26 mai 2014

Frightening

Avant de reprendre la correction marathon de mes copies de TL, j'ai besoin d'expulser mes idées noires ici.
Une fois de plus, un fois de trop, le FHaine prend la tête lors d'élections légales et démocratiques. Le vote pour ce parti ne semble plus se limiter depuis belle lurette aux racistes de tout bord, mais s'étendre comme un feu de paille. Sur mon portable, hier soir, les news arrivaient les unes après les autres, effrayantes. Et les chiffres, indiscutables.

Statistiquement, certains de mes collègues ont pu voter pour ce parti. Mais lesquels ? Dois-je me rendre encore plus invisible parce que je suis gay ? Et si je me mariais avant la prochaine présidentielle, devrais-je avoir peur de l'avenir ? J'ai songé que si nous avions une présidente d'un parti extrême, cela entrainerait une chose : qu'en tant que fonctionnaire représentant l'Etat, je la représenterais... La fierté que je peux ressentir parfois virerait en honte et en colère. Et si j'étais mariée, je serais automatiquement "fichée", je n'en doute pas.

J'ai peur pour tous ceux qui ne rentrent pas dans les clous, tous ceux qui ne sont pas immaculés de peau, tous ceux qui ne veulent pas régresser, tant sur le plan économique que social.

Je n'ai guère de haute pensée politique depuis hier soir. Juste une ombre immense, que je sens s'avancer dans la lumière, sans que personne depuis des années, dans les différents gouvernements successifs, ne semble réagir sainement et efficacement.

Le président actuel est totalement invisible; et moi, juste moi, j'aimerais lutter mais je me sens impuissante.

La révolte est salutaire, mais sera-t-elle suffisante ?

Einstein citation

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22 avril 2013

Ma pauvre république...

J'aimerais à nouveau vous parler de musique, mais j'étouffe en ce moment. J'ai un poids sur l'estomac -ou sur le coeur, c'est pareil.

Je me sens à court d'arguments puissants, logiques, sensés face à la haine, face à ce mépris, face à ce qui m'écoeure. Comment peut-on oser chanter Le chant des partisans ou parler des pires horreurs de l'histoire pour abroger un projet égalitaire ? Heureusement, peu d'anciens résistants assistent à cette déchéance des valeurs.

Je comprends que l'adoption par des couples homosexuels puisse gêner. Mais les amalgames qui sont faits ces dernières semaines me révulsent. Je commence à craindre des réactions dans mon quotidien, dans mes balades parisiennes, dans mon travail. L'homophobie devient une opinion que l'on est libre d'exprimer.

Même un de mes élèves de seconde s'est laissé prendre au piège : ils devaient rédiger une satire des moeurs de notre temps, sur le modèle de La Bruyère qui se moquait de la cour et de la mode. Mon élève a pris l'homosexualité : "Mais madame, je ne suis pas homophobe !" Voilà, le niveau de "réflexion" s'en tient là. Comment lui expliquer que c'est déjà rejeter l'autre ?

homophobie patates

Si je n'étais pas moi-même homosexuelle, je pense que je serais tout autant dégoûtée par ces milliers de personnes qui se cachent derrière des "valeurs" qu'ils veulent imposer à tous. J'aurais honte pour ceux qui veulent faire couler le sang, en s'appuyant sur la Révolution française et en chantant des chants de guerre. Que l'on ne vienne plus brandir devant moi cette image de la France, pays des droits de l'homme, si évoluée et civique. 
Nous devrions encore sourire et dire amen à tout ce foin médiatique, à toutes ces phrases qui me donnent la nausée.

Je n'en peux plus de ces mouvements de haine. Je n'en peux plus de sentir la crainte monter. Je n'en peux plus de redouter les prochaines présidentielles. Je n'en peux plus de devoir me cacher.

Et si la loi passe demain en deuxième lecture à l'assemblée, je ne sauterai pas au plafond. Je serais soulagée mais je me demanderais : "Et après ?" Car les premières demandes en mariage, les premières cérémonies, comment se dérouleront-elles ? Dans quelles conditions ? N'y aura-t-il pas des flots de violence en voyant des couples de même sexe sortir heureux de la mairie ? Toutes les communes ne seront pas dans l'application de la loi, je le crains.

Et de me dire que les élus locaux ou nationaux n'incarnent plus du tout les valeurs de la dite république, cela atteint mon moral et fendille mes propres convictions. Pas plus tard que vendredi, je montrais ma carte d'électeur aux élèves en leur disant avec animation que c'était notre arme pour changer le monde. Avec du recul, ridicule (?). Je voulais leur faire comprendre que pour les prochaines présidentielles, ils seront des électeurs, et que seul leur vote pourra peut-être éviter la montée d'une femme extrême au plus haut rang de la République.

Là, je doute. J'en aurais envie de pleurer de rage, par instant. De mon impuissance.

Sur mon estrade, carte d'électeur en main, voix vibrante, quelques élèves m'ont dit naïvement que je devrais être présidente ou en tout cas "faire un truc". Mais quoi faire, mes chers petits ? Quoi faire ?

Je n'ai que ce pauvre blog pour exposer ma colère et ma tristesse. Comme tout cela n'est rien, face à la haine...

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30 janvier 2012

Cumul des socles

Il doit y avoir un cumul de plusieurs choses, car depuis hier, je me trouve dans un état proche de l'Ohio qui me rappelle mes passages à vide lorsque j'étais dépressive -chronique, donc tout s'explique.

L'agreg, une fois de plus, cristallise mes changements, mes questionnements, et canalise aussi mes soucis quotidiens et personnels. Au bord des larmes ou dedans, j'ai corrigé deux paquets de copies en deux jours parce que je n'avais pas le choix. Mais je n'ai aucune envie d'aller travailler demain.

J'ai lu Sarah Kane cet après-midi, ce qui est loin d'apporter un certain réconfort : je ne suis pas bégueule et il en faut pas mal pour me choquer, mais diantre, que d'horreurs ! Tout y passe : cannibalisme, viols, torture, sadisme n'en sont que quelques exemples...

J'ai ma tête des mauvais jours, qui n'arrange rien à l'affaire étant donné que j'ai une mauvaise image de moi-même en ce moment. Pour évacuer ma colère, hier soir, j'ai effectué 430 abdominaux, sans succès.

6 feet under

Et puis la saison 3 de 6 feet under a enrubanné le tout, je crois. J'adore les séries qui me dérangent, me bousculent; cependant je n'ai peut-être pas le bon timing, là.

Cette "sombritude" passera, no worry : en fin de semaine, trois jours de décompression sont prévus, et je ne vous dis pas encore où, sauf que ce n'est pas en France... Et nous partons à quatre : Asa, Tinette, Dolly et moi. Qui trouvera notre destination ?

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11 juin 2011

La cerise sur le pompon

Après une nuit de presque dix heures et un jogging, je peux tenter de vous raconter ma fin de semaine de dingue. Je vais en oublier, c'est certain.

pompon

Mercredi, cinq heures de cours de seconde, comme d'habitude. Sauf que j'y vais en reculant. Dans la classe européenne, quatre élèves sur 25 (ils sont normalement 30) ont répondu à deux pauvres questions. Je m'agace et passe à autre chose, sans corriger. Ras-le-bol de travailler pour rien.

Ensuite, direction cantine pour manger avant d'aller récupérer mes descriptifs à Trifouillis : une heure pour y aller, quasi autant pour revenir, en pleine journée. Le Bac risque d'être sympathique, cette année.

Jeudi, journée marathon : deux heures de seconde, un conseil de classe de 2h pour "ma"seconde, deux heures de première pour finir au pas de course nos derniers textes de Bac, puis conseil de cette même classe. Comment vous raconter ces deux conseils, justement ? Celui de seconde a été déprimant, car nous avons dit ce que vous voulions dire côté profs. Le bilan est catastrophique, du jamais vu pour les uns et les autres. Un exemple : ils ont 5 de moyenne avec moi. Au final, onze redoublements proposés, huit passage en première, dont trois seulement en générale. Le reste, réorientation.

C'est la douche froide pour la plupart des élèves, mais je ne le saurais que le lendemain... Hier, donc.

A la récréation, mon collègue de math vient me voir et m'annonce, alors qu'il est plutôt mesuré, que les élèves ont été "infects". Ils ont lancé un oeuf au tableau alors qu'il y écrivait, l'une mangeait, deux criaient "Ben Laden ! Ben Laden !" et ceux qui étaient renvoyés de cours refusaient de sortir et ne se levaient pas. Forte de ces annonces, je me dis que leur redonner leurs fiches d'orientation et tout le toutim va être folklorique. J'étais en-deça de la réalité.

J'arrive devant ma salle de classe : ils avaient cassé un oeuf sur la porte, au niveau de la serrure. La CPE, qui me suivait par précaution, cherche une solution rapide. Nous changeons de salle, et les accueillons froidement, le visage dur. Deux élèves, un garçon et une fille, en descendant, arborent une robe de prière pour la mosquée -chose qu'ils n'ont jamais faite. Le garçon est envoyé au proviseur par la CPE. Nous n'entrons pas dans la discussion.

Les élèves installés doivent sortir ce qu'ils ont dans leur sac. S'ils refusent, direction le bureau du proviseur. Entre temps, la CPE a dû partir en courant. J'entends des cris dans le hall d'entrée. Une bagarre avait débuté. L'un de mes élèves est rattrapé par la CPE : on suppose que c'est lui qui a lancé les oeufs. Il est envoyé chez le proviseur, qu'il va ensuite insulter, d'ailleurs.

Une élève refusant de vider son sac, je m'approche, le ton monte : je me fais traiter fort rapidement de "sale vieille prof, "espèce de p..." et autres noms d'oiseaux en arabe, avec le Coran en guise de branche. Je la renvoie et elle me lance, avec beaucoup de raffinement : "J'm'en bats les c....... !"
Etrangement, je vis les choses avec énormément de recul et je lui rétorque : "Cela va être difficile, Baba, puisque vous n'en avez pas."
Vexée et fort énervée, elle tente de claquer la porte, que je retiens. Sa sortie, qu'elle voulait grandiose, s'avère ratée. D'autres collègues vont la rattraper ensuite, et lui donneront la réplique, comme je l'ai fait (nous en avons bien ri, après). J'avais envoyé la déléguée pour l'accompagner, mais j'apprendrai plus tard que cette dernière n'avait jamais atteint le deuxième étage : elle était partie pleurer aux toilettes, traumatisée par des injures de Baba, lancées au matin contre elle...

Entre temps, Kad, un élève qui s'était présenté toute l'année sous des airs bovins, me jette sa fiche d'orientation par terre en répétant de façon maladive : "Je refuse ! J'en veux pas !" Je lui explique qu'il doit régler ça avec son père (il redouble alors qu'il pensait passer en première S, avec 3 de moyenne partout sauf en math...) et qu'il n'a pas l'âge légal pour gérer les papiers. Il s'entête. Je refuse de mon côté de me baisser pour ramasser sa fiche. Je le renvoie (on en est à quatre élèves dehors). Il lance alors des propos incohérents, que des collègues me rapporteront aussi après : "Le lycée est à l'Etat !", "A quoi ça sert 2 en français ?" ou "Tout se paye !"


Enfin, alors que je retrouvais un semblant de calme (après des cris concernant Ben Laden pendant que j'étais sur le seuil de la porte), la fille qui portait sa robe de prière (rose clinquant) cherche à me provoquer, mais j'avais appris dans la semaine que la classe avait cherché à me faire craquer avec les propos racistes d'il y a quinze jours. J'ai donc pris beaucoup de recul. Elle voulait remettre en cause mes capacités d'enseignante : "On n'a rien appris cette année" / "Comment ça se fait qu'on a (sic) cinq de moyenne en français ?", etc. Je suis restée fort calme, ce qui a dû l'agacer au plus haut point, en lui parlant de donner/recevoir et en précisant que l'élève était responsable de son apprentissage.

Les deux CPE ont fait des aller-retour dans la salle pour m'aider, ainsi que des collègues qui ont halluciné de voir tant de haine et de bêtise concentrées dans quelques élèves. Au total, il aura fallu six adultes pour gérer ces 45mn de "cours".

A part ça, l'Education Nationale se porte bien.

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16 janvier 2011

Omblage : n.m., légère angoisse, fondée sur rien en apparence. Faire omblage.

A la demande générale d'Emy, je passe ici avant de m'activer comme une folle en ce dimanche...
Jeudi, journée de dingue quasiment sans pause. Déjeuner sur le pouce, après deux commissions d'absentéisme (fléau dans mon lycée comme ailleurs). J'ai cours avec les premières. Je monte l'escalier. Arrivée au premier étage, je vois un élève avec une casquette vissée sur son crâne. Comme à mon habitude, je lance un original  "Caaaaaasquette, jeune homme !". Une fois, rien. Deux fois, il fait le sourd. Je suspends alors ma grimpée, et je le suis.
Avec insistance, pour la troisième fois, je lui demande de retirer sa casquette. Et là, rapidement, je sens que ça ne va pas être simple : il se rapproche d'un coup de moi, et me dit qu'il n'est pas de l'établissement (assez bête de me le dire d'entrée de jeu, d'ailleurs).

"Et alors ? Il y a des règles ici, pour tout le monde." Ah, le bel argument des règles à suivre ! Rien de tel pour l'énerver, puisqu'il voulait justement aller à l'encontre de ce que l'on exige...

_ Vas-y, t'es qui, toi ?
_ Vous me tutoyez ? Continuez, pour voir.
_ Ouais, et tu vas faire quoi ? Vas-y, appelle ! J'm'en bats les c******* ! Appelle les flics, aussi !, dit-il avec agressivité, en bombant le torse vers moi, avec un sourire en coin.

Là, je me penche au-dessus de la balustrade, et je demande aux élèves du bas d'appeler un surveillant. Aucun ne bouge. Ils font comme les trois singes : ils n'entendent, ne voient, ne disent rien.

3singes_sagesse

Telle un doberman, je ne lâche pas l'élève qui m'a insultée. Je le précède à la descente dans le hall., en le poussant légèrement. En bas, c'est moi qui me rapproche de lui, ce qu'il ne supporte pas.

_ Vas-y, tu fais quoi, là ? Recule ! Me touche pas !
_ Vous êtes qui, pour me parler comme ça ?

Soudain, il se rapproche tellement que je peux sentir son haleine de cendrier. Et là, allez savoir pourquoi, au lieu de tomber dans la grossièreté comme lui, je lui lance une phrase sans réfléchir, mais en la pensant vraiment, avec un air de dégoût sans doute : "Ah, vous puez !"
Il s'attendait à tout sauf à ça. Pendant qu'il essaye de m'imiter en rendant sa voix plus aigüe, nous sortons du hall. Soulagement de ma part, je vois ma copine CPE et Dolly arriver.
J'ai le souffle un peu coupé mais je parviens à faire comprendre le problème rapidement :"Intrusion, on m'insulte, on m'agresse !"
La CPE le canalise pendant une minute, mais il lui envoie les mêmes injures très rapidement : elle lui conseille de sortir vivement de l'établissement, car elle va en effet appeler la police. Le jeune homme me regarde avec haine, m'insulte dans sa langue (au ton, j'imagine bien qu'il ne me récitait pas de poésie), et s'en va vers la grille du lycée, tranquille comme Baptiste.

J'ai les mains qui tremblent, et cela m'agace de ne pas avoir réussi à me maitriser plus que cela. Je dois enchaîner et récupérer mes élèves. J'arrive en cours assez fébrile, en me disant que j'ai peut-être pris des risques, mais que je ne regrette pas de ne pas l'avoir lâché.

En attendant, ce n'est pas cela qui me fait le plus omblage, mais les soucis de santé de ma mère. A suivre...

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13 janvier 2011

Flétiser : prendre des risques inconsidérés, et trembler après.

Je n'ai guère le temps de m'étendre mais...
Alors, après un appel assez long avec Flûtine, deux commissions absentéisme ce midi, un repas pris au lance-pierre en 20mn à cause des susdites commissions, une agression d'un intrus à mon égard (je vous raconterai ça en détail demain ou ce we, car je me suis trouvée à la fois gonflée, drôle, et inconsciente : j'ai flétisé), deux oraux d'entrainement avec des premières, une séance organisée au CDI pour la semaine prochaine,  je m'arrête quelques instants ici pour faire un signe.

faire_un_signe


J'ai encore trois ou quatre paquets de copies à corriger; quelques feuilles de citations  d'agreg à apprendre (j'ai déjà oublié celles apprises hier); je dois diner (mais je m'étais offert hier soir des makis, alors je vais les terminer, c'est trop dur).
Et pour clôturer ma journée, j'ai reçu une belle feuille jaune : ma convocation à l'agrégation interne.
Donc c'est officiel, j'en suis.

Ah et puis comme il faut souffrir pour être belle, j'ai mis ce matin mes nouvelles doc martens toutes raides. J'étais belle par les pieds, et très fière de les avoir choisies de cette couleur. Un fait exprès, Asa m'a offert un petit cadeau du Maroc : un marque-page/porte-clef avec un pompon... rouge. Pas de hasard, je vous dis, pas de hasard.
Allez, je vais dîner : je ne les ai pas volés, mes makis !

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11 décembre 2009

Liste de listes

Bilan rapide sur environ deux semaines

listes

Deux paquets de copies corrigés, quatre récupérés (suis mauvaise en calcul, oui).
Deux lectures analytiques prêtes, deux livres achetés pour peaufiner le cours, deux pièces de théâtre prévues en lecture, des places en sus pour des spectacles.
Un DST de quatre heures pour les premières, dont deux où je les surveillais. Les STG causaient et faisaient salon à 10 heures, en ayant rendu leurs copies (rapides à corriger, du coup). Les ES ont manqué de temps, eux...
Un roman d'anticipation et des exposés sur des oeuvres de Zola prévus pour la rentrée avec les secondes.
Deux dissertations et des contrôles de lecture pour les premières en janvier.
Trois conseils de classe de deux heures, dont un sur un jour de repos.
Trois heures d'oraux blancs pour des élèves volontaires.
Quelques rapports.
Deux réunions parents-profs, dont celle d'hier alors que je ne travaille pas le jeudi. Rentrée à 21 heures. Au total 36 parents rencontrés.
Une nouvelle élève incorporée en seconde, avec tous les cours à lui faire rattraper.
79 bulletins remplis, toujours de façon très complète dans les appréciations.
Une prof agressée que j'ai ramenée hier soir car elle craignait d'être attendue à la sortie, même si cela était hautement improbable.
Des parents reconnaissants, qui donnent envie de continuer dans la même veine.
Une soirée prévue la semaine prochaine avec mon petit cercle littéraire (raclette à la maison !).
Une sortie théâtre en tant qu'accompagnatrice vendredi soir prochain.
Une commission mardi après-midi pour présenter mon projet de lutte contre l'homophobie.
Ma collègue Tine agressée méchamment en cours par une élève sombrant dans l'extrêmisme à cause du cours sur Voltaire... Au final, l'élève a été exclue et Tine a reçu deux kilos de dattes de la part des parents, honteux de l'attitude de leur fille.
Un essai à faire avec un rétroprojecteur pour des séances vidéo sous peu (Gabin et Molière, pas des films pour occuper les élèves seulement, hein).
Quatre mots dans des carnets.
Les cours du mercredi soir au Louvre et l'achat du cadeau de Noyel de ma mère (une montre).
Des envois postaux divers et variés, mais la Poste avait une panne informatique.
Du métro avec Comtesse pour aller chercher Zelle.
Ikea pour le sapin, la déco de celui-ci, et des petits gâteaux aux mûres préparés à la dernière minute.
Et demain, après les cours, pot avec Emy.

Allez, je vais respirer un peu devant Canal+, puis séance miam devant la saison 1 d'Ally Mc Beal (qu'est-ce que je me retrouve en elle, dites donc !).

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26 novembre 2009

Promenons-nous, dans les bois...

Je viens de rentrer d'un cours particulier, après avoir laissé le plombier me sauver des tuyaux bouchés dans la salle de bain.

chat_violence

Je découvre, atterrée, deux mails du lycée. Le premier, c'est un avis d'exclusion à l'encontre des deux élèves qui sont venus m'agresser verbalement devant la salle des profs. Soit. Je ne sais si cela arrangera les choses, mais au moins une réaction existe.
Le deuxième, c'est un mail du PP des STG qui me tient au courant des événements de la journée. Mes collègues ont débrayé cet après-midi, suite à un acte violent qui a eu lieu à 9h (du mobilier a été lancé par la fenêtre depuis une salle en étage). Apparemment, l'administration aurait réagi en balançant des exclusions et des sanctions pour redresser la barre (on avait l'impression ces derniers temps que les élèves prenaient de plus en plus de libertés et qu'il n'y avait aucun signal fort des chefs). D'où le mail n°1, en fait.
Bon, ben, c'est mega fun et surprenant, la vie au LycéeDésiré !

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25 novembre 2009

Communication

Rien que de très banal (?) :

enseignant_poilodent

  • quatre heures de cours dont le première mortellement ennuyeuse avec un groupe de seconde.
  • deux rapports en deux jours sur les STG. Celui d'aujourd'hui porte sur un élève qui est venu m'agresser verbalement à la récré devant la salle des professeurs.
  • après cet esclandre, énervée et dépitée, j'ai fait cours. J'ai fui vers la cantine car je devais faire passer des colles à des volontaires de première.
  • ayant fui, j'en ai oublié un rdv avec une mère d'élève. Heureusement, elle ne m'en a pas voulu d'avoir attendu 20mn et de ne pas m'avoir rencontrée...
  • toute petite dans mes souliers, je l'ai appelée ce soir. On a fait l'entretien par téléphone, et elle était charmante. Ouf !
  • les colles ont été fort moyennes : notes entre 7 et 10. Les élèves ont beaucoup de mal à réexploiter leurs connaissances et les points vus en cours.
  • ma petite élève gay communique avec moi par mail de temps à autre (une de ses amies n'ose parler à Jeanne, ma collègue de lettres sympa), et  semble prendre un peu d'assurance en cours. Je ne sais s'il y a un lien de cause à effet, mais j'aime à me le dire.
  • ce soir, je vais voir un humoriste au théâtre. Cela me fera du bien, j'espère.

Et vous, what's up ?

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09 octobre 2009

Pourquoi tant de haine ? *

bon_colere

A écouter

Il y a des jours, comme ça, où l'on rentre en se disant qu'on ne sert pas à grand-chose, pourtant le fil tendu ne s'est pas brisé et ce n'est déjà pas mal.
Il y a des jours où l'on se demande si on a bien fait, bien dit, bien réagi.
Il y a des jours où l'on rentre en se demandant pourquoi il y a tant de haine enfouie en les autres, et pourquoi ma colère ne surgit pas, elle. Pourquoi je la contrôle parfaitement depuis des années. Des années trop longues pour être vraiment comptées.
Pourquoi cet élève détourne le regard par affront, et pense que je le prends pour un demeuré. Pourquoi il est toujours sur la défensive, et considère que ce mode de fonctionnement est la "normalité".
Pourquoi ce furoncle vivant sur son scooter a fait demi tour pour venir taper violemment ma vitre de voiture, devant le commissariat.
Pourquoi il voulait ma peau. Pourquoi je suis restée calme, lui disant d'un ton neutre, avec un demi sourire aux lèvres : "Ce n'est pas moi qui m'énerve, c'est vous." Et j'ai redémarré, pensant l'espace d'un instant qu'il allait me suivre jusqu'à la rue d'après - jusqu'à chez moi, donc.
Il y a des jours où  j'ai l'impression de donner beaucoup de moi au travail, dans la vie, et où je me positionne au-dessus du lot, de façon sans doute injuste : le facteur qui dépose un colis sur le paillasson d'un voisin, alors qu'il m'est adressé; le proviseur qui enterre l'affaire; des élèves qui sont de mauvaise foi et refusent de travailler; des collègues qui refusent d'affronter les élèves... L'incompétence a toujours été inacceptable à mes yeux. L'exigence que je me porte, je l'attends des autres. Grossière erreur, que je ne parviens pas à corriger.
La moitié de la classe de STG ne m'a pas attendue plus de trois minutes ce matin : ils sont partis. Puis revenus deux heures plus tard, comme des fleurs. Alors que moi, j'attends. Je suis experte, en attente. D'une patience infinie.
Il y a des jours que l'on aimerait recommencer, peut-être pour faire autrement. Ou pour bien les enregistrer, et garder un peu d'amour en soi, beaucoup de patience, énormément de foi en ce que l'on fait.

Vous m'y aidez un peu, en me lisant.

* Etonnante coïncidence en cette journée d'attribution du prix Nobel de la paix...

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