Malgré le fait que je sois en vacances, je ne m'y sens pas encore : je n'arrête pas. Nous continuons à nous installer (c'est sans fin !), et nous préparons notre voyage prochain en même temps (départ lundi !).

Dans nos dernières installations, il y a eu un grainetier acheté d'occasion, qui a été chargé par nos petits bras dans le coffre dans ma Twingo, attaché par des sangles multiples. J'ai aussi fait le tri dans mes breloques, et remis à neuf une boîte à bijoux qui date de l'époque où mon père était vivant, c'est dire. 

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A gauche, c'est briqué; à droite, pas encore.

 

Frotter les cuivres et l'argenterie prend du temps, j'avais oublié. En donnant de l'huile de coude, j'ai pensé à la série Downton Abbey (la saison 3 a été engloutie en peu de temps ces derniers jours) dans laquelle on voit les domestiques briquer l'argenterie, parfois. Je vais avoir du mal à patienter pour voir la saison 4, d'ailleurs.

Sinon, nous sommes allées à la Comédie Française voir Lucrèce Borgia, avec Guillaume Gallienne dans le rôle titre. J'avais miraculeusement réussi à avoir des places il y a quelques mois, et j'étais impatiente d'y assister. Ce ne fut pas du tout une déception. Volontairement, je n'avais lu aucune critique pour être vierge de tout a priori (jai bien fait, car F. Pascaud se lâche gratuitement, par exemple).

Gallienne Lucrèce


J'ai trouvé Gallienne crédible de bout en bout. L'arrivée de son personnage est très belle : poitrine offerte, il avance lentement au fil des planches placées sous ses pas, sur une musique sacrée. Puis, on l'habille progressivement d'une robe noire (de Christian Lacroix) pendant les premiers dialogues. La question du travestissement est particulièrement intéressante dans cette mise en scène, d'autant que le rôle de Gennaro est tenu... par une jeune femme.

Une ou deux scènes étaient un peu moins réussies que les autres, mais le pari d'être entre "le sublime et le grotesque" de Hugo était amplement tenu. Il n'est pas évident de ne pas sombrer dans le ridicule avec un tel texte.
L'ovation finale, très longue, était assez parlante, même si le public qui va assister à ce genre de spectacle est souvent acquis avant le lever du rideau.

Dans un tout autre genre, j'ai vu hier soir au cinéma Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? : je craignais la caricature, et c'est ce qui s'annonce au début, mais le film s'améliore progressivement, et, il faut bien le dire, s'avère drôle -parfois malgré soi. Chantal Lauby est irrésistible. Quant au fond, on ne peut pas dire que l'on ressort perturbé dans ses fondements, mais je comprends le succès populaire de ce film : c'est un reflet comique de la société française brassée aujourd'hui, avec ses faux tolérants, ses idées préconçues, ses mélanges, ses échecs et ses réussites.

A part cela, je tenais à vous dire que je songe très sérieusement à rendre ce blog accessible uniquement sur autorisation. Au fil des années, je sais que j'ai gardé des lecteurs fidèles et indulgents, mais d'autres sont moins bienveillants. Par ailleurs, pour la première fois depuis que j'ai lancé ce blog (qui a presque douze ans !), je réfléchis beaucoup trop avant d'écrire : je commence à me censurer. 
Il ne me reste que peu d'alternatives : soit je débute un tout autre blog, mais je tiens à celui-ci; soit je restreins les accès (et cela signifie ne plus être visible pour de nouveaux lecteurs); soit j'arrête tout. Concernant cette dernière possibilité, je la récuse pour l'instant par principe : je ne vois pas pourquoi (et surtout pour qui) je m'empêcherais de tenir un blog, aussi futile fût-il (ah ah).
Je me donne jusqu'à septembre pour décider. D'ici-là, vous pouvez me donner votre avis : je serais ravie d'avoir d'autres regards sur cette question qui me turlupine depuis un moment.