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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
solitude
3 août 2011

Jour 5 / St Alban / 35.574 pas / 20km

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Du Villeret à St Alban, le chemin est relativement plat. Relativement. Il a plu pas mal dans la plaine en arrivant sur le Sauvage. Trempée, j'ai pris un thé pour ma réchauffer dans ce refuge. En repartant, il peluvait un peu moins. Nous avons marché à quatre, ce qui était sympathique mais sur la fin de l'étape, j'ai trouvé cela presque pesant : mes compagnons s'arrêtaient sans cesse pour faire des pauses, prendre des photos, manger, boire, papoter... C'est bien dans une certaine limite : le rythme de marche est systématiquement "cassé".

Nous avons déjeuné dans un refuge de l'église St Roch, qui était fort jolie. Une dame semblait nous attendre pour tamponner nos créanciales.

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En arrivant sur St Alban, nous avons été déçus : le village ne se découvre pas peu à peu, comme les autres. Nous tombons dans une zone assez déserte, où les hôpitaux psychiatriques, les services gérontologie se succèdent. Le village est très gris. Heureusement, le gîte était au bout de la pente que nous avons descendue. Il était temps d'arriver. Il s'agissait d'un gîte "solidaire". Je craignais un peu le côté anarchiste, engagé, altermondialiste "à fond" mais le couple qui tenait ce lieu était mesuré et fort sympathique. Le confort était rudimentaire dans les chambres, et le repas très sympa. Nous avons eu quelques instants de silence avant de dîner, pour penser à ceux que nous aimons ou que nous détestons. J'ai aimé cette idée.

J'ai partagé une chambre avec M., étudiante en médecine (qui a crû à son tour que j'avais une vingtaine d'années...). C'est avec elle que je vais marcher les jours suivants, et je recroiserai aussi deux couples du sud, simples et généreux. Je laisserai les autres marcher ensemble : ils ne pouvaient plus se séparer, ce qui me semblait un peu contraire à l'idée que je me faisais du chemin.
Mon tampon de créanciale a été mis par une petite dame sans âge, chez elle. J'avais même le choix entre trois tampons.

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Pendant le petit-déjeuner, le lendemain, j'ai vu que des roses trémières entouraient les fenêtres du gîte.

Lors de cette étape, quelque chose s'est passé : j'ai pris du plaisir à avancer, à marcher, à me dépouiller d'une façon plus immatérielle qu'en m'allégeant le sac. Je pensais que Flûtine aurait aimé me voir avancer d'un bon pas, à une certaine cadence, en oubliant presque la douleur au tendon d'Achille. Je me suis sentie forte, à ce moment-là. Et je n'avais pas envie d'arrêter le chemin.

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30 juillet 2011

Jour 4 / Le Villeret d'Apchier-Chanaleilles / 23.927 pas / 11km

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Un peu inquiète pour mes pieds, et tentée par le fonctionnement d'une pélerine qui faisait de courtes étapes, je décide de ne pas enchainer avec celle de St Alban (30km environ) le lendemain. Je prends donc mon temps, j'ai réservé dans un gîte réputé et à tendance religieuse (je voulais tenter tout l'éventail d'hébergements offert).

Cette petite étape était assez agréable, et surtout nécessaire. J'ai croisé les quatre lourdeaux du premier soir, et marché avec E., qui m'avait donné l'idée d'alléger mon chemin pour une journée.

Arrivée au gîte de peu avant E., je découvre l'accueil, assez déroutant pour moi : on me dit de poser mes affaires, de m'asseoir (jusque-là tout va bien); on m'offre un sirop au choix, et... on me chante une chanson. La guitare, les enfants en choeur, tout y est. C'est "le chant du pélerin", mâtiné de propos religieux auxquels je n'adhère guère.

Et l'on m'explique que ce texte est chanté à chaque pélerin entrant ici, et au début du repas du soir. Je dis bien à chaque pélerin. Ensuite, les paroles avec la partition nous sont données avant de visiter le gîte, qui contient par exemple un oratoire pour prier, des murs emplis de photos du pélerinage des propriétaires et des livres religieux...

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Ceci étant, le gîte a tout le confort pour le pélerin en mal de repos.

Au moment où E. est arrivée, la chanson se terminait et je ne savais trop comment réagir. Le propriétaire nous demande alors comment nous sommes parvenues chez lui et pourquoi nous faisons le chemin. Je trouve cela assez intrusif, car les raisons sont souvent fort personnelles. E. n'a aucun mal à causer de tout cela (elle est un peu moulin à paroles), mais je reste plus évasive. Je parle de besoin de silence, de me retrouver après une année difficile avec les élèves.

Et là, bing : allons-y sur les élèves, etc. Aucune envie de parler de cela à ce moment précis. Je réagis simplement et sans aucune agressivité au moment où il me dit : "Tu pourras parler de ton expérience de St Jacques à tes élèves et leur en faire profiter." Je réponds :"Non. Je ne leur en parlerai pas. Que je fasse le chemin pour une raison religieuse ou pas, dès que j'aurais prononcé le nom de "St Jacques", ils y verront une connotation religieuse. Et je ne cesse de défendre la laïcité à l'école, alors cela serait incohérent." Premier hoquet de mon hôte.

Son deuxième hoquet, ce sera le soir, au moment du repas : 1) je n'ai pas rempli les pages de ma créanciale (j'apprends d'ailleurs que la version plus laïque du document est la crédentiale, que j'aurais voulue); 2) je n'ai pas chanté le chant du pélerin. J'étais la seule. Mais je ne voyais pas pourquoi je me serais forcée. Le repas se passe d'ailleurs fort bien, avec pas mal de légèreté. Un couple de parisiens archi caricaturaux du XVIème arrondissement occupe l'espace, mais d'un coup d'oeil je me rends compte que nous nous en amusons tous : l'homme a tout vu, tout connu, sait tout sur tout. Sauf qu'il fait des erreurs.
B., une femme d'une quarantaine d'années, très sympa et drôle, me proposa même un massage des pieds et des épaules. Elle est réflexologue. Je suis contente de me laisser aller à ce type d'expérience, sans a priori : je n'aurais pas su le faire il y a quelques mois. B. m'a soulagée d'une douleur persistante à l'épaule, due à mon sac à dos. Mon étape suivante a été réalisable grâce à elle.

Sinon, le troisième hoquet, c'est moi qui vais l'avoir le lendemain matin. Le petit-déjeuner, délicieux, dure un peu. Avant de quitter le gîte, il faut régler. E. et D. (rencontré dans ce lieu) sont près de moi. Nous nous acquittons de nos dettes l'un après l'autre, et au moment où l'hôte me donne une facture, il me lance : "Bon, eh bien, Virgibri... Bon chemin quand même."

Interloqués, nous nous regardons. Je reste très souriante en demandant :

_ "Quand même" ? Pourquoi ce terme ?
_ Ben... parce que... tu ne sembles pas être dans l'esprit du chemin.
Je sens mes deux comparses aussi perplexes que moi.
_ Mais il n'y a pas UN chemin : il y a autant de chemins que de pélerins.
_ Euh, oui, oui, bien sûr...

Je redescends à ma chambre pour prendre mes affaires, et je constate que ces propos ont autant choqué mes camarades que moi. En remontant, armée de mon barda, je sens mon hôte empoté et confus. Il me demande s'il peut me faire la bise. "Quand même ?", rétorquai-je en souriant malicieusement.
Il m'embrasse et me confie confusément : "C'est qu'hier soir... pendant la chanson... tu semblais toute..." et il mime une sorte de renfrognement. "J'avais le droit de ne pas chanter. Il n'y a aucune obligation." Et je suis sortie, calme, sûre de l'avoir perturbé en ses fondements, en n'ayant pas fait grand-chose.

Une étape de 20km m'attendait.

28 juillet 2011

Jour 3 / Saugues / 32.363 pas / 20km

La distance était plus courte mais j'ignorais alors qu'une étape difficile m'attendait : d'importants dénivelés... Quasiment pas de pluie mais de grosses montées. Musculairement, j'ai souffert ce jour-là. J'ai donc acheté de l'arnica en homéopathie (et je me suis shootée avec les jours suivants).

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J'ai dormi au gîte communal, où j'ai rencontré une marcheuse qui faisait de petites étapes : j'ai décidé de faire comme elle le lendemain, afin de me reposer quelque peu.

Le soir, j'ai diné avec un randonneur de la veille, et j'ai bu, en guise de récompense, une bière locale (en repensant à une étape de l'été dernier avec Flûtine, où j'avais goûté une cloche rouge).

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La discussion était bien plus intéressante que la veille, et j'ai apprécié la franchise de cet homme : il se trouvait capitaliste, matérialiste depuis toujours, et tentait de trouver un sens à son existence en marchant. C'était la septième année qu'il faisait un bout de Compostelle, seul.

Il m'a dit que j'avais fait le plus dur de ce chemin en deux jours...

27 juillet 2011

Jour 2/ St Privat d'Allier / 37200 pas / 24,5km

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Départ à 7h du matin. A 7h15 environ, dans la grande côte du début, obligée de sortir mon poncho. Je ne l'ai pas quitté ensuite de la journée : il a plu durant mes sept heures de marche.

Je me suis demandé pendant ces heures de souffrance, pourquoi j'étais là. Je me disais que je n'avais rien à me faire pardonner au point d'être transie de froid, encapuchonnée, casquée et les pieds trempés. Mes chaussures faisaient "sploutch" à chaque pas dans les deux dernières heures : des geysers d'eau s'évacuaient de l'intérieur des chaussures...

Je n'ai pas vu grand-chose du paysage sous des trombes d'eau : je baissais la tête sous mes casquette pour éviter la pluie et me protéger (ah ah) du vent. Je regardais attentivement où je mettais les pieds, bénissant mes bâtons de marche qui m'ont sauvée plus d'une fois.

En une matinée, j'ai vu des animaux mais pas d'humain. Quatre pélerins en tout sur la journée. On m'avait dit que le chemin était très fréquenté, pourtant. J'ai compris et appris seulement plus tard que beaucoup avaient pris la route à pied et non ce chemin, réputé dangereux. Moi qui cherchais le silence et la solitude, c'était parfait. Sauf qu'il n'aurait pas fallu qu'il m'arrivât quelque chose en route...

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Je suis arrivée sur St Privat épuisée, à 13h50. Je suis entrée dans le seul troquet d'ouvert, un bar improbable figé dans les années 70. J'y ai mangé un croque-monsieur et bu un panaché. Sur la photo, il y a de la buée, à cause de la pluie incessante de la journée...

Je voulais m'installer dans un dortoir familial, mais leur porte n'ouvrait qu'à 16h. J'ai migré juste en face, et le réconfort de la douche a pris tout son sens dès cette première étape. J'ai choisi la demi-pension. Ce détail est important, car j'ai donc découvert aussi les tablées de pélerins, et les chambres collectives (j'avais oublié ce que c'était avec les années)...

 (Je poursuivrai mon récit plus tard : ça prend plus de temps que prévu, mais je poste quand même ce début de 2ème journée !)

 Edit du 28/07, 9h10 : je reprends donc mon récit.

Au gîte, je choisis donc la demi-pension. Je découvre la tablée de pélerins à 19h. Outre mes camarades de chambrée, il y a un couple espagnol parlant peu français, et un groupe de quatre (trois femmes, un homme). Ce dernier groupe m'a pesé, il faut le reconnaitre.

L'une des femmes se chargeait de tenir salon avec chacun d'entre nous, et cherchait à alimenter les discussions. Cela partait sans doute d'un bon sentiment, mais s'avérait pénible, à force. Elle m'a demandé d'où je venais et en quoi j'étais étudiante. Quand j'ai répondu que j'étais parisienne et que j'avais 35 ans, j'ai senti un léger recul, et une étiquette m'a été apposée  (ce ne sera pas la dernière fois du séjour, hélas). Poussant ses investigations, cette femme a voulu connaitre mes impressions sur cette étape. J'ai dit qu'elle avait été plutôt difficile, que je ne m'attendais pas à cela, et que j'hésitais à poursuivre.

Que n'avais-je pas dit ! Comment, mais non, on ne s'arrête pas si vite, pas possible, blablabla. Je n'ai pas vraiment apprécié : que le chemin dure un jour ou un mois, c'est MON chemin. Ils m'ont donc pointée du doigt (même le couple espagnol a eu droit à la traduction) jusqu'au petit-déjeuner. J'ai rétorqué ceci au réveil, avec le sourire : "Cette question vous taraude, dites donc ! Que je poursuive ou non le chemin, ma décision sera très sereine."
J'ai appris peu de temps après que ces quatre-là se faisaient transporter leurs affaires d'une étape à l'autre et avaient emprunté la route pour arriver à St Privat...

Quand ils m'ont croisée deux jours plus tard, ils étaient éberlués mais n'ont pas cherché à me causer. Tant mieux.

26 juillet 2011

Via Podiensis

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Des données, d'abord :

  • partie dix jours, et huit de marche
  • moyenne quotidienne de 20km
  • total de 156,5km, c'est-à-dire environ 1/10ème de la via Podiensis (le Puy-Compostelle), et presque 300.000 pas
  • trajet du Puy-en-Velay à Espalion
  • 3 tendinites évitées
  • quelques rencontres
  • quelques déceptions
  • sac à dos de 13kg, bien trop lourd : il faut qu'il pèse au maximum 1/10ème du poids ou moins de 10kg pour les femmes...
  • environ 35€ dépensés par jour
  • levée tous les jours vers 6h30, couchée à maximum 22h
  • beaucoup ont cru que j'avais moins de 25 ans...
  • une gourde perdue
  • un hôtelier malhonnête
  • 18 tampons sur ma créanciale

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14 juillet 2011

Prends ta pélerine

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J'ai préparé mon sac, pour voir. Le sac à dos du randonneur doit être le moins lourd  plus léger possible. Je vais encore retirer des choses : un haut tous les deux jours et deux pantalons suffiront. Quatre paires de chaussettes. Deux paires de chaussures. Une parka. Une polaire. Une casquette, un foulard, une paire de lunettes solaire. Le reste, c'est du plus : deux livres, un carnet de notes, les infos essentielles sur mon parcours, les chargeurs (iphone, nintendo ds pour mon podomètre, batterie appareil photo), un appareil photo justement (boitier ou petit numérique ?). Les accessoires d'hygiène sont en fait des échantillons glanés de ci de là. J'allège, je vous dis.

J'hésite à prendre l'ipod : je veux me taire,  je veux du silence, donc la musique serait superfétatoire, je pense.

Là, je reviens d'un jogging (21mn faites en 3-4 fois). Ensuite, préparation de biscuits à l'avoine que je veux emporter pour mon début de périple : fierté de les avoir faits moi-même, et envie d'emporter quelque chose de réconfortant.

J'ai peur de ne pas tenir, de devoir quémander de l'aide ou de dormir à la belle étoile sans duvet. Je me fais des scenarii catastrophes, quoi. Samedi midi, je serai au point de départ de l'aventure, en train de me trouver un hébergement pour la nuit, de demander ma crédentiale, etc.

D'ici là, exposition Manet et derniers préparatifs. Avant ce périple, je me suis accordé quelques jours de repos avec siestes, bons repas, épisodes de Boston Legal en veux-tu en voilà, aucune lecture. Je dois reconnaitre que ça fait du bien, après ces mois d'intense activité, mais que c'est perturbant, aussi.

Allez, l'avoine m'appelle.

Ajout de 19h10 :

 Avoine 1 (10)

Avant la cuisson...

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Et après !

30 décembre 2009

Faites le tri

Un peu de tout et de rien, dans cette entrée...

J'ai décidé que mon blog-it express servirait de compteur à de multiples choses. J'aime cette idée sans trop savoir pourquoi.
Hier, j'ai investi dans ma planche à adbos. Premier essai ce matin. Je vous raconterai.
Par ailleurs, j'ai enfin lavé ma voiture, parce que je n'avais plus le choix : j'avais peu de vision latérale tant les vitres étaient sales de neige fondue, de pluie, de poussière...
Je vais bientôt terminer la saison 2 d'Ally Mc Beal. Il y a un épisode qui m'a fait pleurer (pour les fanas de la série, c'est l'histoire du petit garçon atteint de leucémie qui attaque Dieu en justice... Il y a aussi Ling qui s'arrange pour qu'Ally voie un dirigeable...), et la vie sentimentale des personnages me touche plus que je saurais le dire.
J'ai attaqué les corrections de copies. J'ai dû faire le cinquième du lot hier...
Au final, Emy me sauve d'un réveillon solitaire ! C'est fou comme les voies du net sont impénétrables...
La roue de mes amis tourne, et souvent les blogamis prennent une place considérable. Si l'on m'avait dit cela il y a dix ans, je n'y aurais guère cru.
Sinon, je crois reprendre goût à la lecture. Enfin non : je ne l'ai jamais perdue, mais je me trouvais des excuses pour peu lire. J'avais un vrai manque. Là, je croule sous les envies : Nietzsche, Jabès, Sartre, Forrester... J'ai repris aussi la lecture d'un ouvrage étonnant : Fuck America d'Edgard Hilsenrath. Les critiques étaient excellentes, et la technique narrative est très moderne. Je ne suis pas assez spécialiste de littérature américaine, mais je crois que ce roman est au carrefour de pas mal d'autres, comme ceux de Breat Easton Ellis ou Bukowski.

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Et puis il y a les livres que Comtesse m'a donnés. Nous n'avons pas du tout les mêmes goûts, et je suis curieuse de lire ceux qu'elle m'a confiés...
Je me demandais d'ailleurs, après le spectacle de Luchini, quels auteurs je choisirais si je devais lire des textes comme il le fait (NB : j'adorerais faire cours ainsi, en lisant des textes à mes élèves et en dérivant sur mille et une choses... Sans grands concepts, sans cours à noter ou liste de Bac à faire : juste pour le plaisir du partage, de la lecture, pour faire chanter les mots et leur montrer comme c'est beau...). Je sais qu'il y aurait du Baudelaire. Pas forcément celui des poèmes, mais peut-être le critique d'art. Du Colette, pour la beauté du texte. Du Proust, pour le rythme. Du Zweig, pour la finesse psychologique. Du Bobin, pour la lenteur. Et la correspondance de Flaubert, drôle, percutante. Oui, je sais, il y a au moins pour deux spectacles, là.
Allez, je vais calmer mes ardeurs dans une séance d'abdominaux...

22 octobre 2009

La lumière du vide

Je crois qu'outre le manque de temps certain, je n'ai pas écrit depuis deux jours ici parce que j'aimais à me voir petite fille, au milieu de ce texte. Encore au centre de la pièce...
Mais il faut bien avancer. Encore et toujours. C'est usant, je trouve. Faire comme si on allait, faire comme si on savait encore le bonheur, la joie, faire comme si la douleur s'estompait...
Je vois S. plongée dans celle-ci, et je retrouve d'une certaine façon ce que j'ai vécu il y a un peu plus de quinze ans. Nos stigmates sont différents, notre deuil aussi -chaque deuil l'est-, mais c'est toujours, pour qui sait voir, la chair qui trinque, le corps qui dit la douleur à l'intérieur. Les yeux, la peau, la maigreur, les rondeurs, peu importe : rien ne ment.

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Le vide occupe tout l'espace, alors.

Je ne sais que vous dire d'autre, là, ce matin. Je ne suis pas "que" dans ces angoisses et cette tristesse, même si elles ont la première place. Il y a aussi le vide sentimental subi/choisi, le côté je-suis-débordée-au-lycée et je m'y prends mal pour organiser des sorties (je ne sais ni n'ose faire), et puis le temps qu'il faut pour ranger l'appartement alors que je vis seule, organiser ma soirée de samedi...

Allez, je vais commencer le ménage pour cesser de geindre. Cela me sera toujours plus utile.

21 juin 2009

Wait and see

Sous la douche (oui, j'ai parfois des révélations sous la douche, allez savoir pourquoi), j'ai identifié mon stress pour les mutations. Oui, parce que d'habitude, il s'agit d'angoisses. Mais là, c'est plus subtil et je parviens moins à le gérer. Bref.
Cela paraitrait excessif à certains, pourtant, l'attente du résultat des mutations équivaut à celle que j'avais en patientant il y a quatre ans pour savoir si j'avais décroché mon Capes.
J'étais alors en Espagne, avoir accédé à l'oral avait déjà été un miracle, et je m'évertuais à faire de savants calculs en imaginant toutes les combinaisons possibles (on ne connaît pas ses notes d'écrit avant l'oral, et on apprend le tout d'un coup). Evidemment, mes combinaisons furent fausses.
Ceci étant, j'étais donc en vacances en Espagne, et les résultats devaient paraître assez tard courant juillet, dans mon souvenir. Il fallait que je me connecte à internet pour les avoir. J'allais donc quasiment tous les deux jours dans un boui boui bazar web, aux ordinateurs équipés de tours avec jet de pièces de monnaie pour les faire fonctionner (ouf, ma phrase est enfin finie). Le web ramait totalement.
J'ai dû attendre pour allumer l'ordi, attendre qu'internet explorer apparaisse, attendre que la page officielle des résultats s'affiche, attendre de pouvoir entrer mes codes, attendre que ceux-ci fonctionnent, et enfin attendre la page finale. Celle-ci est apparue d'un coup, sans prévenir, après environ une ou deux minutes de "ramage" devant un écran blanc.

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Et puis bam ! "Vous êtes admise". J'en pleurais. J'avais du mal à y croire. Je ne voyais que les notes, finalement, et commençais à geindre sur celle du commentaire. "J'ai eu 8 sur Apollinaire !" et je chouinais. Il a fallu que S. me secoue presque en répétant à l'envi "Tu as ton Capes ! Tu as ton Capes !", alors qu'autour de nous personne ne comprenait ce que cela signifiait. "Et 16 en anglais ! Tu as ton Capes !"
Cela voulait dire beaucoup pour nous, sur pas mal de plans. Mais raconter tout cela me noue encore, c'est étrange.
Donc demain, j'aurai la même peur. C'est comme si j'avais à prouver une deuxième fois que je peux avoir mon Capes, même si les mutations n'ont rien à voir là-dedans : la "valeur" du professeur n'intervient aucunement.
Si j'ai ma mutation, j'aurai mon concours une deuxième fois. Je serai à nouveau -ou pour la première fois aux yeux de quelques autres ?- professeur.
Devant mon ordinateur ou l'écran de mon téléphone portable, je pleurerai sans doute. Seule, cette fois.
Et je sais déjà que je publierai une entrée sur mon blog, de façon assez pathétique, pour tenter de partager cette nouvelle.
Seule. C'est quand même bête, tout ça.

2 juin 2009

Nightmares

Premier malaise, 5h

Cette nuit, je crois que je détenais une vérité dérangeante. Une théorie dingue. Quelque chose de très sombre mais qui aurait pu bouleverser l'humanité. Je le sentais, à la lecture de certains articles. Je savais aussi que d'autres suivraient. Je lisais cela en prenant conscience de l'abîme dans lequel je plongeais, et dans lequel d'autres plongeraient après moi...
Celui que je supposais être l'auteur avait un visage profondément triste. Il ressemblait à Elie Wiesel, mais aussi à Godard et Woody Allen. un subtil mélange des trois, je crois. Mais j'ai surtout retenu Wiesel, car j'ai des fragments de souvenir concernant l'Holocauste...

wieselGodardwoody_allen

Deuxième malaise, 6h30

Sorte de suite du premier, car dans la même atmosphère sombre. Je suis dans une pièce quasi noire. Un seul ilot en réchappe : celui où je me trouve. Je lis encore, je crois. Plancher au sol. Une marche, une alcôve et des magazines jonchent par terre. Un chat arrive. Peut-être Vodka. Ou Clochette. Pas Cachou : le chat semble plus clair. Ou un chat que je ne connais pas encore.
Je le prends dans mes bras, comme un enfant que je bercerais. Le câlin est doux, mais très court. Soudain, je sens une présence derrière moi. Pas le temps de réagir.
L'homme (je sais qu'il s'agit d'un homme à sa force) m'enserre la tête et m'écrase les oreilles de ses deux mains énormes. Il serre tellement fort que je ne peux bouger la tête d'aucune manière. Je suis ainsi prisonnière : je ne peux ni voir ni entendre.
Ce qui est étrange, c'est que je ne veux pas lâcher le chat : j'ai peur de lui faire mal. Et le chat (une femelle, je crois) ne bouge pas. Et je me refuse au mouvement. Je subis, impuissante.

Je gémis dans mon rêve, je crie dans mon lit. Je me réveille en sursaut, en nage, en ayant peur de ce qui est derrière moi. Cachou me regarde de ses grands yeux vert amande. Je suis seule.

Je suis seule.

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