Prof et plus si affinités

Je ne revendique rien de ce que je suis, mais j'assume tout ce que je fais.

30 novembre 2009

Soyez aware

Allez, comme cela fait longtemps que je n'ai pas évoqué les délicieuses perles de mes élèves, en voici un wagon. Je crois que nous avons tous besoin de rire, ou de sourire, par défaut.

Interrogation de lecture sur La Fontaine, premières
* de movaise fois
* Jean Marie Arouet alias Jean de La Fontaine (je précise que La Fontaine n'avait pris de pseudonyme, et que l'élève a pensé au véritable nom de... Voltaire)
* un âge assez avérée pour son époque
* sources de connaissent (= de connaissances)
* quand l'homme n'a plus de savoir, il déchût, il fane. ( C'est ma préférée !)

JeanClaudeVanDamme

Bac blanc sur l'argumentation (avec une fable en commentaire)
* il ne dit pas sa morale, il l'implicite
* apriorie
* la mauvaise foie, la perfidité
*ersensciellement (= essentiellement)
* enlocurence
* le juge il s'en fou
* ils voillent / ils voix(= voient)
* ce récit est dynamique grâce à la ponctualité (= ponctuation)
* un homme qui se noyé à la mer
* si il avais location (= s'il avait l'occasion)
* La Fontaine, philosoque des lumières du IXème siècle
* pas de playdoirie
* il y a des connotations misérables et tristes
* la roi se fait berner par un cerf (villageois sans terre) -> je précise que la fable portait sur un cerf et un lion... Et le cerf n'était pas du tout un serf.
* un monarque auquel on doit succomber à toute les exigences (Sarko Ier, sors de ce corps !)
* l'interessement de l'avis des conditions du peuples
* un avare de l'argent
* en échèque (shame on me, j'ai mis en marge : "et la carte bleue ?")
* il déshonneur sa mort
* execause (= exaucer)
* le cerf, agil du language
* elle est composée de vers en phrases
* les fables resteront gravées dans nos mémoires (c'est là que j'ai imité F. Mitterrand...)
* la vision de la mort de la reine par le royaume (on dirait du Van Damme)
* histoire entre Nicolas Fouquets et Louis XIV (Sarko Ier est partout, décidément)
* la morale à la fin peut être au début
* les fables ont connu un certain succès au XVIIème siècle avec des écrivains célèbres : Hugo, Corneille...

fouquet_s

Je m'arrête là pour aujourd'hui : j'en garde sous la coude, c'est mieux. En tous les cas En tout cas, je trouve toutes ces perles pleines de fantaisie, voire de poésie, parfois...

Posté par virgibri à 14:45 - Perles d'élèves - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

27 novembre 2009

Aïdez-moi

Aujourd'hui, c'était l'Aïd. Mes STG l'ont tous fait. Certains ont dû se convertir hier. Mouarf.
Pas grave : j'avais mille choses à faire, dont le pré conseil de ma seconde avec mon co PP. Cela n'en finissait plus, et je sentais la moutarde me monter au nez progressivement. Il faut dire que sur le plan pédagogique, nous sommes aux antipodes. Par exemple, une élève qui a des difficultés bosse comme une folle. Elle parvient à plus de 10 dans pas mal de matières, sauf en math. Par ailleurs, j'ai appris en rencontrant sa mère que celle-ci avait perdu sa soeur en septembre. La gamine vit très mal la mort de sa tante. Je propose d'envisager les encouragements, pour lui redonner confiance et lui montrer que nous sommes là. Et puis mince, pour le moral, quoi ! Cela ne nous coûte rien. Eh bien, non : monsieur coincé (il faut que je lui trouve un surnom : z'avez des z'idées ?) refuse. Il ne veut pas entendre qu'il ne s'agit pas que de notes...
Le pré conseil a duré 1h40 et a failli me déclencher une migraine tant je luttais pour faire bonne figure par instant... Bon je l'admets, à d'autres, je l'ai envoyé dans la ligne des trente mètres. Je me flagellerai avant de dormir.

horloge_math

Comble de tout, une heure après, nous étions convoqués chez l'adjoint pour préparer le conseil (oui, c'est donc un pré pré conseil...). J'avais des envies de me pendre : entre l'adjoint qui a deux de tension et mon co PP rigide, j'avais l'air d'une danseuse du french cancan en comparaison... D'autant que le matin, mon collègue avait tenté de justifier les réclamations des élèves à son égard, et craignait, je pense, d'être houspillé. Hum.

Pour finir ma journée, j'ai enregistré les notes des commentaires composés de ES et rentré leurs moyennes : un désastre. Deux élèves ont au-dessus de 10.

Enfin, j'ai pris le temps de répondre à une amie de ma petite élève gay. Cette dernière servait de pigeon voyageur, et m'a transmis un texte écrit par sa copine d'une autre classe. Donc, sans savoir son nom, je lui ai répondu. J'espère que demain elle ira voir Jeanne, sa prof de français, qui est déjà au parfum... Mais le texte, je l'ai gardé et j'ai été la seule à le lire. C'est peut-être naïf, mais cette confiance me touche.

Allez, il est temps de dîner, je pense. Mon cher collègue lancerait son chronomètre de montre pour calculer en combien de temps je mange, peut-être : tenez-vous bien, quand la sonnerie de récré retentit, il l'enclenche. Il a programmé sa montre pour qu'elle bippe au moment de remonter en classe...

Posté par virgibri à 19:44 - Pedagogik Land - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24 novembre 2009

Mon ego et moi-même

Ben_tout_est_ego

Avant de m'atteler à corriger des copies, sachez que les STG ont fait grève à ma place ce matin, mais juste une heure : celle de mon cours. Sont pas futés, vraiment.
Ceux qui devaient passer un oral avec moi cet après-midi ont annulé (enfin, le garçon n'a pas eu le courage des filles de  me le dire).
Ensuite, j'ai crû que les ES ne viendraient pas pour une petite heure de cours de français à 14h, mais si ! Donc mon ego est remonté quelque peu par rapport au matin. Nous avons décidé avec mon collègue d'annuler les  TPE afin que je ne souffre pas pendant deux heures, seule...
Sinon, je me sens bien dans cet établissement, vraiment. J'y ris, on m'y connaît, on m'appelle par mon nom, je râle comme les autres, on se soutient mutuellement. Les documentalistes m'ont même demandé d'écrire une petite critique "coup de coeur". A moi. Rien qu'à moi. Et mon blog pour les élèves tourne à 35 visites quotidiennes environ.
Pardon pour ceux qui le sont encore, mais je suis heureuse d'avoir quitté le statut de TZR.

Allez, les copies m'attendent ! Et je n'ai pas oublié Orlan etc...

Edit de 19h30 : Au secours, sauvez-moi ! Les copies me font peur : j'ai trouvé des "contes orientalaux" et "par simple intuissiant" ou encore "pour exemplifier"... Et tout cela en ES. HELP !

Posté par virgibri à 16:56 - Pedagogik Land - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

07 novembre 2009

Cercle (pas très) littéraire

Voilà, j'ai fini un paquet de copies des STG, j'ai moins mal à la tête quoique facilement mal au coeur, je suis en pyjama : je peux entamer une lonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnngue entrée !

Résumé des épisodes précédents
Virgibri, encore toute nouvelle dans une équipe de choc et de charme au sein de LycéeDésiré, a été invitée sous le manteau par ses collègues de lettres à des soirées déjantées... Les lieux tournent; chacune apporte de quoi survivre dignement (Bacchus ne serait pas déçu).

Episode de jeudi
La première initiation a lieu chez Jeanne -pseudo en référence à la voix grave de Madame Jeanne Moreau. Nous sommes cinq au total. Jeanne est jeune, normalienne, agrégée (tout pour faire un pti complexe léger parce qu'en plus elle n'étale rien, je l'ai appris par hasard), prof en sus à Science Po et pigiste sur France Cucu. Son appartement est dans un quartier parisien tendance depuis environ deux ans.

jeanne_moreau

Je fais le trajet avec Barbie, petite poupée blonde aux yeux clairs et à la voix perchée mais avec un GROS cerveau. J'apprends qu'elle aussi a fait prépa, après être passée par Science Po ("Une erreur de parcours, mais encore fallait-il le faire pour le savoir"), au lycée Henri IV. Barbie est étonnante : elle aurait tout de la nana pénible en apparence, et en fait elle est adorable : attentionnée, rigolote, originale et intéressante dans son analyse des textes... Elle ne cesse de parler, tout comme Jeanne : elles ont le record absolu, je crois.
Arrive ensuite Asa, quarantenaire jolie, originaire du nord mais en fait arabe (j'adore ce genre de phrase), hyper dynamique et sur tous les fronts au lycée, pleine de projets, le sourire aux lèvres tout le temps.
Enfin, Tinette, cinquantenaire, à la retraite cette année, magnifique femme pour son âge, aux yeux luisants et pétillants, plus discrète mais qui assène parfois des petites phrases excellentes. J'ai découvert par hasard que j'avais certains de ses cours sur mon ordi depuis des années... Ses spécialités :  le théâtre et le cinéma.
Et évidemment, Bibi, toute discrète, avec les écoutilles grandes ouvertes, et sa tarte courgettes/lardons/curry sous le bras.

DSC_0476

Au final, nous avons très peu parlé littérature (mais nous étions entourées de livres, j'adore ça). J'ai écouté tous les cancans du LycéeDésiré (il y en a bien plus qu'on ne croit !), les histoires d'amour ou de sexe des unes et des autres. Plein de rires ont fusé. Je me suis couchée à une heure du matin, la tête un peu enfarinée à cause de la cigarette de Jeanne, mais contente de me sentir intégrée à cette équipe de cette façon aussi simple et aussi directe. Seul bémol : le lendemain matin, l'estomac retourné au réveil et un fond migraineux. Etait-ce dû à la crainte de la reprise ou à quelque nourriture mangée la veille au soir ? Je l'ignore, et ce n'est pas grave.

barbie_vomit

Il faut juste que je travaille sur mon complexe d'infériorité, maintenant...

PS : j'ai oublié de préciser qu'elles sont toutes des vraies bombes niveau corps, top fashion, féminines et classe... Je me sentais un peu boudin, moi.

barbie_obese

06 octobre 2009

Je lisse ma moustache

fausse_moustache

Je sais bien que vous n'êtes pas fébriles devant vos écrans en attendant de mes nouvelles, mais je pense qu'il est nécessaire de faire un petit bilan de la journée.
Ce matin, en arrivant, maux de ventre, je dois l'admettre. C'est bête, je le sais, pourtant ne rien avoir reçu du proviseur hier m'inquiétait. Arrivée au lycée, j'ai pu constater que je n'avais rien non plus dans mon casier. Super rassurant. Moi qui étais à peu près claire dans ma démarche dimanche, je me retrouvai fort dépourvue devant un tel vide.
Heureusement, mes collègues étaient là, quoique rares en ce mardi matin.
Je suis passée voir le CPE, qui avait appris presque par hasard l'affaire hier, en consultant ses mails... Hum. Il m'a soutenue et a décidé de passer voir les STG deux heures après, juste avant que je fasse mon cours. Savon et compagnie, devant un adjoint transparent, inodore, insonore. Les STG étaient égaux à eux-mêmes, inébranlables. Ils pensaient apparemment que je ne ferais pas cours aujourd'hui. Je les ai refroidis avec mon "Voltaire, chapitre III, vous sortez votre cours. Et si vous n'avez pas vos affaires, une feuille et de quoi écrire." Certains trainaient des pieds pour s'y mettre. Ils ont été déçus de me voir aussi gaillarde, je crois.

D'autant que j'ai fait mon petit laïus du type : "Je tenais à remercier les coupables. J'ai eu de jolis témoignages d'amitié, une bouquet de fleurs, des mails ce week-end... C'était un mal pour un bien, vraiment." Les STG ont feint l'indifférence, les ES se sont amusés de ma boutade -pourtant sincère. L'humour est vraiment ma meilleure arme, surtout en situation de conflit.

Sinon, toujours aucun coupable en vue (personne ne veut se dénoncer) et je crois que l'enquête stagne. Quoi qu'il en soit, les élèves ont vu que je ne lâcherai rien et que l'on continuerait notre travail en vue du Bac.

Bon, j'ai beau fanfaronner, tout cela m'a fatiguée. Alors j'ai décidé de ne pas corriger de copies ce soir. Je serai tranquillou devant les Desperate housewifes comme chaque mardi, peut-être avec un panaché.

Pour vous faire sourire, sachez que j'ai envisagé des commentaires sur les copies du type : "vous êtes rasoir/barbant, là" ou "vous avez un poil dans la main", ou encore "votre remarque est poilante". Et puis comme j'ai réussi à me faire saigner de la lèvre supérieure nerveusement depuis samedi, si l'un des élèves m'avait chambrée là-dessus, j'aurais évidemment répondu que je m'étais mal rasée ce matin... ;-)

Posté par virgibri à 18:52 - Pedagogik Land - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

04 octobre 2009

Florilège

Snapshot_20091004

J'ai parlé presque deux heures avec une collègue de lettres au téléphone ce matin, et cela m'a fait du bien. J'ai un peu dédramatisé, pour pouvoir reprendre les classes mardi. Ma collègue a été très franche avec moi, et j'ai eu droit à des compliments que je n'avais  jamais entendus jusque-là à mon égard.

Sinon, je laisse l'administration gérer le problème et l'enquête. En attendant, je reprends mes cours car je ne veux pas sanctionner les élèves sympa et bosseurs. N'oublions pas une chose : nous ne sommes que début octobre, et j'ai encore sept mois à passer avec mes élèves. Je ne veux pas que tout soit gâché à cause deux ou trois élèves en mal (mâle ?) de reconnaissance.
Par ailleurs, le proviseur m'a fait un mail à l'instant et va agir demain. Il dit la situation "intolérable et inacceptable". Sans doute aussi parce qu'il a su que j'étais soutenue par les délégués du personnel... Mais peu importe : le message aux élèves sera d'autant plus fort : je suis soutenue par tout le monde, et toc.

Du coup, j'ai décidé de faire mardi quelque chose qui va dérouter les coupables : en rire et les remercier, puisque cela m'a permis d'avoir un bouquet de fleurs, ainsi que des témoignages d'amitié touchants.

Les surprendre est encore ma meilleure arme, surtout par le rire et l'ironie. Les autres -la majorité-, ceux qui condamnent l'acte en silence, me suivront. J'ai d'ailleurs appris que certains adoraient mes cours ! Par quoi ne faut-il pas passer pour avoir des bouquets de fleurs et/ou de compliments !

Posté par virgibri à 15:08 - Pedagogik Land - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

03 octobre 2009

Les Experts Paris

Par quoi commencer ? Mon état de fatigue morale et ma déception, peut-être. Ou encore ma naïveté. Ou plutôt les faits. Oui, les faits, car sinon vous ne comprendrez rien...

Hier, outre le fait qu’une partie de la STG se faisait insolente de façon exceptionnelle durant mon heure de cours en classe entière, un petit paquet a émergé de nulle part vers 15h40. Une élève me l’a signalé, en m’annonçant qu’on lui avait envoyé quelque chose.

Le paquet se trouvait par terre, entre la rangée de droite et celle du milieu, face à moi. Une seconde élève l’a ramassé, et a lu qu’il m’était destiné. Elle a suggéré de le jeter, ce à quoi j’ai rétorqué que je voulais le récupérer. J’ai entendu quelqu’un dire «Si c’est un cadeau pour Mme Virgibri, il faut lui donner ».

J'ai eu la présence d'esprit de ne pas ouvrir le paquet, l’ai posé sur mon bureau, et j’ai tenté de finir le cours. Ils étaient très agités, et je ne voulais trop m’attarder sur cet envoi, d’autant qu’étant de face, je n’ai rien vu voler : cela signifie donc que le paquet est passé entre plusieurs mains avant d’atterrir par terre. J’ai eu ensuite une légère altercation avec le Mou de la classe, et d’autres élèves m’ont alpaguée sur la méthodologie du commentaire composé de façon assez agressive.

Ceci étant, le cours s’est terminé cahin caha, avec d'autres prises de bec plus ou moins marquées. Je suis descendue en salle des professeurs. Une fois là, j’ai ouvert le dit « paquet cadeau » mentionné précédemment, devant deux collègues de lettres. Elles ont été aussi atterrées et choquées que moi-même : le paquet, scotché consciencieusement, contenait deux rasoirs jetables neufs, eux-mêmes scotchés à la feuille. Sur celle-ci, un « mode d’emploi » pour utiliser les rasoirs était écrit en capitales d’imprimerie, avec nombre de fautes d’orthographe, au stylo à bille bleu clair.

Le caractère insultant des propos ne me paraît pas être le plus grave : c’est la préméditation et la volonté d’intimidation que je trouve fort inquiétantes –à mon égard, et en règle générale.

Le paquet avait été préparé à l’avance, les rasoirs ont été achetés dans ce but, tout a été calculé pour que cet événement arrive un vendredi soir, en fin de cours, alors que la classe avait fini sa semaine et ne me revoit que le mardi suivant en demi groupe. La symbolique du rasoir est aussi très dérangeante, à mon sens. Ce n’est pas n’importe quel objet qui a été glissé là.

rasoirs_bic

 

Ceci étant, je suis allée voir le proviseur et l'adjoint illico, sous le choc mais n'ayant pas encore bien réalisé les faits. Le comble, c'est qu'à un moment donné, la proviseur m'a renvoyée dans la ligne des trente mètres, comme si mes interrogations étaient illégitimes. Je suis restée très calme mais ferme, et n'ai pas démordu quant à la gravité du geste. En face de moi, aucune réaction quelconque de sollicitude ou d'empathie. Pas une fois on ne m'a demandé si j'allais bien. Bilan : un rapport à faire, chercher à reconnaître les écritures, et on se croise demain. Hop-là, emballé c'est pesé.
Un peu abasourdie et les jambes en coton, j'ai redescendu les étages pour repasser par la salle des profs. Mes collègues m'attendaient et culpabilisaient de ne pas m'avoir accompagnée. Là, je me suis sentie moins seule, et c'était une première depuis quelques années -mes années TZR, quoi.
Ce matin, donc, j'ai croisé le chef qui m'a gratifiée d'un "J'ai bien reçu votre rapport" et nous a laissés en plan dans la salle des profs, mes cernes et moi. 

Sonnerie de première heure. J'entre dans la salle de classe, j'installe mes affaires, les élèves de ES entrent. Comme je compte quelques retardaires, je sors quelques secondes dans le couloir, pour regarder qui arrive. De retour à mon bureau, stupeur : un rasoir jetable y trône, accompagné d'un mot scotché du même acabit qu'hier (sauf que là, on me suggérait de me raser de haut en bas, je cite).

J'ai envoyé un délégué chercher le proviseur. Celui-ci m'a d'abord dit de "faire un rapport". J'ai posé une question rhétorique du type : "Parce que là je dois leur faire cours comme si de rien n'était pendant deux heures ?" Il a hésité environ cinq secondes, et a dû prendre la mesure de la chose -enfin.

Il est entré, a annoncé que tant que rien ne serait démêlé, il n'y aurait pas de cours de ma part : les élèves ont donc planché sur un commentaire, que je leur destinais initialement en devoir maison.

Au bout d'une heure, le proviseur a demandé à voir les délégués. Ensuite, il est revenu à 9h45 pour savoir si nous avions une réponse et imposer un délai pour résoudre l'affaire. Entre temps, une collègue, choquée hier soir, m'a déposé un bouquet de fleurs en guise de soutien. J'ai trouvé cela adorable.
A midi, personne n'était venu se dénoncer ni témoigner en ES. Les élèves de STG n'ont pas cours le samedi, ce qui les arrange pour l'instant. Bilan du jour : des collègues extra, qui vont faire front lundi, exiger des résultats et une prise de conscience à l'administration (je précise que je n'ai rien demandé), des cernes un peu plus marqués, des suspicions qui vont m'enquiquiner un temps, de la déception, des remises en cause...

Je devais sortir cet aprèm pour faire réparer mon scooter, mais je sens bien fatiguée, là.

Posté par virgibri à 13:57 - Pedagogik Land - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

29 septembre 2009

Si les profs se mettent à plaisanter, maintenant...

Quelques petits diamants de cours, qui me viennent à l'esprit et que je ne prends pas le temps de noter ici, malheureusement. Il ne s'agit pas d'erreurs mais de jolies choses, qui me font sourire dans mon quotidien...

* En seconde, sur une nouvelle assez triste de Danièle Sallenave de 1983, je m'attarde sur le début du texte, en demandant sur quoi l'auteur insiste. J'attends un anniversaire sans bougies, avec du mousseux, et sans famille... Je cherche avec eux les scenarii possibles parce qu'il n'y a pas de bougies. Soudain, l'orateur tyrannique de la classe lève la main, comme d'habitude.
_ Ouiiiiiiiiiii, La Pie ?
_ Ben, le texte est de 1983...
_ Et ?
_ Y'avait p'têtre pas de bougies en 83 !
_ Vous savez, La Pie, je m'éclaire depuis peu à l'électricité, et je trouve cela pas mal du tout ! En 83, je vivais dans une caverne.

bougies_anniversaire

* Aujourd'hui, je parle de la méthode du commentaire composé en STG. Je donne des indications supplémentaires, je cause, et j'utilise soudain le verbe "se pâmer". Je vois deux nénettes s'agiter. Je les interpelle gentiment.
_ Madame, comment vous faites pour parler... comme ça ?
_ ... (mimique étonnée de ma part)
_ Oui, comme ça, avec tous ces mots compliqués ! Ma prof l'an dernier elle parlait pas avec autant de mots !

Ben_mots

* En seconde, sur une nouvelle perturbante de Richard Matheson, "Journal d'un monstre", je parle du personnage, le décris, je bouscule les a priori des élèves avec mon air sérieux. Intervient dans l'histoire un petit animal, que le "monstre" va tuer sans le vouloir vraiment, en le serrant dans ses bras.
_ En gros, c'est comme Quasimodo, si vous voulez : il veut de l'amour, mais ce sont les autres qui le poussent à devenir mauvais. Là, le monstre voulait juste serrer dans ses bras le chien ou le chat. Cââââlin ! et paf, le chien !
Il faut m'imaginer dire le "cââââlin" sur un certain ton, forcément. Certaines élèves ont été prises d'un fou rire, que je ne pouvais réprimander... J'en étais à l'origine.

c_lin

* Cet après-midi, en TPE, un groupe m'interpelle :
_ Madame, on a besoin de vous !
_ Oh oui, encore , j'adore m'entendre dire ça !
_ Ben alors... Madame, on a besoin de vous !
_ Mmmm, oui ?

* En seconde, pendant que je commente mes choix de textes... "Certes, ce texte n'est pas drôle et ça fait froid dans le dos, cette histoire... D'ailleurs, on m'a dit que tout cela n'était pas d'une folle gaieté. C'est vrai ça, je vous choisis des textes tristes ! Va falloir que ça change !"

Hulk

Et j'en oublie sans doute beaucoup d'autres...

Posté par virgibri à 19:35 - Perles d'élèves - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

23 septembre 2009

"La déception n'est peut-être qu'une catégorie du merveilleux." Pascal Bruckner

r_tro_pluie

Je me demande depuis un certain temps si mes bafouilles publiées ici ont quelque intérêt. Le côté nombriliste de la chose me gêne souvent. Sans savoir m'arrêter...
Ceci étant, je cause moins aussi à cause du rythme du lycée, assez intense. Par exemple, je ressors de presque deux heures de sieste, dans un sommeil abruti, des fourmis dans les doigts de n'avoir pas bougé d'un iota...
Je fais des rêves qui me désarçonnent chaque nuit.
Je cherche à aider S. qui s'y refuse gentiment.
Je tente de faire mon trou au LycéeDésiré. J'y parviens plus que je ne le crois, sans doute : des collègues de lettres veulent m'intégrer  dans leur petit "club privé" déjanté. Et puis un élève de seconde, Kadaré, m'a dit qu'il voulait m'offrir une surprise. Il a décalé cela à vendredi, pour une obscure raison, mais je n'ai jamais eu le moindre cadeau spontané dans toute ma carrière de TZR, surtout aussi vite dans l'année ! Il semblerait que ce soit des pâtisseries arabes (j'avoue en avoir réclamé par gourmandise sur le blog consacré aux élèves... Ben quoi ? C'est la fin du ramadan, on partage ! Et puis je pense déjà à ce que je vais leur faire le jour des vacances de la Toussaint, qui sera aussi le jour de mon anniversaire...). Miam !

A part ça, je ne sais que vous dire. Je bosse beaucoup, les journées défilent, mes finances sont raides, je suis souvent triste, j'ai aimé écrire mon défi de la semaine, qui m'a replongée dans le passé...

Oui, c'est cela, en fait : je ne suis pas triste, je suis nostalgique.

"La nostalgie, c'est comme les coups de soleil : ça ne fait pas mal pendant, ça fait mal le soir", disait Desproges. Fichtre, il avait raison.

Posté par virgibri à 16:30 - Psykologik & inclassables - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

20 septembre 2009

Qui peut arrêter le mode pilotage automatique, s'il vous plaît ?

Je sens bien que mes entrées sont moyennement palpitantes en ce moment, étant donné que j'ai des collègues bisounours. Mais il y a aussi le rythme soutenu du lycée qui n'arrange rien. D'un autre côté, je me suis mise en fonction pilote automatique depuis un certain temps, je crois.
Pour autant, j'essaye de sortir un peu le we pour ne pas devenir zinzin et absorbée uniquement par le travail. Alors hier après-midi, Mamanafaim (ancienne collègue de math et amie du premier établissement où j'ai enseigné) est venue prendre le thé. Nous avons évidemment parlé potins, pédagogie, élèves, tout comme cela avait été le cas dimanche dernier avec Micahuète. Les profs sont incorrigibles.

sushis

Hier soir, restaurant japonais imprévu avec S. et retour très tôt : j'étais épuisée. A peine rentrée, j'ai plongé dans mon lit pour ne me réveiller qu'après plus de neuf heures d'un sommeil lourd et quelque peu agité. Aujourd'hui, du rangement, peut-être un ciné, cours et copies au rythme habituel, repassage devant la télé ce soir sans doute...

Rien de fascinant à tout ce que je vous raconte, je sais. Mais j'ai bien du mal à émerger ce matin -comme de nombreux autres matins...

Posté par virgibri à 09:57 - Psykologik & inclassables - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »