Violons

En ce moment, j'ai en tête du Léo ferré, et plus particulièrement "Il patinait", sur un texte de Verlaine. Evidemment, on ne le trouve pas sur le net. Alors, par défaut...

En ce moment, j'ai en tête du Léo ferré, et plus particulièrement "Il patinait", sur un texte de Verlaine. Evidemment, on ne le trouve pas sur le net. Alors, par défaut...
Juliette Gréco la divine a sorti un nouvel album à l'âge de 79 ans... La critique est dithyrambique, la mienne aussi.
La dame reprend des standards que l'on croyait connaître, et pourtant elle nous surprend encore. Il y a Ferré, brel, Lavilliers, "Volare", Julien Clerc...
Tous les arrangements ont été fait à New-York avec de grands jazzmen, revenant aux sources de ce qui l'a fait revivre après-guerre, à Saint-Germain-des-Prés (comme si elle l'avait jamais quitté, cet amour de la musique jazz !).
Je dois beaucoup à Juliette Gréco. Elle fait partie de ces femmes qui m'ont permis de devenir une "femme debout" comme disait C. à une époque; une femme qui défend ses droits, ne plie jamais devant la bêtise et refuse de se soumettre. J'aurais aimé être Juliette Gréco. Ou Barbara. Mais j'ai toujours trouvé Gréco plus sensuelle et plus provocatrice.
Il faut écouter cet album. Et tous les autres.


J'aimerais bien m'acheter son album :
Et puis un Vivaldi, par Jaroussky...

Et puis aussi le "best of" de Mary J. Blidge...
J'ai retrouvé une pseudo traduction de cette chanson dans un cahier de mon père, pas ouvert depuis plus de dix ans... Je la lui avais faite en vacances, un été, alors que j'arborais fièrement l'un des premiers "vrais" baladeurs cassette. Il me l'avait demandée.
C'est loin. C'est tout près.

"Rain And Tears"
Aphrodite's child
Rain and tears,
Are the same
But in the sun
You've got to play the game
When you cry
In winter time
You can pretend
It's nothing but the rain
How many times
I've seen
Tears coming
From your blue eyes?
Rain and tears,
Are the same
But in the sun
You've got to play the game
(Interlude)
Give me an answer of love
I need an answer of love
Rain and tears
In the sun
But in your heart
You feel the rainbow waves
Rain and tears
Both I shun
For in my heart
There'll never be a sun
Rain and tears,
Are the same
But in the sun
You've got to play the game
Game...
Je viens de me lever, et j'ai rdv avec ma kiné à 10h15, mais dès mon retour je vous raconte tout tout tout ! Sachez juste que George a assuré comme un beau diable, et que son show était à la hauteur de mes attentes...
12h20 : Voilà, je suis de retour.
Alors, bien évidemment, je suis ra-vie de ma soirée : G. Michael a une voix en or, suave et étonnante de variations (Maurane fait la même chose, dans un autre registre). Ce live n'a fait que me confirmer ce que je pensais : qu'il était un vrai chanteur.
Je dis ça, parce que pas mal de personnes dans la fosse tournaient la tête vers notre droite pour voir... le carré VIP. Ben oui, on a George sur scène pour la première fois à Paris en 25 ans de carrière, mais le plus important est savoir si Lorie a un nouveau copain, et si les gens de la Star ac' 15 vont bouger leurs fesses sur les rythmes michaeliens.
Le seul VIP intéressant était Jean-Paul Gautier. Et encore. Parce que le voir à dix mètres n'a rien changé à ma vie.
J'en reviens au concert. Une belle scénographie a été mise en place, sobre mais efficace : un immense rideau central sur lequel passaient des montages vidéos; sur les côtés, à trois étages différents, les musiciens et choristes (uniquement de formation gospel, je pense, aux voix donc chaudes et riches : il y a beaucoup d'inspiration de musique noire et afro-américaine dans les oeuvres musicales de G. Michael); enfin, deux grands écrans sur les extrêmes bouts de scène afin de suivre en direct l'action, quand on est coincé dans la fosse, et/ou loin du chanteur.
Pour vous faire une idée :
Si si, George est bien là, je vous jure ! Bon OK, une photo prise sur le net sera plus parlante que celles de mon téléphone :
Il était exactement comme ça. Elégant sans trop en faire. Certes, il a vieilli (comme nous tous), mais l'ensemble reste fort séduisant.
Côté prestation, rien à redire : deux heures de concert, avec une pause de 20 mn qui a clôt la chanson "Shoot the dog", très engagée politiquement : George a hautement décrié la politique de Blair, et il en fait un bulldog qui pratique une fellation sur G.W. Bush...
Provoquant, mais engagé, comme j'aime. Le Bush s'est gonflé en trente secondes maxi, sur une chanson fort rythmée.
George n'en est pas à sa première provoc', et c'est tant mieux. Son "I'm your man" (1985, ça ne nous rajeunit pas) l'était déjà, et enflamme toujours autant le public.
Etonnamment, nous n'avons pas eu droit à "I want your sex", autre scandale des années 80.
Quant au public, j'ai eu droit à un frère et une soeur descendant des kangourous, sautillant et s'agitant à tout va. Elle, version simplette et superficielle d'un mélange Lorie/Patricia Kaas, ne cessait de passer sa main dans ses cheveux tout en bougeant frénétiquement sa dite tête vers la droite (la carré VIP, souvenez-vous).
Lui s'étonnait de me voir porter mon sac à dos par devant (la poche kangourou ?). Ben oui, il a fallu que je protège mon pied toute la soirée, quand même. Une heure par terre dans la fosse; tout le monde debout à 20h sans savoir pourquoi, et patientant jusqu'à 21h10 (au lieu de 20h30) pour le début du concert. Fin des rappels à 23h30. Si je compte bien, ça me fait quatre heures sans béquille. Le pied était bien raide quand il a fallu se diriger vers la sortie.
Mais je ne regrette rien absolument rien (sauf peut-être l'achat idiot d'un t-shirt souvenir). Si le live sort en CD, je l'achèterai, c'est sûr.
Ce soir, je vais voir George (sans S, of course). Comme j'ai l'esprit en marmelade, je compte sur ce concert pour me changer les idées. Pourvu que mes quinze ans d'attente d'un passage à Paris ne soient pas réduits à un fétu de paille.
Car, pour ceux qui n'ont pas suivi, George Michael est le dinosaure de mon adolescence musicale, et il ne s'est jamais produit en France. Là, il fête ses 25 ans de carrière avec tous ses tubes.
Aller à Bercy, ça s'organise : il faut faire son petit pique-nique histoire de ne pas payer 5€ le sandwich sur place; choisir ses vêtements (ni trop chaud, ni trop peu, pliable dans le sac à dos, baskets super confortables); trouver une astuce pour que les vigiles à l'entrée ne me fasse pas jeter les bouchons de bouteilles d'eau (pas pratique de les garder en mains sans les boire, et de survivre à "l'aspergement" dans la fosse...); arriver plus tôt pour essayer d'avoir une place potable au milieu de la foule...
Mais si tous ces efforts en valent la peine, OK, je signe. Un grand concert, il nous en reste juste des souvenirs. Pourtant, j'ai remarqué que quand on en parle, c'est toujours avec de l'émotion, une sorte de sensation indéfinissable de proximité avec l'artiste, même s'il nous sommes 15.000 dans la salle...
Je voulais en être bien sûre avant de le claironner (puisque j'en étais malade de ne pouvoir y aller, cf. archives), mais ça y est, c'est certain : je vais assister au concert de George Michael le 10 octobre ! Je l'écoute depuis mon adolescence, sorte de dinosaure de cette époque puisque c'est le seul chanteur "moderne" qui a survécu à celle-ci.
Faut dire que j'écoutais surtout Gréco, Barbara, Brel, La Callas, Ferré et consorts, ce qui me faisait passer pour l'intello et la coincée de service à quinze ans (bon, OK, il y a peut-être du vrai).
Bref, je vais me retrouver dans la fosse (pas l'idéal, mais mieux que rien), en espérant ne pas me recasser le pied...
J'ai du mal à réaliser, tant j'en avais fait le deuil, de ce concert.
Zut alors, j'ai beau l'avoir écouté plusieurs fois, je n'arrive pas à être convaincue par le live de Raphaël sorti lundi dans les bacs. Autant j'avais vibré en l'entendant par hasard à la radio, en live justement, autant là, il manque quelque chose.
Un petit brin de je-ne-sais-quoi. Une touche de magie. Une fêlure, peut-être. Oui, c'est ça : l'ensemble est trop aseptisé. Le public est présent en fond, mais entre les chansons, on sent le montage sonore pour les enchaîner plus vite...
Les arrangements me semblent répétitifs. Les titres que j'adore, et dont certains me bouleversent, ne me font ni chaud ni froid (j'y vais fort, là).
C'est rare que cela se produise dans mes oreilles.
Ou alors je n'ai pas envie de les entendre. Trop proches de ma propre fêlure, de celle que je cherche à ignorer en me cassant le pied.
Possible.
Que cela ne vous empêche pas d'acheter cet album (environ 17€) : il est riche en titres (double cd), et bien fini. L''édition limitée n'est sans doute pas essentielle, par contre.