Hier, Cally et moi étions ensemble. Ou plutôt devrais-je dire : hier, Cally et moi étions encore ensemble, comme la plupart des jours de ce dernier mois. Hier, cela faisait un mois que nous nous connaissions. Et cela donnait l'impression de fêter nos dix ans. Comme une évidence.

Ne pas être avec elle le soir me paraît incongru. Nous avons les mêmes envies, les mêmes lignes de vie, la même échelle de valeurs. Je la trouve évidemment belle, et elle me le rend bien. Nous avons déjà un projet de week-end en février, mais chut : j'en reparlerai plus tard...

De fait, je suis donc occupée soit par le lycée (bien prenant cette semaine, et j'étais fatiguée), soit par Cally : je profite des moments avec elle. A cela s'ajoutent les occupations quotidiennes, les élèves qu'il faut faire tenir jusqu'aux vacances, les conseils de classe qui vont débuter la semaine prochaine, les copies qui ont patienté sur mon bureau car l'état amoureux ne permet aucunement de s'y intéresser, les sorties...

Ah oui, les sorties : comme la séance pour "Lincoln" était complète, j'ai réussi à emmener Cally à celle d' "Alceste à bicyclette" avec Luchini et Wilson. Nous n'avons pas été déçues, vraiment. Le film donne une image de l'humanité qui n'est pas glorieuse, mais qui résonne avec la pièce de Molière, évidemment.
Sinon, il y a eu aussi samedi soir une sortie théâtre sur l'affaire Sacco et Vanzetti : à recommander, même si le démarrage est un peu long. Et puis jeudi soir (c'est ce qui m'a épuisée, de sortir en pleine semaine), nous sommes allées voir Magik Malik en concert : j'avais pris ces billets pour Flûtine... J'ai bien senti que le bonhomme était impressionnant musicalement, mais je n'apprécie pas vraiment le jazz fusion expérimental. J'ai donc fait des micro sommeils pendant le concert, main dans la main avec Cally. Jolie façon de tourner la page symboliquement, je crois.

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A part ça, j'ai pris des places pour le concert de Biolay en mars : Cally et moi l'aimons beaucoup. Je voulais garder la surprise, mais elle a deviné assez vite... Tant pis : nous nous réjouirons à l'avance.

Je constate que nous bâtissons vite, Cally et moi. Sans doute parce que nous sommes à des âges où nous savons ce que nous voulons, ce que nous ne voulons pas, et que nous avons conscience des casseroles que nous nous traînons. Nous les acceptons. Souvent, Cally me dit qu'en choisissant d'être avec moi, elle "prend tout", tout le lot, tout le stock et que cela lui plaît. La réciproque est vraie.

Pour continuer à avancer, j'ai mis en vente le bureau de Flûtine. J'ai aussi en tête de trouver une solution pour nous rendre nos dernières affaires. Je ne nie rien toujours pas ce qui nous unissait; pourtant je me rends bien compte du déséquilibre dans lequel nous étions. Je ne veux pas recommencer les mêmes erreurs. Je crois que j'ai bien compris tout cela. Grâce à la séparation, grâce à Cally, et grâce à moi.