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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
7 janvier 2014

Allô, Sigmund ?

Je ne sais si c'est la reprise, le mois de l'agreg, mes cauchemars, le chauffage au sol, nos recherches immobilières ou encore autre chose, mais depuis hier, ce n'est pas la grande forme.

Bon, d'accord, je reconnais que l'agrégation y est pour beaucoup. J'ai beau prendre du recul, je déteste ne pas me sentir au point. Je crains les regrets.
J'en ai même cauchemardé cette nuit, avec Tinette qui m'aidait et Asa qui m'enfonçait (évidemment).
Pour les cours de terminale L, cela me fait le même effet : je suis inquiète à l'idée de ne pas maitriser mon sujet, et d'être dépassée. Pourtant, Eluard est ma tasse de thé littéraire depuis un bail, et le surréalisme, n'en parlons pas. Mais c'est l'époque des doutes, et chez moi, ils sont importants.

Le travail que j'ai à faire, tant pour le lycée que pour le concours, me désespère. Je ne devrais même pas être devant l'écran de l'ordinateur, mais c'est une façon d'évacuer un peu mes angoisses.

Sinon, j'ai profité du dernier week-end des vacances pour aller voir l'expo Depardon au Grand Palais, ainsi que le film The Lunchbox. Pour Depardon, j'ai du mal à savoir si je trouve que c'est un génie ou pas. Mais comme il le dit si justement, il prend des photos que tout le monde pourrait prendre, et que personne ne prend. Il y en a deux ou trois que j'ai beaucoup aimées, entre autres parce qu'elles me rappellaient celles de Saul Leiter.
Quant au film, j'ai passé un très agréable moment. L'histoire est assez simple, mais fort bien trouvée : à Bombay, des boites repas sont livrées tous les jours via un système d'orgnaisation sidérant. Une femme veut reconquérir son mari avec ses repas, mais il y a une erreur de destinataire... La fin reste ouverte : j'ai eu envie d'être optimiste. Nous avons eu très envie de manger indien après. Ce que nous avons fait !
Cette journée à Paris m'a encore une fois donné envie de me balader avec mon boîtier photo, et surtout de me rapprocher de Paris avec Cally...

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26 août 2013

Back from paradise

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Boa Vista, plage de Santa Maria

 

Je suis de retour, bien vivante et gorgée de soleil, depuis samedi midi. J'encaisse encore le décalage horaire et les effets néfastes du retour (ménage, courses...) mais j'ai bien l'intention de vous faire partager mes images qui, à ma grande joie, reflètent vraiment ce que j'ai vécu et vu.

Accordez-moi un peu de temps pour faire le tri et écrire une entrée digne de ce nom.

A très vite...

6 avril 2013

En ces jours étranges

Il est des semaines étranges, où de micros événements prennent toute la place sans que l'on s'en méfie.
Deux heures de devoir sur table ont mis mes nerfs en pelote dans la classe de seconde qui m'insupporte de plus en plus : retards, pas de feuilles, de la mauvaise foi, du désabusement et de l'amusement, un pantalon qui tombe mi fesses, des questions ineptes... Ajoutez à cela que quinze copies de devoir maison n'ont pas été rendues malgré un mois (!) de délai, et vous comprendrez peut-être que jeudi matin, j'étais énervée.
Après huit heures de cours, je rentre. J'avais déposé dans la journée mes copies de bac blanc corrigées, dans les casiers des collègues concernés, dont Asa. Le soir, vers 20h, je reçois un sms de cette dernière me demandant de "relire certaines copies" le lendemain. Je le voyais venir gros comme une maison : ses élèves n'ont pas brillé, mais c'est ma façon de corriger qui est un problème.
Ce n'était pas la première fois que nous évoquions certaines différences "de style", mais là, j'ai fulminé très vite, dès le jeudi soir. Rendez-vous était pris pour le vendredi 11h. Je n'ai pas tenu : à 7h45, devant la machine à café, j'ai demandé de quoi il en retournait. J'avais décidé de garder mon calme, et pourtant, dès la première phrase d'Asa, je l'ai perdu : tout sourire, elle me dit que "ohlala, c'est délicat... mais tu comprends... certains de tes commentaires sont... comment dire ? humiliants".
Tout en perversité, elle a cherché à me faire douter et j'ai compris qu'au passage, elle voulait semer la zizanie dans l'équipe de lettres en sous-entendant qu'en amie, elle me disait ce que les autres pensaient tout bas. Ce qui est faux, bien entendu. Tout y est passé : Asa SAIT mieux que les autres et ne supporte pas que l'on fasse autrement qu'elle. Pour ma part, je ne reviens jamais sur la correction de mes collègues car je trouve cela incorrect, et malhonnête pour les élèves : ils seront notés par des correcteurs divers et variés, comme nous. D'autre part, il y a peu d'écart entre nos estimations.
Pourtant, Asa veut faire sa loi et surprotège ses chers petits. Le ton est monté et je lui ai tourné le dos quand elle m'a dit qu'elle ferait faire une double correction (précision pour ceux qui ne sont pas profs : c'est outrageant car on le fait dans des cas extrêmes, avec des examinateurs totalement barrés) et qu'elle mettrait du tipp-ex sur mes commentaires "humiliants".  Juste après, sans le savoir, une collègue de lettres prenait ma défense et trouvait très bien que l'on soit tous exigeants...
A 11h, je suis allée signer mon rapport d'inspection. Etrangement, l'inspectrice était dithyrambique sur ma façon de corriger les copies. D'un coup, l'affront d'Asa a été tourné en ridicule par celle-la même qu'elle idolâtre de par sa fonction pédagogique.

J'avais compris l'an dernier qu'Asa n'était pas une amie. Cette fois-ci, la relation est rompue. J'estime avoir été humiliée injustement. Cela facilitera les choses pour la préparation de l'agreg 2014 : n'ayant pas été admissible cette année, Asa repique pour la troisième fois. Autre précision : une phrase d'elle m'était restée en travers : "L'admissiblité n'est qu'une formalité. Avec un minimum de travail, on l'a." J'avais trouvé cela méprisant non seulement pour moi, mais pour tous ceux qui préparent comme des fous et qui ne savent pas s'ils atteindront les oraux ou pas.
Justice semble rendue, d'une certaine façon.
Je me sens légitime à ma place, et Asa n'est pas ma supérieure. Elle a oublié que nous étions tous des collègues, et qu'elle devrait éviter de se placer en parangon de pédagogie.

Décidément, cette inspection aura eu sur moi plus d'effets positifs que je ne croyais.

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Du coup, ce week-end, j'ai décidé que je m'offrais un Ipad, puisque je tourne autour de cette idée depuis plusieurs semaines. Sa fonction sera essentiellement de m'aider à travailler l'agreg partout, et de gérer mes cours sur écran, au lycée. Je vivais bien sans, je vivrai bien avec. Et je l'emporterai dans mes trois journées de stage en histoire de l'art : je vais adorer !

Sinon, il faut que je pense à vous parler du concert de Benjamin Biolay !

18 mars 2013

Monsieur le Marquis de la Réglisse Divine

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Oui, je sais, c'est sans doute indécent de dire cela mais : où sont passées mes vacances ? Je n'ai rien compris ! J'étais épuisée, grippée, soulagée d'être au repos. Puis je suis partie sur Amsterdam (cf. l'album photo), alors que mon noirot avait une urgence vétérinaire assez méchante. Retour sur Paris (avec le chat qui fait pipi partout car sa collerette l'insupporte), jolis moments encore avec Cally, courses, Tinette qui passe à la maison, concours de tir à l'arc. Et puis voilà, j'ai dû préparer les oraux blancs qui débutent demain, et un paquet de copies de première me tend les bras : je vais en récupérer trois cette semaine sans même faire cours. Le comble.

Donc je disais : où sont passées mes vacances ? C'est à n'y rien comprendre. J'imaginais quinze jours si longs, si réparateurs que la reprise me serait légère. Et pourtant, je sens le poids de celle-ci, déjà...

C'est sans doute parce que je profite vraiment de mon repos, et que le contraste est flagrant. Je me sens étrangement détendue, même si la fatigue est parfois présente, ou que je trouve que je vieillis malgré mes airs encore poupins...

Sinon, j'avance lentement dans Mme de Sévigné : je lis autant de notes que de texte. Je pensais avoir fini ce week-end, et il me reste encore... deux cents pages. Pfiouh !

Côté tir à l'arc, j'ai remis le pied à l'étrier après environ quatre ans sans concours : j'ai géré au mieux la pression, et je suis arrivée en milieu de tableau final. Cela m'a rassurée pour la suite des événements, car je ne m'entraine quasiment pas et j'ai gardé des automatismes sains. Il faut juste que je me détende pour rester fluide comme aux entrainements. A suivre...

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27 février 2013

Hospices, cataplasmes & C°

Malgré la fatigue, malgré une toux persistante, et tout ce que la grippe peut entrainer, Cally et moi sommes parties samedi matin en direction de la Bourgogne. Dans une ancienne abbaye, nous avons logé et regardé la neige tomber entre quelques visites et de bien bons restaurants... Car j'ai découvert pour la première fois un gastronomique, et je peux vous assurer qu'il y a une réelle différence.

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Je vous épargne le détail du menu, mais j'ai mangé du crabe, de la poularde, du haddock, du blé, de l'ananas, de la grenade, et j'en passe, le tout arrosé d'un délicieux Meursault. J'étais aux anges.

Le lendemain, nous avons dîné d'oeufs meurette, de boeuf bourguignon et de carré de cochon, avec un Saint-Aubin pour faire passer tout cela...

Au retour, lundi, arrêt sur Vézelay pour voir l'abbaye : climat incroyable car le lieu était ouvert, et juste pour nous, dans le froid hivernal et le silence. Nous étions seules sur le site. Inimaginable.

Ces trois jours ont sonné comme une véritable récréation, un week-end de vacances comme j'en ai rarement fait. J'en ai profité pour essayer mon boîtier Nikon. Encore frustrée de ne pas le maîtriser, mais j'y ai pris déjà beaucoup de plaisir. Je poursuivrai pendant les vacances car nous partirons quelques jours sur la ville des canaux et des tulipes...

D'ici-là, il faut finir la semaine, boucler tout ce qu'il y a à faire au lycée car le retour sera abrupt (semaine de bacs blancs), corriger le maximum de copies, tenir la remise des bulletins demain soir, et je pourrai enfin vraiment souffler et me retaper de cette grippe dont j'avais oublié la teneur depuis des années.

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Une église derrière l'hôtel

 

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Vue de la chambre d'hôtel

 

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Love, love, love...

 

 

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14 mars 2013

Crokete !

Malgré un retour à N+1 à cause de la neige française, me voici chez moi après six journées passées à Amsterdam. Il y avait longtemps que je désirais aller là-bas, pour voir les canaux, et le musée Van Gogh, je l'avoue. J'ai glissé cela dans une conversation, et Cally me l'a proposé très rapidement après.

Nous avions un hôtel dans le quartier des musées, au sud de la ville. Le temps était vraiment froid (entre -1 et -4°), mais cela ne nous a pas empêchées de nous promener longuement en ville, et de profiter au maximum tout en prenant notre temps. Nous avons parcouru plusieurs musées (Van Gogh, Riejmuseum, Rembrandt, Heineken, Foam...), découvert de multiples cafés bruns, mangé tout ce que nous désirions goûter (croquettes salées et panées, apple pie, soupes, boulettes de viande, waffels, plats locaux, frites...), bu plusieurs bières (la Chouffe belge a eu raison de moi un soir, d'ailleurs).

 

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Choses étonnantes vues là-bas : évidemment le quartier rouge avec les femmes en vitrine; les coffee shops (je reste naïve mais voir de la drogue présentée et achetée comme en hypermarché, cela m'étonne); les habitants quasi invisibles (pas de familles avec poussette, pas d'adolescents, de gens faisant leurs courses...); le design de l'intérieur des maisons; les façades des maisons qui penchent; la notion de trottoir pour piétons presque absente (celui-ci appartient aux véhicules de toute sorte, du vélo hollandais au camion); les copeaux ou grains de chocolat (vendus par petits paquets) mangés par les amsterdamois sur leurs tartines du matin; le climat humide qui a un effet étonnant sur mes cheveux.

Sinon, j'ai les lèvres gercées par le froid mais aussi par mes sourires continus, je crois.

Et puis j'ai quand même travaillé un peu, la preuve :

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D'ailleurs, d'après mon planning, j'ai jusqu'à demain soir pour finir cet ouvrage plus ardu qu'il n'y paraît...

Pour finir cette note, sachez que je suis revenue avec : environ 250 photos, ce qui est peu; une mug de la laitière de Vermeer (le tableau est superbe, vraiment); des cartes postales des musées; un décapsuleur offert par Heineken; des bulbes à offrir et pour moi (tulipes et jacinthes), du FROMAGE (à la truffe, vieux et au basilic) et c'est tout. Le reste, et donc l'essentiel, n'appartient qu'à Cally et moi...

 

PS : L'album est en ligne... (edit du 15/03 à 12h30)

19 novembre 2012

Caraïbes sous la pluie

Après avoir passé trois heures à travailler pour les premières, la pause s'impose. D'autant que je devrai ensuite me plonger dans un après-midi secondes. Mes lundis ressemblent (trop) souvent à cela. Ce week-end, je me suis accordé mon samedi : j'ai reçu Miss R et une collègue de churros, Santana. Nous devions être plus, mais après défections, le repas à quatre (avec Flûtine) a été très agréable malgré tout. Je m'étais lancée dans le curry de poulet accompagné de son riz thaï, suivi d'un cheesecake Caraïbos (aux deux citrons et à la coco). Comment dire ? Je crois que je commence à m'améliorer et faire des choses bonnes et assez belles. Nous sommes très loin des assiettes hautement dressées de certains restaurants gastronomiques, mais pour de l'amateurisme, je m'en sors pas mal, je crois.

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Ensuite, petit jogging nocturne avec Flûtine car le lendemain j'allais vivre ma première course officielle de... 5km. Mon ambition était assez réduite : tenir la distance, sans prendre en compte le chronomètre. J'ai bien fait, car je suis arrivée dans les dernières mais j'ai tenu bon ! Malgré la pluie, et deux ampoules incongrues et imprévues (sous le pied), j'ai couru 5km en 40mn (on ne rit pas, merci). J'ai gagné une petite médaille et un t-shirt micro aéré.

L'après-midi a été studieux mais je n'en pouvais plus. J'ai étalé un paquet de copies de ma seconde en difficulté car ils me rendaient folle : certains élèves n'ont pas VU et donc pas LU l'extrait de Racine de quarante vers, et ils ont quand même répondu aux questions. A se taper la tête contre les murs après deux mois de travail sur la tragédie classique, via des textes équivalents.

Florilège de mes moments de désespoir :

* son accusement était faux puis elle mourra

* par être (= paraître)

* par à port (lisez à voix haute pour comprendre...)

* Vénus faisa tomber amoureuse Phèdre envers son fils

* un grand hauteur de tragédie : Molière

* le fait de profaner son conjoint entraine de nombreux divorces

* il est possible que certains spectateurs repensent à se purger (NB : cela partait d'une bonne intention : parler de la catharsis, mais j'ai craqué et j'ai mis en commentaire : "comme les radiateurs ?")

* la seconde guerre monde

* les gens (je pense) aiment beaucoup les actes infanticides paricide adapter par des écrivais ayant vécu depuis plusieurs siècles mais qui font encore parler d'eux

A part ça, ma semaine de cours de 22h m'a épuisée. On se demande pourquoi.

 

11 novembre 2012

Des vacances, vraiment (2)

"J'ai vu aussi l'autre expo du Grand Palais, "Bohêmes" : intéressante, surtout la partie sur le XIXème siècle avec une mise en scène assez juste (murs au papier déchiré, par exemple). Et j'ai enfin vu en vrai la toile de Georges de la Tour, avec le jeune homme qui se fait joliment trousser par "La diseuse de bonne aventure".

(Ma note sera à continuer mais Ed s'est levée depuis le début de ma rédaction à 9h, et je dois me préparer avant d'aller voir "Dans la maison" d'Ozon cet aprèm et il faudra aussi que je vous parle de Melody Gardot, de L'Avare et de Racine par la Racine... Teasing !)"

Je reprends donc le fil de ce que je disais il y a quelques jours.

Ed et moi sommes allées voir le dernier film d'Ozon, Dans la maison. Il est difficile de ne pas trop en dire, mais voici le pitch : Luchini (génial, évidemment) interprète un prof de lettres marié à une galeriste d'art contemporain (Kristin Scott-Thomas, un délice) et mène sa vie de prof sans grand enthousiasme, jusqu'au jour où un nouvel élève de seconde s'avère être un potentiel futur écrivain. Un échange se crée entre eux, qui tourne parfois au malsain car la réalité rencontre la fiction, et la fiction repose sur la réalité...

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Le film lui-même s'interroge et nous interroge sur ces tiroirs imbriqués, et sur l'inspiration artistique "réaliste". Jusqu'au dix dernières minutes, j'étais totalement "dans" le film : et puis tout s'accélère, et on y croit de moins en moins... ce qui semble être la volonté d'Ozon : où le vrai ? où est le réel ? cette fin est-elle vraiment la fin ?

Outre ce rapport ambigu entre le prof et l'élève (les adolescents sont tout aussi excellents dans leurs rôles), il y a des passages très drôles, surtout quand on est dans le milieu éducatif (les premières minutes du film sont grandioses). C'est donc un film à voir, et à revoir, je pense. Y a-t-il des gens dans la salle qui veulent en parler ?

Sinon, je suis allée deux fois au théâtre  : l'une pour voir une mise en scène de L'Avare de Molière pour jeune public (au théâtre Michel), et l'autre une présentation drôle et enlevée des onze tragédies de Racine (créée au festival d'Avignon en 2010, et qui tourne depuis), Racine par la Racine. Pour l'une comme pour l'autre, je vous suggère d'y aller : c'est bien fait, c'est drôle, c'est énergique; ce n'est ni pompeux ni docte et c'est pourtant intelligent. L'Avare s'adresse tout autant aux adultes qu'aux adolescents (il y a de véritables trouvailles côté mise en scène).

Enfin, pompon sur le cake, Flûtine et moi avons vu Melody Gardot à l'Olympia lundi dernier. Nous avions les places depuis six mois, presque incrédules. Le concert a été... comment dire ? au-delà de nos espérances, parfois trop intense pour Flûtine. Les musiciens qui accompagnent Gardot sont époustouflants, et la dame elle-même est sublime : sa voix, identique à celle des albums, est un véritable velours sur lequel on glisse; ses facilités vocales sont déroutantes; et physiquement, quelle grâce ! Quelle féminité "facile", au sens où celle-ci se dégage naturellement de Melody Gardot.

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Telle que nous l'avons vue

(Photo de M. Thomas)

 Elle était très touchante de ne pas vouloir quitter la scène de l'Olympia car elle était là, à Paris, heureuse et épanouie. Le concert a duré presque deux heures trente, et après trois rappels, la dame est sortie comme une fée de scène, s'appuyant légèrement sur sa canne, et ses talons sans fin...

Et demain soir je vais à un concert seule, alors que j'ai deux places... La vie est mal faite, parfois : c'est si bon de partager ces moments-là.
26 août 2012

Un Chesterfield, ça habille

J'ai eu envie d'écouter Texas en rentrant de mon jogging, sans trop savoir pourquoi. Il faut dire que les cd de ma dernière colonne à repeindre sont parterre, et que l'album en question dominait une pile.

Ma journée de dimanche a été douce : j'ai passé une première couche de peinture Ripolin "écorce" sur mes derniers meubles à éclaircir; j'ai déjeuné frugalement; j'ai terminé la lecture d'un roman de Pascal Garnier, L'A26; je me suis endormie ensuite sur mon canapé tout beau tout neuf; j'ai passé la deuxième couche de peinture et je suis allée courir en forêt.

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Là, le riz cuit, et je préparerai ensuite les crevettes au shoyu et à la sauce soja.

Alors, il est vrai que les finances vont s'avérer difficiles dans les prochains mois, mais je me sens vraiment habiter ce lieu et cela réduit mes angoisses.

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Un petit mot du roman de Garnier, quand même (mes lectures estivales n'ont guère été évoquées dans ce chambardement) : j'ai pensé aux films dans lesquels Yolande Moreau joue, non pas parce que l'un des personnages porte son prénom, mais parce qu'on en dirait une version noire, sombre, sanglante. Il y a un malaise et pourtant le roman se lit aisément. On semble au coeur du désespoir, du vide, de la folie qui prend le dessus -ou la conscience ? Un autre roman de Garnier me tente depuis longtemps : Lune captive dans un oeil mort. Quel titre, non ?

J'ai aussi terminé une biographie sur Virginia Woolf, et je meurs d'envie de relire les oeuvres de celle-ci avec un autre regard, mais je crains de ne toujours pas être au niveau pour les atteindre, les étreindre... Je les ai lus trop jeune, c'est sûr, mais rien ne garantit qu'une seconde lecture à quasi quarante ans se passerait mieux. Je me sens tellement proche de ce qu'elle voulait exprimer, et Proust comme modèle avec ça...

Sinon, je sais que je dois plonger dans la préparation de mes cours mais je recule cela à mercredi au moins : demain, un tour dans Paris pour deux trois bricoles à faire, et mardi j'irai au musée avec ma mère... Une première.

 

15 juin 2012

Back to Bac

Deux migraines ont eu raison de moi en six jours. Je guette les rechutes, je gère tant bien que mal les agressions diverses qui pourraient me faire à nouveau basculer vers une crise (mon conseil d'enseignement a été de celles-là...). Aliments, bruits, odeurs, luminosité : tout est référencé, classé, mais sans succès.

Je ne sais si ce sont mes démarches solitaires en banque qui me font cet effet, ou bien la fin de l'année. Comme je fuis les chiffres, et surtout ceux liés aux finances, chaque rendez-vous en agence bancaire me désarçonne :  quand on me demande si j'ai des questions, c'est le black out. Je me repose sur S. qui m'aide à clarifier tout cela, mais je cherche encore mon "bonheur". Pas grave, je suis tout à fait dans les temps, j'ai un dossier fort simple et fort sain d'après ce que je vois. Je vais démarcher dans deux autres banques, et je ferai mon choix.

Sinon, la fin d'année est aussi étrange que toutes les fins d'année. Je pensais échapper au Bac, et puis non : hier, en arrivant au lycée pour le conseil d'enseignement (pour ceux qui n'ont pas la tête dans le casier, c'est un rdv entre profs de la même matière, qui permet de répartir les classes entre nous pour l'an prochain ou de discuter pédagogie -ah, ah), j'ai découvert une convocation urgente pour le Bac. Seule consolation : le lycée est vraiment très près de chez moi, c'est même celui où j'ai effectué mon année de stage (mauvais souvenir). Bilan : j'aurai 58 candidats à l'oral, et 60 copies à corriger en une semaine. L'adjointe m'a dit : "Mais c'est tout à fait faisable : vous en corrigez plus en moins de temps, habituellement !" J'ai eu un léger sourire en coin, un petit silence puis, avec un geste de la main partant du menton jusqu'au ventre, j'ai dit : "J'intériorise ma joie, là." Piquée au vif mais restant en apparence très cordiale, elle m'a rétorquée que je le faisais très bien. J'ai acquiescé.

Pour ce qui est de l'an prochain, j'aurai finalement encore deux secondes (je me suis gentiment "sacrifiée" pour une collègue qui m'avait poignardée dans le dos il y a environ trois mois, et qui a été scotchée que je le fasse : je n'ai pas tendu l'autre joue pour que l'on me frappe, j'ai plutôt voulu enterrer la hache de guerre) et une première S d'accompagnement (pour les élèves passés de justesse, qui auront du tutorat). J'ajoute à cela un groupe "littérature et société" et de l'ECJS. Comme je serai sur deux classes avec des équipes qui me plaisent bien (dont ma collègue d'HG très tendance et super sympa, que je baptise ici Hype). Je ne m'en sors pas si mal. Et le mail reçu ce matin de la coordo à qui j'ai rendu cet immense service me prouve bien que j'ai eu raison d'être "généreuse" : cela ne me coûte pas grand-chose, finalement, et je me sens sereine de l'avoir fait. Elle regrette qu'il y ait tant d'individualisme dans l'équipe, et s'étonne encore que j'aie été la seule à faire un effort... Pour ma part, il n'y a plus trop d'étonnement, hélas.

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Pour finir cette entrée, je vais enfin vous parler de l'expo Degas. Flûtine avait très envie de la voir, et j'étais curieuse aussi. Suivre le fil des esquisses, des inspirations du peintre était intéressant à voir, mais Degas ne provoque pas d'émotion particulière chez moi. Je regarde ses toiles en curieuse, pas en passionnée. Je n'ai aucun soulèvement de joie, pas d'exaltation. En fait, au cours de l'expo, j'ai eu deux grands moments sur des toiles... de Gervex et Bonnard. Il s'agit de Rolla et Femme assoupie sur un lit, dont j'avais déjà parlé ici. Aucun regret d'avoir vu cette expo, vraiment, d'autant que j'ai découvert un aspect de Degas que j'ignorais (plus sombre et audacieux que ses toiles de danse), et pourtant pas de souvenir marquant, en dehors de deux peintures qui n'étaient pas de lui...

6 janvier 2012

C'était quoi ce tunnel ?

J'aimerais voir un peu la lumière, après cette semaine épuisante, alors que nous venons de reprendre...

Les angoisses de l'agreg + des secondes amorphes qui freinent des quatre fers + des agacements contre les élèves et les collègues + un rythme de dingue + une commission éducative + un conseil d'enseignement tendu comme un string (spéciale dédicace aux expressions d'Emy) + l'absence de Flûtine + des nuits trop courtes car agitées (impossible de m'endormir tôt étant épuisée) = mauvaise semaine.

Je ne sais même pas par quoi commencer mon développement. Dois-je développer, d'ailleurs ? Je pourrais aussi vous épargner mes jérémiades, et parler plutôt de ma galette de l'amitié pour Asa et Tinette hier soir, pendant une séance de travail sur Rabelais (prions ensemble : "De l'écrit Rabelais sera banni !", on répète et on enchaine, au fond), qui était délicieuse !

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Ndlr : c'était une galette des rois aux pommes.

Ou encore de l'album de Carmen Maria Vega que je me suis commandé d'occasion et qui m'amuse beaucoup. Ou bien des DVD que j'avais commandés à prix cassés sur Cdiscoucou, et ils m'ont envoyé à la place un adaptateur TNT dont je n'ai que faire. Et de la complète de Six feet under que j'ai méchamment entamée.

Ou bien de la délicate attention de ma copine collègue d'anglais toute marrante, MissR, qui m'a rapporté du Saint-Nectaire et du bleu d'Auvergne de la susdite région, comme ça, pour le plaisir de m'en offrir. Ce qui est amusant car, de mon côté, je lui avais trouvé un roman d'Orhan Pamuk dont elle raffole. Sans que l'on se dise rien, on s'est fait de petits cadeaux. J'adore.

Ou encore de ma remise en question concernant ma notation : il y avait longtemps que je n'avais pas réfléchi à cela, et l'échange de copies avec Asa a permis que l'on parle de cette question hyper délicate ensemble. Je pense que je suis trop axée sur le négatif dans les copies, et trop exigeante face à la langue. Tout cela est à nuancer, énormément. Mais je suis contente de vouloir m'oxygéner, changer, évoluer dans mon métier -encore. Pourvu que cela dure...

Sinon, là, je me fais un revival en écoutant Rod Stewart (oui, je sais...); j'ai lu en littérature buissonnière Il avait plu tout le dimanche de Delerm avant de l'offrir à Tinette; et j'ai écouté Flûtine à la flûte traversière sur une démo ancienne, et je me suis gonflée de fierté.

Et puis demain, je pars la rejoindre et je ne reviendrai que mardi avec elle. J'ai demandé ma journée parce que quelque chose d'important aura lieu lundi pour Flûtine, et je voulais être là pour ce moment. Je n'abuse jamais des "raisons personnelles", alors là, oui, sans scrupule, je pars. Avec dans ma besace, Rabelais, des copies, et du vin blanc à tomber par terre... d'extase.

Et j'irai chez le coiffeur m'alléger la tête ! Y'a du boulot, j'vous jure...

11 septembre 2011

Racouniffe : n.m. Basilic qui perd de sa fraicheur, indiquant que l'été s'en va.

Je pense que le jeudi et le vendredi, j'alimenterai peu mon blog : ces journées vont me lessiver. J'avais oublié à quel point je donnais de moi-même en cours chaque heure, et quelle pression l'on peut s'imposer en période de rentrée, de façon consciente ou non. Le vendredi, je suis au lycée de 7h30 à 16h15, et je donne six heures de cours, par exemple.

J'ai l'impression que cette année, les données sont inversées : mes deux secondes me laissent perplexe (ils ont leur matériel, ont fait le travail, restent calmes, lèvent la main pour répondre, etc) et ma première d'adaptation -je dois lui trouver un surnom-, comment dire ? Je ne la sens pas.

Du coup, je dois redoubler de travail pour, d'un côté, alimenter l'appétit des secondes (ce qui ne signifie pas qu'ils ont un beau niveau pour autant, mais qu'est-ce que c'est agréable d'avoir des élèves devant soi !), et de l'autre, cadrer la première.

Sinon, je suis allée hier matin à la réunion d'accueil pour l'agreg 2012. Je me suis sentie un peu comme à l'époque de la prépa : légèrement ironique face à mon expérience, pour pouvoir survivre... Nous verrons la suite des événements. Au retour, quand j'ai lu Rabelais, je me suis endormie. Même résultat qu'avec Robbe-Grillet l'an dernier. Zut.

Pour changer le rythme de l'agreg, Flûtine et moi avons décidé d'aller voir des spectacles fréquemment, et je suis ravie d'avoir déjà quelques places en réserve... Je vous dira lesquelles progressivement. Na !

 

Globalia

A part ça, je fais de la littérature buissonnière avant de me coucher. Je lis une contre-utopie, Globalia de Jean-Pierre Rufin. J'avais dans l'idée l'an dernier de la faire lire en lecture complémentaire mais c'est trop long. Dommage, car ce n'est pas mal du tout.

Vendredi soir, pour évacuer mes deux journées intenses de cours, je suis allée au cinéma avec Pumpkin. Nous avons vu RIF, grâce à Ed qui m'avait donné deux places gratuites. Autant le dire tout de suite, ce film est d'une platitude absolue, ne décolle jamais et nous n'avons pas su pourquoi il avait été tourné. Pourtant, ça nous a amusées de voir un navet.

 

RIF

Sinon, j'ai décidé d'accepter l'offre de Free qui a racheté Alice et de passer à la freebox version 5. J'aurai peut-être moins de bugs du modem. C'est étrange, d'ailleurs, comme il se déconnecte de façon intempestive toutes les dix minutes quand Flûtine est là. Je sais qu'elle a de l'électricité, voire du magnétisme dans les mains, mais c'est troublant. A chaque fois qu'elle repart, je n'ai plus un seul bug...

Là, il pleut et le noirot s'est couché le long de l'ordi, près de moi. Il cache son nez sous mon bras. J'ai mal à la tête (la migraine trainait depuis jeudi, la voici). Mais je vais préparer quand même mon agenda pour avoir l'esprit tranquille.

20 décembre 2010

Que philosopher c'est apprendre à mourir

Il est grand temps de faire un petit signe sur mon blog, je trouve. Alors, un peu dans le désordre (et vous remettrez dans l'ordre !) :

montaigne

Le concours blanc est passé. J'ai bien angoissé les derniers jours, puisque je suis dans la phase de doutes (jenesaisrien, jeneconnaisaucunecitation, jenelispasassez, jenesuispasauniveau). J'ai choisi le sujet sur Montaigne et la mort. Alors que je notais mes maigres idées, j'ai constaté au bout d'une heure d'épreuve, que la plupart des agrégatifs vivaient vraiment ce concours blanc comme un entrainement : ils avaient leurs cours, leurs notes, leurs fiches et leurs livres sur la table. Naïve que je suis ! Et moi j'ai ramé. Alors j'ai sorti les rares citations que j'avais sur moi, sans enthousiasme et sans que cela fût véritablement une aide.  Enfin, je me dis que j'étais bien plus dans les conditions de l'agrégation qu'eux, mais l'ego en prend encore un coup. Mon plan n'était pas trop mal, mais il manque de contenu. J'ai rendu seulement deux copies doubles, 1h15 avant la fin de l'épreuve...

Je me suis shootée à l'humex pour pouvoir tenir en fin de semaine, car le rhume me faisait la tête en chou-fleur. Etait-ce de la somatisation, de la fatigue ou les deux, je l'ignore.

Sinon, dès samedi soir, je me suis sentie en vacances en allant écouter avec Flûtine trois groupes totalement inconnus du grand public et dans des styles différents aux Trois Baudets. Nous avons d'abord marché sous la neige, et nous avions bien plus chaud que froid. Ensuite, une fois dans la salle, j'ai découvert Syrano, un groupe très enthousiasmant, entre  les Ogres de Barback, les Têtes Raides et Zebda. Vers 23h30, j'ai eu un coup de barre mais tout cela m'a fait du bien après l'épreuve de la journée.

kertesz13

Hier, flemmardise au matin (ah, dormir sans s'inquiéter du réveil !) puis sortie dans Paris, musée du jeu de Paume : exposition sur André Kertesz, un photographe que j'aime beaucoup car les thèmes que j'affectionne (les lignes, la solitude, les ombres...) et son regard me semblent très proches. Mon propos pourrait paraitre prétentieux, mais ses images me touchent beaucoup, bien plus par exemple que celles de Doisneau, même si je reconnais leur importance.

Ensuite, autre promenade pour aller vers Madeleine, afin de diner chez planet sushi : j'ai gagné un bon d'achat de 30€ récemment, et nous nous sommes régalées pour finir cette délicieuse journée.

Normalement, les prochains jours seront sous le signe de l'art moderne, du théâtre, et la neige, au lieu de nous freiner, nous entraine dehors avec bonheur.

4 mai 2009

Salades

Ce matin, les élèves n'avaient d'yeux que pour mes baskets New Balance turquoise et mauve : "Youèh, m'dame, elles sont chouettes vos baskets !" Cela a duré jusqu'à mon départ, en les croisant dans le hall : ils en parlaient même à leurs copains ! Mouarf.

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Sinon, la semaine dernière, j'avais le cerveau en décalage horaire : j'ai mal lu le planning du collège et j'ai oublié une semaine complète. Je n'aurai donc pas ce que je vous ai annoncé initialement comme repos (cela me paraissait énorme aussi...). Le vendredi 22 devait être voté au CA mais aucun collègue n'en veut car il faudrait rattraper sur deux samedis, ce qui les dépasse... Mais moi, cela me fait décaler une visite toute douce au bord de la mer. Pffff !

La wii m'a dit hier soir que j'avais perdu 700gr depuis la dernière fois (c'est-à-dire avant New-York)... Mais comme je suis rouillée ! Et je me suis remise à la cure de salades diverses et variées...

A part ça, le midi, quand je le peux, j'écoute France Inter. C'était le cas en rentrant aujourd'hui. Une femme parlait de peinture moderne, c'était assez génial : on sentait l'intelligence dans ses paroles, la mesure, tout ça... Une chroniqueuse du Fou du roi est intervenue pour dire qu'elle trouvait l'ouvrage trop scolaire, trop subjectif, et parlait de son rapport à l'art. Tout cela fourmillait d'idées, d'opinions. La chroniqueuse disait qu'elle était à NY avec sa petite-fille, à qui elle avait demandé de choisir deux toiles dans chaque salle de musée et de dire pourquoi elles lui avaient plu. J'attendais l'enchaînement, quand soudain j'ai reconnu la voix hautement désagréable de Jean-Marie Bigard. Et là, la vulgarité débarqua : "C'est comme dans les bars à putes : on en choisit deux et on en parle après entre nous ! Ah ah !"
L'auteur est Françoise Barbe-Gall. Je vous conseille malgré tout de podcaster l'émission, en oubliant d'écouter Bigard...

Sinon, au programme du jour, dans un ordre ou dans un autre :

  • vider le lave-vaisselle
  • ranger la cuisine
  • tenter de cuisiner un clafoutis léger à la rhubarbe
  • essayer un milkshake maison à la fraise
  • prendre des photos de divers trucs que je dois mettre en ligne
  • ranger un peu le salon (Val, compatis steuplé)
  • appeler l'entreprise qui doit changer le tablier de mon volet de chambre
  • réfléchir au nouveau défi littéraire lancé samedi
  • arroser mes géraniums

Edit de 17h20 :

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1 août 2012

"La perspective de vivre non loin des feuillus me réjouit"

Voilà, je suis aux portes de mon futur chez moi, je signe demain après-midi... Quelle étrange sensation que celle-ci, oscillant entre fierté d'avoir mené ce projet de bout en bout avec ma mère, d'investir vraiment, de quitter un lieu dans lequel j'ai habité quatre ans, de se projeter dans un autre...

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Il y a aussi toute la question de la filiation : à qui sera transmis ce bien en cas de décès ? Je n'ai plus que ma mère, et mon père et ma grand-mère paternelle ne peuvent pas voir ce que j'ai accompli. J'aurais adoré les silences satisfaits quoiqu'un peu angoissés de mon père, et l'enthousiasme envahissant de Mamy, qui aurait voulu "des photos, des photos, ma poule !" pour se faire une idée... Elle m'aurait aussi aidée à sa façon, en m'offrant, sans aucune insistance, là un canapé, ici un pot de peinture. Sa générosité se mêlait à un fort égocentrisme, mais elle était irrésistible. Je pense beaucoup à mes morts, au moment de cette transition importante dans ma vie. Je crains même de pleurer au moment de la signature.

Ce soir, je verrai l'appartement vide et je ferai le point avec les vendeurs, fort sympathiques et précautionneux. Demain, j'aurai les clefs. MES clefs.

Nda : J'écris ce mot avec un F depuis mon adolescence car C., cette prof-amie qui a sans doute été mon premier amour, avait dit une fois en cours que dans cette lettre, on voyait la serrure. Je voyais dans cette remarque une poésie infinie. Depuis, je n'ai plus jamais écrit le mot "clef" autrement.

Ensuite, viendra le temps de la peinture avec de courageux bénévoles, puis l'encartonnage des livres, et le déménagement...

Et sinon, cela n'a rien à voir, mais j'ai fait environ 1400 abdos, trois joggings et une piscine en cinq jours. Bilan : 300gr de perdus. Pffff.

 

3 septembre 2010

Rentrée & C°

Voilà, le rythme de folie a débuté... J'ai passé deux jours de rentrée au pas de course, en faisant du 9h-18h non stop. Beaucoup de blabla, de réunions, de paperasse, et un planning de dingue pour moi cette année.
TOUS les mercredis après-midi et les samedis complets, je serai à la Fac.
Mon emploi du temps n'est vraiment pas terrible pour l'instant, avec des trous de gruyère du genre : 3h d'attente le vendredi pour faire cours 2h d'affilée à une classe de 15h à 17h (les collègues comprennent la difficulté de cette tranche horaire). Le mercredi, pour l'instant, je n'ai pas le temps de déjeuner, car je fais du non-stop 8h-18h entre le lycée et la fac. J'ai demandé des changements, mais je n'ai encore aucun écho.
Sinon, pour mes voeux, un seul d'entre eux a été respecté : j'ai mon lundi. Pour le reste, je ne voulais pas être PP, ou alors en dernier recours en première, et je le suis dans une seconde "difficile". Heureusement, cette année mon co-PP est excellent. Je voulais squatter une salle (mes copines en ont une d'attribuée chacune), je suis sur quatre salles, réparties sur deux étages dont un qui ne correspond pas au labo de lettres.
J'ai donc, comme prévu, une seconde européenne, une seconde "difficile" et une 1ère SMS avec uniquement des filles.

Au milieu de ce bazar de rentrée, Flûtine est repartie. Après presque deux mois ensemble sans interruption, je me sens écrasée. C'est mon premier coup de mou depuis des mois.

Alors hier soir, avec Asa, on a pris une bière (oui oui, une bière blanche bien fraîche) dans un pub près de chez elle, et on a mangé sur place. Je voulais rentrer le plus tard possible dans mon appartement vide de présence humaine.
Le pub, c'était après ma visite chez le médecin. Ma doc a fait comme si elle n'était pas au courant de ma perte de poids, et a semblé ravie d'apprendre que j'avais minci autant.
Petit bilan de santé : mon coeur a ralenti (avant, j'étais à plus de 100 pulsations/mn au repos, et je suis passée à 72), et ma tension artérielle aussi (je suis à 10.5 mais cela ne l'inquiète pas). J'ignorais qu'un régime avait ces effets secondaires. En bref, je suis en bonne santé.
Pour m'encourager, outre mon certificat pour la reprise du tir à l'arc, elle m'en a fait un pour la natation afin que je poursuive mes efforts et que je sois bien. Je lui ai dit que je l'encadrerai pour le clin d'oeil.

Sinon, au programme des prochains jours : préparer mes premiers cours, et ce n'est pas rien. Lundi, inscription au tir. Mardi, je serai à la manifestation. Trop, c'est trop. J'en reparlerai peut-être ultérieurement.

Et ce soir, soirée copines du lycée à laquelle on a convié notre nouvelle petite stagiaire pour qu'elle se sente intégrée à l'équipe. Oui, il y a des profs comme ça, et plus que l'on croit. Et sur ces bons sentiments que l'EN compte, d'ailleurs...

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31 mars 2014

Deuxième tour de piste

Je me demande bien comment je faisais pour tenir mes impératifs au lycée, quand j'allais à la fac le mercredi après-midi et le samedi. La semaine dernière a été infernale. Je n'ose compter mes heures, mais ça doit tourner autour de cinquante, à la fourchette... Ce rythme de dingue m'a aussi permis d'avoir la tête dans le guidon, et donc d'éviter de trop penser. Ne pas penser pour panser, je confirme que cela fonctionne.

Je prends peu à peu du recul, même si cela se fera au fil des semaines, voire des mois. Je digère, cahin caha, et surtout je me dis qu'il est bon de se retrouver, soi, et soi avec les autres. Une sortie entre copines dans un pub, un week-end complet avec Cally, aller au restaurant, cuisiner à la maison (velouté de carottes au lait de coco et curry, gâteau grand-mère, tarte rhubarbe-framboises, agneau...) : voilà les plaisirs simples sur lesquels je m'extasiais déjà avant l'agreg, et qui me comblent encore plus aujourd'hui.

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Je me suis fait un tout petit cadeau, symbole de mon temps de loisirs retrouvé : un jeu d'énigmes pour ma console 3DS. Sinon, je suis très sage, en prévision des frais à venir pour changer de lieu de vie. Ah si, j'ai investi dans de la gelée royale, absolument nécessaire pour que je ne m'écroule pas.

A part ça, je suis allée voter, évidemment. C'est vrai, ce n'est pas évident pour tout le monde, j'oubliais l'abstention grandissante, qui permet à un certain parti de s'installer confortablement, tout en regardant les autres s'écharper. Une sorte de charognard politique.
A ce propos, je suis atterrée (et fort naïve) de voir certains maires être réélus, alors qu'ils n'ont plus des cassseroles aux fesses, mais des marmites en fonte. Ces maires qui pratiquent le clientélisme, qui volent les communes, s'octroient des services sans vergogne : les électeurs les choisissent encore et toujours, et massivement.
Vous excuserez les majuscules mais JE NE COMPRENDS PAS. En en discutant avec Cally, j'ai trouvé son interprétation intéressante : selon elle, les différences entre les très riches et les très pauvres se creusent. Ainsi, les pauvres rêvent d'être un jour riches et jettent leur espoir là où ils le peuvent. La télévision ne fait que renforcer cet espoir vain (épouser un homme jeune, beau, riche qui offre une rose à une femme convoitée dans une horde de femelles prises pour des objets sexuels; gagner une somme importante en répondant à des questions stupides; devenir célèbre parce qu'on a de gros seins en plastique; se prendre pour Madonna ou Bowie parce qu'on chante sous sa douche depuis tout petit et que Jennifer nous fait des compliments; etc).
Du coup, des électeurs votent pour des escrocs car ceux-ci réussissent. Peu importe la manière. Honnêtes ou malhonnêtes, on s'en moque.
J'espère rester naïve quand même encore longtemps, et croire que l'on peut "réussir" tout autrement, avec le style, et certaines valeurs en bandoulière.

Ou alors je désespère.

30 septembre 2013

Hauts les coeurs !

Il y a trois ans, j'avais 21h de cours hebdomadaires, et j'avais l'impression de mieux m'en sortir que cette année avec 18h. Je m'organisais pour l'agreg, et je gardais la tête hors de l'eau. Mais là, comment dire ? Les soucis d'emplois de temps (profs et classes), les acrobaties pédagogiques, les rattrapages administratifs ont eu raison de beaucoup d'entre nous.

Par ailleurs, comme je suis PP, coordinatrice, et tutrice, je ne vois plus le bout de mes journées. Ajoutez à cela les cours d'agreg, et le compte est bon. J'ai voulu tenter de participer à la nouvelle chorale du lycée, mais je crois que je vais devoir renoncer. Mes heures de trous ? Elles ont fini en photocopies/réunions/rdv tutorat/gestion de classe/copies (au choix ou en même temps).

La semaine dernière, il n'y a pas eu UN jour SANS accident sur la route. Je ne sais combien d'heures j'ai passé en voiture. Le soir, à 21h, j'avais l'impression qu'il était une heure du matin...

Pour parachever le tout, ma stagiaire (la prof qui ne va pas bien) ne va vraiment pas bien et j'ai dû en discuter avec le proviseur deux fois, ainsi que contacter l'inspectrice (au téléphone et par mail, j'adore ça). J'attends la suite des événements...

Vendredi soir, Cally et moi sommes sorties rejoindre certains de ses amis dans le Xème arrondissement (après un passage chez le coiffeur pour moi : j'avais l'air de sortir des 90's avec mes cheveux qui poussent trop vite). Vers 22h30, je comprenais de moins en moins ce que l'on me disait. J'ai tenu jusqu'à minuit trente quand même, pour m'effondrer, hagarde, jusqu'au matin. Puis j'ai enchaîné samedi sur un cours à la fac, en didactique : j'avais à peine lu le sujet, et surtout j'étais passée à côté de la problématique. Ça m'en a fichu un coup sur la nuque, je le reconnais. D'un autre côté, mon cerveau est décapsulé et c'est ce que je demande à cette formation, aussi.
J'ai ensuite récupéré Cally qui sortait d'une formation culinaire, et nous avons fait un peu de shopping dans des magasins de déstockage. Le wee commençait enfin.

Hier, mon dimanche a été tout doux et j'en avais bien besoin. J'ai lu un peu de critique sur Sévigné (qui m'intrigue de plus en plus), quand même. Cally cuisine pour moi des plats réconfortants et raffinés (et même des sushis !). Et moi, je lui ai fait aujourd'hui un cake au thé matcha et aux cranberries. L'amour nous va bien, et finalement, c'est juste ce qui compte.

24 mai 2013

"Ce matin y'avait de la givre !" dit une dame dans une boutique

Voilà, je sature. J'en ai assez de penser à mille choses à la fois, de courir après le temps, de sombrer sous les copies qui s'entassent telles le tonneau des Danaïdes, sans fin. Les secondes m'insupportent au point que je m'étrangle par moment en cours. Du coup, j'ai la voix cassée (aphone ce we ?). 

Comme j'ai rendu ce matin mes descriptifs de bac, pas peu fière du travail accompli, je suis allée me balader en sortant de cours : cette semaine m'a éreintée. Et quand je vois ce qui me pend au nez pour les quinze jours à venir, je préfère m'acheter deux paires de baskets pour oublier...

Alors, si je reprends dans le désordre, j'ai envie de vous parler tout d'abord du dernier conseil d'enseignement en lettres, qui a eu lieu vendredi dernier. J'ai été stoïque : je ne voulais pas m'élever contre le diktat d'Asa toute seule. Mais mes collègues sont montées au créneau sans prévenir, en étant courtoises et directes,  sans langue de bois. Asa refuse de laisser une seconde européenne, qu'elle se garde depuis au moins trois ans... Nos arguments, fort sensés et cohérents, n'ont rien changé : nous étions face à un mur. J'ai pu constater que cet accroc a permis de libérer la parole de nombreux collègues, qui n'en peuvent plus de l'autoritarisme donneur de leçons d'Asa. En gros, elle a des" vrais projets" et mérite de bonnes classes, elle... Elle a par ailleurs mis en avant le fait qu'elle passait l'agreg (pour la troisième année consécutive), mais il s'agit d'une décision personnelle à assumer, ce me semble.

Pour ma part, mon service serait plus original que je ne croyais : deux secondes (après quatre années à ce rythme, je maîtrise le niveau, je vous le dis !) avec ECJS, et les deux terminales L. A cela s'ajouterait une partie de la coordination, ce qui me fait plaisir. En plus, nous serions deux profs pour les terminales, et les cours seraient annualisés : cela me permettrait de pouvoir bien travailler l'agreg jusqu'aux écrits.

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A part ça, il y a eu ma semaine sur Budapest ! J'ai été frappée par les traces visibles de la guerre (la ville a été détruite à 60%) et du communisme dans ce pays. Par instant, on retourne cinquante ans en arrière (l'expérience du métro avec les poinçonneurs-contrôleurs est édifiante). On voit aussi partout de l'art déco, des façades burinées par le temps, de beaux vélos (des fixies)... Nos visites nous ont conduites dans des musées (holocauste, palais des arts), dans un cimetière semblable au Père Lachaise, le long du Danube marron-rouge, dans le quartier juif (la grande synagogue est impressionnante) et... à l'opéra.

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Le deuxième soir, nous sommes allées voir Madame Butterfly de Puccini. Je n'avais jamais assisté à une réprésentation de ce type, et j'ai adoré. On prendrait vite goût à ces sorties...
Et puis il y a eu l'expérience des bains. Je me suis baignée dans des thermes aux eaux pleines de vertus (c'est fou comme la peau travaille), entre 30 et 38°; le tout soit en plein soleil car il faisait très beau, soit en intérieur dans des galeries anciennes.
Côté culinaire, les plats sont bons mais ce n'est pas forcément très fins, plutôt familiaux. J'ai goûté un verre de Tokay blanc délicieux (même s'il le serve bien trop froid); j'ai tenté la réputée "maison du strudel" (celui aux cerises noires et chocolat paprika était délicieux, meilleur que les versions salées au saumon, par exemple); nous avons bu pas mal de bières et de limonades, et goûté au goulasch (la météo française en ce moment s'y prêterait particulièrement).
Donc, malgré le manque d'amabilité à l'égard des touristes, c'est vraiment une destination à recommander.

Et comme vous avez été fort patients, je vous ai mis en ligne un album photo idoine... ;-)

30 avril 2013

Les dames de coeur

Demain, à cette heure-ci, je serai dans l'avion. Il m'emmènera vers un pays de l'est que je ne connais pas du tout, et dont on me dit le plus grand bien. Sept jours de dépaysement seront les bienvenus : étant donné ce qu'il me reste à affronter après, ce ne sera pas de trop.

Et puis construire avec Cally est important. Nos quatre mois se dérouleront là-bas, en terre étrangère.

J'angoisse quelque peu sur le plan financier car ce n'est pas le bon mois pour partir (impôts + charges), mais y a-t-il de bons mois pour cela ? J'ai envie de vivre, et je sens que Cally m'y aide et que je m'épanouis.

J'ai corrigé un paquet de copies sur cinq avant de partir : dérisoire, mais c'est déjà ça. Côté agreg, je stagne mais Montesquieu est très fin et très agréable à lire.

Sinon, j'ai découvert un autre restaurant gastronomique, dans lequel j'ai été invitée par ma délicate compagne. Il s'agit de "La dame de Pic" d'Anne-Sophie Pic, rue du Louvre. Il faudra que je prenne le temps de vous en parler...

Là, je dois encore aller à la Poste, passer à la médiathèque, faire ma valise, ranger l'appart. Si j'ai le temps, je poursuivrai cette entrée, promis !

 

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1 mars 2013

Huit semaines

Ça y est ? Pour de vrai ? Il paraît que je suis en vacances... Il va me falloir plusieurs jours pour le comprendre vraiment, je crois. [Mode jérémiades on] Ce marathon de huit semaines, je n'en voyais plus le bout. La grippe a eu raison de moi (comme de trois millions de personnes) dix jours avant la fin des cours, et mon état de fatigue est sans doute plus profond que je ne crois. Nous étions tous, en salle des profs, dans un piètre état. [Mode jérémiades off]

Ceci étant dit, j'ai bouclé tout ce que j'avais à faire avant de partir : la remise des bulletins hier soir, les conseils de classe, les papiers à remettre à l'administration, les descriptifs et les textes du Bac pour mes collègues et mes premières (Bac blanc au retour des vacances), les rendez-vous avec les parents, les livres à lire et les devoirs pour les élèves (Fahrenheit 451, L'Ecume des jours, L'Etranger), les derniers documents complémentaires étudiés avec les premières... D'ailleurs, je suis heureuse de leur faire écouter du Mozart et du Ferré, de leur déboucher les oreilles avec d'autres musiques, en les regardant absorbés, voire écrasés par de tels morceaux...

Hier soir, une élève de seconde m'a touchée car elle n'ose pas venir me voir en fin de cours "pour ne pas déranger", et a profité de notre entretien avec sa mère pour me dire, enthousiaste : "J'voulais vous dire, c'est super vos cours ! Vous faites des liens avec l'actualité, tout ça. C'est la première fois qu'un cours de français me plaît autant ! Même Bougonne le dit !" (Bougonne est une élève qui fait toujours la moue, affiche un feint mépris en classe, et ne daigne pas souvent faire ce qu'on lui demande.)

"Ah, si Bougonne le dit, c'est l'ultime compliment, alors !" l'ai-je taquinée. Et sa mère de renchérir sur le fait qu'elle sait tout de mes cours (diable, il faut se méfier...) et rien des autres matières. Je reconnais que cela m'a fait du bien, surtout de la part d'une élève qui veut aller en techno et voudrait me garder comme prof l'an prochain. Ces rares satisfactions permettent de continuer, de se motiver et de tenter des cours nouveaux, aussi. Cela paraît sans doute misérable aux yeux de certains, de se contenter de si peu, et pourtant... La fatigue et la lassitude doivent influer sur ma réaction, aussi.

Une élève, bien fatiguée elle aussi, m'a lancé une jolie perle hier. Je parlais du lien entre La Fontaine, Louis XIV et Nicolas Fouquet. Je commence à me répandre sur le château de Vaux-le-Vicomte, la jalousie du roi, l'arrestation de Fouquet, la fidélité indéfectible de La Fontaine à son égard. Et là, je vois Diane, bonne élève, lever la main en fronçant les sourcils :

_ Mais c'est qui ce Fouquet, en fait ?

_ Le surintendant de Louis XIV, Diane. L'équivalent du ministre des finances qui...

_ Mais qu'est-ce quil a fait de particulier pour avoir un restaurant à son nom ? C'est quoi le rapport ?

Ma tête étonnée et l'amusement de ses camarades lui ont fait comprendre rapidement qu'entre le Fouquet's des Champs et Fouquet, il y avait un monde...

Il est temps de me reposer quelque peu, ranger la cuisine, et préparer des muffins aux myrtilles. Ensuite, dans la soirée, Cally arrivera avec des amis pour me livrer un sommier et un matelas neufs... Elle est pas belle, la vie ?

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19 août 2012

La promeneuse solitaire

Je commence à voir le bout du rangement. Ce n'est pas tout à fait fini, mais j'ai bon espoir d'en avoir terminé mardi. Il faut que je réorganise et trie la cave (les déménageurs ont posé n'importe comment mon barda) afin de pouvoir stocker, par exemple, mes archives d'agreg. Etrangement, je n'ai pas envie de les avoir sous le nez tout le temps...

Hier matin, je voulais faire du vélo en forêt, mais il y a eu une urgence vétérinaire : j'ai constaté la veille au soir que Clochette ne mangeait même plus les mousses dont elle raffole, et que des cris de douleur s'intensifiaient avec le temps. Bilan : elle a une gingivite, comme le noirot, mais en moins grave. Trois piqûres, et elle devrait aller mieux, mais avec la chaleur, elle est soit dans le lavabo, soit sous le lit. Difficile de faire un bilan pour l'instant.

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Donc, j'ai décalé ma sortie vélo à ce matin. Il faisait encore bon en partant à 9h. C'était une grande balade découverte de 2h30, entre forêt et ville. J'ai trouvé des citations de philosophe et un petit cimetière (!) au coeur de la forêt. J'ai effectué aussi en revenant un repérage de la gare la plus proche. C'était bon.

Cet après-midi, je vais un peu lever le pied avec le bricolage et le tri car je vais en faire beaucoup demain, après l'état des lieux de l'ancien appartement.

Je vais profiter de ce temps où l'on cherche la fraicheur pour poursuivre ma remise en question : je m'en pose pas mal, des questions, sur l'omniprésence du matériel, qui domine aussi dans ma relation avec ma mère, et sur mon attitude de retrait dans la plupart des situations que je vis. (Oui, je balance l'essentiel à la fin, je sais !)

2 avril 2012

Appelle un ami

Je reviens d'un petit jogging modeste, mais c'est une remise en route. Je cours comme un métronome, avec une régularité sans faille. J'ai repris aussi les adbos, même si je ne m'y mets pas tous les soirs. Je mange super équilibré et je me régale. Pour résumer, la cure de remise en forme a commencé.

Il faut que je compense des mois de fatigue cumulée, le travail au lycée qui s'alourdit à cause d'une certaine ambiance, et des déceptions, des déconvenues dues à la préparation d'agreg... Pour autant, je ne regrette rien : j'ai tellement appris pendant deux ans, qu'il serait idiot de renier tout cela. Appris sur les auteurs, les textes, et moi, bien entendu, mais aussi sur ceux qui m'entourent.

Par exemple, j'ai beaucoup apprécié la réaction de trois ou quatre collègues, dont je me suis rapprochée cette année, et que j'aurais crues moins "sensibles". J'ai compris qu'Asa n'était pas une amie, au sens le plus beau du terme. J'ai constaté que Tinette m'aimait comme je suis, exactement. Je me tourne encore plus vers ceux qui sont francs, généreux, et qui ne cherchent pas à faire du mal -consciemment ou non.

Si je suis honnête avec moi-même, je sais très bien que je n'ai pas assez travaillé pour avoir l'agreg cette année. C'est dû en partie à l'usure de la première année. Je ne suis pas jalouse d'Asa, et c'est ce qui me rassure sur moi-même. En revanche, je prends très mal toutes les petites humiliations cumulées, l'absence de soutien ou d'aide, et surtout, surtout, les mensonges, volontaires ou non. Si j'en parlais maintenant, on penserait que je vis mal mon échec et que j'envie Asa. J'ai donc deux solutions : soit me taire à jamais, soit attendre un certain temps pour en parler plus calmement que nous ne saurions le faire actuellement.

A part ça, je redécouvre la volupté des voluptés intellectuelles : choisir un livre qui nous fait envie. J'ai cumulé au moins une vingtaine d'ouvrages en deux ans, en me disant sans cesse : "après l'agreg, après l'agreg...". J'y suis. Le premier roman que j'ai choisi est sombre, mais peu importe : il s'agit de La Route de Cormac McCarthy, dans une édition limitée. Je ferai sans doute une entrée juste sur mes lectures et mes activités culturelles du moment. Pour étirer le temps et le plaisir de retrouver le blog, des repères, des envies...

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Sigourney Weaver par Newton en 1983

 

Car je croule sous les envies, voyez-vous, messieurs dames. En premier lieu, des envies de lectures, mais aussi d'expositions : je vais nous offrir la carte Sésame du Grand Palais pour commencer par celle consacrée à Helmut Newton. J'ai hâte d'y être ! Il y aura aussi Berthe Morisot, entre autres.
Et puis dimanche, randonnée de 17km de prévue avec des gens que je ne connais pas encore mais dont je vais faire la connaissance jeudi soir. C'est l'aventure, je vous dis !

En plus de tout cela, je veux resserrer mes liens sociaux et amicaux. Avec un tel programme, j'en ai au moins pour six mois d'occupations !

 

13 février 2012

Savoir et être

Comme je ne fais que des promesses, j'ai décidé de passer à l'action : vous trouverez ici un album de photos de Marrakech. Il s'achève sur mon bel achat de cartable cousu main, que je suis fière d'arborer en salle des profs.

Sinon, pour ce qui est de ma semaine bien pourrie, sachez que j'ai été piégée par des collègues de lettres pendant une réunion au cours de laquelle je demandais naïvement pourquoi la répartition n'était jamais la même selon les DST. Ou encore, pourquoi nous n'avions pas tous le même nombre de candidats à l'oral du Bac blanc. Réponse hallucinante : dorénavant, les agrégés en auront moins. Cela n'était jamais arrivé dans mon LycéeDésiré. Les temps changent, l'ambiance aussi.

J'ai aussi compris qu'avec Asa, je pouvais parler de tout sauf du boulot, de pédagogie, de notation.

Vendredi, j'ai pris une claque par des élèves désabusés de tout, alors que je leur parlais de choses qui me tenaient à coeur, qui me faisaient vibrer. J'éprouvais une sorte d'exaltation à leur transmettre tout cela, et certains ont pris un malin plaisir à me casser le moral, et d'autres m'ont lancé leur bêtise et leur absence de conscience en pleine figure... Le document étudié était celui-ci :

Enterrement_Victor_Hugo1er_juin_1885_-_

 La fatigue aidant, les difficultés professionnelles de Flûtine et les miennes cumulées, la tension nerveuse, le fait de prendre sur moi depuis des jours (des semaines ?), la pression de l'agreg : tout cela cumulé, j'ai craqué ce week-end. J'ai renoncé au cours de la Fac samedi matin, et j'ai pleuré tout ce que j'ai pu. Il y avait longtemps que je n'étais pas passée par un épisode dépressif.

michele_bernard2

Heureusement, j'ai vu en concert Michèle Bernard samedi soir à Ivry. Sa dose d'humanité et d'amour (osons le mot) m'ont fait du bien. Mon grand tour de presque 8km hier en marchant avec Flûtine aussi. Et la soirée avec MissR vendredi était très sympa.

Du coup, malgré la masse de travail colossale, je ne suis pas parvenue à corriger mes deux paquets de première. Un seul d'entre eux m'a pris trop de temps. Il faut dire qu'avec des fautes et des confusions à chaque phrase, j'ai de quoi faire...

Florilège :

* la fin du roman c'est ce qu'on attendait depuit le début
* les champ d'extermination nazi
* cela se réivèrera (= arrivera à nouveau...)
* horreusement que la fin c'est terminer ainsi
* ils l'empêtait (= ils l'embêtaient)
* les attrocitées commisent
* les origines de ce roman sont originaires de l'Amérique
* ils réflichisé
* il veut être kwaterback
* tous dégénair
* se faire discipliner
* malgré tout on fini cette ouvrage par une fin ce qui est rassurant pour le lecteur

Lecteur, j'achève cette séance déprime, ce qui est rassurant pour toi, car tout a une fin.

7 novembre 2011

Cachetouffer : s'empêcher de tousser la nuit pour éviter de réveiller l'autre ou essayer de dormir.

Dans le genre un peu stupide par honnêteté, je demande Virgibri : à l'arrêt vendredi, aphone, et passant des nuits extrêmement courtes à cause de ma toux agressive, je suis quand même allée au lycée samedi matin pour surveiller un DST de français. En gros, si je n'y allais pas, personne ne pouvait me remplacer : nous avons perdu mille heures d'aides depuis la rentrée (mais comme le dit le gouvernement, tout va bien dans l'EN), alors on fait du colmatage, du rafistolage et de l'exploitation de profs. J'étais donc dans la salle des profs, presque transparente de pâleur, et je croise l'adjoint.

Il me serre la main et me demande par automatisme si ça va mieux. Je lui lance, pathétique avec ma voix de chèvre, que non, évidemment. Et là, j'ai droit à une phrase que je trouve complètement vide, creuse, déplacée et énervante : "Ben, ça ira mieux lundi !"

Sachant qu'il y a des collègues absents depuis un mois, qui ne préviennent ni les élèves ni l'administration, et que je viens surveiller quatre heures un samedi matin, cette phrase a eu le chic pour m'agacer. Même ma grand-mère un peu simplette aurait trouvé mieux.

J'ai manqué de m'étouffer en l'entendant, mais aussi en évitant de faire trop de bruit face aux 43 élèves (deux classes, sinon, c'était moins drôle) que j'avais à surveiller. Ensuite, je suis partie pour la fac. Samedi soir, j'étais rincée. J'ai tenté de dormir sur un fauteuil du salon pour ne pas trop déranger Flûtine dans son sommeil; la cortizone me tenait éveillée à 3h malgré la fatigue.

Allez, j'arrête de me plaindre, mais il y avait longtemps que je n'avais pas été malade : j'avais oublié.

le jour où nina

Sinon, j'avais promis que je vous parlerais de la pièce "Le jour où Nina Simone a cessé de chanter". N'allez pas croire que cela raconte la vie de la chanteuse, loin s'en faut : j'ai été la première surprise par le thème. En fait, il s'agit de la vie réelle, dure, pleine d'humanité et d'horreurs, d'une femme libanaise, chahutée par l'Histoire du Moyen-Orient. L'actrice est aussi l'auteur du texte d'origine, publié chez Actes sud. C'est au théâtre de l'Essaion, à Paris, et c'est à voir car plutôt déroutant. Si vous y allez, prévoyez un maillot de bain : il fait atrocement chaud dans ce lieu.

Ce soir, nous allons encore sortir, cette fois-ci au cinéma, mais dans un cadre particulier... Je vous raconterai.

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