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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
litterature
17 septembre 2009

Il n'y a pas de hasard (mais ça reste à prouver)

Qu'aurait donc dit Pascal (oui, c'est mon dada, on revient toujours à ses premières amours) sur le hasard ? J'aurais aimé pouvoir discuter avec ce type d'intellectuel, même si je n'aurais pas fait le poids. Une fois cette gêne dépassée, je lui aurais demandé, sans qu'il tombât dans un discours religieux chevronné, de répondre à mes questions, lui qui s'interrogeait sur les dés, les jeux de hasard, les probabilités...
Je n'ai jamais crû en un Dieu précis, et me suis toujours considérée agnostique. Ceci étant, j'ai une position paradoxale sur le déroulement de nos vies : j'ai toujours dit qu'il n'y avait pas de hasard. Que l'on rencontrait les gens que l'on doit rencontrer, par exemple.
Cela sous-entend donc que nous aurions une destinée, une vie plus ou moins "programmée". Je sais que le hasard est au centre de la physique quantique. Mon père en lisait beaucoup. Je sais aussi la petite phrase de Mallarmé. J'ai écouté il y a longtemps maintenant Hubert Reeves. Je suis donc bien paradoxale dans mes "croyances".

d_s

Remarquez, Pascal aussi avait ses contradictions : janséniste de formation -tout comme Racine-, il n'en disait pas moins qu'il fallait croire de son vivant car l'on n'y perdait rien, alors que dans cette doctrine religieuse, on peut être condamné dès la naissance, quelles que fussent nos actions... Racine ne donnait aucun espoir à ses héros; Pascal, sous son pessimiste effroyable, donnait à croire que nous pouvions mieux faire que de subir notre misère...

Je prends sans doute trop de chemins divergents dans ce début de note, et j'en ai conscience. Pourtant, moi l'agnostique, moi la jeune femme qui fut en colère contre un Dieu éventuel lorsque mon père est mort à l'âge de 43 ans, je m'interroge, les années passant, et je nuance mes propos, parfois.

Mon père avait une approche de la religion que j'aimais beaucoup et que je trouvais très sage. Il disait entre autres que l'on n'avait pas besoin d'aller à l'église pour prier ou pour prouver que l'on avait la foi. Il n'avait fait aucun choix particulier d'obédience. Il pensait à Dieu comme on pense à une force immense, infinie, qui nous dépasse, et qui n'a pas besoin de rituels particuliers (cierges, encens, missel, etc) ou de lieux de culte.

Oui, les productions humaines faites en son honneur sont magnifiques. Mais pourquoi ne pourrait-on pas prier en laçant ses chaussures le matin ?

Je divague... Enfin, mon esprit est désorganisé.

Hier soir, un mois jour pour jour après la mort de F., sa cousine, dont il était très proche, a mis au monde un petit garçon. Celui-ci est né à l'heure exacte du décès de F.. A la minute près.

Forcément, cela perturbe certains fondements de ma pensée. Mais croire en le Rien, c'est encore croire. Pascal, vous m'entendez ?

Lecteurs, si vous avez des textes à me conseiller sur le hasard (mon père en avait tant...), n'hésitez pas...

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12 septembre 2009

C'est bon, l'intelligence

Proust

Ce matin, j'ai fait deux heures de cours sur Pascal, puis autant en réunion parents-profs de seconde. Je vous rappelle que je suis pépé (PP = prof principal). Je suis rentrée fourbue par ma première semaine complète de cours. Enseigner en lycée est vraiment différent du collège sur le plan de la fatigue. Je ne sais pas comment le dire pour l'instant, mais ce sont des fatigues différentes.
Du coup, après déjeuner, je me suis écroulée sur le lit avec les chats. Faire une sieste m'arrive régulièrement, mais pas de deux heures et demie... Et encore, je me suis réveillée à cause du portable qui sonnait : il était 16h55, et j'avais rendez-vous à... 17h. Panique à bord, glissade en chaussettes sur le parquet, enfilache de chaussures, branle-bas de combat en me ruant dans la voiture...

En revenant chez moi, j'ai écouté la radio (mon esprit était enfin éveillé). Je suis tombée sur des merveilles. Je n'ai pas reconnu de suite de qui elles étaient : Proust. Une lecture magnifique, intelligente, subtile. Un texte tout en ronds de jambe, finesse, ironie, humanité, beauté... C'était sur France Inter, l'émission "ça peut pas faire de mal" (à podcaster ici). La semaine prochaine, il s'agira des moralistes du XVIIème siècle. Comment ai-je pu passer à côté de ces pépites pendant si longtemps ?

Et Proust, lu à haute voix, c'est délectable. Quelles délices !

D'ailleurs, j'ai enfin mis le doigt sur une impression diffuse : Papistache a un côté proustien très net. Je ne sais s'il en est un grand lecteur, mais c'est dorénavant une certitude pour moi.

10 septembre 2009

"Peu de chose nous console car peu de chose nous afflige." PASCAL

DSC_0012

F. aurait eu 31 ans aujourd'hui.
Pas la peine d'expliciter, je crois.
Mon texte pour les défis du samedi aurait bien donné le ton de cette journée, mais il ne paraitra qu'à la date prévue, comme d'habitude. La consigne était de parler de l'heure qui nous parait la plus courte, ou la plus longue, c'est selon...

Alors je corrige, je remplis mon carnet de bord des noms de mes loustics de l'année, je verrai Pumpkin ce soir, j'essaye d'oublier que je ne sers pas à grand-chose, aussi...

Pourtant, ne croyez pas que je vais particulièrement mal. Je suis entre deux eaux et, heureusement, LycéeDésiré me permet d'avoir du positif.

Simplement, le coeur mis à nu, ça fait mal.

13 juillet 2009

La culture pour les Nuls

Ma journée a été plutôt remplie : ce matin, rdv pour faire réparer mon pare-brise suite à un impact en allant au collège il y a environ un mois et demi.

Ensuite direction la Keufna. J'ai craqué pour l'album de reprises de Boris Vian qui me tentait depuis un bail. Un brin cher (20€) mais deux cd, 38 titres au total, et des interprètes qui me plaisent beaucoup : Juliette, Katerine, Maurane, M, Mademoiselle K, Olivia Ruiz, Trintignant, Claire Diterzi, Gréco, Carole Bouquet et j'en passe... En plus, cerise sur le gâteau, j'ai eu en cadeau une litho reproduisant la couverture de l'album. Bémol : dans le foisonnant dossier du cd, il y a une énorme faute : "ce sont souvents des amateurs". Dommage, pour un si beau produit... que j'utiliserai sans doute pour mes cours.

Vian_cd

Autres achats : Beckett qui est au programme de l'agrégation interne, La Vague de Strasser qui j'envisage de faire lire si tout va bien à mes élèves, et pour m'amuser un cahier de vacances pour adultes.

cahier_vacances

Après ça, un pti japonais délicieux, puis direction le Luxembourg (les jardins, pas le pays, hein) pour l'expo Lippi. Douze euro l'entrée plein tarif, c'est un scandale (surtout qu'il n'y a que deux salles et demi à voir). Je l'ai payée neuf euro en présentant le billet de l'expo vue au musée Jacquemart-André, mais je trouve cela vraiment exagéré. La culture ouverte à tous, mon oeil.
Ceci étant, les tableaux étaient vraiment beaux et Lippi père et fils, c'est impressionnant. J'ai trouvé les visages des femmes représentant la Vierge extrêmement délicats et grâcieux. Elles avaient un côté Botticelli que j'ai beaucoup aimé.

lippi_vierge

J'ai enfin récupéré la voiture et suis rentrée, avec ses images en tête... et de la musique !


BORIS VIAN - (JULIETTE)

 

21 janvier 2009

Solitude

Solitude

 

La solitude est comme une pluie

Elle monte de la mer à la rencontre des soirs,

Des plaines, qui sont lointaines et dispersées

elle va jusqu’au ciel qui toujours la possède

et là du ciel elle retombe sur la ville

Elle se déverse sur les heures indifférenciées

lorsque les rues se tournent vers le matin

Et lorsque les corps qui ne se sont pas trouvés

se détachent l’un de l’autre abusés et tristes

Et lorsque les hommes qui se haïssent

sont obligés de coucher ensemble dans un même et seul lit

Alors la solitude s’en va dans les fleuves


Rainer Maria Rilke

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