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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
28 janvier 2008

le sens de l'équilibre

Funambule2

J'ai passé presque deux heures et demi au lycée pour simplement établir un plan de bataille, avoir des clefs, des bips, des listes, un code de photocopies... Et je poursuivrai demain matin avec les cahiers de textes des quatre classes.
Je vais devoir jongler pour ce nouveau remplacement car le deuil de la prof est, disons, tendu. J'ai aussi pas mal d'élèves à problèmes, si j'ai bien compris. Il faudra donc être entre rigueur et sensibilité... Telle un funambule sur des échasses, quoi.
La chose importante, c'est que les équipes ont l'air très solides et soudées. J'ai eu de bons échos sur ce lycée technologique autour de moi. Il n'empêche que le stress est bien là.
Petit détail rigolo : je vais retrouver en seconde l'un de mes élèves de troisième de l'an dernier.
Sinon, je n'ai jamais vu une salle des profs aussi conviviale et spacieuse : il y a même un billard français et un babyfoot ! A part ça, mon emploi du temps est moyen : une semaine sur deux, je suis tous les jours au lycée.

Bon, je vais organiser un peu tous mes documents et commencer à potasser les manuels...

PS : ce matin, dans mon "ancien" lycée, une de mes classes de seconde a voulu me revoir : ils n'avaient pas pris acte de mon départ malgré tout. La PP m'a dit que vendredi, ils étaient "choqués", dixit... C'est bon pour l'ego, je dois bien l'admettre.

 

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11 mars 2008

Alakon

peregoriot

Hier, en classe de seconde Stimorol, étude du portrait du père Goriot. Nous analysons les indices de sa déchéance.

Herky lève la main :

_ On peut dire aussi qu'il est moche... Parce qu'avant il allait voir "les filles" et qu'il ne peut plus parce qu'il est moche.

_ Euh, Herky, lisez le chapeau en italiques à gauche du texte pour comprendre qui sont "les filles"..., lui répondis-je avec un sourire.

Trois minutes après, je fais une phrase qui s'achève par "... les filles du Père Goriot. Car ce sont SES filles..." en regardant Herky, sur le ton de la taquinerie, sans rien d'autre.

Le voilà parti dans un délire du type :

_ Vous me prenez pour un imbécile !

_ Je n'ai jamais dit cela d'aucun de mes élèves, Herky.

_ Ouais, c'est ça, prenez-moi pour un con ! J'aime pas ça !

_ Et moi je n'aime pas la vulgarité; vous prenez la porte.

Un de ses camarades ajouta alors :

_ Il a raison...

_ Vous voulez l'accompagner, peut-être ?

Bizarrement, non, il n'était pas assez frondeur pour cela.

Ceci étant, ce matin, Herky arrive en cours en me montrant son carnet : l'un de ses parents demande un rdv suite à l'exclusion du cher petit.
Ma rentrée a bien commencé, je trouve.

Ajout du 12 mars, 19h : Herky m'a lancé un "C'est ok pour vendredi !" en arrivant en cours ce matin, au milieu du brouhaha. Je verrai donc les heureux géniteurs de ce petit vendredi matin à 10h.

31 janvier 2008

First appearance

Hier, donc, première journée de cours...

(Côté fonctionnel, j'ai deux classes de seconde, deux classes de première STI, 21 heures de cours par semaine, je bosse une semaine sur deux tous les jours sauf le jeudi (c'est le cas aujourd'hui, alléluia), le mercredi est très lourd, la somme de boulot à rattraper astronomique...)

Mon mercredi a débuté sur les chapeaux de roues : à cause des taxis, j'ai mis 2h15 pour arriver au lycée au lieu de 35mn. Il a donc fallu que je m'excuse pour ce râté, que les élèves soient prévenus, que je me calme au lieu de cumuler les différentes couches de stress...

TAXI

J'ai donc annulé la première heure de ma journée avec des premières. Pour la deuxième, j'ai eu 13 absents dans cette même classe. Un bonheur pour faire cours. Pause-déjeuner, photocopies. J'ai enchainé avec une heure de seconde. Bilan très moyen : ils sont bavards et semblent indisciplinés. Mettons cela sur le fait qu'ils n'ont pas eu français depuis un mois.
Ensuite, trois heures d'affilée avec l'une de mes premières. Ils ont l'air inquiets pour le Bac, ce qui est bon pour moi. Le courant a semblé passer, sauf avec une élève qui, du stade avachie-sur-la-table, a fait émerger une main levée entre les deux heures pour me dire lymphatiquement : "M'd'ame, c'est l'heure de la récré". C'était dit sur le ton de "Libérez-moi !"
Elle a été reçue comme il se doit par un glacial : "La pendule, c'est moi. Et si vous m'aviez laissée finir ma phrase, je vous aurais libérés maintenant. Si un jour j'oublie ma montre, mademoiselle, je vous demanderai de m'indiquer l'heure." Le tout couronné d'un regard noir.

montre_molle_Dali

Parce qu'il y a quelque chose de rigolo dans tout ça : il paraît que ma réputation me précède. Sachant qu'un seul élève dans le lycée me connaît de l'an dernier (je l'avais en troisième), je me dis qu'en dehors d'un fantasme des ados et du "téléphone arabe", il n'y a que lui qui ait pu parler de moi. Bref. Ma réputation est la suivante : je suis super sévère.

ROTFL

1 février 2008

Tête au carré, année au cube

Jules_Verne_illus


Dès le premier jour de cours, j'ai eu une perle... Je fais relire aux élèves de Première le texte de Jules Verne qui était proposé en commentaire au Bac blanc. Un appareil de notes était indiqué sur chaque terme posant problème.
Ils lisent à voix haute les uns après les autres. L'un d'eux me lit ceci : "...en cette année 1871 au cube..."
En fait, la note n°3 était indiquée pour l'année 1871...
Evidemment, il était tout gêné. Il a avoué avoir choisi la dissertation à cause de ces nombres mathématiques qu'il ne comprenait pas...

6 mars 2008

Embarquement immédiat

J'avais ouvert un oeil à 7h35, en me disant que c'était assez idéal pour profiter de ma matinée et faire tout ce que j'ai à faire. Mais je me suis rendormie jusqu'à 8h50. Tant pis. Là, après un petit-déjeuner qui a traîné, une douche, et avoir ramassé le vomito des chats (merci à eux), je vais me mettre au boulot.
Peaufinage de cours, puis attaque d'une série de copies de première sur un extrait de Musset...

J'ai réécouté l'album de Juliette, mais je ne suis pas encore prête à faire un post dessus. J'envisage aussi d'en faire un sur Raphaël.

avion_nounours

Envie de prendre l'avion pour partir vers un ailleurs qui m'oxygènera. Rome, Barcelone, Londres... Pas très original, mais j'ai envie de cela. Poser mes valises sans culpabilité, tout laisser en plan pour vivre pleinement. Pour changer. Pour couper la monotonie quotidienne. Pour m'exalter. Pour faire des photos. Pour alléger mon plexus. Pour combler le manque. Pour vivre ailleurs. Pour me sentir encore plus vivre. Tout bonnement.

Mais je vais descendre les poubelles dans la journée, me commander des capsules de café, acheter du pain, travailler pour mes élèves.

C'est vivre aussi, sans doute...

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5 mars 2008

En scène !

Theatre_salle__Small_

Je viens de finir une présentation de huit pages sur la théâtre pour mes premières. J'ai mis presque deux heures. Elle me servira aussi pour la prochaine séquence de seconde.
Je donne la priorité aux cours et non aux copies pour l'instant. Il me reste encore beaucoup à faire (lire Le Cid, étudier plusieurs lectures analytiques, préparer des contrôles et des fiches...). Mais je peux être très efficace, quand je veux. Et je tiens à ne pas oublier que je suis en vacances, malgré tout...

Edit de 14h45 : j'ai fait deux lectures analytiques, presque trois, même. Pfiouh ! Maintenant, soit opération sieste rapide, soit lecture du Cid, soit un peu de copies de première... Ou alors m'endormir sur Chimène et Rodrigue, tiens !

cid_gravure

3 mars 2008

Quand y'en a plus...

Parce qu'il faut que je me motive pour mes quatre prochains paquets (ben voui, j'en avais bizarrement occulté deux...), voici les nouvelles perles de mes élèves de seconde...

Flaubert_educ_senti

Le sujet portait sur le début de L'Education sentimentale de Flaubert : il fallait voir la scène de la rencontre du point de vue de Mme Arnoux.

* pour cette croisade (= croisière)
* la brodure, le brodage, le sac à brodage, entrin de broder / elle commença à broder une paire de chaussettes
* son coeur sembalait
* de justèce
* des yeux ronds de bébé encore tout brillant
* un homme prit mon atension
*  dans le son du décor
* je leva les yeux, il fléchissa les épaules / ils ont fuient et ils ont sourient / leurs regards sont croisées
* Mes pensées étaient sur lui dans un bruit où les vagues percutaient la mer.
* Mes yeux me lansa un message.
* Son corps si fin était fini par ce cuir brillant.
* J'ai entendu le bruit sourd de ce pas rapide de l'homme vêtu de noir.
* La nourice arivea.
* l'odeur salée de la Seine
* elle s'amusa de s'apercevoir espionnée
* cette obscuritée au moins aussi brune que sa peau, afin de mieux contempler le somptueux éclat de son âme qu'elle supposait rayonnante.
* la fille qu'elle avait enfanté sous le nom familial de ce même homme qu'une nourrice s'occupait
* Une voix grave parut lui venir des profondeurs de la Seine telle une lame de fond.
* son visage faisant penser à une âge d'homme relativement jeune
* Ce corps tout dans la finesse était fini par ce cuir brillant de ces qui faisait resortir de ce personage une élégance.
* le bruit croissant des vagues percutant la ville
* il manquait une silhouette à mon paysage
* les rubans de ma descendance
* elle se sentis envahir de nombreux sentiment à cet bel inconnu.
* Que lui prennait t'elle de ressentir des frissonts qui parcourait tout le lomgt son corps ?
* Que ne fut pas sa meirveille de constater ce bel étalon !
* l'ésistance de sa vie famillial
* rien cas son allure / elle ne s'interaissai cas lui
* elle feinta de regarder
* chaque houlement de sa respiration
* ça la touchait presque la peau
* Il portait également un joli sourire.

 

10 février 2008

Emportée

pizza_cheese

Je me fais tancer par Ed gentiment, et elle a raison... Je me suis un peu laissée dépasser par mon emploi du temps de la semaine dernière, comme une bleue.
La fatigue est là, latente. Les élèves ne sont pas trop mal, hormis une classe de seconde désagréable avec toute l'équipe enseignante. Le programme des premières doit être bouclé en trois mois... Un peu de stress sur ce point, évidemment.
Les mutations intra approchent; je me remets en question... Période de transition, sans doute.

 

Alors le blog a été un tout petit peu mis de côté. Apologies.

 

Là, une pizza chauffe et je vais la manger sans scrupules. Oui, il est 15h30. Un problème ?

12 février 2008

Les jeux sont faits !

roulette_wheel1

J'aurais aimé répondre au jeune Skicon (quelle idée de pseudo !) qui a laissé un commentaire dans un langage approximatif, mais, étrangement, quand je vais au sujet "Insulte ?", il n'apparaît plus...

Rien ne va plus dans ma vie perso. La bille tourne, tourne encore, et ne s'arrête pas... Quelqu'un aurait un GPS ou une carte du tendre ?

Je "tiens" mes cours, mais je sens bien que je ne suis pas brillante.

Toujours autant de fatigue.

Il faudrait tout de même que je reprenne le tir à l'arc.

M'occuper l'esprit en travaillant sur des documents pour les premières. Voilà ce que je vais faire.

25 février 2008

Dring dring

L'ambiance à flux tendu est plus que tendue, actuellement. Je redoute une discussion punch ce soir...
Aujourd'hui, passage à la banque, courses, aspirateur. Peut-être une sieste, si je peux, aussi. Parce que la fatigue nerveuse s'accumule, et que j'ai du mal à la résorber.
Heureusement que je me fais des petites sorties et que je vois des amies.

Et puis je vais récupérer mon nouveau téléphone portable : j'ai grillé les points fidélité de ma mère pour en changer (le mien rend l'âme, je précise parce que sinon, je vais passer pour une vilaine capricieuse). N'empêche que je suis une prof high-tech, je trouve.

Samsung_E950

27 février 2008

Retour aux sources

Je suis bien trop à la masse en ce moment côté critiques littéraires (mes Télérama sont intouchés depuis un mois environ). Je vais tâcher d'y remédier car j'étais presque vexée que la Comtesse évoque un livre dont tout le monde parle et que je ne connaissais qu'à peine (la trilogie Millénium de Larsson).

mill_nium

J'ai aussi décidé de replonger dans mes musiques fondatrices, celles qui ont fait ma culture musicale de mélomane. Aujourd'hui, Led Zeppelin ("Kashmir" et "Stairway to heaven" tournent un peu en boucle ce matin). Et puis Ismaël Lo, sans doute. Ibrahim Ferrer. Du rock, aussi. Puis lire les livrets des opéras que je préfère : shame on me, je ne l'ai jamais vraiment fait... Poursuivre mon chemin vers les voix noires du jazz.

Led_Zeppelin_Posters

J'aurais eu très envie d'aller voir Bérénice aux Bouffes du Nord, mais c'est complet. Je m'y suis prise trop tard : Lambert Wilson et Carole Bouquet (dans le rôle-titre, j'aurais vraiment voulu la voir, l'entendre) attirent les foules.

Carole_Bouquet_

Il faudrait aussi que je retourne au Louvre. Je le connais trop mal. Avec Sandy, nous avions fait plusieurs fois la galerie de la Renaissance italienne. Mais j'ai aussi besoin de revoir des Delacroix, je pense.

Delacroix

18 février 2008

Aihi, aiho, on rentre du boulot !

sos_rouge

Deux conseils de classe aujourd'hui, dont l'un qui a duré 2h15... J'ai rarement fait aussi long, mais j'ai rarement autant ri. Cela compense. Entre autres petites phrases rigolotes, j'ai retenu ces deux-là :

"Il faudrait que l'on explique aux élèves de seconde que 1ère S n'est pas l'abréviation de "1ère SOS" ou "1ère Sympa" !"

"Celui qui ne pleure pas ne tête pas."

Allez, plus qu'un conseil et 20 heures de cours... Hum.

17 février 2008

L'internationale

mishima

C'est étrange comme j'ai toujours eu des "périodes" de lecture assez tranchées : les classiques en long en large et en travers de l'adolescence jusqu'à mes études littéraires incluses; des incartades vers l'Asie (Basho, Mishima...), la littérature érotique (une UE extra à la Fac avec Montaigne -si, si !-, Baudelaire, Pauline Réage...), la psychanalyse (Freud, Bettelheim, un peu de Lacan)...

Et puis il y a eu un peu de littérature hispanique, quelques polars (surtout Fred Vargas), la SF. Depuis quelques mois, je me suis tournée vers la littérature contemporaine étrangère, surtout anglo-saxonne et américaine. A quoi ces choix tiennent-ils, finalement ?


Le printemps passe.
  Les oiseaux crient
  Les yeux des poissons portent des larmes.


Quel plaisir!
  La Vallée de sud
  Embaume la neige.
 


Le vent d'automne
Plus blanc
Que les pierres de la colline rocheuse.
 


De tous les côtés
Les vents apportent des pétales de cerisier
Au lac des grèbes.


Matsuo Basho (XVIIème s.), Haiku

16 février 2008

Pique, coeur, carreau

arbalete

J'ai eu droit hier à un chewing-gum sur ma serrure de salle de classe; les autres jours à des " carreaux d'arbalètes" sur les plafonds (grand jeu du lycée, ça : des morceaux de stylos  armés d'un bout ultra collant que l'on jette dès que la prof a le dos tourné au tableau... Les petits salopiauds, ils sont doués et je suis vexée !).

La semaine à venir s'annonce chargée, évidemment : 23h de cours + 3 conseils de classe. Mais la délivrance des vacances sera bien là. Alléluia.

Ma vie perso semble chaotique mais je m'y retrouve, malgré tout. La cohabitation est-comment dire ?- épineuse. Je gère, cependant.

Et je retrouve une vie sociale. Un déclic ?

22 janvier 2008

Connivence

Mes élèves et moi avons ri, aujourd'hui. Non pas que cela n'arrive jamais, au contraire, mais ces rires avaient pour moi un goût particulier. Comme ces bonbons multicolores au dehors craquant et sucré, au coeur acide...
Ils dénotent la complicité que j'ai réussi à instaurer entre eux et moi, au bout de cinq mois. Ces échanges parfois absurdes mais jamais méchants. Des taquineries. Ces références à des notions que nous avons vues ensemble, des paroles que j'ai dites... Tout cela disparaîtra dans deux jours. Alors j'en profite. Je me lâche un peu plus, peut-être. Je leur donne tout ce que je peux. Le Comme un roman de Pennac. Une nouvelle sur la lecture lue à voix haute, en cours. Des voeux plus ou moins sérieux. Des imitations.

Florilège des rires du jour :

- Que veut dire le prêtre quand il parle "des faiblesses naturelles" des hommes ?
- On passe d'un corps à l'autre !, me clame, tout fier, un garçon.


dark_vador

Je fais lire un paragraphe à voix haute à chacun d'eux.
- Nwara, c'est à vous.
Je découvre qu'elle est quasi aphone. Je l'arrête en couinant :
- "I'm your father !" Allez, je vous épargne, je sais ce que c'est !

La classe était hilare.


jean_levi_s

- L'invention du livre de poche a complètement changé nos habitudes de lecture. Au fait, "de poche", vous avez fait le rapprochement ?
-Euh...
- C'est un livre qui tient dans la poche ! Celle du pantalon, derrière, ou la poche intérieure du manteau.
Comme ils restent un peu incrédules, je sors un petit Bobin en Folio, je le glisse dans la poche arrière de mon jean.
- Démonstration ! Le livre de poche...(je me retourne) tient dans la poche !
- Mais madame, c'est pas un jean, ça !, argue Dilemne.
-  C'est un Levi's, t'es bête ! lui rétorque sa voisine.
Elles rient, et les autres aussi.
- Euh, Dilemne, que vouliez-vous dire ?
- Ben, c'est pas un jean "moderne" que vous avez !
Eclats de rire.
- Vous voulez dire que je ne porte pas un slim taille 32 ?
Son rire vaut pour consentement.
- C'est sûr, Dilemne, qu'avec un slim, il n'y a guère de place pour un livre de poche !
Je la taquinerai le reste de l'heure :
- Au r'voir, Madame !
- La ringarde vous salue bien !


m_tro_guimart

Peu après le coup du jean...

- Vous vous voyez transporter un moyen ou un grand format pour lire dans le métro dans les années 50 ? (je montre leur cahier de texte pour exemple)
- Y'avait le métro, à l'époque ?

Dans leur esprit, je suis vieille. Ce n'est pas grave : c'est fou ce qu'ils me rajeunissent sans le savoir.


Au retour, une belle lumière blanche inondait les branches des arbres, la ville tout entière, la Tour Eiffel au loin.
Au retour, une douce lumière inondait mes pensées fatiguées. Sur le balcon.

Image_140

21 janvier 2008

Jack in the box

jack_in_the_box


Le paquet de copies de seconde qui avait disparu a fait sa réapparation ce matin en salle des profs. Un collègue de physique l'avait "malencontreusement" pris (avant les vacances de Noël, je précise) et s'en est aperçu ce week-end seulement...
Donc Bibi doit s'y coller. Pour jeudi maximum, je dois corriger les expressions écrites des BTS ET 26 devoirs communs de seconde (questions + écriture). Et clôturer mes cours.
Tout va bien.

14 février 2008

Chagrin de lecture

pennac

Daniel PENNAC, Chagrin d'école,

Gallimard, 304 p., 19 €

J'ai fini le dernier Pennac, Chagrin d'école. Je m'attendais à retrouver l'exaltation que Comme un roman m'avait procuré. J'ai sans doute placé la barre trop haut. Ou alors je n'étais pas à ma lecture.
Il y a des aspects un peu trop doctes, un peu trop pédagogues (démagogues ? je me suis parfois posé la question) qui m'ont laissée sur ma faim.
J'essaye de trouver en écrivant ce post ce qui m'aurait marquée positivement, mais je dois avoir l'esprit encore embué/vide : je n'y parviens pas. Ah si, 22 l'avait mentionné : un bon professeur se couche tôt. Et il faudrait avoir une formation de non-connaissance quand on veut devenir prof, pour pouvoir aider les "cancres", ceux qui ne comprennent rien. Et introduire l'amour dans l'enseignement.
Mais l'optimisme sans frein de Pennac me gêne : à le lire, on croirait qu'avec la bonne pédagogie, on peut "sauver" tous les cancres, tous ceux qui sont sur une voie parallèle, tous ceux qui sont complètement perdus socialement, scolairement, sentimentalement. Il parle du désespoir que l'on ressent quand on n'y parvient pas, justement.

Et bien non, en effet, on ne peut pas tous les atteindre. On ne peut pas trouver la voie qui va vers eux, ni la corde qui les remontera à la surface. On passe à côté sans les voir, aussi, parfois. On est impuissant, souvent. Ce sentiment-là est affreux, oui.

Mais être prof, ce n'est pas être un super héros, Monsieur Pennac. Ni être une super assistante sociale/infirmière/psychologue/accessoirement pédagogue.

Quand je me dis que j'ai peut-être changé la vie de cinq d'entre eux sur six ans d'enseignement, je m'estime heureuse. Très heureuse.

"Un grand livre commence longtemps avant le livre. Un livre est grand par la grandeur du désespoir dont il procède, par toute cette nuit qui pèse sur lui et le retient longtemps de naître."  (Christian Bobin, Une Petite robe de fête)

11 février 2008

Lasse

pause


Grande fatigue dès le réveil. Très peu d'entre vous savent pourquoi. Je dirais juste que les jours, les semaines, les mois à venir risquent d'être difficiles sur le plan personnel, je crois.
Alors soyez indulgents si le blog ronronne, si mes entrées sonnent un peu faux, si elles sont un peu trop tristes. Je m'appuie sur un minuscule ilôt de gens autour de moi, mais j'ai aussi le virtuel, quoi qu'on en dise.

19 janvier 2008

Bac + 1 qu'ils disaient

lucky_luke_la_corde_au_cou

Trouvées dans les synthèses des BTS sur la peine de mort (avec Voltaire, Camus, Plantu...). Dire que j'ai encore les écritures personnelles à corriger...

* le calvert
* le crime du criminel
* Votlaire
* "Plantu" (c'est le nom d'une oeuvre, évidemment)
* aboulir la peine de mort
* la question c'est toujours posés
* vouloir se répendir de leurs actes
* leur laisser une seconde change
* la peine capinal
* la suplice suprême afligé aux hommes qui ont comis des crimes et son jugé coupable
* une fois mort il en reviendra plus jamais à la vie
* l'abolition de la peine de mort n'est qu'un texte donne l'interdiction d'interdire la peine de mort
* la plus par des gens
* pour les qu'elles
* un épouvantail éffrait les oiseaux (et la prof, par la même occasion)
* comme il l'ai dit
* la mort est la perte de toute sensibilité (je suis donc loin d'être morte, c'est rassurant)
* on cordonne à mort (= on condamne...)
* un homme prêt pour une pendaison (= prêt à être pendu)
* le justice peut par erreurs se tromper
* il est donc impossible de reculer en arrière
* leur côté mal-saint (amen !)
* la peine de mort a était mis en place

Je vais me pendre, demain, en lisant les expressions écrites sur le sujet...

5 février 2008

Mâchez danois

stimorol

Bilan de ma journée :

 

  • deux heures de cours "Stimorol" (explication ci-après *).

  • un élève de seconde exclu pour forfanterie, pitrerie et insolence.

  • un autre a taggé en grand sa table durant mon cours, en y inscrivant des propos à la limite de l'antisémitisme. Il risque l'exclusion définitive, car ce n'est pas son premier méfait (évidemment, ça tombe sur moi).

  • j'ai la voix déjà fatiguée.

  • je me suis achetée de la lingerie en rentrant.

  • j'ai été écrasée dans le métro.

Alors j'estime que là, me saouler au Pepsi Max et prendre une douche, ne sont pas des options.

shower

* Vous vous souvenez de cette pub pour les chewing-gums Stimorol, avec un couple allongé sur un lit, mâchonnant, admirant le plafond alors que la pièce était inondée ? Le femme disait : "Il est beau le plafond, Igmar". Un cours Stimorol, c'est ça : ils regardent le plafond, et je parle toute seule.

28 janvier 2008

Président bling-bling

sarkonapolk9


Les brûlots anti Iznogoud commencent à fleurir... Le Nouvel Obs s'interroge sur ceux qui deviennent "sarkophobes". Patrick Rambaud a écrit une oeuvre satirique dans la veine de La Bruyère s'intitulant Chronique du règne de Nicolas Ier.
Même les médias parlent de la chute de points dans les sondages. A l'étranger, le capital confiance qu'il avait provoqué après son élection s'effrite grandement.
Bref, le vent tourne. Il était temps : ma télé et mes journaux manquaient d'air. Et moi aussi.

19 janvier 2008

Impertinente pertinence

Eric Chevillard, 103, 14 janvier 2008 :

"Ayant obtenu le meilleur job, la plus belle fille, la plus grosse montre, l’homme s’assit au sommet de la montagne qu’il avait gravie. Il leva les yeux au ciel. Décrocher la queue de Dieu comme il avait décroché la queue du Mickey ? Pour la première fois de sa vie, il chassa une idée présomptueuse. Mais alors, que faire désormais ? Il se mit debout, embrassa la vallée d’un regard et, relevant le col de son pardessus, commença à dégringoler dans les sondages."

sarkozy_napoleon

16 janvier 2008

Frappe avec ta tête

Bobo tête depuis la fin d'après-midi. Alors pas beaucoup d'énergie pour alimenter le blog today. I'll be back soon...


Jeudi 17, 13h : toujours mal à la tête, et plein de choses à faire... Poste, cours particulier, poubelles, essence dans le scooter, peut-être tir ce soir mais c'est loin d'être sûr. Avant toute chose, énièmes cachets à avaler, et sieste pour récupérer. Et demain, conseil de classe des BTS en fin d'aprèm alors que je n'ai pas cours ce jour-là. Réjouissons-nous, alléluia (je m'entraîne au cas où l'Eglise et l'Etat ne seraient plus séparés... Si je pouvais, je vomirais ma colère et mon inquiétude à ce sujet) !

vitrial_Montmartre

15 décembre 2007

Tombola de Noyel

2007_1213tombola0055

Jeudi, j'ai apporté au lycée cinquante livres, répartis en deux sacs, accompagnés de deux enveloppes chacun. Celles-ci contenaient les prénoms des élèves, ainsi que des numéros en fonction du nombre d'élèves par classe.

2007_1213tombola0060

Les livres étaient évidemment numérotés, et "siglés" chacun d'une lettre (R, T ou P). Dans un premier temps, on a tiré un nom/un numéro et j'ai distribué les livres progressivement.  Le hasard était le grand maître du jeu.

2007_1213tombola0062

Ensuite, j'ai dit aux élèves qu'ils avaient le droit de troquer leur livre contre un autre, si le genre ne leur plaisait pas : les lettres R, T et P signifiant roman, théâtre et poésie. Ainsi, ils négociaient sans savoir quel livre ils perdaient ni quel livre ils gagnaient.
Une fois les échanges effectués, ils ont eu le droit de déballer leur cadeau.

Là, c'était la partie fonctionnelle de cette tombola.

2007_1213tombola0059

Pour l'aspect "humain", je serai moins froide : je ne regrette absolument pas d'avoir pris du temps pour préparer ce petit Noyel littéraire. Les élèves étaient incrédules : personne ne leur avait jamais offert de livre de leur vie, pour la plupart. Et encore moins un prof.

Ils ont été emballés, je crois, sans fausse modestie de ma part. Dans ma seconde la plus forte, le hasard a placé mes deux exemplaires de Rimbaud et l'unique Baudelaire. Ceux qui les ont gagnés n'ont jamais voulu s'en séparer ! Plusieurs auraient voulu les avoir, et je pense que cela va les inciter à acheter des recueils de poèmes...
L'autre seconde en aurait voulu aussi, mais ils n'ont pas été sans ressources pour me montrer qu'ils étaient ravis : les trois quarts de la classe ont voulu une dédicace, comme si j'étais une star... L'un d'eux veut m'offrir des chocolats la semaine prochaine. Je n'ai pas refusé, malgré ce qu'il venait de me dire : le recueil de Musset qu'il a tiré au sort sera son seul cadeau de Noël... Plusieurs sont dans ce cas, apparemment. Je n'y avais pas pensé avant de faire ce semblant de Noyel. Et j'avoue que cela m'a bouleversée.
Alors même si le jeune Toine n'a pas beaucoup d'argent, j'ai senti qu'il fallait que j'accepte de recevoir : donner ne peut fonctionner à sens unique; on doit savoir aussi accepter le cadeau de l'autre. Et mes élèves ont merveilleusement accepté ces oeuvres classiques, souvent difficiles, sans aucune condition, sans se plaindre, avec une sorte d'exaltation.

Il ne me reste que le mois de janvier à partager avec eux. TZR, c'est bien quand on est dans un établissement difficile et pénible : on sait que l'on va s'en aller, que l'on ne restera pas. Mais quand on est bien... J'en ai une boule au ventre, tiens.

9 décembre 2007

Boîte à idées

mere_noel_lolita

J'ai décidé que j'allais jouer la Mère Noël cette année avec mes secondes : j'ai plein de livres en trop (classiques, théâtre, poésie...), et je me suis dit q'uil serait judicieux de les donner à mes élèves, comme ça, sans condition.
Seulement voilà, je bloque sur la façon dont je vais les distribuer. J'en aurai 51 dans mon cabas, logiquement enveloppés . Quelle serait le moyen le plus sympa pour les donner ? Au début, j'avais pensé faire une sorte de quizz, mais sachant qu'ils vont tous avoir un cadeau, cela n'a plus vraiment de sens. D'autant plus que faire 26 quizz en une heure, c'est redondant, je trouve.
Je vous mets donc à contribution, parce qu'à plusieurs cerveaux, on a plus d'idées. A vos claviers !

cerveaux

NB : le principe final sera de faire une bourse d'échanges entre eux si le livre qu'ils ont gagné ne leur plaît pas.

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