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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
12 juillet 2006

Tromper l'ennui ?

linh

Philippe Claudel, La Petite fille de Monsieur Linh,
Roman Stock, 160 p., 15.50€



Afin de vaincre une insomnie la nuit dernière, j'ai lu d'une traite La petite fille de monsieur Linh de Philippe Claudel. C'est "frais", disons. La relation entre le grand-père et le nourrisson est joliment trouvée, ainsi que celle de l'amitié entre deux hommes étrangers l'un à l'autre; mais je trouve que le reste du livre est presque sans surprise.
Le pitch : un vieil homme asiatique est obligé de fuir son pays avec ses seuls et uniques biens, une photographie jaunie, de la terre de son village, et surtout son trésor, sa petite fille, rescapée miracle d'un massacre.
Disons que pour une lecture de vacances, c'est plutôt bien. Il ne faut pas espérer avoir pour autant un traité de philosophie orientale, malgré quelques passages assez poétiques.

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18 octobre 2006

Compostée

Aujourd'hui, je vais déjeuner avec une amie qui était, en réalité, il y a longtemps maintenant, ma prof de philo de prépa (accessoirement psychanalyste, auteur, etc mais extrêmement modeste : j'adore). Cela me fait bizarre, car elle m'a appris qu'elle serait à la retraite en fin d'année... Le temps passe si vite.
Notre relation amicale a un charme particulier : nous avons toujours correspondu par lettres. Si, en treize ans, on s'est parlé six fois au téléphone, c'est un miracle. Même nos rendez-vous sont pris de façon épistolaire.
A l'heure du tout virtuel et de la "communication" (?) à tout va, c'est un acte rebelle.

mail_art

16 octobre 2006

Bang

casse


Ma mère a eu un accident de voiture ce matin. Il aurait pu être plus dramatique si elle avait eu une voiture plus bas de gamme (merci les air bags portière), mais cette dernière est quand même morte (c'est drôle cette façon qu'on a de personnifier les objets). Le choc a été violent (camion de fret contre voiture, y'a pas photo).
Pompiers et police sur place. La voix tremblante et paniquée de ma mère au téléphone. J'en tremblais moi aussi. Heureusement que S. a pu m'emmener rapidement en voiture, car je ne peux toujours pas conduire.
Ma mère est encore au service des urgences, ainsi que son compagnon. Plus de peur que de mal (le matériel, ça peut se gérer), mais je constate que cet événement a eu plus d'impact que je ne veux l'admettre sur moi-même.


Ajout du 17/10 : ma mère s'en sort avec une minerve et mal au dos; son compagnon sept agraphes sur la tête et des douleurs aux côtes... Ils sont rentrés hier soir. La police a confirmé que la voiture était H.S. : le camion roulait à 70-80km/h, en ville...

8 juillet 2006

Patate

Vus aujourd'hui :

* des jeunes filles distribuant gratuitement une boisson gazeuse aux agrumes pour mincir (ou plutôt ne pas grossir).
* des mariés asiatiques sur le pont des Arts en train de faire faire des photos par leurs familles respectives.
* un roman de Dumas que je ne connaissais pas, Robin des Bois. Bon, c'est vrai, ce n'est pas un auteur sur lequel je me suis beaucoup penchée (NDA : euphémisme).

Su aujourd'hui :

* pourquoi je trouve mes épaules si moches : parce qu'elles ressemblent à des épluchures de pomme de terre cuite.

epluchures

4 novembre 2006

Losing time and money

J'ai l'extrême chance d'être convoquée à un stage effectué en deux temps (un ematinée + un après-midi à une semaine d'intervalle), afin de recevoir les conseils de pédagogos qui n'enseignent plus (ou mal). J'irai donc me balader à Versailles puis à Puteaux, sans recevoir, comme d'habitude, aucun remboursement de transport ni de repas.
L'intitulé pompeux de ce stage est le suivant : "Module : Prendre en charge des classes en remplacement". C'est bien gentil, mais je suis TZR depuis septembre 2005, et la rentrée scolaire 2006 date d'il y a deux mois. Niveau timing, c'est moyen.
Encore quelques heures soporifiques à ingurgiter sans rien en tirer de concret. Si j'étais en poste, je perdrai inutilement des heures de cours, ce qui est anti pédagogique, non ?
Que d'argent dépensé pour rien ! Ils feraient mieux de l'investir dans le "rajeunissement" des services administratifs du Rectorat...


moquette_1

Ok, j'arrête de fumer la moquette (surtout que je n'ai que du parquet).

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3 novembre 2006

God bless money

Attendu que notre garant a un poste on ne peut plus prestigieux, et que nous avons apporté les éléments du dossier rapidement, j'ai enfin reçu un coup de fil presque quasiment on-y-est totalement positif de l'agence : le chef du service comptable doit tamponner et signer de son stylo Bic lundi l'accord pour que nous louions le magnifique F3 !


martini


On m'a rassurée à 90%, mais je ne boirai mon Martini blanc que lundi, histoire de ne pas mal le digérer (ben quoi, c'est la fête, non ?).
La semaine prochaine risque d'être mouvementée car nous voulons investir les lieux rapidement...

4 septembre 2006

Timbré

timbre


Parce-que-je-le-Robien m'a encore fait un courrier. Oh, pas juste pour moi, mais pour les 884.000 enseignants de France et de Navarre. Outre le côté creux et démago de la chose, je me suis immédiatement indignée sur le coût de cette démarche inutile : partons du principe qu'un courrier vaut 0.53€ (entre les DOM-TOM et le prix du papier, même si c'est en tarif économique pour la métropole, on ne doit pas être bien loin de ce tarif-là).
Ce qui nous ferait donc 884.000 x 0.53 = 468.520€ (3.073.289,70 francs, pour se faire une idée).
Et là, évidemment, je me dis que c'est de l'argent vraiment jeté par les fenêtres (comme la fois où Ferry nous avait outrageusement  envoyé son "livre" : dans mon souvenir, 1.5 million d'euro...). Le budget de l'EN est réduit à une peau de chagrin tous les ans, mais cela n'empêche pas ce genre d'âneries d'arriver.
A part ça, tout va bien. N'ayez pas peur.

Gilles_de_Robien

15 juillet 2006

Pompée

Voilà, au beau milieu du repassage, pas du tout préparée (j'étais en tenue de combat pour le ménage ) j'ai dû courir chez Nespresso dans le XVIIème pour récupérer la housse que nous avions commandée mardi. Le coursier l'a déposée jeudi, mais nous ne savons pas à qui... J'aime l'honnêteté naturelle de mes voisins.

Je me suis dit : "Je vais en profiter pour faire le plein d'essence avant de charger la voiture ce soir" (environ 75€ avec l'augmentation d'à peine 288% en dix ans). Vroum vroum, me voilà sur le pont de C., presque enthousiaste, avec ma housse de machine à café à mes côtés.
Je fais mon demi-tour acrobatique pour arriver à l'entrée... qui était fermée. Un gros camion citerne rechargeait les réservoirs de la station. Screugneugneuh, je vais devoir y retourner ce soir. Que ça à faire.

19 septembre 2006

Flamand rose

laduree_macaroons


Voilà, j'ai passé un nouveau seuil : première séance de kiné de ma vie, et plus qu'une seule béquille. Selon elle (ma kiné, pas la béquille ), je dois procéder à un sevrage progressif des cannes anglaises.
Pas de possibilité de tirer à l'arc avant quinze jours encore, ni de conduire (ce qui va de paire).
A part ça, je me suis réconfortée ces derniers jours en allant me régaler chez Ladurée d'un club sandwich saumon qui ne ressemble à aucun sandwich connu, ainsi que d'un dessert nommé Ispahan, mêlant macaron aux pétales de roses, framboises et litchees... Admirez :


Ispahan


Qui me fait penser au dernier fard à paupière Chanel qui trône dans mon armoire de toilette depuis hier. Le nouvel album live de Raphaël, quant à lui, va me ravir les oreilles. J'ai eu aussi l'envie irrépressible de m'acheter celui des Eagles, pas tout jeune, "Hotel California". Etranges, parfois, ces pulsions acheteuses. Mais que c'est bon...


ladur_e_sandwich

Comme les bonheurs les plus simples sont les meilleurs !

3 juillet 2006

Star's back

image_27

Me voilà revenue, cuite à point sur les épaules, le cou, la nuque, le décolleté... Bonne expérience dans un club très sympa. Plutôt contente de moi malgré le fait d'avoir râté la première star à 20 points prêts. Mais c'est une assez bonne base de départ, je trouve.
Nos archers handi ont fait deux podiums (ah, que j'aime les voir faire des scores brillants et être avec des valides ! ça remet les choses à leur place : seule la performance sportive compte); la présidente du club était contente de les avoir dans sa compétition et nous a fait un bel accueil.
Seul bémol à ce week-end : j'ai mis 4h15 pour rentrer au lieu de trois heures. Merci les embouteillages parisiens. J'étais lessivée hier soir. Ah oui, et puis les hommes, même sur une compét' de tir à l'arc, ne parlent que de foot. Vous savez que la terre continue de tourner ? Les Champs-Elysées sont vraiment à éviter les soirs de match France/Machinchose...

embouteillage

4 octobre 2006

Timbrée

colis_postal


Aujourd'hui, j'ai mis mes oreillettes d'Ipod pour aller à la Poste chercher un colis, et histoire de me faire oublier ma lancinante migraine de trois jours.
Armée de mon habituelle compagne anglaise en plastique (fausse devinette à deux balles, euh pardon, à 0.30€), j'ai clopiné jusqu'au bureau de poste "principal" : un bureau aux pancartes branlantes, pathétiquement obsolète, ringard et fouillis.
Evidemment, on ne me propose pas de passer au guichet plus rapide malgré ma béquille. Pas grave. Même pas mal.
Je jongle avec mon sac pour attraper ma carte d'identité et le fameux avis de passage jaune pisseux habituel. Of course, la facteur a coché la case "Vous étiez absente". Ben voyons. Il faudrait en inventer une autre : "Vous habituez trop haut et j'ai la flemme".
Bref, j'arrive face à une grosse dame noire qui a l'air de m'en vouloir, mais je ne sais pourquoi. Grâcieusement, je lui dis bonjour et lui indique que je viens chercher un colis. Intérieurement, je me dis qu'à son retour, je l'informerai que, comme d'habitude, le facteur n'est pas monté  chez moi et ment effrontément, le rustre.
J'attends, tel un flamant rose au milieu d'un lac de prospectus, en train de somnoler. La dame revient, armée d'un gros paquet mal en point : il a été (une fois de plus) ouvert au centre de tri : de gros scotches jaunes à l'écriture bleue "Poste de Saint-Ouen", l'indiquent ouvertement.
Je m'en offusque : "Et voilà, un colis de plus d'ouvert !" La dame noire marmonne quelque chose qui ne me semble pas sympathique. D'un coup, je ne suis plus très aimable : je porte mon masque hargneux de vengeresse des clients abusés.
Elle me met sous le nez la case à signer et, comme j'hésite un quart de seconde, me lance amicalement un : "Case de droite ! C'est là qu'vous signez !"
"Tout à fait, madame, et je vous remercie de m'aider aussi élégamment car je n'avais vraiment rien compris à ce que je devais faire; mais figurez-vous que je me demandais si je pouvais potentiellement refuser le dit colis avant ou après avoir signé." J'ai dit ça en plus court.
"Vous signez, me dit-elle en éloignant encore plus le paquet du comptoir et en le gardant serré contre elle, et APRES vous pourrez le refuser".
Fait rarissime, je ne lui ai même pas dit merci ni au revoir. Je me suis débrouillée pour prendre colis et béquille sous le bras, afin de vérifier le contenu sur une table adjacente. Nous avions toutes deux un oeil mauvais et sombre, je crois. Par miracle, rien ne manquait (tant mieux, c'est l'un de mes  futurs cadeaux d'anniversaire : des produits Adidas !). J'ai rabiboché la carton avec tous les scotches "Colissimo" qui trainaient sur le comptoir. Na.
C'est extrêmement frustrant et agaçant de dépendre d'incapables (quoi ? je suis intransigeante ? et on en l'est pas avec les profs, pitêtre ?). J'en suis à ma deuxième lettre de réclamation auprès des services de la Poste en moins d'un an. Je n'ai d'ailleurs jamais eu de réponse.
Et, bizarrement, ma migraine n'est pas passée malgré mon triptan pris au retour. Dingue.


colis

3 octobre 2006

Petit vroum

porsche_gt3_003 307griffe


Voilà, j'ai rendu la voiture que j'avais en leasing. Avant la date de fin du contrat : moi fonctionnaire, moi pas assez argent. Elle me coûtait bien trop cher.
Je vais tâcher de trouver une première main sympathique parce qu'il me faut tout de même une voiture pour le tir à l'arc et les courses, en gros. Mais avoir les prestations avec un petit prix, ça relève de Mission Impossible. Ou improbable. Paraît pourtant que le marché automobile va mal, et que même au Mondial qui a lieu porte de Versailles, les prix sur le neuf sont bas...


Mini_Cooper_Showroom55 micra_1


En tous les cas, ils ne se mouchent pas du coude : 12€ pour y entrer, dans ce salon de la tentation (oui, c'est mon côté masculin, et j'assume : j'adore les voitures).

2 octobre 2006

To be fashion or not to be

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Ok, ce n'est pas LE film du siècle. Juste un passe-temps agréable, dans lequel on trouve quelques ébauches sur la solitude dans laquelle nous baignons, et l'espoir auquel nous nous raccrochons sous des travers apparemment futiles.
Mais surtout, surtout, il y a Meryl Streep. Elle joue son rôle tout en finesse, ajustant un grain de voix (en V.O., of course), un regard, un mouvement des lèvres...

Prada_Streep


Sa dernière interview dans Télérama est d'ailleurs fort instructive et prouve, s'il le fallait encore, l'intelligence de cette dame. Son humanité dans la vie "réelle", comme dans ses films.
Et quel charme... On la croirait presque noble anglaise. C'est dire si on oublie nos a priori franchouillards sur l'Amérique et ses bouseux texans qui jouent à la guéguerre (damned, heureusement que mon amie texane, justement, ne lit pas le français ! Quoique, elle est aux opposés de G.W.B., cowboy -fléau- qui joue aux petits soldats encore à son âge).


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1 mai 2008

Femmes, je vous aime

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En parcourant le blog de 22, je me suis dit qu'il était étrange que moi, la soi-disant libérale qui s'assume, je n'ose jamais un mot sur ma vie privée.
Par définition, elle est privée. Donc de ma sphère personnelle, celle qui ne concerne pas grand-monde en dehors de mes proches et de moi-même. Mais j'aurais pu aussi donner un pseudonyme à la personne avec qui je vivais, comme d'autres le font sur leurs blogs, sans rentrer dans les détails.
J'ai toujours trouvé des excuses pour ne pas le faire : me protéger du hasard des élèves qui pourraient tomber sur ces pages, des collègues obtus, des inconnus agressifs, de la famille pas au courant, des archers qui me connaissent sans me connaître vraiment...
Mais ce sont de bien fausses excuses : mon nom n'est pas cité, les établissements où je travaille non plus (même les noms des villes ne sont pas mentionnés), je gère la censure des commentaires, les non-dits n'empêchent pas le savoir, et se sentir en accord avec soi-même est la meilleure réponse à tout. D'autant plus quand il s'agit d'un secret de polichinelle.

J'ai toujours dit qu'aimer les femmes ne me posait pas de problème; que je n'avais ni à m'en défendre, ni à le revendiquer. Que j'avais même tendance à "oublier" que cela pouvait poser problème à autrui.
Alors, pourquoi m'en cacher sur un blog ouvert à tous les vents ?

Je vivais donc avec une femme depuis presque huit ans.

Voilà.
L'écrire m'a fait du bien.

(NB : cet article était en attente depuis... octobre 2006)

21 septembre 2006

Perdue dans la nuit

raphael_live


Zut alors, j'ai beau l'avoir écouté plusieurs fois, je n'arrive pas à être convaincue par le live de Raphaël sorti lundi dans les bacs. Autant j'avais vibré en l'entendant par hasard à la radio, en live justement, autant là, il manque quelque chose.
Un petit brin de je-ne-sais-quoi. Une touche de magie. Une fêlure, peut-être. Oui, c'est ça : l'ensemble est trop aseptisé. Le public est présent en fond, mais entre les chansons, on sent le montage sonore pour les enchaîner plus vite...
Les arrangements me semblent répétitifs. Les titres que j'adore, et dont certains me bouleversent, ne me font ni chaud ni froid (j'y vais fort, là).
C'est rare que cela se produise dans mes oreilles.
Ou alors je n'ai pas envie de les entendre. Trop proches de ma propre fêlure, de celle que je cherche à ignorer en me cassant le pied.
Possible.
Que cela ne vous empêche pas d'acheter cet album (environ 17€) : il est riche en titres (double cd), et bien fini. L''édition limitée n'est sans doute pas essentielle, par contre.

20 septembre 2006

Raplapla

Weyergans

François WEYERGANS, Trois jours chez ma mère,
Grasset, 262 p., 17.50€


Pour inaugurer cette nouvelle catégorie (en gros, l'idée est de présenter des ouvrages que je n'ai jamais finis ou qui me sont tombés des mains : merci à Ste Thérèse !), j'ai choisi François Weyergans, Goncourt 2005, avec Trois jours chez ma mère.
Ce qui aurait dû être une sorte de récit à tiroirs, avec mises z'en abyme, se révèle être un amas de débuts de romans sans intérêt : c'est un roman faussement intelligent, faussement habile, faussement plein d'idée. Je l'ai lu jusqu'au bout, en me disant à chaque fois que je me forçais bêtement à poursuivre ma lecture : "Allez, il va peut-être se passer quelque chose, la sauce va prendre, je vais accrocher..." Mais non. Un roman sur le vide, plein de vides.
J'en arrive presque à penser que Houellebecq aurait dû avoir le prix Goncourt l'an dernier; c'est dire.

12 septembre 2006

Tire la chevillère

Par quel bout commencer le récit de ma matinée hospitalière (je suis partie de la maison à 9h40 et revenue à... 13h30) ?

bebe_pied

Arrivée à l'accueil en avance, on me fait payer la consultation et on me remet un papier blanc.
_ Merci, au revoir !
_ Euh, je vais où et je fais quoi du papier ?
_ Avancez au bout du couloir, et voyez avec les infirmières. Suivant !

Poum poum, me voilà à l'accueil orthopédie. Echange papier blanc contre papier jaune. On appelle les urgences pour récupérer mes premières radios, sans savoir si je les ai en ma possession (ce qui est le cas).

_ Voilà ! (dit-elle en me posant le susdit papier jaune vif sous le nez, et elle s'apprête à me laisser comme ça, surfant sur mes béquilles, l'infirmière molassonne)
_ Quoi, "voilà" ? Je fais quoi, maintenant ?
_ Ben, vous allez à la radio et vous revenez après.

orthopedie

Evidemment. Ellipse sur le passage radio. Retour à la case accueil orthopédie. Personne derrière le comptoir. J'attends. Une infirmière toute ronde, que je n'avais pas encore vue, me demande avec qui j'ai rdv. "Ah, le Dr F. ... Je vois". Moi, je ne vois encore rien.

_ Asseyez-vous, on va vous appeler.
_ Je vous laisse les radios ?
_ Non, reprenez-les, ce n'est pas nécessaire puisque vous les montrerez au docteur.

Une heure quinze plus tard, je vois le docteur F. s'éloigner dans un couloir. 3ème passage à l'accueil, avec l'infirmière molle-tête-à-claques :

_ Excusez-moi, mais c'est normal de n'avoir pas encore été appelée ? J'avais rdv à 10h30 et il est 11h45...
_ Vous aviez rdv avec qui ?
_ (Soupir) Le Dr F..
_ Ohlala, mais il fallait me laisser les radios ici ! Comme ça je vous aurais appelée.
_ Votre collègue m'a dit le contraire !
_ Ah mais non, sinon on ne vous appelle pas. Et puis vous étiez assise là-bas ? (Elle désigne deux sièges à deux mètres sur sa droite)  Ah, ce ne sont pas les bons sièges pour le docteur F. ! (Ceux-là sont un mètre en face du comptoir) C'est pour ça !
_ Vous plaisantez, j'espère ? Je n'étais pas assise sur les bons sièges ? Et je le devine comment, moi ?
_ Bon, je rappelle le docteur. (Elle sent qu'un truc dans ma voix qui l'empêche de poursuivre plus avant la discussion shadockienne)

Dix minutes plus tard, le voilà qui débarque, grand dadais à cravate rose, la cinquantaine, parlant fort. Il se jette dans son fauteuil, ne regarde pas mes radios, et me dit :

_ Votre nom, c'est ?
_ Votre accident, date de quand ? (bis bis)
_ Bien, vous allez marcher ! (Alléluia !) Avec une chevillère. (Damned !) Vous travaillez ? Ah, prof dans quelle matière ? Ca doit être dur, surtout dans cette zone. Je connais bien ce public, vous savez : je travaille dans les prisons. Les enfants aujourd'hui sont infernals ! N'est-ce pas, qu'ils sont infernals ?

_ Le problème n'est pas tant qu'ils sont infernaux, mais violents.

Et toc. Je sors. Direction la pharmacie, pour acheter la fameuse chevillère. Et là, ce que je craignais arriva : la chevillère ne me servait strictement à rien, étant donné que cette partie de mon pied va relativement bien. La chevillère protège des mouvements latéraux intempestifs, mais mon métatarse était ouvert à tous les risques. On essaye d'appeler l'hôpital, en vain.

4ème passage à l'accueil orthopédie. Il n'y a plus aucun patient, et le docteur F., spécialiste des accords adjectivaux, a disparu.
Je retrouve Queen Mollassonne. Une de ces collègues prend le relais, car je suis plutôt agacée. Dieu merci, un chirurgien orthopédiste est encore là, et il accepte de me recevoir. Le Dr P. est le versant opposé du Dr F. : il m'écoute, me conseille, me pose des questions sur ce que je veux, et me donne 20 séances de kiné pour réapprendre l'autonomie de mon pied plus rapidement (l'argument du tir à l'arc a eu son poids, car je suis toute tristounette de "flinguer" ma saison salle). Et mon pied est LIBRE ("La seule limite, c'est la douleur"...).
En changeant le rdv pris trois semaines à l'avance avec le Dr F., les infirmières se marrent : c'est un guignol qui perd tous ses patients (un sur deux change d'orthopédiste après une première consultation avec lui...). Je retrouverai donc le Dr P. le 17/10.

J'ai beau être moi-même fonctionnaire, et connaître des amis qui bossent dans le milieu de la santé, j'écris quand même ce soir que la mauvaise foi et l'incompétence me révoltent.

sosmed

1 juin 2006

Prof, un métier d'avenir

prof

 

"ÉDUCATION La formation dispensée dans les IUFM est jugée insuffisante et inadaptée, selon un sondage conduit par le ministère. Par Marie-Estelle Pech, Le Figaro
31 mai 2006, (Rubrique France)

 

 

Les IUFM n'ont décidément plus la cote. Les trois quarts des enseignants aujourd'hui en poste jugent leur formation en Instituts universitaires de formation des maîtres «insuffisante» ou «très insuffisante». Tel est le constat sans appel dressé par une récente étude de la Direction de l'évaluation et de la prospective (DEP) du ministère de l'Education nationale. Cette enquête, menée en 2005, démontre une fois de plus le décalage entre la pratique des enseignants une fois sur le terrain et la formation globalement trop théorique qui leur est dispensée dans les IUFM.

Près de 60% des 1 200 enseignants du premier degré interrogés dans cette enquête regrettent, notamment, un manque de «conseils pour gérer les situations difficiles» comme la violence, les situations de handicap des élèves ou le port du voile. Ils sont 55% à demander davantage d'échanges avec des enseignants déjà en poste. Une critique implicite du système des IUFM, où des enseignants pour la plupart agrégés et qui n'ont parfois jamais enseigné dans le primaire peuvent paradoxalement devenir spécialistes de la pédagogie ou de la lecture en CP ! Plus d'un tiers des enseignants considèrent par ailleurs que les stages dans les classes – la partie la plus pratique de leur formation – ne sont pas assez longs. 

L'enquête a également analysé le regard que les profs portaient sur les matières enseignées dans les IUFM, classées suivant leur degré d'utilité. Parmi celles-ci, ils ont considéré comme les plus utiles la conduite de la classe, l'apprentissage de la lecture et les savoirs disciplinaires. La «maîtrise de la langue française» est jugée comme la plus importante pour la pratique professionnelle par près d'un enseignant sur deux.

Mais les professeurs n'ont pas les mêmes priorités selon le public auquel ils s'adressent. Ceux qui travaillent en zones d'éducation prioritaire (ZEP) devant des enfants souvent plus en difficulté qu'ailleurs estiment ainsi que l'apprentissage de la lecture est le module le plus important, loin devant tous les autres. Et ils sont plus d'un tiers à estimer indispensable le module de «prise en compte de l'hétérogénéité des élèves». Au cours de leur carrière, 35% d'entre eux souhaiteraient des formations spécifiques permettant de les aider à combattre l'illettrisme et à prévenir la maltraitance : cette dernière formation est jugée très utile par seulement 10% des enseignants hors ZEP mais par 20% en ZEP.

Enfin, il n'est pas très étonnant que les petits Français restent bons derniers en langues vivantes lors des évaluations internationales. Environ 36% de leurs professeurs disent en effet éprouver beaucoup de difficultés à enseigner cette matière pourtant désormais obligatoire en primaire. L'informatique pose également beaucoup de problèmes à un tiers des enseignants. Près de 70% d'entre eux mettent ces difficultés sur le compte d'une formation initiale insuffisante en informatique et en langues vivantes.

Cette étude conforte les nombreuses critiques de tous bords dont sont l'objet les IUFM. Le gouvernement a fini par engager une réforme. Le Haut Conseil de l'éducation devrait faire des propositions à ce sujet à Gilles de Robien d'ici l'été. Selon un premier document de travail, la pédagogie différenciée serait encouragée, les enseignants seraient mieux formés pour repérer les problèmes de santé ou les signes de maltraitance et des cas réels leur seraient présentés, tels que des problèmes de violence en classe. Enfin, les stages en classe devraient plus longs. Une manière de se frotter avec les réalités de leur futur métier."

 

prof2

Et on me demande encore parfois pourquoi je ne suis pas passée par l'IUFM. Anecdote : un professeur de cette institution, à qui l'on demandait comment gérer la violence en cours (une chaise qui traverse la classe, un élève qui se montre agressif, au bord du geste fatal, etc), nous a répondu : "Mais ce n'est pas un problème. Tout peut se résoudre par le dialogue !"

Et il est passé à la suite de son cours, lui qui n'avait pas remis les pieds dans une salle de classe depuis dix ans... C'était en Licence, dans un module pré-IUFM que j'avais choisi.
Je ne suis jamais retournée à ces cours. Ce qui ne m'a pas empêchée d'avoir mon Capes plus tard, d'ailleurs.

profs

5 septembre 2006

Descente des marches à cannes

cannes_anglaises

Hier, j'ai tenté une première (et dernière) sortie en béquilles jusqu'à la FNAC de la Défense... J'ai dû mettre 45 mn de mon palier au garage, 20mn à traverser le parvis, perdre trois kilos à force de transpirer, et me retrouve aujourd'hui avec des courbatures (!) au niveau des épaules, des bras et des poignets, ainsi qu'un petite douleur au pied. A tel point que j'ai fait sans sourciller une sieste de trois heures cet après-midi...
Je ne pensais pas que ce serait si difficile de se "balader" avec des cannes anglaises. Bref, je vais rester chez moi jusqu'au rendez-vous prévu avec l'orthopédiste mardi 12.
Sinon, cette sortie s'est malgré tout soldée de certains achats : trois albums CD (Mademoiselle K, le dernier Muse, ainsi que Perry Blake), des livres (Nicole Krauss, Joseph Conrad en bilingue, Philip Roth, Amélie Nothomb, Laurent Gaudé) et une BD (le tome 9 des Profs, évidemment lol). Critiques à suivre.
Au moins, j'ai de quoi m'occuper comme je l'entends. Déjà ça.

3 septembre 2006

Tic tac

horloge
Horloge de la cathédrale de Saint-Omer


Attendre. J'ai l'impression d'avoir passé les trois quarts de ma vie à ça. Attendre les uns et les autres, l'amour, les amis, des résultats, les emmerdes, l'enseignement, les scores en tir, la réussite, les marques d'affection, la volonté, les rencontres, et puis encore les uns et les autres. Pourtant, j'ai aussi agi; mais l'Action me paraît moins grande que l'Attente.
Peut-être me fais-je cette réflexion parce que je suis là, bloquée dans mon 30m2 sous les toits, à patienter comme une lionne en cage, sans pouvoir interagir sur ce qui me préoccupe, ni sortir dans Paris comme je le fais d'habitude pour évacuer mes angoisses.
Quand vais-je retirer à l'arc ? Qu'est-ce que ça va donner cette saison ? Que va dire l'orthopédiste le 12 ? Vais-je être en poste cette année ? En remplacement dans des établissements classés zone machin chose, où la violence quotidienne prévaut sur la parole ? Et la vie intime...
Je ne le saurai qu'en patientant, comme d'habitude -"comme d'hébétude", ai-je failli écrire...

1 septembre 2006

Garde-à-vous ! (à nous ?)

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E.Munch, "Le Cri"


J'ai fait un tour sur les sites du Monde et de Libé, comme tous les matins. Au 1er septembre, les actualités reprennent vie, avec leur lot de réflexions habituelles sur la rentrée scolaire (méthodes de lecture, socle commun, ZEP "améliorées", 8700 postes supprimés...). Des témoignages de jeunes profs, censés être volontaires pour renforcer les établissements scolaires les plus touchés par la violence, mais qui ont été plus ou moins forcés à prendre ces nouvelles fonctions... "Parce-que-je-le-Robien" qui affiche un teint de rose et un flegme redoutable avec son "tout va bien, la rentrée s'annonce sereine". Et moi je suis là, en surplus depuis un an, avec ma patte attelée, à espérer un jour retrouver l'établissement dans lequel je veux enseigner, mais je manque de points pour les mutations... et de considération.

Sinon, bonne nouvelle, les tableaux volés de Munch en 2004 ont été retrouvés hier. Ce cri ressemble bien aux angoisses de cette rentrée (d'après un journaliste de Libé, jamais il n'y a jamais eu autant sur le plan scolaire qu'aujourd'hui)...

Si j'y ajoute ma prise de sang du jour, effectivement, je nage dans l'angoisse. Les phobies ne s'expliquent pas.

27 août 2006

La poufeta

Moi : _ Si vous voulez bien, on va  faire la piqûre sur l'autre cuisse, parce que j'ai un hématome sur celle d'hier...

L'infirmière : _ Oui, pas de problème. Mais c'est normal, vous savez : on pique sur des vaisseaux sanguins. Des bleus, vous allez en avoir plein...

Comme c'est rassurant de savoir que l'on va ressembler à la schtroumpfette durant un mois, sans être sexy. Et j'aime le réconfort que les professionnels de la santé peuvent nous apporter, parfois.


schtroumpfette

10 août 2006

Albertine

Je l'ai vue au matin, sous ses 80 mg de morphine, parce que je pars demain et que je savais qu'elle allait mourir. Le médecin nous avait dit qu'elle était dans ses derniers instants, dans "la phase d'agonie".

Elle est morte il y a une heure.

Elle a maintenant la photo de mon père dans ses mains; elle porte les vêtements bleus que nous lui avons choisis ce matin même; et je pleure sur cette grand-mère admirable et infernale, drôle et touchante, indépendante et généreuse. Je pleure comme une gamine qui apprend ce qu'est l'absence.
Je le sais, pourtant. Mes sanglots sont donc silencieux et abattus.

L'incinération attendra mon retour de République Tchèque. Qu'il est dur de survivre à ceux que l'on aime.

La Reine est morte. Vive la Reine !

tristesse

17 décembre 2005

Make the force...

Au réveil, ma tête me disait : "Ne va pas à ton concours". Parce que ma tête était lourde, pleine d'une belle migraine, et ma nuque bien trop raide...

Je pensais que je ne pourrais pas tirer mes 60 flèches jusqu'au bout. Et puis j'ai pris le dessus sur ma tête, et me suis persuadée que je devais au moins essayer. J'ai bien fait : je fais mon record de la saison avec 536 pts. Petite déception : une seule flèche hors de ma zone de réussite, faite à la dernière volée... Ma 59ème flèche, quoi. Arf.

Le mental nous dépasse : une fois sur le pas de tir, les douleurs se sont estompées. Mon carquois était posé sur ma hanche blessée; ma nuque pouvait tourner à 90 degrés... Mais le concours fini, tout est revenu, et la migraine avec.

Je me demande quand même si mes cervicales n'en auraient pas pris un coup... Bilan lundi chez mon médecin. Pas la peine de jouer les superwoman.

Demain, concours du côté d'Auxerre, au club de mon coach individuel. Il faudra que je me dépasse comme aujourd'hui.

Dans tout ça, j'ai oublié de prendre en photo mes nouvelles flèches, qui ont un côté très indien, je trouve. A venir, donc.

6 août 2006

Derniers mots

Je voulais dire quelques mots sur mon voyage, mes vacances ibériques, mes lectures coups de coeur... Mais la Reine se meurt. Elle a sombré dans un sommeil sans fond cette nuit, alors que je rentrais d'Espagne. Comme si elle m'avait attendue. Juste pour m'entendre ce matin, au bord de son lit.
Et j'ai crû (est-ce une lubie pour me rassurer ?) qu'elle entendait ce que je lui disais : ses râles subissaient des variations, dans cet état d'inconscience troublant (la morphine...). Mes proches me disent qu'elle m'a attendue trois semaines avant de sombrer...
Restent les heures qui sont passées à vider la chambre impersonnelle de la maison de retraite, à la résilier aussi,  et celles à venir...

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