
c'est un tort : je suis faite pour cela. Il n'y a que dans une
salle de classe que je me sente à ma place sur le plan professionnel.
J'y ai juste assez d'indépendance, pas mal de liberté et beaucoup
d'autonomie. Chaque jour, chaque cours est différent. Peu de métiers
offrent cela.
Mais j'ai mes périodes de doute; mes jours où je
ressors le sourire aux lèvres, et puis ceux où les larmes ont envie
d'affluer. De grands moments de découragement. Je me raccroche à ces
sombres chiffres qui disent que si l'on parvient à toucher / à faire progresser UN élève par
classe, c'est déjà beaucoup et que cela justifie nos souffrances et nos
efforts.
Alors, pour faire comprendre ce que nous vivons au
quotidien, j'ai décidé un jour d'ouvrir un blog. L'enseignement y a
pris de plus en plus de place. Sans doute parce que les conditions dans
lesquelles nous exercons notre métier sont de plus en plus difficiles.
Ou parce que mon métier a envahi ma vie. J'ai perdu un ami (celui qui
m'a "incendiée" dernièrement par mail), entre autres parce que selon lui, il
s'adressait toujours à la prof, jamais à l'amie...
Oui, je suis prof, à 100%. J'aime mon métier même et
surtout si je le critique beaucoup. Je crois que les enseignants qui
passent ici et ceux que je lis via leurs blogs sont des passionnés. Et
qui dit passion, dit souffrir, aussi.
Les perles de mes élèves ne sont qu'une façon de :
évacuer mon stress et mon désarroi
faire partager ce que je nomme peut-être à tort de l'humour absurde (non intentionnel, j'en ai conscience)
faire un état des lieux pour ceux qui n'ont pas le nez dans le guidon
Quand je note ces perles, je n'y mets jamais le nom
des élèves. Je mentionne juste le niveau et le type de devoir. J'oublie
très vite qui a écrit quoi. Je n'y vois aucune méchanceté. Pas de rancune ou de
vengeance là-dedans. Alors que
souvent, les élèves appuient là où ça fait mal...
Voilà l'état des lieux de mes 6 ou 7 ans de
carrière. Tant que je garderai une forme quelconque d'enthousiasme, je
continuerai à enseigner.
Contre la morosité ambiante, une seule solution : sortir, se bouger. Alors je vais aller faire un tour vers les grands magasins, je pense. Parce qu'en tant que parisienne, je peux me payer ce luxe : jouer à la fille qui a des pépettes à dépenser, évoluer dans tous les rayons, puis repartir bredouille.
Par la même occasion, je jetterai un oeil aux fournitures scolaires (profitons-en pendant que la plupart des schtroumpfs sont en vacances avec leurs parents et leur hurlent : "Ouinnnn, y' fait pô bô ! L'eau est froide !"). Puis à la Queufna.(Tiens, en cherchant une autre façon d'écrire "FNAC", je me dis que, finalement, ce magasin est le snack de la culture...) Et pis chez Sephora. Et pis chez Scoregames. Et pis, et pis... Je noierai mes idées noires dans des occupations typiquement futiles et capitalistes, quoi. Même pas peur. Même pas honte.
Les problèmes insolubles des «Hauptschule» illustrent la faiblesse d’un système scolaire à trois vitesses.
Par Nathalie Versieux
Libération : mercredi 8 août 2007
Il y a un an, un
tremblement de terre secouait l’univers scolaire outre-Rhin. Une
poignée d’enseignants lançaient par voie de presse un appel au secours,
constatant leur incapacité de continuer à enseigner dans leur collège
de Neukölln, un quartier défavorisé de Berlin. Indiscipline, racisme
entre minorités, violences, vandalisme… «Nous formons ici de futurs criminels et terroristes», résumait alors une professeure. L’école Rütli présentait tous les syndromes du dysfonctionnement d’une bonne partie des
Hauptschule, ces établissements du secondaire réservés aux adolescents en échec scolaire.
«Dans 16 % des Hauptschule allemandes, il n’est plus du tout possible d’enseigner», rappelle une étude de l’Institut Max-Planck, en listant ces dysfonctionnements.
Aujourd’hui, le calme est revenu à l’école Rütli.
«Nous avons de nouveau un directeur, davantage d’enseignants, de
moyens, et même trois travailleurs sociaux issus de l’immigration»,
pour faciliter le dialogue entre familles et professeurs. Près de 83 %
des adolescents de l’école Rütli sont issus de l’immigration (contre 33
% au milieu des années 80). En un an, l’ambiance au sein de
l’établissement s’est améliorée. Des initiatives ont été lancées pour
développer des ateliers de musique, de boxe ou de danse. Un groupe
d’élèves a même lancé Rütli-Wear, une collection de tee-shirts vendus à
l’extérieur de l’établissement.
«Mais, pour les élèves, pour leurs chances d’avenir, rien n’a vraiment changé», déplore Petra Eggebrecht, professeure à l’école Rütli,
«par conviction», depuis 1970.
«Les rares élèves qui parviennent à décrocher leur diplôme de fin
d’études ne trouvent pas de place d’apprentissage. Il est temps
d’abolir le système scolaire à trois vitesses», en vigueur dans la plupart des Länder allemands et qui fait des
Hauptschule un «dépotoir» aux yeux des employeurs potentiels.
Cette année, aucun des élèves de la 10e classe (qui préparent leur
diplôme de fin d’études) n’a pour le moment trouvé de place de
formation en alternance pour la rentrée.
«Echec». A l’origine, les
Hauptschule étaient le pilier du secondaire en Allemagne. Seuls quelques élèves passaient par les prestigieux lycées
(Gymnasium), conduisant au bac (40 % d’une classe d’âge obtient ce diplôme). Aujourd’hui, la moitié des élèves atterrissent en
Realschule, de niveau intermédiaire et pouvant aussi déboucher sur un bac. Les moins chanceux échouent sur les bancs des
Hauptschule.«Vous retrouvez là les 10 % d’une classe d’âge en échec scolaire
depuis le primaire, et avec eux une concentration de problèmes en tout
genre : sociaux, cognitifs… Ce genre d’école ne peut par définition
s’en sortir qu’avec de très bonnes compétences, d’excellents
professeurs et davantage de moyens que les lycées. C’est rarement le
cas», déplore Siegfried Arnz, chargé du dossier des
Hauptschule au sein de la municipalité de Berlin. Arnz sait de quoi il parle : il a pendant dix ans dirigé l’une des rares
Hauptschule de Berlin à être citées en exemple dans la
capitale pour son ambiance de travail et son absence de violences. Sans
que cela augmente pour autant les chances de débouchés des élèves. «A Berlin, où le marché du travail est très tendu, les
entreprises préfèrent former des jeunes issus des Realschule et même
des lycées plutôt que ceux qui viennent des Hauptschule,
regrette le pédagogue.
Dans les
Länder du sud et de l’ouest du pays, où la situation
économique est meilleure, c’est un peu différent : les entreprises se
rendent compte qu’elles ont davantage intérêt à former un élève
peut-être médiocre mais qui restera dans l’entreprise, plutôt qu’un
lycéen qui se lancera ensuite dans des études supérieures. A condition
que ces élèves respectent les règles élémentaires de discipline et de
ponctualité.» Ce qui est loin d’être acquis dans les
Hauptschule des grandes villes.
Petra Eggebrecht semble
parfois découragée. Au sein de l’école Rütli, elle gère avec sa
collègue Steffie Kraemer-Evertz une classe de huit élèves en grande
difficulté, âgés de 14 à 17 ans. Les deux enseignantes sont assistées
de deux travailleurs sociaux. Quatre adultes pour huit jeunes… Ce
n’est pas trop. «Avec eux, il faut tout reprendre de zéro : maîtrise de l’allemand, écriture, lecture, mathématiques, comportement… précise Steffie Kraemer-Evertz.
L’objectif est de leur permettre de réintégrer à la rentrée une
classe normale dans l’école. Avec le groupe qu’on a cette année, je
suis sceptique. Je ne sais pas qui va y parvenir. Le niveau est très
très faible, et les problèmes de comportement considérables. Ici, c’est
un peu comme dans une famille. Noyés dans une classe, j’ai peur que ces
jeunes ne s’en sortent pas…»
Ce jour-là, en début
d’après-midi, Hussein, Marcel et Aleczander sont encore là. Deux filles
qui perturbaient la classe ont été renvoyées chez elles. Difficile
d’ignorer la présence de Hussein, 16 ans, qui dessine dans un coin. Ses
réactions semblent imprévisibles. Le garçon parle fort et prend la
parole à tort et à travers. «Moi, j’ai commencé à sécher l’école en CP», fanfaronne-t-il. Avant de regretter que ses parents ne viennent jamais aux entretiens prévus avec les enseignants
. «De toute façon, ils ne savent même pas dans quelle école je vais !»
Bien souvent, ce sont
les professeurs qui se rendent dans les familles pour nouer le contact.
Marcel n’ouvre pas la bouche, perdu dans la lecture d’un roman
d’action. Il est l’un des rares Allemands de l’école et arbore un
profil de bouc émissaire. Aleczander s’agite à la cuisine : il a
préparé pour le déjeuner une spécialité d’ex-Yougoslavie.
Individuellement, les jeunes sont attachants. «Le problème, c’est l’absence d’adultes de référence offrant un modèle positif, insiste Steffie Kraemer-Evertz.
Les parents ne travaillent pas. Certains n’ont de toute façon pas le droit de travailler, du fait de leur statut en
Allemagne. Ils ont fui des régions en crise, ne sont pas expulsables,
mais on ne leur accorde pas pour autant de permis de séjour ! Enfants
et parents n’ont aucune perspective. Nous avons des élèves qui sont les
seuls de leur famille à se lever le matin.»
«Aucun avenir». Dans ces conditions, pourquoi maintenir les
Hauptschule ? Enseignants et pédagogues réclament l’instauration du secondaire à une, au pire à deux vitesses. Dans ce type de système,
«les meilleurs aident les plus faibles et servent d’exemple. Les
jeunes des milieux défavorisés se rendent compte que, en travaillant,
ils peuvent s’en sortir», plaide Steffie Kraemer-Evertz.
«Les Hauptschule n’ont aucun avenir, parce que les parents engagés refusent ce type de scolarité»,
insiste Ernst Rösner, chercheur à l’Institut de recherche scolaire de
Dortmund. Seuls 10 % des parents allemands sont prêts à envoyer leur
enfant dans ces établissements. 80 % des élèves des 5 000
Hauptschule sont d’origine étrangère. A ce jour, seuls le
Land de Schleswig-Holstein et la ville de Hambourg ont décidé leur
prochaine suppression au profit d’une scolarité à deux vitesses.
Cela ne m'était jamais arrivé, mais il faut un début à tout : nous avons eu un dégât des eaux cet après-midi, en partie par ma faute. L'appartement a été rempli de 5cm d'eau à peu près partout... En gros, quand j'ai voulu changer le robinet d'arrivée d'eau, j'ai crû qu'il y avait une fuite. J'ai cherché le compteur d'eau pour suspendre le débit, mais il était impossible à repérer dans l'appartement. Et j'ai continué, bêtement. Une fois le robinet dévissé, l'eau a surgi avec une force incroyable. Je me suis retrouvée totalement impuissante face à un tel flot (8 à 10 bars, quand même...). S. était là, dieu merci. Elle a coupé l'électricité (je criais tant et plus de le faire) puis passé plusieurs coups de fil (beau-père, pompiers), et a ensuite réquisitionné un voisin. Le compteur d'eau se trouvait...sur le palier, dans une armoire fermée à clef. Pendant ce temps (à peine cinq minutes, je pense, mais ça paraissait terriblement long), je luttais contre la pression avec un torchon ridicule, histoire d'affaiblir le débit. Foutaise. C'est bizarre, dans ma panique, comme j'étais trempée en dix secondes des pieds à la tête, je hurlai et je retirai mon pantalon. On a des réactions étranges, quand même. Si le voisin était allé jusqu'à la cuisine, il m'aurait découverte en culotte et top dentelle, comme si je sortais de la douche...
Heureusement, presque tout est sec (sauf les tapis). Des machines tournent (toutes les serviettes éponge y sont passées), toute l'électronique est saine et sauve (ordinateur, enceintes, frigo, etc).
Mais je n'ai rien fait d'autre de mon après-midi. Enfin bon, maintenant, on a beau robinet tout neuf.
Pfff, chuis trop nulle : je n'ai pas vérifié à quelle heure j'étais censée avoir les 3èmes, qui sont en phase de révision ce matin (ce qui est assez stupide étant donné qu'un prof normalement constitué a passé ces deux dernières semaines à le faire avec eux). Bref, je les avais les deux premières heures de la matinée. Et je me suis levée à 6h30, comme d'habitude. Les yeux collés, comme d'habitude. Voilà pourquoi je peux faire une note à 7h40 du matin. Sinon...