Simiesque
Les chimpanzés, presque humains et parfois même plus intelligents
LEMONDE.FR | 04.05.07 | 20h21 • Mis à jour le 04.05.07 | 20h52
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Je n'ai jamais vu un tel massacre en fin de 3ème sur des contrôles de lecture ! Certes, Bradbury, Voltaire, Orwell et Boulle, cela les change. Certes, j'ai monté d'un cran le niveau d'analyse. Mais enfin, que diable, ils vont aller en Seconde pour la plupart !
J'enrage de constater leur absence totale d'interprétation intellectuelle, de réflexion, de simple compréhension de lecture.
Je descends à 0,5/20 ! Meilleure note : 10.25.J'en ai même une qui a crû que dans La Planète des singes, un couple faisait une croisière en bateau et qu'ils arrivaient sur une île !Sur cette même oeuvre, à la question : "Quelle est la thèse défendue par l'auteur ?", j'ai eu droit à : "L'auteur défend qu'il ne faut pas maltraiter les animaux". En marge, je me suis lâchée et j'ai annoté ceci : "Allô, la S.P.A. ?"
Et pour Candide, c'est que "l'amour est plus fort que tout".
AU SECOURS !

Ayè, je suis vraiment en vacances ! J'ai terminé les cours à 13h (les élèves étaient bien énervés, comme à chaque fois qu'ils savent que nous allons nous séparer dans un bain de larmes...hum), mais j'ai dû passer par la case "corvée Karfour" cet après-midi.

Là, je suis tranquille à la maison, la fenêtre ouverte sur le balcon (dommage que je n'aie pas de portable wifi, j'aurais adoré écrire une entrée au soleil, sur le dit balcon). Les chats profitent de ma présence, se baladent, vont prendre l'air et me regardent avec idôlatrie.
J'ai essayé de voir hier soir les postes libres dans la zone de ma résidence pour la rentrée prochaine, mais avec mes 48 points pour la mutation, je n'irai nulle part. Je tente quand même le coup -sait-on jamais, une erreur informatique, un élan de générosité du rectorat... Re-hum.
J'ai failli décider de me faire repousser les cheveux, mais j'use toute ma réserve de patience avec les élèves : il ne reste rien pour les cheveux ! J'irai donc prendre soin de moi mardi matin chez le coiffeur.

Allez, je vais prendre l'air comme les matous, et je reviendrai après.
Nuit de cauchemars. Ma grand-mère, vivante mais dans un sale état, et je ne faisais guère grand-chose, impuissante. Ambiance glauque. Eveillée en sursaut à quatre heures du matin. Puis à cinq et sept heures.
J'ai corrigé hier un tiers des rédactions du brevet blanc seulement. Je dois poursuivre aujourd'hui avec ardeur. Hum.
Depuis plusieurs jours, je suis la proie des pollens, chose qui ne m'arrive jamais. Oppression sur les poumons; respiration par la bouche; éternuements. (Fascinant, ce que je raconte)

Hier après-midi, je suis allée voir Spider-man 3. Je n'avais pas vu le 2, mais on arrive à suivre. C'est gentil, quoique un peu long : ceux que l'on croit morts reviennent au bout d'un quart d'heure. Impression qu'il n'y aura jamais de dénouement. Il y a à mon sens trop d'intrigues dans ce film, qui dure quand même 2h15.
L'ascenceur de l'immeuble n'est toujours pas réparé. Il est tombé en panne samedi, alors que Bibi était dedans, avec ses grosses poubelles qui puent, of course. J'ai dû forcer la porte pour en sortir, car la communication avec le service de dépannage avait été coupée à l'improviste. Les pollens + l'ascenceur, ça faisait beaucoup pour résister à une claustrophobie possible. J'ai beau avoir bossé à la Tour Eiffel, j'ai mes limites.

Je vais manger mon petit yaourt du matin, puis aller traumatiser les chats avec l'aspirateur, avant de me traumatiser moi-même avec les rédactions de nos chers bambins.
Question technique pour les bloggeuses et bloggeurs qui passent ici : êtes-vous en mode basique ou avancé sur vos blogs ? Je me pose la question de savoir si je ne vais pas monter en gamme, mais j'ai un peu les chocottes car c'est irréversible, comme manipulation... 
D'un autre côté, je pourrais faire de très chouettes améliorations et personnalisations...
Allez, je vais faire un petit sondage dans la colonne de droite, du coup.
Un de mes sixièmes a trouvé la bonne idée, pendant l'heure de méthodologie au CDI, de s'intéresser à un carton dans lequel se trouvaient des spécimens de livres, emballés dans du polystyrène.
Tout content de sa trouvaille, il a mangé le plastique blanc.
Parce que pour lui, c'était des marshmallows.
A part ça, tout va bien.

Certes, j'ai une grosse migraine (c'est parti pour trois jours !) au sortir de mes six heures de cours. Mais ce soir, je suis rentrée en me disant que, finalement, quand je pouvais faire cours à peu près normalement (bouh, comme je déteste ce terme !), je ne puais peut-être pas tant que ça comme prof (message subliminal pour Emy).
Et puis il y a le Funambule, un 6ème que je reprends parce qu'il ne tient pas en place, mais qui m'apparaît comme un Pierrot lunaire. Je vois comme orientation pour lui : acrobatie, spécialité "équilibre poétique".
Il y a la Loreleï de 3ème qui me pose des questions par curiosité intellectuelle et parce qu'elle veut comprendre.
Il y a le Merle moqueur (qui hulule, aussi) de 3ème encore, et que je sanctionne pour ça, mais quelque part, ça m'amuse (il le fait bien, le bougre !).
Et puis ceux qui s'effraient parce que j'ai un chat noir chez moi ("Vous êtes une sorcière ? Ohhhh...."). 
Il est chouette, ce boulot, même si on en bave des ronds de chapeau la plupart du temps.


Pendant que le faisais cours, la Maaf m'a laissé un message sur mon portable : j'aurais eu un accident avec un véhicule, sans avoir fait de constat, en août 2006.
Pour ceux qui ont suivi, à cette date-là, j'étais en République Tchèque pour un championnat d'Europe sportif, et ma voiture dormait bien au chaud dans le parking municipal.
Pourquoi je sens la fraude à l'assurance, avec quelqu'un qui aurait noté mon n° d'immatriculation au hasard ? On va m'entendre, si c'est le cas. Marre que ça tombe toujours sur Bibi, ces trucs-là !
Extrait d'un article du Monde, de Christophe Jakubyszyn :
"Depuis son retour de sa croisière au large de l'île de Malte, le président élu s'est installé rue Saint-Dominique, dans un bâtiment de la République, annexe de Matignon, pour consulter et réfléchir à la constitution de son gouvernement. Car, pour son premier acte de président, Nicolas Sarkozy a choisi de frapper fort. En redécoupant les ministères, il veut en profiter pour réformer l'Etat, éliminer les doublons, réduire le nombre de fonctionnaires. "Depuis 48 heures, les grandes directions des ministères ont réalisé qu'elles vont se faire bouffer, on croule sous les contre-propositions", rigole un des artisans du "grand redécoupage".
A titre d'exemple, une partie des douanes devrait rejoindre le ministère de l'intérieur (environ 10 000 agents sur 20 000), la direction du travail, qui s'occupe des relations sociales et du droit du travail, va être rattachée à Bercy et au futur ministre de la croissance et de l'emploi. "Ça va permettre à des dizaines de milliers de fonctionnaires de mieux appréhender la réalité économique", glisse un conseiller.
Mais aussi de découvrir quelquefois "leur double dans le ministère d'en face", ajoute-t-il. Car la forteresse Bercy a souvent doublonné l'organisation des ministères dépensiers : "D'un côté un fonctionnaire qui dépense, de l'autre un fonctionnaire qui empêche de dépenser", résume un connaisseur des arcanes de l'Etat. Une autre partie de Bercy - le Trésor, la dette et la macroéconomie - serait fusionnée avec les directions s'occupant de la Sécurité sociale, notamment de l'élaboration de la loi de financement de la Sécurité sociale, le reste du ministère de la santé fusionnant avec les sports. Ce nouveau ministère des "comptes" pourrait être confié à un UDF, en gage d'ouverture.
Des ministères importants pourraient disparaître, comme l'agriculture et la culture. Cette dernière serait rattachée à l'éducation nationale pour promouvoir l'enseignement artistique à l'école."

Yes ! J'ai réussi à corriger les vingt rédactions du Brevet blanc qui me restaient sur le bras (jen avais trente, et autant de dictée + questions). J'ai presque quatre pages de perles dans mon carnet... Comme je dois donner un cours particulier en fin d'après-midi, je ne les mettrai en ligne que ce soir, voire demain. Gnark gnark.
Pour vous faire patienter -et imaginer le pire-, voici le sujet : "Imaginez une situation où un(e) adolescent(e) de troisième ne se sent attiré(e) que par une activité ou un domaine professionnel majoritairement représenté par le sexe opposé (par ex., rugby, électrotechnique ou plomberie pour uen fille; danse classique, puériculture ou métier de sage-femme pour un garçon). Face aux arguments sexistes de son entourage, l'adolescent(e) décide d'écrire une lettre ouverte dans le journal du collège pour protester contre ces préjugés."
Allez, un petit ravalement de façade avant de partir affronter le vent sur mon scooter, et hop !
Addendum (pour Ed) : je ne suis pour rien dans le choix du sujet, que je trouve "risqué" et bien bâteau. Mes chers collègues en poste fixe ont décidé entre eux des sujets, puis les ont donnés aux pauvres remplaçantes que nous sommes. On a dû "faire avec".

Hier soir, je me suis fait plaisir : j'ai regardé les Desperate housewifes (pas en VO, quel dommage !), puis j'ai enchaîné avec Nip/Tuck. Du coup, dodo à 01h40.
Je vais devoir m'activer ce matin car V. vient déjeuner vers 12h30. Je vais attaquer mon deuxième café avant de me préparer pour aller faire quelques courses.
Les copies du Brevet blanc vont patienter. J'ai déjà corrigé les dictées (sur 10 pts) :il y a 17 zéros sur 30 copies, et seuls 7 élèves ont plus de 5. Très motivant pour la suite : 30 questionnaires, et 30 rédactions...
Hier après-midi, je suis restée coincée dans l'ascenceur de l'immeuble. Je raconterai cette petite aventure plus tard, avec mon opinion sur le débat (je n'ai pas oublié, pas taper !).
Le fameux débat... Les impressions fraîches ne sont plus d'actualité, certes. On a beaucoup glosé sur l'animosité de Royal, les écarts de position entre les deux candidats, etc.
Pour ma part, voici pêle-mêle ce que j'ai retenu et/ou ce que je me suis dit en regardant ce débat (il va y avoir un parti pris, j'en suis confuse mais c'est ainsi) :
Ce fut une jolie joute verbale, même si je crains que certains se soient laisser abuser par l'apparence de "calme" d'Iznogoud. Les "saines colères" ne parlent qu'à ceux qui les vivent et se révoltent d'une façon ou d'une autre.
Et maintenant, j'ai peur.
Pour la fête du travail, je vais...corriger des copies, pour changer.

Hier, je me suis levée plus tôt pour arranger une classe de 3ème (ils auraient eu quatre heures de perm'). J'attends toujours un "merci, m'dame". D'autant plus que j'ai encore eu droit à un cours Stimorol (je ne parviens pas à mettre la main sur cette pub à laquelle je fais référence, zut de zut !). Les autres classes étaient assez ingérables aussi : à cause du pont (que certains parents ont fait, mais le collège fonctionnait... Ce qui frustre ceux qui sont restés), de la semaine banalisée, du Brevet blanc n°2...
J'avais reporté un contrôle de lecture pour que ces chers petits puissent réviser avec moi ce fameux examen blanc. Bilan : ils ont été très pénibles et inattentifs. Je les ai vivement remerciés pour leur attitude. Comme on dit familièrement, à force d'être trop bonne, on est trop c...e.
Les notes des 3ème vont s'arrêter le 18 mai, ce qui est effroyablement tôt. Ensuite, programme halte-garderie et centre aéré, car je ne vois pas comment on va les motiver vraiment.

Art postal. reproduction interdite sans autorisation.
J'ai été convoquée à la Poste, mais pas au guichet, non, non. Car je suis célèbre, moi, maintenant. On me fait passer derrière, au tri du courrier, avec les spécialistes.
Car mes courriers de bons voeux, postés le 02 janvier, n'étaient pas conformes. Ben voui, j'avais fait des enveloppes de mail art. Certes, la lecture en était parfois difficile, mais avec un peu de bonne volonté, on pouvait très bien les faire passer.
Que nenni. Arrivée au centre de tri, je suis accueillie comme un specimen rare. On me félicite, c'est très beau, original, gnagnagna, mais il nous est impossible de les envoyer. La machine ne reconnaît rien.
Et l'oeil humain, alors ? Il n'y a plus de tri manuel ? J'ai beau leur dire que j'ai envoyé des choses plus acadabrantes à l'autre du bout du monde et que ces courriers sont arrivés à bon port, rien n'y fait. (D'autant plus que sur dix enveloppes, deux sont parvenues aux destinataires. Bizarre, bizarre...) Ils sont très sympa, pas agressifs et moi non plus. J'essaye juste de leur dire mon dépit.
Il faut donc formater les enveloppes. Et son écriture.
Non, j'exagère. Je comprends leur point de vue, mais, à terme, serait-ce la mort des jolis courriers alambiqués ?
J'ai dû ajouter des rectangles blancs sur mes belles grandes enveloppes, et les scotcher par-dessus les adresses calligraphiées dans un premier temps. Quel dommage !
Bon, mes voeux parviendront à mes proches avant février... Espérons.

Voilà, j'ai fini mon travail de bénévole, écrit un rapport sur un élève, fait un courrier à mon RAD (établissement de rattachement) à propos de ma notation administrative (ils me mettent le minimum car je suis TZR, et je trouve ça totalement injuste). Il ne me reste plus qu'à faire des copies, des copies, et des copies, un peu de rangement dans l'appart', rempoter l'une de mes orchidées, et hop, ma journée de repos sera finie. Pfiouh.
José SARAMAGO, L'Autre comme moi,
Points, 347 p., 7€
C'est un roman surprenant; un de ceux que j'aime lire car, au lieu de me sentir amoindrie par tant d'intelligence, j'admire la maîtrise de la réflexion menée par Saramago.
En gros, l'histoire est la suivante : un professeur d'histoire-géographie découvre par hasard en regardant un film qu'il a un double parfait. Il va rechercher qui est cette personne, et cela va entraîner des réactions en chaîne...
C'est une réflexion sur l'identité fort intéressante, écrite dans une langue assez élevée (traduction du portugais) aux phrases longues fréquentes : cela est logique étant donné que les règles standard du dialogue sont abrogées, et que toute forme de dialogue direct est intégrée dans le discours indirect. Les premières fois, on cherche peut-être qui parle, mais c'est tellement bien fait qu'il n'y a guère d'hésitation à avoir.
Encore un roman "intello" me direz-vous. Et je répondrais : "Oui, et alors ?" J'adore mettre en route mes méninges. Pas vous ?
José Saramago est prix Nobel de littérature 1998, au fait.

Je somnole devant mon écran d'ordi, car la fatigue me gagne. Mais je vais avoir quatre jours archi remplis, et je ne pourrai souffler un peu que mercredi... C'est loin, ça.
Il va falloir que je prépare mes cours, et que je finisse au moins un paquet de copies, afin d'avoir l'esprit vaguement tranquille ce week-end : encore des activités bénévoles, cette fois-ci dans l'Yonne. J'ai aussi mon sac à préparer (départ demain matin 7h maxi). Pfiouh, j'ai combien de vies, moi, en ce moment ?

Je viens de découvrir qu'un des mes vieux amis, qui m'avait éjectée de sa vie comme on se mouche il y presque deux ans, m'a carrément bannie de ses contacts sur le site copains d'avant. Je voulais lui redire que j'étais heureuse de le voir bien dans sa vie, car j'ai découvert son site perso, dans lequel j'avais appris qu'il était marié et papa.Bannir. La démarche me choque. Nous avons vécu pas mal de choses ensemble pendant dix ans, échangé, parlé, débattu, ri, pleuré, et tout d'un coup, je ne suis plus qu'une "bannie", comme si j'avais commis l'irréparable.
Ce qu'il me reprochait, en gros, c'était de percevoir en moi la prof, systématiquement, et que je voie en lui comme un petit frère. Bref, une forme de maternalisme à son égard, bien innocent à mon sens, et que j'apparentais à de la tendresse.
J'ai évidemment des torts dans toutes mes amitiés perdues. Mais je ne comprends pas, je n'admets pas ces pertes qui pourraient ne plus être irréversibles avec un minium de communication. Je n'ose plus les compter, les amis disparus et pourtant vivants; ceux qui m'ont fermé toutes les portes d'accès en les claquant bruyamment ou les calfeutrant presque en cachette.
Est-cela la vie, celle dont on me dit "la roue tourne, les relations aussi" ? J'en arrive à avoir bien peu de personnes autour de moi. La faute à qui, vraiment ? Des années à se poser cette question, à se remettre en cause; mais pour qui, pour quoi ?

Voilà, j'ai voté. Pour moi et par procuration pour S.. J'ai eu la bonne idée d'aller dans ces bureaux de vote aux tranches horaires sur lesquelles mon ancien voisin, Grokipu, avec son vieux caddie dégueu, allait lui-même voter; puis je suis tombée nez à nez avec mon psy que je n'ai pas rappelé depuis six mois... En galant homme, il m'a laissée passer, et j'ai fui, honteuse.
Dans les corbeilles des isoloirs, certains électeurs n'ayant pas daigné faire une boule informe du bulletin restant, j'ai vu par deux fois qu'il y avait plus de "Royal" que de "Sarkozy". Cela ne veut rien dire, dans l'absolu, je le sais bien. Mais la corbeille serait-elle le marc de café moderne, la boule de cristal du XXIème siècle, l'augure revisité ?

Doit-on accepter l'augure des sondages, aussi ? J'ai beau préférer Racine à Corneille, je ne suis pas janséniste : l'homme peut lutter contre son destin, même si cela est terriblement difficile. Nous ne sommes pas irrémédiablement sauvés ou condamnés.
La politique, finalement, ressemble par certains aspects à la tragédie antique.
La beauté en moins.

J'ai retrouvé une pseudo traduction de cette chanson dans un cahier de mon père, pas ouvert depuis plus de dix ans... Je la lui avais faite en vacances, un été, alors que j'arborais fièrement l'un des premiers "vrais" baladeurs cassette. Il me l'avait demandée.
C'est loin. C'est tout près.

"Rain And Tears"
Aphrodite's child
Rain and tears,
Are the same
But in the sun
You've got to play the game
When you cry
In winter time
You can pretend
It's nothing but the rain
How many times
I've seen
Tears coming
From your blue eyes?
Rain and tears,
Are the same
But in the sun
You've got to play the game
(Interlude)
Give me an answer of love
I need an answer of love
Rain and tears
In the sun
But in your heart
You feel the rainbow waves
Rain and tears
Both I shun
For in my heart
There'll never be a sun
Rain and tears,
Are the same
But in the sun
You've got to play the game
Game...
Histoire de me mettre dans l'ambiance tout de suite pour 2007, j'ai passé aujourd'hui presque quatre heures à poireauter auprès de nos chères administrations : 1h45 à la Préfecture (coût : 313€), 40mn à la Maaf (bilan: rien car la queue n'avançait pas d'un iota), 1h15 à la Poste (bilan : de moins en moins de sous sur mon pauvre livret A).
Mais j'ai posté mes voeux avec des enveloppes casse-tête pour les facteurs et de zoulis timbres, j'ai configuré mes boîtes mail sur Outlook et prévenu tous mes contacts, puis corrigé quelques copies.
D'ailleurs, il faut que je les reprenne. A petites doses seulement, sinon je m'intoxique.
Quoique, à force, je pourrai me mithridatiser, qui sait ?
Aujourdh'hui, j'ai pu constater à quel point je suis transparente (malgré mes hanches qui se posent là). Deux profs, l'un de lettres, l'autre d'histoire-géo. La première a passé l'Agreg' interne et attend les résultats, l'autre a passé le concours de chef d'établissement.
A la pause déjeuner, je suis sur mon sempiternel fauteuil trop bas. A moins de trois mètres d'eux. Je les entends qui s'interrogent :
_ Non, mais vraiment, je ne vois pas comment ça s'écrit !
_ Ouais, c'est dingue, moi non plus.
Un troisième collègue (d'histoire-géo) entre dans la salle.
_ Ah, dis donc, tu sais comment ça s'écrit, toi, l'expression "à vau-l'eau" ?
_ Ouais : VO plus loin LO.
Il était sérieux. Personne ne m'a demandé mon avis sur la question, en tant que prof de français.
Depuis mon fauteuil, je lance par trois fois, à haute et intelligible voix : "C'est VAU". Personne ne m'entend. Même pas volontairement. Je n'existe pas.
Ils sont partis à la cantine, s'interrogeant toujours. Une collègue de SVT est à côté de moi; me sourit un peu gênée pour ses collègues et me dit d'un air entendu : "Tu ne dois pas faire partie du bon groupe..."
Ce à quoi je rétorque, à la fois dubitative et souriante : "Sans doute. Pas grave : je garde la bonne orthographe du mot pour moi..."
En fin de journée, après des cours pénibles, je m'apprête à partir et lance à la cantonade : "Bonne soirée, tout le monde !"
Aucune réponse.
I'm the invisible teacher. Charming, isn't it ?


Hier, j'ai été retenue de force, couteau virtuel sous la gorge, pour participer au projet d'établissement du collège. L'absurdité tient dans le fait que j'y suis remplaçante, et qu'après, je n'y remettrai plus les pieds, dans ce collège.
Mais les TZR ont subi une forme de chantage à ce sujet, bien dégoulinante de démagogie : pour resouder les équipes pédagogiques blabla, faire le bilan depuis la rentrée, etc. Le hic : nous ne sommes pas là depuis septembre, nous, les TZR. Et pas intégrés aux fameuses équipes.
Avec l'adjointe, on s'est un peu accroché le nez en salle des profs, ce à quoi elle ne s'attendait pas de ma part, apparemment.
Extrait :
_ Excusez-moi, mais je ne vois pas vraiment l'intérêt pour nous de venir à cette réunion, étant donné que nous sommes remplaçants. La logique m'échappe.
Laïus sur les équipes.
_ Il n'empêche que je termine normalement à 13h, et que je dois être à 17h30 à L. pour donner un cours.
_ Mais nous avons tous des obligations Mme X ! Que croyez-vous ?
_ Comme je fais mille kilomètres par mois, je dois donner des cours pour payer mon essence, Madame. Voilà ce que je crois.
Blizzard en salle des profs.
J'ai donc dû rester pour cause de menace latente. Comme j'étais censée revenir chez moi pour déjeuner, j'ai dû reprendre la voiture, et errer dans le bled pour trouver une boulangerie. Je me gare, j'entre et je commence à commander. Soudain :
_ Oooohhh, 'jour m'dame !, crient en coeur des élèves de mon premier remplacement, alors qu'ils ne me saluent pas dans l'enceinte du collège.
_ Ils vous ont bien reconnue, dites donc !, me dit gentiment le boulanger.
_ Certes...
_ Enseignante ?
Mouvement de tête pour acquiescer.
_ C'est pas trop dur ?
_ Joker !, dis-je en souriant. Il fait de même.
Puis j'ajoute :
_ Disons que c'est comme tous les métiers, il y a des avantages et des inconvénients.
Et là, derrière moi, deux gus qui machonnaient leur sandwich commentent juste assez fort pour que j'entende :
_ Ouais, ben y'a plus d'avantages que d'inconvénients dans ce boulot !
La moutarde était déjà bien montée avec le coup de la réunion, j'étais chaude pour la défense. Avec un très subtil sourire, et sur un ton fort calme, je leur répondis :
_ Ah, je suppose que je vais avoir droit aux vacances, une fois de plus ?
_ Ben ouais !
_ Vous savez, messieurs, (pause, regard droit dans les yeux) on recrute. (Je vois leurs visages changer) Le concours est ouvert. Je vous conseille de le passer, pour profiter de tous les avantages du métier. (Sourire, auquel il ne s'attendaient pas)
_ On a trouvé not' voie, ça va.
Tiens donc, un revers. Ils devaient s'imaginer que la pauvre nenette toute seule ne moufterait pas, ou que je m'énerverais, ce qui serait plus drôle. Je paye mon sandwich, m'apprête à partir. En me retournant, je glisse :
_ Ah, au fait, ne faites pas ce métier pour l'argent. Au revoir, messieurs.
_ C'est très mal payé, c'est bien vrai, renchérit le boulanger qui est vraisemblablement de mon côté.
Inutile de dire que j'ai attendu deux heures pour une réunion pathétiquement vide, creuse et sans intérêt.
Je suis rentrée à 20h chez moi, après mon cours particulier.
Mais les profs ne foutent rien, on le sait bien.

Aujourd'hui, suite à mon entrevue avec la Principale du collège, je devais la voir, accompagnée d'un élève de 6ème en perdition scolaire. Arrivée dans le bureau, j'apprends progressivement que la teneur du rendez-vous a changé : hier soir, à la sortie, il y a eu des violences.
En gros, trois "grands" (de 3ème) ont été tabassés par une armée de sixièmes (environ 20) pour une histoire de... bonbons. Evidemment, mon élève en faisait partie. Les parents des élèves agressés ont réagi de suite : plaintes à la Police, et bilan médical à l'hôpital.
Je ne reverrai sans doute plus mon élève aux yeux de charbon : il risque l'exclusion définitive.
Il y a eu aussi du racket au couteau par deux adolescents extérieurs à l'établissement ces jours derniers. Ils voulaient les portables des élèves.
Je suis dépassée par tant d'absurdité, de violence, d'absence de limites. C'est le monde à l'envers (?).
Je suis revenue en un morceau de mon périple tourangeau. Je le dis parce que :
1) samedi et dimanche, levée à 06h15, couchée à 01h.
2) j'ai passé mes journées à piétiner, prendre des photos, faire de la comm' (suis pas toujours bonne à ça). Mais mon we fut très bon, quoi qu'il en soit.
3) mais aussi à vomir quatre fois hier, à cause d'une énorme crise de migraine. Youèh, c'est pas terrible de relater ça, mais c'est la vérité vraie. 
4) j'ai dû faire la moitié de la route seule. Heureusement, mes amis m'ont accompagnée jusqu'à Orléans.
5) j'ai fait mes sept heures de cours avec les schtroumpfs surexcités, et toujours aussi insolents, sans en tuer un seul. J'ai dû pourtant mettre tout mon poids, agrippée à un bras, pour retenir un élève en classe... 
Et pis ce soir, j'ai plein de trucs à faire pour le collège, et j'ai pas très envie. Allez savoir pourquoi...