Aujourd'hui, vous le savez, il y a : les européennes, la fête des mères, la finale hommes de Roland-Garros (et accessoirement mes virtuels neuf ans de rencontre avec S). Je me suis acquittée de mon devoir civique de façon assez amusante mais aussi ridicule. Sachant que je suis toujours inscrite sur les listes électorales de mon ancienne ville, je me rends dans ce que je crois être mon bureau de vote, le n°10. Là, on m'apprend qu'en fait je dois me rendre au bureau de vote n°11, pas très loin, à cause d'un nouveau découpage administratif. Bien, soit.
Arrivée au n°11 (ça fait un peu Loto), une gentille petite dame est interloquée et suggère d'aller au n°10. Ben non, j'en reviens. Ah. Alors coup de fil pour vérifier. Finalement, je suis au bureau de vote n°37 (que l'on m'indique fort mal et je fais un tour de pâté de maison pour rien).
Moi j'dis, faut avoir envie de voter, car j'en connais qui auraient déjà renoncé.
Bref, j'ai pu m'acquitter de mon devoir civique, même sans ma carte électorale (zut et flute, où est-elle donc ? j'adore avoir mon petit tampon dessus !). J'ai eu le temps de voir l' affiche effrayante de Dieudonné (elle m'a glacé le sang), l'absence d'affichage sur certains panneaux (ça fait envie), mais aussi de constater qu'il y avait peu d'enveloppes dans les urnes... En attendant le retour de la petite dame qui causait au téléphone, j'ai aussi découvert que je pouvais voter simplement avec ma carte de prof ! C'est beau d'être fonctionnaire, parfois...
En milieu d'après-midi, j'irai voir ma mère et je dînerai avec elle, sans doute.
Oh my god, oh my god, oh my god ! Comment vous expliquer simplement et rapidement ce que je viens de comprendre, d'apprendre sur mes mutations ? Il y a eu des changements cette année sur le système des mut', et une nouvelle phase est apparue. J'ai crû que cette phase était un simple rappel de mes voeux... En fait, cette phase de "projet de mutation" est la mutation elle-même... qui a environ 90% de chance d'être confirmée demain... Et ce qui est indiqué sur Iprof comme projet... c'est mon premier voeu. Le lycée top qui est à moins de 2km de chez moi ! Vous croyez cela possible ? Oh my god ! Oh my god ! Oh my god !
Je suis allée à la pêche aux infos auprès d'un collègue syndiqué ce matin. Alors, si je résume, il y a un bémol : cette année, avec ce nouveau système de mutation, l'EN cherche à dézinguer les syndicats et les commissions paritaires. Du coup, pour parvenir à leurs fins, le rectorat annonce un projet de mutation avant la mise à plat des commissions de syndicats... Ce qui signifie qu'il pourrait y avoir des changements de dernière minute. Dans mon académie et ma matière, c'est évidemment en fin de semaine, logiquement vendredi tard : lundi 22... Je ne pourrai donc respirer que vendredi soir, voire samedi. Le pire, c'est que je ne connais personne dans les syndicats qui pourrait me rassurer plus tôt. Même ce soir à minuit, je ne pourrai me réjouir. Et pour tout dire, j'ai bien du mal à ne plus vouloir y croire...
Cette semaine, la consigne était musicale. Trois morceaux instrumentaux, qui m'ont désarçonnée... Voici pourquoi.
Ceci n'est pas un texte.
J’avais quinze ans environ.
J’avais choisi une colonie de vacances de trois semaines avec des activités
artistiques : photographie, calligraphie, danse.
Danse… Rien qu’à l’idée, j’avais
peur. Mal dans mon corps, timide à l’excès, pas encore assez vieille pour
comprendre ce que j’aimais dans le corps de l’Autre, complexée. Une
adolescente, quoi. Et puis je détestais danser.
Pourtant l’approche de la prof
fut aussi déroutante pour moi que géniale. Il s’agissait de danse
contemporaine, un peu dans le style de Carolyn Carlson, que je ne connaissais
évidemment pas. La première année de cette colo, je me suis tout pris en pleine
tête. Tous mes sens étaient en alerte, bouleversés de tant d’émotions. Je le
vivais même mal, cet excès.
J’ai décidé l’été suivant de
réitérer. J’avais seize ans. J’étais prête, enfin. J’ai pu utiliser mon corps à
des fins artistiques, sans être morte de honte. J’ai même fait alors mes
premiers autoportraits, genre photographique que je n’ai jamais lâché depuis…
Et puis il y avait la danse. J’acceptais enfin les conseils, les directions que
mes pas allaient suivre : je recevais, et donc je donnais.
Je comprenais que mon corps
pouvait être beau, en lui-même. Qu’il avait son propre langage, et que je
pouvais créer sa grammaire, ma
grammaire. Depuis, j’ai beaucoup occulté tout cela…
Pour les cours de danse, C. avait
un gros poste à cassettes (oui, c’est d’un autre âge, je sais) qu’elle
transportait partout. J’y ai entendu mille choses. Mais cet été-là, j’ai pris
deux baffes musicales : La Callas, et René Aubry.
C., pour le spectacle de fin de
séjour, faisait un solo sur « Casta diva », évidemment interprété par
Maria Callas. Je n’avais jamais rien entendu d’aussi beau. J’en ai pleuré, lors
de la première répétition. Je m’y revois
encore…
Et puis il y a eu René Aubry.
Musique instrumentale qui m’a accompagné les années suivantes, dans mon
quotidien. On avait du mal à trouver ses albums dans le commerce, et ceux-ci
valaient chers, à l’époque. Je les ai toujours.
L’écoute unique des morceaux de
la consigne m’a ramenée à lui et à ces souvenirs d’adolescence. Mais si je suis
honnête avec moi-même, je n’ai pas pu les réécouter parce qu’à la fin du film
que j’ai déroulé de mon passé, j’ai accroché un wagon supplémentaire :
vers la fin du deuxième séjour, j’ai poussé ma mère à me dire au téléphone ce
qui n’allait pas. Je sentais à sa voix, à chaque fois que nous parlions, elle à
la maison, moi dans une cabine, qu’une faille se faufilait. Et je n’avais pas
mon père en ligne, lui, le silencieux gourmand de téléphone.
On lui avait découvert des
ganglions et il devait se faire opérer. On mettrait en culture pour voir s’il
n’y avait rien de malin ; mais lui, le sportif, non fumeur, buveur d’eau,
ne craignait rien, n’est-ce pas ?
Bientôt 100.000 visiteurs sur mon blog... Le 100.000ème, si je parviens à le reconnaître, aura le droit à un cadeau...
J'ai la gagnante !!!! Cela se joue de quelques secondes entre Val et Laura...
Edit de 20h37 : après réflexion, Valérie renonce à son premier prix et offre son lot à Laura. Pour ma part, j'accepte son choix mais je lui donnerai un lot de consolation. Na !
J'annoncerai plus tard dans la soirée quels sont les cadeaux... Héhé !
Edit de 21h :
Laura a droit un livre dédicacé, avec possibilité de le remettre en main-propre !
Le lot de Valérie m'embête un brin car jenepeuxpasledire sinon yapudesurprise ! Mais je dirais qu'il a un grain...
Consigne 58 : Les éditions “DÉFI DU SAMEDI” cherchent pour leur nouvelle
collection “Yeux grands ouverts” des auteurs de littérature jeunesse.
La
collection “Yeux grands ouverts” sera destinée à un public de 5 à 8-9
ans (enfants qui commencent à lire seuls) et se propose de faire
découvrir aux apprentis lecteurs les réalités du monde. Tous les thèmes
de société peuvent être envisagés, en quelque endroit de la planète que
ce soit. Un seul thème sera traité par album.
Le défi sera
d’éviter de tomber dans la mièvrerie tout en gardant en tête que les
enfants devront pouvoir lire seuls chacun des titres de la collection.
Collection Yeux grands ouverts.
« Petit Poucet » (à
partir de huit ans)
Monsieur Victor est facteur au
bord de la mer et passe tous les jours devant les mêmes maisons. Un jour, il va
faire une rencontre étonnante avec Ludovic, un jeune garçon solitaire… Ils vont
être amis, jusqu’à ce que Ludovic
reçoive une lettre…
Petit Poucet
Monsieur Victor est facteur. Il
est assez vieux et va bientôt s’arrêter de travailler. Il vit au bord de la
mer, dans une petite maison grise.
Tous les jours, en faisant sa
tournée, il passe devant une grande, vieille et belle maison. Elle a un immense
jardin, un petit escalier de pierre, quatre fenêtres en façade et elle est
inhabitée. Il n’y a donc jamais de courrier à y déposer, sauf à l’époque où des
gens de la ville viennent s’y reposer pour les vacances.
Un jour, en passant devant la
maison, monsieur Victor voit un enfant caché dans le jardin. Il s’appelle
Ludovic. Personne ne savait d’où venait le petit garçon, mais ce n’était pas
grave : monsieur Victor et lui sont devenus amis au fil du temps. Ludovic
vit dans la grande maison vide.
Tous les jours, Ludovic attend
monsieur Victor parce que pour lui, le facteur est quelqu’un d’important. Et
monsieur Victor aime redevenir quelqu’un d’important. Quelqu’un qu’on attend.
A chaque passage du facteur,
Ludovic demande s’il a du courrier. Monsieur Victor a trouvé cela amusant, au
début. Puis, voyant que l’enfant est de plus en plus triste, il a essayé de
trouver une solution.
Il a suggéré à Ludo qu’il fallait
avoir une adresse et une boîte aux lettres, avec son nom inscrit dessus, pour
recevoir du courrier. L’enfant trouve la
remarque juste, et admet sans honte face à son ami qu’il ne sait pas écrire son
nom.
Après son service, monsieur
Victor revient vers la vieille maison au grand jardin, et de là ils partent
tous les deux se promener sur la plage. Chaque jour, le facteur apprend à Ludo
une lettre de son prénom. Ils écrivent avec application, à l’aide d’un bâton,
dans le sable, les lettres simples.
En une dizaine de jours, Ludovic
a appris à écrire son prénom. Et il l’a recopié, en se concentrant, sur la
boîte aux lettres verte : L.U.D.O.V.I.C. Il pense qu’il n’a jamais reçu de
lettres parce qu’il n’a pas eu jusque-là de boîte, avec son nom écrit dessus.
Et tous les jours il attend
impatiemment la venue du facteur. Mais il n’y a jamais rien pour lui. Monsieur
Victor lui donne des prospectus colorés, des publicités pour calmer son
impatience, mais Ludo, même s’il ne sait pas lire, devine que tous ces papiers
ne lui sont pas adressés personnellement. Il n’est pas idiot.
L’enfant parle moins à monsieur
Victor, et parfois, même, ne vient plus se promener en fin de journée avec lui.
Monsieur Victor, qui vit seul dans sa petite maison grise, sent qu’il faut
faire quelque chose de plus pour ne pas perdre Ludo.
Un soir, il s’installe sur sa
vieille table de cuisine démodée, et étale devant lui un bloc de papier avec
des lignes, une enveloppe blanche et un stylo à bille bleu.
Il commence tout d’abord par l’enveloppe,
sur laquelle il écrit soigneusement :
LUDOVIC
Grande maison rue des
Alouettes
Face à la mer
Monsieur Victor prend le temps
d’écrire posément, de son écriture penchée et un peu maladroite. Puis il passe
à la lettre. Il n’a pas écrit depuis si longtemps…
« Mon petit,
Je sais bien que tu ne
comprendras pas ce que je t’écris, mais tant pis. Te voir triste me rend triste
moi aussi, et je voudrais te redonner ce sourire que tu avais en arrivant ici.
Parce que grâce à toi, j’ai retrouvé le mien.
Et puis je vais t’écrire ce que
je n’ose pas te dire quand je te vois. J’ai peur pour toi, Ludo. Je ne sais pas
d’où tu viens, et peu importe, après tout. Mais je voudrais bien que tu
t’arrêtes un peu ici, et que tu ne te caches plus dans cette maison vide. La
mienne est petite, mais on pourrait très bien y vivre à deux, tu sais ? Je
t’apprendrais les autres lettres de l’alphabet, ou bien tu irais à l’école, et
puis après on irait pêcher, ou bien se promener. Tu aurais de nouveaux amis,
aussi.
On serait bien.
Je ferais un effort pour la
cuisine, même si depuis la disparition de Jeanne, je me laisse un peu aller.
Elle t’aurait adoré. Elle, elle aurait pu te faire des gaufres, ou d’autres
choses comme ça.
Mais on s’en sortirait tous les
deux, ensemble. Tu ne crois pas ?
Voilà, mon petit. Je vais
m’arrêter là, car je ne suis pas habitué à écrire des lettres. J’espère que
celle-ci te rendra le sourire.
A demain, mon petit Ludovic.
Victor »
Monsieur Victor plie la lettre et
referme l’enveloppe, qu’il met directement dans sa sacoche pour la tournée du
lendemain.
Comme d’habitude, Ludo se tient
devant la grille, attendant le facteur. Mais il n’a plus cette impatience des
débuts. Il n’espère plus vraiment.
Avec une certaine fierté,
monsieur Victor retire alors la lettre de sa sacoche et la remet à Ludovic.
Très surpris, l’enfant demande plusieurs fois si c’est vraiment pour lui. Il voit
son prénom sur l‘enveloppe, identique à celui écrit sur la boîte.
Mais il ne l’ouvre pas. Il la
cache sous son t-shirt, contre sa poitrine, l’empêchant de glisser avec son
bras.
Il se met à rire, lance un grand
« Merci ! » au facteur, et court vers la plage. Monsieur Victor
doit finir sa tournée. Il crie à Ludo qu’ils se verraient tout à l’heure, mais
n’a aucune réponse. L’enfant est sans doute trop loin. Et puis il y a le vent,
aussi. Content mais un peu triste, le facteur reprend son vélo et part.
En fin de journée, comme
toujours, monsieur Victor passe devant la vieille maison au grand jardin et
attend Ludo. Mais celui-ci ne vient pas. Ludovic est reparti comme il est venu.
Le vieux facteur redevient
silencieux. Il est blessé mais est aussi inquiet pour cet enfant qui lui a
donné tant d’amour sans le savoir.
Depuis, Monsieur Victor, tous les
jours, s’arrête devant la maison rue des Alouettes, et réécrit à la craie, sur
la boîte aux lettres verte, les sept lettres de l’alphabet qu’il préfère :
L.U.D.O.V.I.C.
Consigne 56 : vous pouvez inviter un écrivain à votre table, mort ou vivant... Que lui dites-vous ?
_ Arthur… Je peux vous appeler
Arthur ? J’ai passé ma vie à utiliser votre nom de famille, mais jamais
votre prénom.
Il sourit vaguement. Je prends
cela pour un consentement.
_ Honnêtement, je ne sais que
vous dire. Vous êtes là, et… Je suis comme une adolescente, un peu dépassée.
_ L’adolescence…, murmure-t-il dans un soupir.
_ Oui, la vôtre a été quelque peu
« agitée » d’après ce que l’on sait de vous…
_ Mmm.
Il se roule une cigarette. Je ne
fume pas mais j’aurais presque envie de lui voir en rouler une pour moi.
_ Arthur… Je me suis toujours
interrogée sur le Harar. Pourquoi ce choix ? Pourquoi l’Afrique ?
Il allume sa cigarette, avale
longtemps la fumée et ferme les yeux. Je me sens terriblement cruche. Je décide
de me taire. En fait, je ne veux le faire parler que pour découvrir chaque
grain de sa voix.
La nuque légèrement en arrière,
il recrache lentement la fumée et se met à parler.
J’écoute, hypnotisée. J’aurais envie de me distinguer, qu’il ne me trouve pas
pesante ou bécasse, alors que je bois ses paroles.
Je ne sais combien de temps il a
parlé. J’admire ses fines mains lorsqu’il garde les yeux fermés. J’ai hésité à
sortir mon appareil photo pour le prendre dans cette position, abandonné.
Je souris.
_ Arthur, je sais que vous étiez
intéressé par la photographie, là-bas…
Son œil s’allume encore plus. Et
là, comble du comble, nous causons photo, Rimbaud et moi ! Je lui parle de
mon envie de tout à l’heure de saisir ce moment incroyable. Il ne réagit pas.
Je ne passe pas outre. J’aurais peut-être dû.
Je dois lui sembler bien fade. Je
sens qu’il ne va pas tarder à partir, une fois que le vin sera fini…
_ Arthur, si je n’avais pas aimé
les femmes, je sais que j’aurais cherché un amour masculin vous ressemblant…
_ L’amour…, soupire-t-il dans un
souffle.
_ …
Je reprends quand même, quitte à
être ridicule –comme on l’est toujours face à ses idoles.
_ Arthur… Vous avez été mon
premier amour littéraire. Je ne comprenais grand-chose à douze-treize ans, et
c’est la même chose aujourd’hui. Mais vous étiez une lumière insaisissable, un
radeau poétique, une porte vers Ailleurs.
Silence.
_ Merci. Merci d’avoir été comme
un trésor qui ne semblait appartenir qu’à moi. A vingt-et-un an, je me suis dit
une seule chose : « Je ne serai jamais Rimbaud ». Je crois que
c’est mieux ainsi.
Il écrase sa cigarette. Se lève
doucement. Remet son col en place. Ce geste m’étonne.
Et puis, sans que je m’y attende,
il passe sa main dans mes cheveux, et caresse ma joue. Il me regarde droit dans
les yeux. Je frissonne. Il sourit. Il est magnifique quand il sourit.
_ Au revoir, Mademoiselle
Arthur !
Il s’éloigne en riant, les mains
dans les poches.
Je reste longtemps face à la
bouteille et à la chaise vides.
Malgré une bretelle de sac à dos cassée (mais comment ont-ils font en le passant simplement aux rayons X ?), je suis sur le bon chemin pour revenir : je suis connectée depuis la salle d'embarquement. Alléluia ! Et en plus, il fait beau. Donc aucune excuse pour ne pas décoller. Initialement, j'avais un siège côté hublot, là ce sera couloir... Toujours ça de pris. A demain, s'il n'y a pas de crash ou de mesures sanitaires concernant la grippe des cochons...
Ma première journée s'achève sur un break nécessaire à la maison. Par où commencer ? Je vais déjà mettre les premières photos en ligne.
Alors, le voyage en lui-même a été assez long : Paris-Montréal en sept heures environ (6000km coincée entre deux messieurs), puis passage à la douane US (effroyable ! avec prise des empreintes digitales sur ordinateur, photo du visage à la webcam, chaussures à retirer, formulaires à remplir avec la bonne encre...), attente pour le second avion. Mais l'arrivée sur NY a été splendide : en fin de journée, avec un soleil doux. J'ai découvert Manhattan, la statue de la liberté, la City depuis l'avion... Les photos sont claires à cause du hublot, mais je les adore déjà.
Sinon, aujourd'hui, nous avons pas mal bougé dans la ville et j'ai fait des repérages grâce à Kim. Mon expérience du jour : le cup cake chez Crumbs, le meilleur pâtissier pour ces gâteaux !
Le mien était le Rapsberry swirl, celui de Kim était le Grasshopper. Des preuves qu'il s'agit d'un monstre de gâteau anti régime ? Soit !
Ohlala, je n'ai pas encore eu le temps de traiter les photos prises hier et aujourd'hui ! :-( Récit de ma journée quand même : comme indiqué ce matin, je suis allée dans Chinatown et Little Italy. Honnêtement, c'est mignon mais bon, on en fait vite le tour. Tout est blindé de contre-façons dans les boutiques asiatiques et on est alpagué toutes les dix secondes. J'ai vite fui vers la partie italienne, mais celle-ci se réduit à une peau de chagrin : trois blocs de Mulberry Street. Je suis donc repartie vers le Midtown. Petit passage par Union Square puis Wall Street (pour acheter encore des dessous Calvin Klein qui ne sont même pas pour moi ! apffff). J'ai tenté de refaire le musée de la NYPD, en vain. Pour une obscure raison, celui-ci est fermé. J'en ai fait mon deuil, mais mes pieds aussi... Le pire, c'est que j'avais demandé à une fliquette toute bottée si le musée était ouvert. Direction la 34th pour enfin monter en haut de l'Empire State building. Je vous épargne la marche qu'il y a entre Wall Street et le métro tout ça tout ça. Arrivé en bas de l'Empire, on fait la queue pour : entrer, acheter un ticket (20$ pour le premier niveau, qui est au 80ème étage, et on rajoute 27 ou 36$ pour grimper à plus de cent mètres... Du vol !), donner son ticket, passer devant un type qui nous prend en photo et dit à tout bout de champ "Smiiiiiiiiiiiiiiiiile !" (j'ai refusé et me suis éclipsée vers la prochaine queue), entrer dans un ascenceur jusqu'au 80ème étage, puis prendre soit les escaliers (ce que j'ai fait sur six étages malgré mes papattes raides comme la justice) ou un deuxième ascenceur. Enfin, on arrive là-haut et... on fait la queue sur chaque façade pour pouvoir prendre des photos sans touristes ni grillage dessus.
J'ai acheté mon billet à 16h47 et suis ressortie de l'immeuble vers 18h15. C'est dire. Bon, je suis restée un bout de temps là-haut quand même parce que c'est beau et qu'il faisait bon (miracle, apparemment, et les habitants fêtent ça en mettant des tongs et des t-shirts parce qu'il fait 16°...). J'ai pris plein de photos malgré un léger vertige parfois...
Une fois en bas, je suis retournée voir le vendeur avec qui j'avais eu un bon feeling dans un magasin de souvenirs pour savoir s'il avait reçu les sweats NYPD qui m'intéressaient. Il faudra que je revienne dans quelques jours pour m'en acheter un moitié moins cher qu'ailleurs...
Avant de revenir, j'ai eu envie de m'offrir un Philly Cheese Steak mais j'ai résisté. Pour info, c'est une sorte de hot dog assez long, avec de la viande, du fromage et du chou, je crois. Il paraît que c'est délicieux. Son nom vient de sa ville d'origine, pas très loin d'ici : Philadelphie.
Je suis rentrée, Kim mourait de faim (il était 19h passées et elle avait fait son jogging), nous avons dîné puis nous sommes vautrées dans le canapé en regardant une émission de télé réalité édifiante sur des millionnaires qui cherchent l'amour...
Demain, si je parviens à ne pas me lever trop tard, j'irai voir la Statue de la Liberté et Ellis Island : il doit faire beau, ce serait donc idéal. Je tâcherai de ne pas revenir trop tard car samedi nous faisons une "balade" de 8km qui risque d'être encore bien éprouvante pour mes pieds...
Allez, histoire de ne pas vous laisser sans image, en voici une prise sur le net...
Ah, et pis j'allais oublier : j'ai reçu un signe du destin, je crois... Mes écouteurs d'Ipod sont morts aujourd'hui...
Aujourd'hui, j'ai fait l'expo Warhol. Celle dont on parle tant, celui que tout le monde croit connaître. N'étant guère sensible à cette tranche de l'art (j'entends pas là que je reconnais le talent, mais que les toiles ne me "touchent" pas), j'y allais assez optimiste et relativement vierge puisque je n'avais jamais vraiment vu de toiles de Warhol.
Malheureusement, je reste sur ma faim : la scénographie était relativement mauvaise (chronologique mais sans explications claires), les toiles un brin répétitives, surtout vers la fin de l'expo. Je reconnais l'aspect novateur de l'artiste, cela est incontestable. Mais peut-être qu'ayant ouvert la porte à d'autres peintres, son oeuvre me paraît moins percutante, du coup.
Ceci étant, j'aime sa recherche sur l'autoportrait (le travestissement, les photomatons...) qui traverse sa vie. A mon humble niveau, j'en fais depuis pas mal d'années et cette quête de soi m'a toujours fascinée. Mais il n'y avait pas de quoi satisfaire ma curiosité à cet égard, loin s'en faut.
J'aurais aimé que l'on nous parle plus de l'époque underground, du côté trash de l'artiste (mais il faut sans doute rester politiquement correct auprès du grand public). A ce propos, le public était varié et chargé en cri d'enfants. L'ambiance était assez étrange : comme si, finalement, nous n'étions pas à l'exposition d'un artiste immense et impressionnant. Dans les premières toiles, on découvrait les célèbres Marylin. J'étais devant, les connaissant forcément, et je les voyais comme si elles étaient encore une fois tirées d'un magazine ou éditées sur une carte postale. Les gens pensaient apparemment connaître l'oeuvre de Warhol, ce qui est fort prétentieux (mais comme chacun sait, les expositions sont les Champs-Elysées des pédants). Dans les perles entendues sur place, en voici deux.
Une quarantenaire à ses enfants et à sa mère : "Warhol, il a compris un truc, et ça c'est su-per bien. Et ça c'est important : il a compris un truc su-per !"
Un dame à la canne, à son amie : "Oui, Kafka... Avec ses oreilles de chauve-souris..." Et l'autre d'acquiescer.
Sinon, j'ai adoré les couvertures du magazine Interview qu'il avait créé.
Donc, au final, je suis restée sur ma faim, face à une expo fort grand public (pour ceux qui voulaient en savoir plus, nada) et qui me semblait parfois bâclée (oui, ça fait élitiste et pédante, je sais). Warhol voulait critiquer et dénoncer l'aspect mercantile, futile et lisse de nos existences. Moi, j'étais plongée dedans (surtout dans la boutique bondée de la fin de l'expo, quand j'ai vu un débardeur à 75€ ou un porte-clef ridicule à 26€). C'est l'arroseur arrosé ou le chat qui se mord la queue ?
(Je risque de compléter cette critique progressivement, car je crois n'être pas assez précise ni avoir fait le tour de ma réflexion)
Clochette est tristounette depuis qu'elle arbore sa collerette. Elle me fend le coeur. Elle se tape partout, ne peut pas se laver, le noirot la fuit... J'ai dû aménager la litière (sans couvercle, youpi) et les gamelles (il y en a dorénavant quatre au lieu de deux). Cloch a passé les trois quarts de la nuit sous la couette avec moi, et me quémande caresses et attention. Le câlin de trente minutes ce matin l'atteste.
Je n'ai qu'une envie : lui retirer ce cône qui la gêne. Mais ce serait sans doute une erreur, surtout si elle s'infecte au niveau du pansement. Parce que mademoiselle est parvenue hier à retirer la compresse qui était SOUS ledit pansement. Une grande maligne, quoi. Et elle en a pour dix jours à ce tarif -là... Je sais qu'il y a bien plus grave dans le monde, tout ça, mais heureusement que je suis en vacances pour m'occuper d'elle. Et puis, parfois, je trouve mes chats bien plus intéressants et estimables que certains humains, alors...
Ah et puis sinon, j'ai passé une bonne partie de la nuit à rêver rentrée scolaire de septembre, tout ça. Non, je ne suis pas atteinte.
Michelle, nous avons été de ces oiseaux Qui se frôlent, portés en flèche à la lumière,
Et se poursuivent en criant toujours plus haut
Jusqu'à l'extase, trop pareille à l'éphémère ...
- Mais plus d'images entre nous : j'ai dit en rêve
les mots qui rendent la distance un peu plus brève entre nos corps, ces personnages infernaux ;
tu savais en former d'assez étroits anneaux
pour qu'ils exultent à en oublier leurs frontières
et la mort qui attend, curieuse, derrière ;
moi, j'étais trop souvent comme un enfant distrait,
je voyageais, je vieillissais, je te quittais,
et quand nous sommes remontés vers l'aube crue,
c'est un spectre que tu guidais de rue en rue,
là où le chant du coq ne pourrait plus l'atteindre.
Et pourtant cette ombre t'aimait ... On ne sait pas
ce que l'on trouvera là-bas pour vous étreindre ...
- Habitante de cette nuit, tu penseras
sans trop de haine à qui demeure on ne sait où
et te frôla comme un oiseau sur les paupières
puis monta, sans cesser d'apercevoir dessous
ton sourire scintiller comme une rivière...
En raison des conditions météorologiques, votre humble bloggeuse est rentrée plus tôt : les élèves ont été libérés. Faut dire que certains habitent vraiment loin. Mais que viennent-ils faire là alors qu'il y a pas mal de lycées à côté de chez eux ? Bref, ce matin l'autoroute glissait; nous roulions à 50km/h. Je m'inquiétais pour le retour, étant censée reprendre la voiture à 17h30. Ma tuture était couverte de deux centimètres de jolie neige. Photos à l'appui, tiens :
Le pire, ce sera demain avec une nuit par -6° : quel sera l'état des routes ? D'autant qu'à compter de ce soir, je ne suis plus officiellement sur mon remplacement (renouvelé de quinze jours en quinze jours, blabla, depuis fin septembre). Et si j'ai un accident sur la route, le Rectorat sera le premier à me dire : "Ah mais vous n'alliez pas au travail : personne ne vous a affectée sur ce lycée !" Wait and see...
(Fascinant ce post : je parle météo, comme 99% de la population, alors que, comme je le répète à chaque fois que l'on me parle du froid, c'est l'hiver. Rien que de très banal, quoi)
Ah et puis foncez voir la dernière entrée de Pénélope Jolicoeur sur les résolutions 2009 !
Me voilà revenue de mon week-end touristique alsacien ! Ma mère est aux anges, et moi, étrangement reposée malgré 1000 bornes dans les pattes, un rhume grandiose, une voix défaillante, six heures non stop dans la ville debout hier... Nous avions tout à fait conscience du côté touristique et commercial du marché de Noyel, mais il faut reconnaître que la ville en elle-même sauve de tout : la cathédrale en dentelle, les bâtisses anciennes et colorées, la rivière... Le sapin de 26 mètres (un truc de dingue !) décoré était splendide. Nous l'avons regardé avec des yeux d'enfants. Sinon, il y avait tellement de monde hier que nous sommes restées debout et avons dû manger en marchant : il était impossible de s'arrêter quelque part. Les Strasbourgeois ont été absolument charmants. Une dame nous voyant avec notre plan s'est même intéressée à notre cas avec un grand sourire pour savoir si nous avions besoin d'aide. Je reconnais que l'entraide et la politesse me paraissent si rares que je m'en réjouis à la moindre occasion.
Bon, je m'étendrai plus tard sur le reste du we (ainsi que des photos, évidemment) car là je dois dîner et je filerai au lit : une longue journée m'attend demain...
Il y a des jours comme ça où l'on se dit qu'on tourne en rond, qu'on ne va pas très loin ou carrément nulle part. Il y a des jours où je me dis que mon blog est trop personnel, trop indécent, et puis d'autres où je me dis qu'il est tellement neutre et bateau qu'il ne sert à rien. Ou à causer pour ne rien dire. Il y a des jours où je me demande pourquoi je n'ai plus que ce lien à l'écriture, si tant est que l'on puisse en parler, d'écriture, justement. Il y a des jours qui sonnent creux quand on ne peut plus lire 22, Tiphaine ou Polysémie. Certaines reviennent, d'autres se métamorphosent, d'autres encore se taisent. Il y a des jours où mon blog me fait le même effet que ma vie de prof : je parle dans le vide et ma parole se fatigue inutilement, du moins je le crois. Il y a des jours où je m'interroge sur l'anonymat de certains lecteurs que je devine à leurs adresses IP, que je fantasme, aussi : M., le mari de C., du fond de sa montagne; jamais C., du haut de sa Butte; B., dans sa retraite de l'est, silencieux et passif;et sans doute d'autres que j'ignore...
Il ya des soirs où l'on n'a pas envie de penser, après une semaine lourde, une de plus à rayer du calendrier -ouf. Alors je vais brancher la télé sans doute devant une ânerie quelconque, repasser peut-être en même temps, écrire une pige, sinon, et ensuite finir le dernier Vargas, si tout va bien...
Mon remplacement est censé être achevé.La prof que je remplace est vraiment compliquée et "spéciale", disons. J'ai même des collègues qui ne peuvent pas l'encadrer... Bref. J'ai fini hier le premier contrat de remplacement mais je saurai lundi soir si je reprends mardi. Un bonheur donc, pour préparer les cours. D'autant plus que les élèves n'ont toujours pas de notes...
Le contact avec la prof que je remplace est particulier, autant pour moi que pour l'administration. Mais ils prennent des gants avec elle car son mari est proviseur d'un lycée voisin. Pour moi, cela ne change guère grand-chose. Ce que je vois, c'est que dans les copies qu'elle a corrigées, il y a des erreurs de notation énormes : elle a compté bon ce qui était faux et inversement. Allez gérer ça devant la seconde Frappée...
Sinon, je ne sais plus si je vous l'avais dit, mais après l'alerte incendie, une élève de cette classe s'est magistralement étendue face contre terre. Il a fallu appeler l'infirmière; l'adjoint m'a regardée d'un drôle d'oeil, je crois; et les autres espéraient qu'elle se fût cassé le nez...
Bilan : elle a une tendinite du coude, quand même...
Ah, et puis le titre de cette entrée, c'est la signature des mails de la fameuse prof allumée...
Ayant corrigé en cette journée ensoleillée 32 copies de seconde sur un contrôle de lecture, quelques jours auparavant 66 sur un discours contre le racisme, mais aussi la moitié des 34 copies de première sur les philosophes des Lumières, je m'accorde le droit de vous offrir mes dernières perles...
Seconde, contrôle de lecture sur La Controverse de Valladolid * le personnage auquel je sympatie * esclavager les noirs / esclaver * il ne sécera / inséssant * leurs idôles imprétionnement laide * Eve et Aden * Il bataille en argumentant leur idée pour convaincre un jury de laquelle est la meilleure * abolissement de l'esclavage * rachetés par le sens du Christ (il y avait un parcours fléché ? Shit, il ne l'a pas vu !)
Seconde, discours contre le racisme * des hommes se battèrent contre cette oprimation * la xénophobie du genre humain * n'importe quelle personne de ce monde possède un cerveau, qu'il soit Africain, Indien ou même Américain (c'est ma préférée, je crois) * les amers-indiens * leur cartier (et leur Chanel ?) * les personnes andiqués (= handicapées...) * le français est désormais enseigné dans les écoles primaires (les bambins d'aujourd'hui ont une sacrée chance comparé à nous) * nous allons parler du xénophobisme * le racisme se présente sous plusieurs formes : sexuel, religieuse ou la couleur * une personne de sexe féminin qui veut être lesbienne a le droit de l'être, ce n'est pas pour cela que nous allons la traité de "pute" (trop de choses à dire sur cette perle-là, je passe mon tour) * sévir sévèrement (encore un sarkozyste ?) * couleur de peau noire, jaune, beurre ou blanc / qu'elle soit jaune, noire, blanche, violette, bleu * c'est une cause qui me prend à coeur * injures, raquette, linchage * j'ai vaicue * vis versa * Ont devraient s'unir comme l'émail d'une chaîne (émail diamant !) * il hypothétise * c'est un homme à part amant sans ranqueur * tré cultiver, il ésai * auprimé, entrote * le personnage dont je soutient son débat * qu'elle sort fallait-il infligeaient au indiens * le réprésentateur du Pape (Bigard était-il ze représentator de Sarkozy auprès du Pape, tiens ?) * ils ont étaient crées par Dieu
Première S, articles sur le philosophe moderne * La philosophie semble s'être fait dépasser par le raisonnement scientifique. C'est donc pour cela que le rôle du philosophe de nos jours est dépassé puisque un nouveau guide est né : le scientifique. (Amen !) * J.P. Sartre bien qu'étant mort s'exprimait en faveur de la gauche. (Jean-Paul, si tu nous entends, tape trois mots en commentaire sur ce blog !)
La première, c'est que Sandy a accouché hier en fin d'après-midi de sa petite fille. Je suis allée la voir à la maternité cet aprèm. Et je ne suis pas peu fière d'avoir été la première à la découvrir ! D'ailleurs, son Papa attend mes photos sur le pied de guerre pour ce soir... :-)
La deuxième, c'est le prix Nobel de littérature attribué à Le Clézio. Je sais que C. doit être heureuse aussi. J'ai découvert cet auteur grâce à elle, et je ne suis pas mécontente qu'un véritable écrivain français revienne sur le devant de la scène internationale. On voit tant d'écrivaillons être encensés...
Pas grand-chose à dire sur ma première heure de cours : les STG étaient hésitants, comme n'importe quelle classe qui reçoit une remplaçante pour dix jours... En fin d'heure, cela allait un peu mieux. Bon, faut dire qu'un extrait de La Religieuse de Diderot, y'a mieux pour emballer les foules.
Pour cette fin de semaine, on m'a retiré les cours de seconde. J'aurai donc deux heures de première S demain seulement. Mon cauchemar sera lundi, avec sept heures de cours. Que ceux qui ne connaissent rien au métier se taisent sur ce point...
Ah, et puis je suis tombée sur une farfelue au CDI (quel est son rôle, ? je l'ignore) qui m'a sauté dessus en croyant que j'étais la prof absente, pour ensuite court-circuiter ma conversation avec la documentaliste parce que : "La première, c'est une année importante", "le bac blabla", "Vous aurez ma fille en cours ! "(elle était extatique et presque flippante à ce moment-là). Comme j'accordais peu d'importance à ses propos (j'ai juste lancé un magistral "Maintenant, je suis là", du genre "Super TZR arrive, pas de panique"), elle a voulu me faire envie avec son "Elle est bonne ! En français !" pendant que je m'éloignais.
Je le reconnais, j'ai été proprement indifférente à ce qu'elle disait. Sa fille pourrait avoir 18 de moyenne que cela ne changerait rien pour moi : je juge sur pièce. Mais en dix jours, je n'aurai pas le temps de grand-chose...
J'en avais parlé peu après mon emménagement, alors les voici enfin : mes lieux d'aisance royaux, mentholés et touristiques !
Quand vous trônez là, vous avez vue sur la plaque kangourou, et à vos pieds une vache violette, qui sert de tirelire. C'est ce que j'appelle le "pipi room service" (droits réservés, non mais).
(C'est fou ce que je peux être légère alors que je vais attaquer un remplacement bouche-trou dès jeudi).
Ce week-end, je n'ai pas profité des journées du patrimoine : j'ai fait une brocante avec ma mère, qui s'en réjouissait depuis une semaine au moins... Parce que ma mère a de l'énergie à revendre, voyez-vous. Elle est adorable mais souvent épuisante. Bref.
Nous avons bien profité de notre dimanche, qui a démarré dans le pâté absolu pour moi puisque je suis fatiguée en journée, mais le soir, j'ai du mal à dormir. Donc, au matin, c'est la bérézina. Je suis quand même arrivée à 10h au rendez-vous. Ma mère était dans les starting-blocks.
Bilan de cette journée :
12 churros avalés
une paëlla et un vin blanc doux
une boîte en fer Astérix et Obélix pour mettre les croquettes des chats
Voilà des mois que je n'avais pas utilisé cette catégorie... Alors, forcément, la reprise est difficile.
Je suis allée à mon premier entraînement hier soir. Je n'avais pas tiré depuis... pfiouh, novembre 2007 ? L'accueil de ma compagnie a été chaleureux, et ils m'ont laissée reprendre mes marques.
J'ai mis un peu de temps à retrouver les habitudes rituelles du montage de l'arc. J'ai essayé de retrouver mes sensations de tir mais il faut reconnaître, même si c'est frustrant, que ce n'est pas immédiat. J'avais décidé de ne faire que de la paille (pour les novices, c'est tirer sans cible, uniquement pour travailler le geste). J'ai tiré 50 flèches en paille, et dix "pour le fun" sur des trispots (trois cibles verticales). Bon, la dernière étape sur cible a été une cata : j'aurais dû m'abstenir. D'abord parce que mes muscles tiraient un peu, ensuite parce que me mettre un visuel aussi rapidement était une erreur de jugement.
Ceci étant, j'ai atteint mon petit objectif du moment : tirer 60 flèches au moins par entraînement. Je pourrai faire un véritable bilan au bout d'une dizaine de séances. Je note sur un carnet ce que je fais, tout ça bien sérieusement. Si je suis régulière, je retrouverai peu à peu mon ancien niveau (j'y crois très fort...).
Et puis sinon, mes camarades handi ont commencé les tirs de qualifications ce matin : trois sur six ont déjà leurs résultats, qui sont totalement enthousiasmants ! Je suis si contente pour eux... J'attends la suite avec impatience.
Je n'ai pas disparu, non, non : après une semaine d'aphonie et d'épuisement, deux visites chez le médecin, une suspicion de coqueluche, de la cortizone, de la ventoline et des antibiotiques, ça commence à aller mieux...
Nous avons passé le week-end à la campagne, pour reprendre des forces, et là mon visage baigne dans un beau soleil matinal du Berry...
Une fois de retour à Paris, je repasserai par ici, plus longuement, avec des photos.