Nightmares
Premier malaise, 5h
Cette nuit, je crois que je détenais une vérité dérangeante. Une théorie dingue. Quelque chose de très sombre mais qui aurait pu bouleverser l'humanité. Je le sentais, à la lecture de certains articles. Je savais aussi que d'autres suivraient. Je lisais cela en prenant conscience de l'abîme dans lequel je plongeais, et dans lequel d'autres plongeraient après moi...
Celui que je supposais être l'auteur avait un visage profondément triste. Il ressemblait à Elie Wiesel, mais aussi à Godard et Woody Allen. un subtil mélange des trois, je crois. Mais j'ai surtout retenu Wiesel, car j'ai des fragments de souvenir concernant l'Holocauste...
Deuxième malaise, 6h30
Sorte de suite du premier, car dans la même atmosphère sombre. Je suis dans une pièce quasi noire. Un seul ilot en réchappe : celui où je me trouve. Je lis encore, je crois. Plancher au sol. Une marche, une alcôve et des magazines jonchent par terre. Un chat arrive. Peut-être Vodka. Ou Clochette. Pas Cachou : le chat semble plus clair. Ou un chat que je ne connais pas encore.
Je le prends dans mes bras, comme un enfant que je bercerais. Le câlin est doux, mais très court. Soudain, je sens une présence derrière moi. Pas le temps de réagir.
L'homme (je sais qu'il s'agit d'un homme à sa force) m'enserre la tête et m'écrase les oreilles de ses deux mains énormes. Il serre tellement fort que je ne peux bouger la tête d'aucune manière. Je suis ainsi prisonnière : je ne peux ni voir ni entendre.
Ce qui est étrange, c'est que je ne veux pas lâcher le chat : j'ai peur de lui faire mal. Et le chat (une femelle, je crois) ne bouge pas. Et je me refuse au mouvement. Je subis, impuissante.
Je gémis dans mon rêve, je crie dans mon lit. Je me réveille en sursaut, en nage, en ayant peur de ce qui est derrière moi. Cachou me regarde de ses grands yeux vert amande. Je suis seule.
Je suis seule.


