06 octobre 2014

Ma petite Pologne

Vendredi soir, j'étais un peu plus polonaise que d'habitude. Car, pour ceux qui l'ignoreraient, je suis un quart polonaise. 

J'ai longtemps cherché à savoir en quoi je pouvais l'être, justement. Mon mémoire de maîtrise portait sur le sujet, par exemple. Je me suis concrètement confrontée à l'écart rencontré entre ce que l'on croit avoir en soi, et ce qui est vraiment. J'ai admis, parce que mon histoire personnelle m'y portait aussi, que le sang n'avait pas grand-chose à voir avec l'identité, finalement. 

Alors j'ai pris ce "quart polonais" pour ce qu'il était : un simple hasard, qui ne me constituait pas plus que les trois autres -sauf si je m'acharnais. 

Vendredi, pourtant, Cally et moi avons choisi un repas thématique préparé par un grand chef polonais, Adam Chrzastowski, qui a fait ses armes chez Robuchon. Il était venu de Cracovie pour préparer devant une dizaine de convives clients, un dîner gastronomique bien loin de la betterave et de la vodka.

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Cidre artisanal Lorek sur granité de cannelle

J'ai trouvé dans quasiment chacun des plats ce que j'avais relevé de caractéristique dans la culture polonaise : le mélange des genres, l'association des paradoxes, l'aspect parfois dur qui cache d'infinies subtilités.

Mon coup de coeur a été pour le premier plat principal : pierogi d'oie, fromage fumé de montagne, haricots blancs et pruneaux fumés, sur une sauce de bière brune. Selon moi, c'était l'harmonie parfaite. Les entrées n'étaient pas en reste (mosaïque d'esturgeon fumé et bouillon d'écrevisses "à la polonaise"), je dois bien l'avouer, mais j'ai remarqué qu'il y a toujours un plat qui nous marque, et pour moi ce fut celui-ci.

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Mosaïque d'esturgeon

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Essence d'écrevisses à la polonaise

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Ravioles d'oie d'avoine

 

Le second plat était fort bon aussi : une selle de chevreuil en croûte de sarrasin. Quant au dessert, il s'agissait d'un gâteau de fromage blanc revisité. Vous savez, ce fromage blanc épais au goût si caractéristique, que l'on retrouve dans les desserts de la rue des Rosiers ? C'était celui-là même, impossible à trouver en France, qui était servi avec des raisins imbibés d'alcool de groseilles, et recouvert d'un gâteau cuit à la vapeur (à 72°C, précisément).

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J'ai retrouvé autour de la table une sorte d'intelligentsia polonaise ou, du moins, certaines personnes qui cherchaient à se distiguer de cette façon. J'ai souri intérieurement devant cet entre-soi. J'ai surtout souri à Cally, car c'était notre anniversaire de rencontre, et que ce repas exceptionnel donnait à notre quotidien souvent lourd, un air de fête inattendu.

 

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02 novembre 2009

Nourritures terrestres

Une fois n'est pas coutume, en sortant de chez le médecin (pas malade, c'était presque une visite de courtoisie pour des triptans et des beta bloquants), j'ai décidé de faire quelques courses d'appoint chez Monoprix. J'en connais un toujours désert, où je peux me garer facilement.

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Initialement, j'y entrais pour du pain et une pâte à pizza. Au final, j'ai flâné dans les rayons, étant moi-même une caricature de la trentenaire parisienne au charme raffiné, choisissant avec amour ses pomelos chinois -qui n'auront indubitablement pas le même goût que ceux de chez Karouf. Armée de ma veste verte, mon écharpe multicolore et de mon sac gris en cuir, j'aurais pu jouer dans un film !

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J'achète chez Monop' différemment. J'ose les queues d'écrevisses, les tomates séchées, les mousselines de carottes ou de petits pois, les crevettes roses, le jambon fumé, la mortadelle, le pain platine, la brioche parisienne... Les courses n'ont vraiment pas la même saveur que chez Karouf. Je m'y sens presque aussi délicieuse que leurs sauces Monoprix gourmet (tomates, asperges et parmesan, par exemple...).

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Je sens le goût du luxe populaire, et je l'assume parfaitement parce qu'il est rare. D'un autre côté, je ne vais pas non plus chez Fauchon, et je dois relativiser. Je me disais aussi, en me sentant la Pénélope Jolicoeur des rayons alimentaires, que je pourrais boire un petit verre de vin blanc de mes réserves de temps à autre sans culpabiliser pour autant : si j'attends de "grandes" occasions, mes bouteilles vireront au vinaigre avant...

Qui veut dîner avec moi, maintenant ?

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23 juin 2009

Effet gueule de bois

A cinq heures, alors que Clochette tricotait la housse de couette et sautillait sur le lit, je me suis demandé si je n'avais pas rêvé.
A 7h30, en ouvrant un oeil et en câlinant les matous, j'ai compris que non, tout cela était bien réel.
A 8h, face à mon premier café, les yeux encore collés, je suis tout de même allée vérifier pour la dixième fois peut-être sur Iprof, et j'ai découvert avec plaisir un mail de confirmation définitif.Noisemaker 1
Là, à 8h45, je compte me préparer tranquillement, admirer le soleil de cette matinée sereine, puis contacter le lycée. Si je veux préparer dignement ma première véritable pré-rentrée de ma carrière (j'entame la huitième année, quand même), il me faut quelques infos : manuel utilisé, classes que je risque d'avoir, etc.
Je vais aussi réfléchir à une date pour déboucher le champagne, mais je crains de ne pas pouvoir inviter grand-monde : période de Bac/brevet, vacances, distance géographique (pffff, Ed, le CPE, Emy, etc)... Noisemaker 3
Sinon, hier soir, j'ai "fêté" la nouvelle en me buvant un Martini blanc accompagné d'une tranche de citron, et j'ai commandé au japonais mon dîner. Bon, seule, ce n'est pas toujours réjouissant, mais là ça allait. Et puis les messages de félicitations et de joie m'ont fait plaisir. J'ai aussi commencé à créer un nouveau blog destiné à mes élèves... Comment cela, je m'emballe ? Mais je peux m'emballer, maintenant !

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Edit de 10h20 : rendez-vous est pris pour jeudi après-midi au lycée... Youhou !

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08 mai 2009

Hédoniste

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Oui, j'aime les choses raffinées, la haute technologie, les défis intellectuels, les femmes compliquées. Oui, peu de gens me touchent beaucoup, peu de femmes me charment, mon niveau d'exigence est élevé en amour, en amitié (c'est pareil, de toutes les façons) et avec moi-même...

Mais...

J'aime la douceur d'un rayon de soleil printanier sur ma joue, une assiette à peine remplie de mets simples, des sourires silencieux, des futilités racontées jusqu'au bout de la nuit ou dans les virages d'une journée, le grain de la peau, la simplicité d'un regard, le vent dans les feuilles, la couleur des fruits et légumes dans leur panier, me promener au hasard...

J'aime le complexe et le simple. L'unique.

Comme sont les Hommes.

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