Après m'être réveillée à 3h, 5h30, 6h30 puis 7h30, j'ai décidé de me lever pas trop tard puisque le programme du jour est le suivant :
ranger la cuisine, vider l'évier et le lave-vaisselle
changer les draps du lit
faire tourner une machine et un sèche-linge
aménager autrement la chambre pour un aspect plus pratique
corriger un deux paquets de copies de seconde
préparer mes cours et des contrôles
aller chercher un colis à la Poste
faire un repas pour quinze, ce qui me permettra d'emmener ma gamelle demain et vendredi au lycée
répondre à des mails éventuels
tenter de reconstituer le puzzle de ma vie (grand format, 15.000 pièces)
Du coup, je suis peu présente sur le blog, j'en ai conscience, mais je suis dans ma semaine pourrie et lourde au lycée, alors quand je rentre, ben je n'ai qu'une envie : me coucher vers 20h...
(Je viens de relire ma liste, et là, tout d'un coup, ça me stresse ce jour de repos...)
Edit de 20h : j'ai barré ce qui avait été fait, pour me dire que j'ai avancé...
Parce que je suis totalement narcissique et pour faire plaisir à Sarcamande (le nom de cette ville viendrait du sanskrit et signifierait "lieu de la rencontre" ou "lieu du conflit"... Mmmm, c'est intéressant, docteur ?), je vais parler de MOI.
En fait, j'en parlerai certainement plus demain car ce soir "J'ai la tête qui éclate / J'voudrais seulement dormir" et que je dois répondre à des attaques plus ou moins gratuites de tous les côtés.
Juste une chose pour Sarcamande : votre chien devait être un sacré animal s'il est comparé à ma grand-mère. Elle était un phénomène à elle toute seule.
Je n'ai jamais été douée en puzzle, surtout les grands. Suis pourtant fort patiente, je crois. Sans doute dû à la fatigue. Et à ce fichu mois d'octobre.
La première, c'est que Sandy a accouché hier en fin d'après-midi de sa petite fille. Je suis allée la voir à la maternité cet aprèm. Et je ne suis pas peu fière d'avoir été la première à la découvrir ! D'ailleurs, son Papa attend mes photos sur le pied de guerre pour ce soir... :-)
La deuxième, c'est le prix Nobel de littérature attribué à Le Clézio. Je sais que C. doit être heureuse aussi. J'ai découvert cet auteur grâce à elle, et je ne suis pas mécontente qu'un véritable écrivain français revienne sur le devant de la scène internationale. On voit tant d'écrivaillons être encensés...
Hier soir, je suis allée voir Master Class Maria Callas, pièce qui avait été jouée initialement par Fanny Ardant, mais dont le rôle a été repris par Marie Laforêt (mise en scène de Didier Long). C'était au théâtre de Paris, un très beau lieu, quoique les sièges fussent parfois vétustes malgré leur confort apparent. La pièce était plutôt longue : 20h30-23h10, avec 20mn d'entracte. Mais je n'ai pas vu le temps passer. Beaucoup de gens ont été désarçonnés par la mise en scène, car ils semblaient s'attendre à entendre Marie Laforêt chanter des arias... Ce qui est impossible, et qui ne colle pas au dessein de la pièce : il s'agissait de reproduire assez fidèlement les cours que La Callas a donné à la fin de sa vie (après avoir été répudiée et "virée" de la Scala...) à de jeunes chanteurs d'opéra venus des quatre coins du monde.Nous sommes en 1972, et elle a "perdu" sa voix. Les erreurs de langue de Callas (elle parlait quand même couramment grec, français, anglais et italien...) ont été laissées intactes ("le trape nigauds" par exemple), ses invectives aussi, sa rage, son désespoir, sa volonté, son humour qui taille en pièce; tout était là. Et c'est sans doute ce qui m'a touché : je savais que Callas n'était pas devant moi, mais j'avais l'impression de m'en rapprocher encore un peu plus. D'autant que lorsqu'elle crie sa douleur face à son physique qui n'était pas celui d'une jeune première ("Quand je chante, quand je suis sur scène, je ne suis plus grosse ni laide !"), je m'y retrouve pas mal ("Quand je fais cours, je ne suis plus grosse !"). Oui, l'analogie pourra paraître pédante et/ou outrancière à certains, mais peu m'importe. Admiratrice dès mon adolescence, j'ai toujours été fascinée par ce bourreau de travail, par son perfectionnisme et ses failles si terriblement humaines, dérangée par la cruauté de son entourage et par ce destin hors du commun, tant sur le plan du succès que des souffrances subies...
Cette femme a tout donné, et exigeait qu'on le reconnaisse, qu'on sache entendre, c'est-à-dire recevoir. Beaucoup de passages au cours de la pièce sont déchirants de vérité et de sincérité car on y voit la complexité de La Callas, son humanité, ses contradictions, sa soif de vaincre, sa lassitude, aussi...
J'ai toujours pensé -et je pense encore- être née un peu trop tard : j'aurais payé n'importe quel prix pour la voir en concert, juste une fois (et pour voir Brel, ainsi que Barbara à l'apogée de leurs carrières respectives, entre autres).Il me reste les enregistrements, au grain d'imperfection particulièrement touchant, qui me bouleversent autant à chaque écoute, malgré les années qui passent : j'ai l'estomac et la gorge noués d'émotion devant une telle beauté.
Quand j'écoute La Callas, je crois encore en l'humanité, puisqu'elle est capable de produire cela.
Une touriste d'environ soixante ans, dans un des cafés et vendeurs de glaces au parc Mickey. Elle est seule, assise sur un rebord de fenêtre, à côté de nous. Elle sort un album photos qu'elle trimballe dans son sac tous les jours, cela est certain. Dans cet albums, des photos de Mickey, Minie, de jeunes gens faussement souriants travaillant au parc d'attraction. Elle le compulsait avec ferveur et habitude. Au bout d'un moment, elle a sorti de son sac un de ces réveils pliables avec une boîte de rangement intégrée, a regardé l'heure, et a vaguement souri lorsque nous sommes parties.
Au milieu de la panique internationale financière qui déborde de tous les côtés, quelques infos passent inaperçues. Entre autres, que des copains du petit Nicolas vont dorénavant occuper les postes de dirigeants de Dexia et de la DGSE.
L'exposition Picasso du Grand Palais va débuter sous peu. C'est l'une des plus importantes et des plus coûteuses de ces dernières années. Axa assure les toiles pour 790.000 euro (somme qui est la moitié de ce que devait payer le Grand Palais, mais l'Etat assure au-delà de 100 millions d'euro), ce qui représente environ un cinquième du coût total de l'exposition. L'ensemble des oeuvres représentées vaut environ deux milliards d'euro.
François Bégaudeau, l'auteur d'Entre les murs, qui a inspiré le film récompensé à Cannes, envisage de racheter le FC Nantes. Le club de foot. Et apparemment il serait désigné comme "ancien professeur" dans certains articles de presse. Il est détaché pour ça ?
C'est officiel : je reprends le même remplacement jusqu'aux vacances de la Toussaint. Je ne commencerai que jeudi pour éviter le "M'dam', j'ai pô mon livre !" et la désertion possible des petits lapins à cause de la grève des profs. Heureusement, l'administration et mes collègues me soutiennent : ils ont conscience du souci organisationnel (ça en jette, mais c'est juste pour dire : du foutoir immense dans la tête) de la prof malade du genou que je remplace (la prof, pas le genou). On essaye donc de m'aider, et je ne refuse pas. Les deux prochaines semaines vont être assez chargées puis que je compte lancer les contrôles de lecture dans toutes les classes, des devoirs en première, la méthodologie des épreuves du Bac, finir une séquence et en commencer une autre... Mais j'ai le champ assez libre, je trouve. La PP de ma seconde Frappée m'a fait rire : elle m'a dit que je prenais les rênes et que c'est la prof titulaire du poste qui deviendrait ma remplaçante. Arf. Bon, allez, je file prendre ma douche puis bosser. Cela va leur faire tout drôle, aux élèves, de me voir débarquer avec force polycopiés et travail...
Mon remplacement est censé être achevé.La prof que je remplace est vraiment compliquée et "spéciale", disons. J'ai même des collègues qui ne peuvent pas l'encadrer... Bref. J'ai fini hier le premier contrat de remplacement mais je saurai lundi soir si je reprends mardi. Un bonheur donc, pour préparer les cours. D'autant plus que les élèves n'ont toujours pas de notes...
Le contact avec la prof que je remplace est particulier, autant pour moi que pour l'administration. Mais ils prennent des gants avec elle car son mari est proviseur d'un lycée voisin. Pour moi, cela ne change guère grand-chose. Ce que je vois, c'est que dans les copies qu'elle a corrigées, il y a des erreurs de notation énormes : elle a compté bon ce qui était faux et inversement. Allez gérer ça devant la seconde Frappée...
Sinon, je ne sais plus si je vous l'avais dit, mais après l'alerte incendie, une élève de cette classe s'est magistralement étendue face contre terre. Il a fallu appeler l'infirmière; l'adjoint m'a regardée d'un drôle d'oeil, je crois; et les autres espéraient qu'elle se fût cassé le nez...
Bilan : elle a une tendinite du coude, quand même...
Ah, et puis le titre de cette entrée, c'est la signature des mails de la fameuse prof allumée...