J'ai l'esprit embourbé dans pas mal de choses, en ce moment, mais ce n'est pas forcément pour me déplaire : quand je suis très fatiguée, j'ai du mal à penser, et voir mon esprit en effervescence me plaît, actuellement.
Malgré tout, les souvenirs qui se bousculent au portillon de la mémoire ne sont pas toujours gais. La Reine est très présente à mon esprit, mon père aussi.
Il suffit de peu de choses pour rechuter, finalement : je dois faire refaire ma carte d'identité. A cette fin, il faut une copie intégrale de son acte de naissance. Cela signifie que toutes les mentions sont indiquées : mariages, divorces, Pacs, enfants, adoption... L'an dernier, pour le passeport, j'ai vécu dans les bureaux de la mairie une situation délicate pour l'employée, qui ne savait pas ce que je savais ou ce que je ne savais pas...
Faites le tri.

Ce matin, je suis allée nous inscrire, S. et moi, sur les listes électorales. Bizarrement, le fait d'être rayée des listes de mon ancienne ville m'a perturbée : j'y ai passée presque trente ans; mon premier vote (présidentiel, en plus) et tous ceux qui suivront se sont déroulés là-bas; j'y retrouvais une ancienne prof et des connaissances plus ou moins lointaines... C'est comme si, au bout d'un an, je prenais conscience que j'étais vraiment partie de la ville de mon enfance, de mon adolescence.
D'ailleurs, en 2008, cela fera dix ans que j'ai quitté le cocon familial pour vivre autonome.

En plus, je crois avoir retrouvé la trace de deux frères que j'aimais beaucoup au lycée. J'entretenais avec l'un d'eux une correspondance profonde, ambitieuse, très intellectuelle. Je cherche peut-être, en les recontactant, à me donner l'illusion que ces temps-là ne sont pas révolus, que je peux encore avoir cette flamme dans la cervelle et cet enthousiasme artistique dont je faisais preuve, il y a quelques années...