Tourner la page virtuelle

Après treize ans (!) de bons et loyaux services, j'ai décidé de laisser mon blog "Prof et plus si affinités" pour aller vers d'autres horizons, beaucoup moins personnels. A force d'avoir écrit ce que je traversais, et surtout parce que je ne suis plus une inconnue pour certains d'entre vous, cet espace de liberté est devenu peu à peu un espace étriqué pour moi. C'est-à-dire que c'est tout le contraire de ce que je voulais.

Pour ceux qui aimeraient malgré tout me suivre dans mes aventures culturelles, envoyez-moi un message via le lien "Contactez l'auteur" (en haut à droite de la page d'accueil). Je vous donnerai la nouvelle adresse de mon blog, quand je n'aurai aucun doute. N'hésitez pas à me contacter, ou bien à laisser un commentaire ou une demande au pied de ce message.

Après toutes ces années, j'ai un peu de peine à basculer et à abandonner, d'une certaine façon, mon tout premier journal virtuel. Quelques chiffres, tout de même, depuis que j'ai migré sur canalblog, en 2006 :

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Ecrire ici m'a beaucoup apporté, et je vous en remercie car vous êtes responsables d'une grande partie de mon plaisir à gérer ce blog. J'espère m'épanouir sous de nouveaux horizons virtuels. Merci à tous, déjà et encore.

merci-a-tous-

Edit du 19/02/15 : il y a encore de nombreuses visites quotidiennes sur ce blog (environ 50/jour), alors que je ne l'alimente plus. N'hésitez pas à me contacter pour me suivre ailleurs, si le coeur vous en dit !

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19 mai 2014

Ne vous déplaise...

J'avais beaucoup hésité, pour des raisons financières mais aussi et sourtout par peur d'être déçue.

Le première fois que je l'aie vue en concert, c'était à l'Olympia, en 1993. Elle m'avait bouleversée. Je l'écoutais depuis l'âge de quatorze ou quinze ans (oui, je n'avais que peu de goût pour les chanteurs de mon époque). Ensuite, je n'ai plus vraiment compté le nombre de fois où je l'ai vue, émerveillée, en me disant que si je pouvais être une autre, je serais elle, Juliette Gréco.

Progressivement, j'ai senti que l'âge l'atteignait, même si je m'y refusais. J'ai continué à acheter ses albums (en collaboration avec Jean-Claude Carrère, Marie Nimier, Abd Al Malik, Biolay...), et me suis convaincue qu'il fallait que je reste sur mes souvenirs déjà un peu anciens. Les années ont passé. De loin en loin, je souriais en l'entendant à la radio, en la voyant -rarement- à la télévision : son côté petite fille malicieuse, débordant de goût pour la vie, intact, m'a toujours émue.

Et puis, l'annonce de son dernier album m'a rendue méfiante : Juliette Gréco interprétant Brel n'avait rien d'exceptionnel. Et pourtant... Les nouveaux arrangements de Gérard Jouannest (immense monsieur !) et la maîtrise de Gréco sur le répertoire du grand Brel (elle reste à mes yeux sa plus grande interprète), ont su me convaincre à l'écoute de l'album.

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Mais ce n'est pas celui-ci qui est la source de mon article sur le blog.

Innocemment, je dis un jour à Cally que Gréco passe à l'Olympia pour deux soirs, mais que je crains d'être vraiment déçue, ou triste, ou les deux. En discutant ensemble, Cally trouve les mots pour me convaincre d'aller la voir, peut-être une dernière fois, osons le dire, puisque la dame a quatre-vingt-sept ans maintenant.

 

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C'était vendredi, après une semaine très chargée, que nous avons vu "la Gréco" chantant Brel et d'autres titres de son répertoire, sur la scène de l'Olympia. En nous installant dans la salle, je suis prise d'un doute : les trois-quarts des spectateurs ont au moins soixante-cinq ans, et le reste est definitly gay.

La première partie est à oublier : un jeune homme chante sur son synthé tel un adolescent dans sa chambre, en scandant des paroles insipides qu'il cherche à caser dans ses rythmes. Puis vingt minutes d'attente.

Jouannest ouvre le bal avec un accordéonniste (ce seront les seuls musiciens) et est acclamé à juste titre. Et Gréco entre, comme à son habitude, depuis le fond de la scène, entre deux spots lumineux verticaux, posés au sol. Je suis frappée par ses épaules qui tombent, comme chez les vieilles femmes, et très émue de "retrouver" la dame dans sa robe noire aux manches chauve-souris. Quelques secondes, et la voici devant le micro, dans un premier tonnerre d'applaudissements.
Et là, le miracle arrive : il n'y a plus de vieille femme, mais une chanteuse toute droite, habitée par les textes, maîtrisant son chant. Seul le détail d'un prompteur qui la rassure, à ses pieds, me dit que la mémoire pourrait être défaillante.

De bout en bout, je suis bouleversée de le revoir, de l'entendre, de partager avec elle les mots de Brel, Ferré, Gainsbourg... Le public sait quels sont les morceaux de bravoure et de génie : "Ces gens-là", "La chanson des vieux amants", "J'arrive", "La Javanaise"... Je souris, aussi, à son annonce : "Je ne devrais pas, mais je le ferai quand même !" avant d'entamer "Déshabillez-moi", et de trouver en cette femme encore tant de sensualité.

Après presque une heure trente de spectacle, elle repart, épanouie, pleine d'amour, au bras de son mari, portant dans ses bras des bouquets de roses offerts par les fans. Il n'y aura pas de rappel, et personne ne semble lui en vouloir.

Moi, je ravale mes larmes depuis plus d'une heure, je conserve cette émotion que si peu d'artistes me procurent, aussi longtemps que possible. Je me suis nourrie de tout; j'en ai fait mon miel.

Je regrette juste que cette dame qui a traversé plus de vingt ans de mon existence, n'ait jamais su ce qu'elle représentait pour moi, égoïstement.

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26 février 2014

Christian Bobin

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23 septembre 2013

Torturé génial

Puisque le Cap-Vert est encore et toujours en attente, j'ai quand même envie de vous parler du concert que j'ai vu hier soir : Asaf Avidan à l'Olympia.

Ce jeune homme mince et sec, coiffé à l'iroquoise, impose dès la première chanson le respect. Sa voix n'est pas trafiquée sur l'album. Et c'est bien sur ce point que je l'attendais.

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J'imaginais, sans trop y penser, un artiste tourmenté et sombre, absorbé par ses interprétations. J'ai vu un artiste torturé, certes, mais génial et quasi joyeux. Il parlait pas mal entre les chansons, se payant le luxe de quelques délires et emballant le public, évidemment.

Outre ces menus détails, musicalement, Asaf Avidan est excellent. Bien entouré, il assure avec beaucoup d'énergie, allant parfois jusqu'au rock saturé. Mais je l'ai vraiment préféré dans les moments de grâce où sa voix n'est plus qu'un cri maîtrisé, qu'une douleur faite beauté.

Il transcende ses souffrances (amoureuses essentiellement) pour en faire des chansons. C'est exactement ce que je préfère dans l'art.

Si vous avez l'occasion de le voir sur scène, n'hésitez pas. Et sinon, il reste l'album...

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23 juillet 2013

En attendant l'orage

Il pluviote vaguement, et le tonnerre est encore lointain. J'en profite pour faire ma petite pause blog, à raconter des choses sans intérêt, un peu comme les JT estivaux.

J'avance lentement mais sûrement dans mes lectures d'agreg : j'ai commencé la comparée par Enfance de Nathalie Sarraute (lue plus vite que prévu), et j'ai enchaîné sur Autres Rivages de Nabokov (qui va me donner plus de mal, je crois). Il me restera ensuite Walter Benjamin. La thématique du programme, ainsi que les oeuvres, me chamboulent plus que je ne voudrais : on remue les souvenirs, on brasse l'enfance, on la traite de diverses façons, on aborde les questions littéraires, celles de la création artisitique, et puis celle du style, aussi.
Ce remue-méninges me bouscule, donc : je repense à mon père (et crois même en avoir rêvé), je me replonge à mon tour dans mes maigres souvenirs. Et pourtant, pour la première fois sans doute, j'ai l'impression de mieux les voir -les recevoir ?-, de leur donner un air neuf, presque d'en redécouvrir... Et je les partage, bien que maladroitement, avec Cally : c'est peut-être cela, qui est neuf. J'apprends à parler, à me confier, même si je pense que ce que je raconte est sans intérêt.
Peut-être qu'à l'approche de mes quarante printemps, je m'apprends moi-même, et j'apprends à aimer.

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Toujours côté livres, j'ai choisi pour l'anniversaire de quelqu'un que je n'avais jamais vu, des ouvrages qui m'ont marquée il y a longtemps, et que je n'ai jamais relus : Le Passeur de lumière de Bernard Tirtiaux et Siddartha de Herman Hesse. C'était mon époque "spiritualité' ou "recherche de sérénité", disons. L'écriture faussement simple de Hesse m'était précieuse. Revenir à cette source m'a par ailleurs replongée dans des lectures passées, forcément associées à des gens disparus de diverses façons, à des périodes révolues : Blixen, Mc Cullers, Bobin, James...

Et puis je me suis acheté deux livres pour mon plaisir, donc pour après l'agreg : George Steiner, Ceux qui brûlent les livres et Le Jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson (mort récemment). Quant à des lectures alliant le travail et le plaisir, j'ai opté pour le Dictionnaire de poétique d'Aquien, La Chambre claire de Barthes (le programme des terminales L porte entre autres sur Eluard et Man Ray : je vais m'éclater là-dessus !) et Précis de grammaire pour les concours de Maingueneau (celui-ci fait moins rêver, je le reconnais).

Ce week-end dernier, je l'ai passé sur Honfleur en compagnie de Cally et de l'une de ses meilleures amies. Ce que j'en retiens, c'est que je suis heureuse de la complicité que nous avons Cally et moi, et qui ne cesse d'augmenter, de s'affiner. Je progresse beaucoup aussi en société... Deviendrais-je moins sauvage, moins méfiante ? Du coup, j'étais plutôt drôle en soirée, et surtout détendue. C'est bon de savoir que l'on peut progresser, s'améliorer, tout simplement changer en vieillissant, même si parfois cela désarçonne un peu.

A part ça, j'ai enfin investi dans un casque audio digne de ce nom. J'ai choisi un AKG pliable en partie (et en harmonie avec mon Ipod rouge acheté à NYC), dont je profiterai pendant les vacances. Je vais l'essayer demain, en allant chez l'ostéopathe qui me traite pour mes migraines. D'ailleurs, le comble m'est arrivé ce matin : j'ai pris un nouveau médicament anti-douleur qui m'a déclenché des effets secondaires impressionnants. Heureusement, mon médecin m'avait prévenue, mais être dans un tel état à cause d'une toute petite pilule me laisse pantoise : ce rien m'a mise KO pendant deux heures, et je m'en relève doucement.

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Bon, ce n'est pas tout ça, mais l'orage, c'est pour quand ?


12 juin 2013

Emerger lentement

J'ai dû dormir deux heures cet après-midi pour lutter contre la fatigue qui s'est posée rapidement, quoique progressivement depuis hier. Voilà, les derniers cours ont eu lieu; les conseils de classe sont passés, les bulletins sont remplis (mais il reste encore les livrets scolaires pour le bac...), les fiches d'orientation sont rendues; la tâche est accomplie, tant bien que mal.

J'ai fait des photos de classe car mon établissement ne le fait plus depuis deux ans, ce qui m'insupporte. C'était chouette de voir les élèves enthousiastes, certains sur leur 31, pour garder un souvenir. J'ai récupéré et rendu des poèmes sur des supports libres, et j'en ai même eu un en cadeau : un plat à tajine (!).
Deux élèves se sont aussi bousculées pour me dire leur enthousiasme concernant mes cours. Je ne m'y attendais pas, et c'est ce qui rend la chose d'autant plus agréable. On ne sait pas parfois qui l'on atteint, derrière le masque de l'élève. L'une d'elles m'a offert une bougie parce que "ma mère est aussi migraineuse et ça lui fait du bien". Détail : la mère en question est prof de lettres, et m'a fait parvenir des compliments sur ma liste de bac... Pardon de sembler me gargariser de ces menus faits, mais je crois qu'après une année où j'ai été pas mal remise en cause par une collègue et où j'ai douté, je me raccroche aussi à tout cela.
Avoir contenté deux élèves, c'est déjà énorme. Pour qui n'est pas prof, je pense que nous paraissons ridicule avec ce type de phrase. Pourtant, nous recherchons tous une reconnaissance quelconque. Cette année, elle est venue de mon inspectrice, et de quelques élèves.  Je m'en satisferai longtemps : je n'ai pas besoin de marques renouvelées de confiance en mon travail. Je savoure le peu que j'ai. Pour le reste, je gère mon impuissance face à la classe qui me tapait sur les nerfs : beaucoup passent en première, avec une moyenne en français tournant aux alentours de cinq. Je me demande bien à quoi j'ai servi lors des conseils du dernier trimestre : ma crédibilité en prenait un coup à chaque cas traité. Et j'enrage de voir que l'on envoie allègrement à l'abattoir tous ces adolescents, en les dupant.

Maintenant, il va y avoir le bac français. Comme toujours, je serai fébrile en attendant les sujets de l'écrit et en espérant avoir bien préparé mes élèves. Pour une fois, je vais faire passer les oraux près de chez moi, dans un lycée assez folklorique : lors du retrait des descriptifs, personne à l'administration ne savait comment l'on procédait. Je dois donc y retourner, car depuis, ils se sont renseignés...

Sinon, je sais que j'ai mille et une choses à vous raconter, surtout par rapport à mes sorties. Je fais une liste, et je prendrai le temps de vous donner mes impressions sur les derniers films que j'ai vus (Shokuzai, Mud, Song for Marion...), des concerts, etc.
En attendant, hier soir, Cally m'évait réservé une surprise de taille pour mon dernier jour de cours : le rendez-vous était donné à Franklin-Roosevelt vers 18h30. Direction le Grand Palais : nous avions des entrées pour "cinéma Paradiso", un ensemble d'animations autour des années revival (70-80-90), avec une séance de cinéma en drive-in sous la coupole du Grand Palais, installées dans une... Fiat 500 !
Il paraît que tout le monde cherchait à racheter des places pour ces séances très spéciales.

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Outre le côté marketing très prononcé et donc désagréable, nous avons beaucoup aimé jouer le jeu : j'ai mangé un hot dog et bu une coupe de champagne (merci les sponsors), puis regardé "The big Lebowski" dans la nuit tombante. Nous avons aussi croisé Ludivine Sagnier, cachée derrière une mèche de cheveux, qui tentait de gruger à l'entrée. Je dois dire que cela n'a aucunement changé ma vie.

Cally est pleine d'attentions pour moi, et choisir de clôturer mon année scolaire ainsi était particulièrement agréable.

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Par ailleurs, dans mon flot d'événements à traiter, il y a aussi l'opération du noirot prévue demain (curetage d'une glande) et j'ai rendu à Flûtine ses affaires sur Paris. L'échange, après six mois de séparation et sans se voir, s'est fait dans les larmes pour elle, dans le retrait pour moi. Je crois que j'entame une autre phase du deuil de cette relation. J'ai compris que nous n'avions décidément pas la même façon de voir le couple, ni l'engagement.

Elle m'a demandé ce qu'il allait rester de nous, puisque je refuse de poursuivre la relation "amicalement". Il restera les souvenirs, et quand je n'aurai plus ce petit goût amer d'avoir été trahie, ceux-ci ne seront que beaux. Si je parviens à cela, je serai contente. J'ai souhaité à Flûtine d'être heureuse. Je le pensais. Maintenant, je dois penser à moi et me préserver. Etre heureuse demande des efforts; je m'y consacre depuis janvier. Cally et moi allons pouvoir vivre pleinement notre relation, sans le spectre de l'ex qui me hantait.

Etant donné les vacances que nous nous apprêtons à passer en août elle et moi, je suis sur la bonne voie... (Teasing !)

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24 mai 2013

"Ce matin y'avait de la givre !" dit une dame dans une boutique

Voilà, je sature. J'en ai assez de penser à mille choses à la fois, de courir après le temps, de sombrer sous les copies qui s'entassent telles le tonneau des Danaïdes, sans fin. Les secondes m'insupportent au point que je m'étrangle par moment en cours. Du coup, j'ai la voix cassée (aphone ce we ?). 

Comme j'ai rendu ce matin mes descriptifs de bac, pas peu fière du travail accompli, je suis allée me balader en sortant de cours : cette semaine m'a éreintée. Et quand je vois ce qui me pend au nez pour les quinze jours à venir, je préfère m'acheter deux paires de baskets pour oublier...

Alors, si je reprends dans le désordre, j'ai envie de vous parler tout d'abord du dernier conseil d'enseignement en lettres, qui a eu lieu vendredi dernier. J'ai été stoïque : je ne voulais pas m'élever contre le diktat d'Asa toute seule. Mais mes collègues sont montées au créneau sans prévenir, en étant courtoises et directes,  sans langue de bois. Asa refuse de laisser une seconde européenne, qu'elle se garde depuis au moins trois ans... Nos arguments, fort sensés et cohérents, n'ont rien changé : nous étions face à un mur. J'ai pu constater que cet accroc a permis de libérer la parole de nombreux collègues, qui n'en peuvent plus de l'autoritarisme donneur de leçons d'Asa. En gros, elle a des" vrais projets" et mérite de bonnes classes, elle... Elle a par ailleurs mis en avant le fait qu'elle passait l'agreg (pour la troisième année consécutive), mais il s'agit d'une décision personnelle à assumer, ce me semble.

Pour ma part, mon service serait plus original que je ne croyais : deux secondes (après quatre années à ce rythme, je maîtrise le niveau, je vous le dis !) avec ECJS, et les deux terminales L. A cela s'ajouterait une partie de la coordination, ce qui me fait plaisir. En plus, nous serions deux profs pour les terminales, et les cours seraient annualisés : cela me permettrait de pouvoir bien travailler l'agreg jusqu'aux écrits.

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A part ça, il y a eu ma semaine sur Budapest ! J'ai été frappée par les traces visibles de la guerre (la ville a été détruite à 60%) et du communisme dans ce pays. Par instant, on retourne cinquante ans en arrière (l'expérience du métro avec les poinçonneurs-contrôleurs est édifiante). On voit aussi partout de l'art déco, des façades burinées par le temps, de beaux vélos (des fixies)... Nos visites nous ont conduites dans des musées (holocauste, palais des arts), dans un cimetière semblable au Père Lachaise, le long du Danube marron-rouge, dans le quartier juif (la grande synagogue est impressionnante) et... à l'opéra.

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Le deuxième soir, nous sommes allées voir Madame Butterfly de Puccini. Je n'avais jamais assisté à une réprésentation de ce type, et j'ai adoré. On prendrait vite goût à ces sorties...
Et puis il y a eu l'expérience des bains. Je me suis baignée dans des thermes aux eaux pleines de vertus (c'est fou comme la peau travaille), entre 30 et 38°; le tout soit en plein soleil car il faisait très beau, soit en intérieur dans des galeries anciennes.
Côté culinaire, les plats sont bons mais ce n'est pas forcément très fins, plutôt familiaux. J'ai goûté un verre de Tokay blanc délicieux (même s'il le serve bien trop froid); j'ai tenté la réputée "maison du strudel" (celui aux cerises noires et chocolat paprika était délicieux, meilleur que les versions salées au saumon, par exemple); nous avons bu pas mal de bières et de limonades, et goûté au goulasch (la météo française en ce moment s'y prêterait particulièrement).
Donc, malgré le manque d'amabilité à l'égard des touristes, c'est vraiment une destination à recommander.

Et comme vous avez été fort patients, je vous ai mis en ligne un album photo idoine... ;-)

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04 février 2013

Un mois

Hier, Cally et moi étions ensemble. Ou plutôt devrais-je dire : hier, Cally et moi étions encore ensemble, comme la plupart des jours de ce dernier mois. Hier, cela faisait un mois que nous nous connaissions. Et cela donnait l'impression de fêter nos dix ans. Comme une évidence.

Ne pas être avec elle le soir me paraît incongru. Nous avons les mêmes envies, les mêmes lignes de vie, la même échelle de valeurs. Je la trouve évidemment belle, et elle me le rend bien. Nous avons déjà un projet de week-end en février, mais chut : j'en reparlerai plus tard...

De fait, je suis donc occupée soit par le lycée (bien prenant cette semaine, et j'étais fatiguée), soit par Cally : je profite des moments avec elle. A cela s'ajoutent les occupations quotidiennes, les élèves qu'il faut faire tenir jusqu'aux vacances, les conseils de classe qui vont débuter la semaine prochaine, les copies qui ont patienté sur mon bureau car l'état amoureux ne permet aucunement de s'y intéresser, les sorties...

Ah oui, les sorties : comme la séance pour "Lincoln" était complète, j'ai réussi à emmener Cally à celle d' "Alceste à bicyclette" avec Luchini et Wilson. Nous n'avons pas été déçues, vraiment. Le film donne une image de l'humanité qui n'est pas glorieuse, mais qui résonne avec la pièce de Molière, évidemment.
Sinon, il y a eu aussi samedi soir une sortie théâtre sur l'affaire Sacco et Vanzetti : à recommander, même si le démarrage est un peu long. Et puis jeudi soir (c'est ce qui m'a épuisée, de sortir en pleine semaine), nous sommes allées voir Magik Malik en concert : j'avais pris ces billets pour Flûtine... J'ai bien senti que le bonhomme était impressionnant musicalement, mais je n'apprécie pas vraiment le jazz fusion expérimental. J'ai donc fait des micro sommeils pendant le concert, main dans la main avec Cally. Jolie façon de tourner la page symboliquement, je crois.

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A part ça, j'ai pris des places pour le concert de Biolay en mars : Cally et moi l'aimons beaucoup. Je voulais garder la surprise, mais elle a deviné assez vite... Tant pis : nous nous réjouirons à l'avance.

Je constate que nous bâtissons vite, Cally et moi. Sans doute parce que nous sommes à des âges où nous savons ce que nous voulons, ce que nous ne voulons pas, et que nous avons conscience des casseroles que nous nous traînons. Nous les acceptons. Souvent, Cally me dit qu'en choisissant d'être avec moi, elle "prend tout", tout le lot, tout le stock et que cela lui plaît. La réciproque est vraie.

Pour continuer à avancer, j'ai mis en vente le bureau de Flûtine. J'ai aussi en tête de trouver une solution pour nous rendre nos dernières affaires. Je ne nie rien toujours pas ce qui nous unissait; pourtant je me rends bien compte du déséquilibre dans lequel nous étions. Je ne veux pas recommencer les mêmes erreurs. Je crois que j'ai bien compris tout cela. Grâce à la séparation, grâce à Cally, et grâce à moi.

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18 janvier 2013

De l'art divinatoire des générateurs de bons voeux

A la demande générale, récit de mon début d'année, déroutant et en fanfare.

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Ma fin de vacances a été illuminée par une rencontre, à laquelle je ne m'attendais pas, et qui a eu de quoi me surprendre : Cally, métisse réunionnaise de mon âge, m'a proposé de boire un café. Non, je dois rembobiner le film : dépitée par ma séparation avec Flûtine, et au plus bas dans ma confiance, je me suis inscrite pour m'amuser sur Meetic.

Mon "succès" n'était pas forcément flatteur : entre "motardedusud", "pupuce" ou "boutchdu62" qui flashaient sur moi et visitaient mon profil sans cesse, j'avais de quoi être encore déprimée. Une fois mes critères appliqués, il ne restait plus grand monde, pour simplement sortir un peu : femme sur la région parisienne, sachant écrire correctement voire bien, curieuse intellectuellement, équilibrée, pas repoussante (si si, il y en a et je ne comprends pas pourquoi elles choisissent telle ou telle photo qui ne les avantage guère), non fumeuse si possible et s'assumant parfaitement dans ses choix personnels et intimes... Et puis j'ai discuté avec deux ou trois femmes fort intéressantes, aux goûts proches des miens. L'une était sur Mulhouse, l'autre partait pour les vacances et nous devions prendre un café ensemble à son retour.

Et puis, donc, Cally me contacte. Je me méfie de prime abord, car elle n'a pas mis de photo sur son profil. Nous tchattons, parlons photographie, musées, expositions, et elle est plutôt drôle. Je réclame une image, pour être à égalité car elle voit mon visage sur Meetic. Et là, photo noir et blanc d'une femme fort sensuelle et pourtant naturelle. J'argue que cela manque de contraste pour éviter de parler de son regard... Après le tchat, elle m'envoie une autre photo, lumineuse, au sourire éclatant. Charmante.

Le lendemain, le 3 janvier,  je dois aller dans Paris pour me couper les cheveux. Par mail, elle me propose un café après. Fébrile, j'accepte : je n'ai plus fait cela depuis des lustres, mais je me dis que rencontrer de nouvelles personnes ne pourra que me faire du bien. Je n'envisage même pas que je puisse lui plaire. Dans un bar calme du côté de Saint-Eustache, nous prenons d'abord une boisson chaude car il est 17h environ. Puis un apéro car il est presque 20h. Puis je reprends mon train à... 22h30. Nous n'avons fait que parler et rire, malgré notre gêne mutuelle. Elle pense que je ne la recontacterai pas car "je sors d'une rupture difficile".

Le 4, je lui envoie par mail des photos prises avec un logiciel dont je lui avais parlé le veille. La machine s'emballe, même si je suis sceptique et craintive. Je me dis que je ne lui fais pas d'effet, même si elle est le soir sur mon canapé, à rire des perles de mes élèves. Je la raccompagne tard, alors que je n'en ai pas envie vraiment. Le jour d'après, nous prenons toutes deux conscience que quelque chose de fort se passe. Depuis, il n'y a qu'un jour où nous ne nous sommes pas vues.

La simplicité de Cally, sa désarçonnante manière de deviner tout chez moi, sa capacité à tout aimer en moi et à me mettre en valeur, et tout le reste que je n'ai pas envie d'énumérer ici, créent en moi une impression troublante de la connaître depuis des années. Et le plus beau, c'est qu'elle ressent cela aussi. Nos chemins de vie se ressemblent beaucoup, et nos valeurs sont extrêmement proches. Je ne m'attendais pas à vivre une nouvelle histoire aussi vite ni aussi fort, mais je n'ai pas le droit de laisser passer cette chance incroyable : je ne nierai pas cette alchimie, même s'il y a toujours un risque de se tromper.

Alors mon inspection de mardi, je la vis presque sereinement, car une femme délicieuse est là pour moi, et nos chemins se sont croisés miraculeusement.

Je goûte à des plaisirs simples, que j'avais oubliés. Et c'est bon. Terriblement bon.

 

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11 janvier 2013

Luxuriance de l'existence...

Pas d'inquiétude, je vais plutôt bien même si je suis incrédule...

Je suis là, à peu près :

La chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Charles Baudelaire

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