J'ai dû dormir deux heures cet après-midi pour lutter contre la fatigue qui s'est posée rapidement, quoique progressivement depuis hier. Voilà, les derniers cours ont eu lieu; les conseils de classe sont passés, les bulletins sont remplis (mais il reste encore les livrets scolaires pour le bac...), les fiches d'orientation sont rendues; la tâche est accomplie, tant bien que mal.

J'ai fait des photos de classe car mon établissement ne le fait plus depuis deux ans, ce qui m'insupporte. C'était chouette de voir les élèves enthousiastes, certains sur leur 31, pour garder un souvenir. J'ai récupéré et rendu des poèmes sur des supports libres, et j'en ai même eu un en cadeau : un plat à tajine (!).
Deux élèves se sont aussi bousculées pour me dire leur enthousiasme concernant mes cours. Je ne m'y attendais pas, et c'est ce qui rend la chose d'autant plus agréable. On ne sait pas parfois qui l'on atteint, derrière le masque de l'élève. L'une d'elles m'a offert une bougie parce que "ma mère est aussi migraineuse et ça lui fait du bien". Détail : la mère en question est prof de lettres, et m'a fait parvenir des compliments sur ma liste de bac... Pardon de sembler me gargariser de ces menus faits, mais je crois qu'après une année où j'ai été pas mal remise en cause par une collègue et où j'ai douté, je me raccroche aussi à tout cela.
Avoir contenté deux élèves, c'est déjà énorme. Pour qui n'est pas prof, je pense que nous paraissons ridicule avec ce type de phrase. Pourtant, nous recherchons tous une reconnaissance quelconque. Cette année, elle est venue de mon inspectrice, et de quelques élèves.  Je m'en satisferai longtemps : je n'ai pas besoin de marques renouvelées de confiance en mon travail. Je savoure le peu que j'ai. Pour le reste, je gère mon impuissance face à la classe qui me tapait sur les nerfs : beaucoup passent en première, avec une moyenne en français tournant aux alentours de cinq. Je me demande bien à quoi j'ai servi lors des conseils du dernier trimestre : ma crédibilité en prenait un coup à chaque cas traité. Et j'enrage de voir que l'on envoie allègrement à l'abattoir tous ces adolescents, en les dupant.

Maintenant, il va y avoir le bac français. Comme toujours, je serai fébrile en attendant les sujets de l'écrit et en espérant avoir bien préparé mes élèves. Pour une fois, je vais faire passer les oraux près de chez moi, dans un lycée assez folklorique : lors du retrait des descriptifs, personne à l'administration ne savait comment l'on procédait. Je dois donc y retourner, car depuis, ils se sont renseignés...

Sinon, je sais que j'ai mille et une choses à vous raconter, surtout par rapport à mes sorties. Je fais une liste, et je prendrai le temps de vous donner mes impressions sur les derniers films que j'ai vus (Shokuzai, Mud, Song for Marion...), des concerts, etc.
En attendant, hier soir, Cally m'évait réservé une surprise de taille pour mon dernier jour de cours : le rendez-vous était donné à Franklin-Roosevelt vers 18h30. Direction le Grand Palais : nous avions des entrées pour "cinéma Paradiso", un ensemble d'animations autour des années revival (70-80-90), avec une séance de cinéma en drive-in sous la coupole du Grand Palais, installées dans une... Fiat 500 !
Il paraît que tout le monde cherchait à racheter des places pour ces séances très spéciales.

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Outre le côté marketing très prononcé et donc désagréable, nous avons beaucoup aimé jouer le jeu : j'ai mangé un hot dog et bu une coupe de champagne (merci les sponsors), puis regardé "The big Lebowski" dans la nuit tombante. Nous avons aussi croisé Ludivine Sagnier, cachée derrière une mèche de cheveux, qui tentait de gruger à l'entrée. Je dois dire que cela n'a aucunement changé ma vie.

Cally est pleine d'attentions pour moi, et choisir de clôturer mon année scolaire ainsi était particulièrement agréable.

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Par ailleurs, dans mon flot d'événements à traiter, il y a aussi l'opération du noirot prévue demain (curetage d'une glande) et j'ai rendu à Flûtine ses affaires sur Paris. L'échange, après six mois de séparation et sans se voir, s'est fait dans les larmes pour elle, dans le retrait pour moi. Je crois que j'entame une autre phase du deuil de cette relation. J'ai compris que nous n'avions décidément pas la même façon de voir le couple, ni l'engagement.

Elle m'a demandé ce qu'il allait rester de nous, puisque je refuse de poursuivre la relation "amicalement". Il restera les souvenirs, et quand je n'aurai plus ce petit goût amer d'avoir été trahie, ceux-ci ne seront que beaux. Si je parviens à cela, je serai contente. J'ai souhaité à Flûtine d'être heureuse. Je le pensais. Maintenant, je dois penser à moi et me préserver. Etre heureuse demande des efforts; je m'y consacre depuis janvier. Cally et moi allons pouvoir vivre pleinement notre relation, sans le spectre de l'ex qui me hantait.

Etant donné les vacances que nous nous apprêtons à passer en août elle et moi, je suis sur la bonne voie... (Teasing !)