06 avril 2013

En ces jours étranges

Il est des semaines étranges, où de micros événements prennent toute la place sans que l'on s'en méfie.
Deux heures de devoir sur table ont mis mes nerfs en pelote dans la classe de seconde qui m'insupporte de plus en plus : retards, pas de feuilles, de la mauvaise foi, du désabusement et de l'amusement, un pantalon qui tombe mi fesses, des questions ineptes... Ajoutez à cela que quinze copies de devoir maison n'ont pas été rendues malgré un mois (!) de délai, et vous comprendrez peut-être que jeudi matin, j'étais énervée.
Après huit heures de cours, je rentre. J'avais déposé dans la journée mes copies de bac blanc corrigées, dans les casiers des collègues concernés, dont Asa. Le soir, vers 20h, je reçois un sms de cette dernière me demandant de "relire certaines copies" le lendemain. Je le voyais venir gros comme une maison : ses élèves n'ont pas brillé, mais c'est ma façon de corriger qui est un problème.
Ce n'était pas la première fois que nous évoquions certaines différences "de style", mais là, j'ai fulminé très vite, dès le jeudi soir. Rendez-vous était pris pour le vendredi 11h. Je n'ai pas tenu : à 7h45, devant la machine à café, j'ai demandé de quoi il en retournait. J'avais décidé de garder mon calme, et pourtant, dès la première phrase d'Asa, je l'ai perdu : tout sourire, elle me dit que "ohlala, c'est délicat... mais tu comprends... certains de tes commentaires sont... comment dire ? humiliants".
Tout en perversité, elle a cherché à me faire douter et j'ai compris qu'au passage, elle voulait semer la zizanie dans l'équipe de lettres en sous-entendant qu'en amie, elle me disait ce que les autres pensaient tout bas. Ce qui est faux, bien entendu. Tout y est passé : Asa SAIT mieux que les autres et ne supporte pas que l'on fasse autrement qu'elle. Pour ma part, je ne reviens jamais sur la correction de mes collègues car je trouve cela incorrect, et malhonnête pour les élèves : ils seront notés par des correcteurs divers et variés, comme nous. D'autre part, il y a peu d'écart entre nos estimations.
Pourtant, Asa veut faire sa loi et surprotège ses chers petits. Le ton est monté et je lui ai tourné le dos quand elle m'a dit qu'elle ferait faire une double correction (précision pour ceux qui ne sont pas profs : c'est outrageant car on le fait dans des cas extrêmes, avec des examinateurs totalement barrés) et qu'elle mettrait du tipp-ex sur mes commentaires "humiliants".  Juste après, sans le savoir, une collègue de lettres prenait ma défense et trouvait très bien que l'on soit tous exigeants...
A 11h, je suis allée signer mon rapport d'inspection. Etrangement, l'inspectrice était dithyrambique sur ma façon de corriger les copies. D'un coup, l'affront d'Asa a été tourné en ridicule par celle-la même qu'elle idolâtre de par sa fonction pédagogique.

J'avais compris l'an dernier qu'Asa n'était pas une amie. Cette fois-ci, la relation est rompue. J'estime avoir été humiliée injustement. Cela facilitera les choses pour la préparation de l'agreg 2014 : n'ayant pas été admissible cette année, Asa repique pour la troisième fois. Autre précision : une phrase d'elle m'était restée en travers : "L'admissiblité n'est qu'une formalité. Avec un minimum de travail, on l'a." J'avais trouvé cela méprisant non seulement pour moi, mais pour tous ceux qui préparent comme des fous et qui ne savent pas s'ils atteindront les oraux ou pas.
Justice semble rendue, d'une certaine façon.
Je me sens légitime à ma place, et Asa n'est pas ma supérieure. Elle a oublié que nous étions tous des collègues, et qu'elle devrait éviter de se placer en parangon de pédagogie.

Décidément, cette inspection aura eu sur moi plus d'effets positifs que je ne croyais.

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Du coup, ce week-end, j'ai décidé que je m'offrais un Ipad, puisque je tourne autour de cette idée depuis plusieurs semaines. Sa fonction sera essentiellement de m'aider à travailler l'agreg partout, et de gérer mes cours sur écran, au lycée. Je vivais bien sans, je vivrai bien avec. Et je l'emporterai dans mes trois journées de stage en histoire de l'art : je vais adorer !

Sinon, il faut que je pense à vous parler du concert de Benjamin Biolay !

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02 avril 2013

Le numéro que vous demandez...

Non, non, je ne suis pas noyée dans la correspondance de "la vieille" Sévigné : j'ai même regretté de l'avoir finie. J'ai entamé tranquillement Eluard, qui sera difficile pour moi : je dois m'abstraire de tout sentiment positif, de tout virus surréaliste antécédent pour pouvoir entrer dans l'analyse. J'ai aussi investi dans divers ouvrages critiques...

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A part ça, je n'ai pas arrêté ce we, et d'ici jeudi, j'aurai environ 200 copies -oui, messieurs dames, vous avez bien lu !- à corriger, ce qui me désespère. Heureusement, j'aurai trois jours de stage en histoire de l'art qui vont m'aérer. Car quand on voit ce qu'on voit, et qu'on ce qu'on lit, ma bonne dame, on en a besoin :

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Je surfe aussi sur le net pour me trouver un Ipad de 32 Go qui me permettrait de bosser de partout (et oui, je suis Apple addict). Je regarde mes petites économies, et je compare, je compare...

Sinon, j'ai déjeuné samedi avec Cally dans un restaurant de vapeurs délicieux : je n'ai jamais goûté de telles boules de coco, par exemple. Et leurs "têtes de lion" sont divines. C'était chez Yoom, du côté de Réaumur.

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Et puis j'ai reçu mon nouveau frigidaire aérodynamique (pour faire plaisir à Pep's), qui me change la vie côté légumes (fascinant propos, n'est-il pas ?). Allez, les commentaires du bac blanc m'appellent -hélas...

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25 mars 2013

On reprend du collier

En attendant la livraison de mon nouveau frigidaire aérodynamique, quelques nouvelles encore fraîches.

Je viens d'achever la correction d'un commentaire sur un texte d'Aragon, j'ai amorti le choc avec les cours de seconde, le soleil brille, et le noirot est à nouveau en forme.

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Mon week-end a encore été fort savoureux, puisque nous avons profité de nos journées et que j'ai quand même travaillé quelque peu. Samedi, balade dans Paris avec une séance ciné annulée, donc vadrouillage du côté de Réaumur, déjeuner dans un restau italien pas piqué des vers, minuscules achats dans les boutiques d'accessoires de cuisine. Le soir, fin de correction des copies (avec perles en cadeau à la fin de ce post, c'est mieux que Bonux). Le dimanche ? Quel dimanche ? Il s'est déroulé si vite que je n'ai rien vu ! Mais il s'est surtout achevé sur un booking de voyage pour les prochaines vacances... Le soir, Cally nous a préparé une délicieuse tarte poireaux/saumon/crevettes pour recycler au maximum les produits de mon frigidaire.

A part ça, je ne m'en sors pas avec "la vieille" (Sévigné) comme la surnomme Cally : les notes sont en grand nombre, n'éclairent pas forcément le texte, et je navigue à vue sans bien tout comprendre (l'écriture épistolaire était très codifiée au XVIIème siècle). Je me suis mise à douter quant à ma capacité à repasser l'agreg, c'est dire.

Bien évidemment, je n'ai guère envie de reprendre demain les cours, surtout avec les secondes. Je sens que ce troisième trimestre va être difficile sur bien des plans. Ou alors je m'inquiète trop.

Pour se détendre (?), le collier promis sur mes copies de S :

* il s'appuis sur le réel et le transpassent
* les actions entreprises sont vraissemblables (sortir avec un femme par exemple est réel et vrai)
* il est devenu assez dur dans sa tête
* au plus près de cette ligne on trouve un blabla peu intéressant
* c'est donc très mal organisé (ben oui, Aragon est connu pour ça et pour ne pas être intéressant)
* une atmosphère de doute et de raisonnements non finis
* il aurait aimé qu'elle soit un peu bruni (commentaire en marge : "Carla ?")
* la seconde proposition ressemble à un épiphonème (non, non, l'élève n'a pas été aidée : je n'emploie jamais ce terme technique, mais elle, si)
* dépressiatifs
* que les cheveux de la femme ait les cheveux plus beaux
* cette dérivation (commentaire : "Nous ne sommes pas en mathématiques")
* la vérédité (= la véracité)

Quant au bac blanc, ce fut... le festival le dernier jour des oraux :

* un apologue est un texte écrit pour une personne morte
* Montaigne est parti en Amérique pour fuir la guerre
* 1870, c'est la première guerre mondiale
* la guerre est assez méchante / il aimait pas trop la guerre [Rimbaud] / la guerre, c'est dur donc il faut pas la faire
* Segalen est noir comme Césaire et il critique la France avec la négritude
* un pamphlet est une couverture
* elle ne doit faire aucune escarpade
* en 1963, on écoute Mozart, de l'opéra, des choses calmes
* Césaire critique ce qu'on fait en Amérique et la négritude c'est plein de violence
* Césaire est un philosophe des Lumières
* le symbolisme, c'est quelque chose qui reste en littérature
* un inceste sur son beau-fils, c'est pas très commode [Phèdre chez Racine]

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21 mars 2013

V'là l'printemps !

Hier, juste parce que c'était le printemps, Cally est arrivée avec ceci :

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L'amour rend peut-être bête, mais ça fait du bien. Juste sa gratuité.

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19 mars 2013

Restons légers

Parce que la reprise, ce n'est jamais drôle, voici mes dernières perles.

La première série concerne environ dix copies de commentaire sur un texte d'Aragon (en S) :

* Aurélien dégage un réel intéressement de Bérénice.
* Aragon a écrit Aragon en 1944
* en quoi la rencontre est supersticiel ?
* Aragon insiste sur une argumentation péjoratif sur Bérénice
* tout est péjoratif chez Bérénif
* il est devenu assez dur dans sa tête
* nous passons de la péjoration à la fascination

Aragon Aurélien

La deuxième série, c'est ce que j'ai entendu toute la journée durant les Zorro blancs de Bac :

* Blues brother voit tout (pour Big brother dans 1984 d'Orwell...)
* se vestir (= se vêtir)
* l'Humanisme fait suite au Réalisme
* Beaumarchais est un auteur réaliste
* Rimbaud a fait des petits poèmes, il est jeune
* le libertinage, c'est quand un couple va dans des clubs échangistes
* le petit joujou (pour "Le joujou du pauvre" de Baudelaire)
* Rimbaud réalise un spleen

Et j'ai eu un élève qui est arrivé sans convocation, sans textes, et sans stylo car il revenait de vacances, dixit. Cela ne semblait pas le gêner de me le dire.

A suivre, car j'ai encore une vingtaine de candidats à faire passer dans la semaine...

 

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18 mars 2013

Monsieur le Marquis de la Réglisse Divine

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Oui, je sais, c'est sans doute indécent de dire cela mais : où sont passées mes vacances ? Je n'ai rien compris ! J'étais épuisée, grippée, soulagée d'être au repos. Puis je suis partie sur Amsterdam (cf. l'album photo), alors que mon noirot avait une urgence vétérinaire assez méchante. Retour sur Paris (avec le chat qui fait pipi partout car sa collerette l'insupporte), jolis moments encore avec Cally, courses, Tinette qui passe à la maison, concours de tir à l'arc. Et puis voilà, j'ai dû préparer les oraux blancs qui débutent demain, et un paquet de copies de première me tend les bras : je vais en récupérer trois cette semaine sans même faire cours. Le comble.

Donc je disais : où sont passées mes vacances ? C'est à n'y rien comprendre. J'imaginais quinze jours si longs, si réparateurs que la reprise me serait légère. Et pourtant, je sens le poids de celle-ci, déjà...

C'est sans doute parce que je profite vraiment de mon repos, et que le contraste est flagrant. Je me sens étrangement détendue, même si la fatigue est parfois présente, ou que je trouve que je vieillis malgré mes airs encore poupins...

Sinon, j'avance lentement dans Mme de Sévigné : je lis autant de notes que de texte. Je pensais avoir fini ce week-end, et il me reste encore... deux cents pages. Pfiouh !

Côté tir à l'arc, j'ai remis le pied à l'étrier après environ quatre ans sans concours : j'ai géré au mieux la pression, et je suis arrivée en milieu de tableau final. Cela m'a rassurée pour la suite des événements, car je ne m'entraine quasiment pas et j'ai gardé des automatismes sains. Il faut juste que je me détende pour rester fluide comme aux entrainements. A suivre...

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14 mars 2013

Crokete !

Malgré un retour à N+1 à cause de la neige française, me voici chez moi après six journées passées à Amsterdam. Il y avait longtemps que je désirais aller là-bas, pour voir les canaux, et le musée Van Gogh, je l'avoue. J'ai glissé cela dans une conversation, et Cally me l'a proposé très rapidement après.

Nous avions un hôtel dans le quartier des musées, au sud de la ville. Le temps était vraiment froid (entre -1 et -4°), mais cela ne nous a pas empêchées de nous promener longuement en ville, et de profiter au maximum tout en prenant notre temps. Nous avons parcouru plusieurs musées (Van Gogh, Riejmuseum, Rembrandt, Heineken, Foam...), découvert de multiples cafés bruns, mangé tout ce que nous désirions goûter (croquettes salées et panées, apple pie, soupes, boulettes de viande, waffels, plats locaux, frites...), bu plusieurs bières (la Chouffe belge a eu raison de moi un soir, d'ailleurs).

 

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Choses étonnantes vues là-bas : évidemment le quartier rouge avec les femmes en vitrine; les coffee shops (je reste naïve mais voir de la drogue présentée et achetée comme en hypermarché, cela m'étonne); les habitants quasi invisibles (pas de familles avec poussette, pas d'adolescents, de gens faisant leurs courses...); le design de l'intérieur des maisons; les façades des maisons qui penchent; la notion de trottoir pour piétons presque absente (celui-ci appartient aux véhicules de toute sorte, du vélo hollandais au camion); les copeaux ou grains de chocolat (vendus par petits paquets) mangés par les amsterdamois sur leurs tartines du matin; le climat humide qui a un effet étonnant sur mes cheveux.

Sinon, j'ai les lèvres gercées par le froid mais aussi par mes sourires continus, je crois.

Et puis j'ai quand même travaillé un peu, la preuve :

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D'ailleurs, d'après mon planning, j'ai jusqu'à demain soir pour finir cet ouvrage plus ardu qu'il n'y paraît...

Pour finir cette note, sachez que je suis revenue avec : environ 250 photos, ce qui est peu; une mug de la laitière de Vermeer (le tableau est superbe, vraiment); des cartes postales des musées; un décapsuleur offert par Heineken; des bulbes à offrir et pour moi (tulipes et jacinthes), du FROMAGE (à la truffe, vieux et au basilic) et c'est tout. Le reste, et donc l'essentiel, n'appartient qu'à Cally et moi...

 

PS : L'album est en ligne... (edit du 15/03 à 12h30)

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05 mars 2013

Mon futur tatouage : "Agreg forever"

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Voilà, c'est décidé : je rempile pour la dernière fois . La session 2014 me tend les bras.

J'ai un peu moins de onze mois avant l'écrit pour me préparer. Premier planning de lecture établi jusqu'à juin. Le marathon commence...

Je vais tenter de retrouver cette fraîcheur, cette envie de me décapsuler le cerveau, comme j'avais à la session 2011. Ce ne sera pas évident car entre temps il y a eu l'échec à l'oral, et l'année bulldozer avec Asa...

Mais là, ce matin, j'ai travaillé sur le net pour récupérer les premiers documents de travail et de recherches sur le programme. Et demain, j'irai acheter les livres en compagnie de Cally. J'ai voulu prendre la décision en parlant avec elle hier et en lui exposant tout ce que cela entrainerait de reprendre du collier. C'est important d'aller avec elle acheter les livres, symboliquement.

Première lecture en vue : Madame de Sévigné. La Hollande y sera donc associée...

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04 mars 2013

Déconstruction, reconstruction

J'ai l'impression d'être encore à un carrefour de ma vie ces derniers jours.

Cally et moi sommes depuis deux mois ensemble, et tout me semble trop beau. Pas d'ombre au tableau, et c'est comme si nous nous connaissions depuis des années. Je m'interroge profondément sur ce qui lui plaît en moi, et je ne comprends pas pourquoi elle prend "tout le lot", avec ses défauts, ses faiblesses (alors que je fais pareil de mon côté, je le sais bien). En théorie, je comprends. Dans la pratique, c'est autre chose : je cherche la faille, je mets en place des stratégies quasi inconscientes pour entacher ce bonheur. Je me dis que, forcément, Cally va prendre conscience que je ne suis pas si belle, pas si intelligente, pas si drôle et tutti quanti : donc qu'elle partira. Ou qu'elle aura envie d'autres femmes.

Oui, j'ai du mal à sortir du schéma fabriqué à la fin de mon histoire avec Flûtine. Le boomerang me revient en pleine tête. Peur d'être trahie. De ne pas mériter ce qui m'arrive. Peur de croire que l'on peut m'aimer totalement. Alors je travaille sur ces points, car je ne veux surtout pas gâcher ma chance. Cally a raison : on a morflé dans nos vies; là, nous avons droit au bonheur. On ne vole rien. Mais à l'idée de perdre tout cela, justement,  je suis nouée. Il me faut donc revenir à un état qui me permettrait de vivre l'instant sans craindre l'avenir.

En attendant, mes week-end sont toujours aussi délicieux et se déroulent comme de la soie. Nous avons fait des rouleaux de printemps maison hier soir, une raclette à deux, une balade en forêt dans la fraicheur d'un soleil d'hiver, reçu des amis de Cally vendredi soir car ils m'ont apporté un sommier et un matelas quasi neufs, des lectures partielles, du repos...

Et puis ce matin, après avoir rangé la cuisine, j'ai consulté mes mails. Etant toujours inscrite sur une liste d'agreg, j'ai découvert avec stupeur que le programme de l'interne 2014 était tombé le 1er mars... Evidemment, j'y jette un oeil, puis deux, en frémissant intellectuellement mais pas que.

Bilan : Guillaume d'Orange dont je ne connais goutte, Madame de Sévigné est maintenue encore un an, Montesquieu que j'apprécie de plus en plus, Stendhal que je n'ai pas lu depuis des siècles car il me pèse souvent, Eluard mon chouchou de la vingtaine. A cela s'ajoutent un film de Chabrol, et en littérature comparée ("Poétiques du récit d'enfance") Walter Benjamin que je n'ai jamais lu, Vladimir Nabokov qui me reste assez étranger malgré tout ce que l'on dit sur lui, et Nathalie Sarraute qui me fascine.
Première impulsion : yesssss, Eluard, c'est un signe ! Puis la littérature comparée qui me paraît bien plus accessible cette année.
Deuxième impulsion : je ne veux pas que cela nuise à ma vie de couple. Mais Cally et Tinette me motivent, et Cally reprendra des études en septembre. Je n'ai pas envie de vivre mon agrégation comme les deux autres années : j'ai envie de partager réellement, et si je m'y mets, ce sera pour réussir. Je me donne jusqu'à demain pour prendre une décision. Une fois qu'elle sera prise, aucun retour en arrière à envisager, qu'il s'agisse d'un refus ou d'une dernière tentative.

En attendant, je mets à jour ma musique pour avoir un ipod plein de nouveautés à écouter dans le train qui nous mènera aux Pays-Bas...

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PS : j'ai aussi décidé de m'inscrire à un concours sympathique de tir à l'arc pour ma reprise des concours... Quand je vous dis que je suis à un tournant !

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01 mars 2013

Huit semaines

Ça y est ? Pour de vrai ? Il paraît que je suis en vacances... Il va me falloir plusieurs jours pour le comprendre vraiment, je crois. [Mode jérémiades on] Ce marathon de huit semaines, je n'en voyais plus le bout. La grippe a eu raison de moi (comme de trois millions de personnes) dix jours avant la fin des cours, et mon état de fatigue est sans doute plus profond que je ne crois. Nous étions tous, en salle des profs, dans un piètre état. [Mode jérémiades off]

Ceci étant dit, j'ai bouclé tout ce que j'avais à faire avant de partir : la remise des bulletins hier soir, les conseils de classe, les papiers à remettre à l'administration, les descriptifs et les textes du Bac pour mes collègues et mes premières (Bac blanc au retour des vacances), les rendez-vous avec les parents, les livres à lire et les devoirs pour les élèves (Fahrenheit 451, L'Ecume des jours, L'Etranger), les derniers documents complémentaires étudiés avec les premières... D'ailleurs, je suis heureuse de leur faire écouter du Mozart et du Ferré, de leur déboucher les oreilles avec d'autres musiques, en les regardant absorbés, voire écrasés par de tels morceaux...

Hier soir, une élève de seconde m'a touchée car elle n'ose pas venir me voir en fin de cours "pour ne pas déranger", et a profité de notre entretien avec sa mère pour me dire, enthousiaste : "J'voulais vous dire, c'est super vos cours ! Vous faites des liens avec l'actualité, tout ça. C'est la première fois qu'un cours de français me plaît autant ! Même Bougonne le dit !" (Bougonne est une élève qui fait toujours la moue, affiche un feint mépris en classe, et ne daigne pas souvent faire ce qu'on lui demande.)

"Ah, si Bougonne le dit, c'est l'ultime compliment, alors !" l'ai-je taquinée. Et sa mère de renchérir sur le fait qu'elle sait tout de mes cours (diable, il faut se méfier...) et rien des autres matières. Je reconnais que cela m'a fait du bien, surtout de la part d'une élève qui veut aller en techno et voudrait me garder comme prof l'an prochain. Ces rares satisfactions permettent de continuer, de se motiver et de tenter des cours nouveaux, aussi. Cela paraît sans doute misérable aux yeux de certains, de se contenter de si peu, et pourtant... La fatigue et la lassitude doivent influer sur ma réaction, aussi.

Une élève, bien fatiguée elle aussi, m'a lancé une jolie perle hier. Je parlais du lien entre La Fontaine, Louis XIV et Nicolas Fouquet. Je commence à me répandre sur le château de Vaux-le-Vicomte, la jalousie du roi, l'arrestation de Fouquet, la fidélité indéfectible de La Fontaine à son égard. Et là, je vois Diane, bonne élève, lever la main en fronçant les sourcils :

_ Mais c'est qui ce Fouquet, en fait ?

_ Le surintendant de Louis XIV, Diane. L'équivalent du ministre des finances qui...

_ Mais qu'est-ce quil a fait de particulier pour avoir un restaurant à son nom ? C'est quoi le rapport ?

Ma tête étonnée et l'amusement de ses camarades lui ont fait comprendre rapidement qu'entre le Fouquet's des Champs et Fouquet, il y avait un monde...

Il est temps de me reposer quelque peu, ranger la cuisine, et préparer des muffins aux myrtilles. Ensuite, dans la soirée, Cally arrivera avec des amis pour me livrer un sommier et un matelas neufs... Elle est pas belle, la vie ?

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