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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
litterature
22 décembre 2010

Promenades diverses

Lundi, nous avons lu, parlé, nous attardant surtout sur le "cas" Yourcenar, absolument fascinant d'intelligence et riche de multiples facettes. Nous sommes restées au chaud, sauf pour aller faire quelques petites courses de miam.

Hier, nous avons encore un peu tardé avant de décoller de la maison : on y est bien. Nous avions décidé de marcher dans Paris (passage par l'avenue Matignon, emplie d'oeuvres de Buffet, Tapies, Miro...) en nous dirigeant vers le musée d'art moderne, dans le XVIème, pour découvrir l'oeuvre de Basquiat. Que nenni ! Il y avait bien trop de queue. Je pense que la plupart des gens se sont reportés sur les musées ouverts le mardi, et avaient déjà fait leurs courses de Noyel, hélas.
Nous avons encore marché, malgré un froid humide, avec tout autant de plaisir. Les Champs-Elysées, l'avenue George V, le Rond-Point et son théâtre-librairie : arrêt assez long dans ce lieu, où j'ai acheté un livre cadeau pour Flûtine, (chut !) et je m'en suis offert deux : La Route de Cormac McCarthy dans une belle édition qui brille et Firmin, autobiographie d'un grignoteur de livres de Sam Savage.

FirminMccarthy

J'étais toute contente de ces achats zintellectuels ! En plus, j'ai utilisé mon Iphone avec une application qui permet de prendre des notes accompagnées de photos, et j'ai répertorié quelques ouvrages et DVD qui me tentaient de cette façon.
Au passage, mon joujou Apple me plait beaucoup et je m'en sers à bon escient, je crois.

Au retour (une bonne partie faite à pieds, encore), j'ai composé une tarte salée aux brocolis et choux, lardons, herbes, chèvre. Nous avons dîné devant Madame porte la culotte avec Katharine Hepburn et Spencer Tracy.

Là, je vais prendre le temps du petit-déjeuner, en attendant que Flûtine s'éveille.

Elles sont belles, ces vacances.

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20 décembre 2010

Que philosopher c'est apprendre à mourir

Il est grand temps de faire un petit signe sur mon blog, je trouve. Alors, un peu dans le désordre (et vous remettrez dans l'ordre !) :

montaigne

Le concours blanc est passé. J'ai bien angoissé les derniers jours, puisque je suis dans la phase de doutes (jenesaisrien, jeneconnaisaucunecitation, jenelispasassez, jenesuispasauniveau). J'ai choisi le sujet sur Montaigne et la mort. Alors que je notais mes maigres idées, j'ai constaté au bout d'une heure d'épreuve, que la plupart des agrégatifs vivaient vraiment ce concours blanc comme un entrainement : ils avaient leurs cours, leurs notes, leurs fiches et leurs livres sur la table. Naïve que je suis ! Et moi j'ai ramé. Alors j'ai sorti les rares citations que j'avais sur moi, sans enthousiasme et sans que cela fût véritablement une aide.  Enfin, je me dis que j'étais bien plus dans les conditions de l'agrégation qu'eux, mais l'ego en prend encore un coup. Mon plan n'était pas trop mal, mais il manque de contenu. J'ai rendu seulement deux copies doubles, 1h15 avant la fin de l'épreuve...

Je me suis shootée à l'humex pour pouvoir tenir en fin de semaine, car le rhume me faisait la tête en chou-fleur. Etait-ce de la somatisation, de la fatigue ou les deux, je l'ignore.

Sinon, dès samedi soir, je me suis sentie en vacances en allant écouter avec Flûtine trois groupes totalement inconnus du grand public et dans des styles différents aux Trois Baudets. Nous avons d'abord marché sous la neige, et nous avions bien plus chaud que froid. Ensuite, une fois dans la salle, j'ai découvert Syrano, un groupe très enthousiasmant, entre  les Ogres de Barback, les Têtes Raides et Zebda. Vers 23h30, j'ai eu un coup de barre mais tout cela m'a fait du bien après l'épreuve de la journée.

kertesz13

Hier, flemmardise au matin (ah, dormir sans s'inquiéter du réveil !) puis sortie dans Paris, musée du jeu de Paume : exposition sur André Kertesz, un photographe que j'aime beaucoup car les thèmes que j'affectionne (les lignes, la solitude, les ombres...) et son regard me semblent très proches. Mon propos pourrait paraitre prétentieux, mais ses images me touchent beaucoup, bien plus par exemple que celles de Doisneau, même si je reconnais leur importance.

Ensuite, autre promenade pour aller vers Madeleine, afin de diner chez planet sushi : j'ai gagné un bon d'achat de 30€ récemment, et nous nous sommes régalées pour finir cette délicieuse journée.

Normalement, les prochains jours seront sous le signe de l'art moderne, du théâtre, et la neige, au lieu de nous freiner, nous entraine dehors avec bonheur.

13 novembre 2010

Barnabooth et non Battling

surr_alisme

Six heures cinquante, quatorze pages, cinq textes du XXème siècle, des romans, Larbaud, Aragon, Giraudoux, Gracq, Breton. J'ai rendu ma copie achevée, en sentant des faiblesses sur le plan technique, mais achevée, ce qui semble être en soi un exploit en didactique.
J'ai rarement écrit autant, d'ailleurs. Comme quoi, la malédiction de la copie extrêmement synthétique à laquelle j'étais vouée au cours de mes études serait abolie. J'ai dit tout ce que je voulais dire.
Mais, mais, mais... J'ai fait deux trois recherches ce soir sur Larbaud et Gracq. J'ai confondu le premier avec Vialatte, et réinventé un titre de roman. Quant au second, j'ignorais son lien si fort avec Breton, alors que j'ai justement tartiné sur Aragon et Breton face au Surréalisme. Moi qui adore ce mouvement...
Pour le reste, je n'ai pas pris le temps -et je n'ai pas trop l'envie- de vérifier.
J'ai honte d'avoir commis une telle bévue, et je remets en cause le reste de mon devoir. Il paraît que tous ceux qui ont choisi ce sujet ont ramé comme des galériens. Je ne serais donc pas la seule à potentiellement avoir failli, si j'en crois ce que je lis dans mes mails ce soir.
L'orgueil en prend un coup, mais on apprend de ses erreurs, et non de ses réussites, n'est-il pas ?

4 septembre 2010

J'ai oublié de vous dire...

Comme j'ai fort bien travaillé aujourd'hui sur mes cours (poésie, ECJS, argumentation), je me donne le droit d'écrire une petite note ici.
Au retour de nos vacances, nous avons fait une halte -choisie- à Nohant. Oui, c'est bien là que vivait George Sand. Je n'avais jamais eu l'occasion d'y aller, malgré une envie certaine.
On sent le musée rodé au tourisme, mais globalement, la visite a été agréable. La guide que nous avons eue était passionnée par son sujet, quoique modeste, ce qui rendait le tout plutôt vivant (j'ai toujours une crainte avec les guides, forte de mauvaises expériences).

Ce qui était très amusant, c'est que le côté sulfureux de la vie de Sand était totalement occulté : la passion avec Musset, les amours homosexuelles, le côté hors-normes, quoi, et les relations avec son fils étaient complètement idéalisées. On nous la présentait en grand-mère idéale, femme du monde, écrivain de talent, politicienne, tout ça, tout ça. La maison est belle, et l'on comprend pourquoi tous les amis de Sand y passaient du temps.

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Dans le jardin, on peut voir le cimetière et la tombe de Sand, des siens, ce qui est émouvant. Elle est morte dans une chambre réaménagée, car elle voulait voir les deux cèdres du Liban qu'elle avait plantés à la naissance de ses enfants (cf. photo ci-dessus).

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Je ne pense pas me précipiter sur les oeuvres de Sand dès que j'en aurai la possibilité, pourtant je garde un bon souvenir de sa correspondance (presque 30 volumes, un ensemble faramineux) que j'avais arpentée pendant mes recherches en maîtrise. Je préfère grandement la femme à l'écrivain, je crois.

C'était bon de prolonger encore un peu les vacances avec ce détour.

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24 mai 2010

Appétits

Quand Flûtine est là, voilà à quoi ressemble ma vie en couleurs...


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A part ça, le programme de l'agreg est tombé ce week-end :

- Charles d’Orléans, Poésies, éd. P. Champion (Classiques Français du Moyen Âge), tome 1, Ballades.

- Montaigne, Essais, livre I, éd. E. Naya, D. Reguig-Naya et A. Tarrête (Folio, 2009).

- Racine, La Thébaïde, Britannicus, Mithridate, dans Théâtre complet éd. J. Morel et A. Viala, revue et mise à jour, class. Garnier, 2010.

- Rimbaud, Poésies, Une Saison en enfer : sous le titre de « Poésies » (de Rimbaud), se rangent les sections suivantes de l'édition Poésie/Gallimard (éd. Louis Forestier, 1999) : « Les Cahiers de Douai »(p. 41-75), « Poésies 1870-1871 » (p. 77-126) et « Poésies 1872 » (p. 143-166).

- Alain Robbe-Grillet, Les gommes, La jalousie, éditions de Minuit.

- Jean-Pierre Melville, Le cercle rouge.

Programme de littérature générale et comparée

Permanence de la poésie épique au XXe siècle

- Anna Akhmatova, Roseau [1923-1940], Impair [1936-1946], Course du temps [1958-1966], in Requiem, Poèmes sans héros et autres poèmes, édition et traduction de Jean-Louis Backès, Paris,Gallimard (Poésie), 2007, p. 167-325.

- Nâzim Hikmet, Pourquoi Benerdji s’est-il suicidé ?, Petite Bibliothèque, Bruxelles, Éditions Aden, 2005, et Paysages humains, traduction de Munevver Andaç, collection Littérature étrangère, Lyon, Éditions Parangon, 2002.

- Pablo Neruda, Chant général, traduction de Claude Couffon, Paris, Gallimard (Poésie), 1984.

- Aimé Césaire, La poésie, Paris, Éditions du Seuil, 2006.

 

Pas forcément évident, mais intéressant. Tinette et Jeanne sont déjà sur le coup pour m'aider à la préparer... Et dire que je ne remets déjà pas la main sur Robbe-Grillet et Montaigne, là...

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5 mai 2010

Tentations

Flûtine sera là dans maximum un quart d'heure, si tout va bien. Pour une fois, je bénis la seuneuceufeu et la reuteupeu. Ensuite, direction le Louvre pour mon cours du soir.

La reprise au lycée a été rude : les élèves ont la sensation d'être en vacances, alors que côté profs, on s'active comme des fous. Les convocations du Bac sont tombées dans nos casiers : cette année, j'en suis, évidemment. A la fois cela m'émeut (jusque-là, en tant que TZR, j'existais à peine), et cela m'inquiète un peu quant à l'ampleur du travail à fournir...

Sinon, je crois avoir pris une décision importante : je vais sans doute tenter l'Agrégation en interne. L'idée, l'envie m'ont prises comme ça, alors que j'achetais l'intégrale des romans d'Anaïs Nin pour Flûtine et Les Déferlantes de Claudie Gallay d'occasion, dans la ville-découverte-par-Papistache-et-Mademoisill.

A part ça, mes pensées sont éblouissantes (celles du balcon, pas celles de mon esprit). J'ai vu hier soir une pièce contemporaine forte comme un coup de poing, et d'une efficacité redoutable. J'en reparlerai. J'aurais presque envie de chercher si elle est jouée ailleurs, pour y emmener Flûtine.

Allez, je vous laisse, Elle est là !

15 mars 2010

Un joli collier

Il y a longtemps que je ne vous ai fait faire un petit tour dans les dernières perles de mes élèves... Détendons-nous donc un peu, ça peut pas faire de mal, comme dit Guillaume Galienne.

perles_coquillage

1ère, bac blanc sur le théâtre absurde
* les personnages de Beckett sont très débiles
* le sorte d'ascenceur émotif
* on ne dit pas d'un arbre qu'il est mort
* il débute un monologue qui à la fin clôture la pièce
* sa bernoire (= baignoire), des sabaux (= sabots)
* Voltaire avec Géminale...
* contrement à celle qui la cache sous des implicites très aigus que seul les académiciens peuvent décryptés
* cette pièce n'était pas prisonnière de fixation / cette pièce est un état pur d'imagination
* Née le 16 janviers 1993 (date de naissance de l'élève, marquée deux fois en entête)
* Ionesco (1912-1994) est un auteur du XVIIIème siècle
* faisons comme si nous étions au XXème siècle
* Ionesco a donc pointé son doigt sur l'originalité de son texte
* cet extrait a une fonction réclamatrice
* obtenir la paix de cette guerre
* les hommes et les femmes sont pareils, il y a juste le sexe qui change
* toutes personnes à les mêmes droits
* cela mauribile de voir cela
* des pièces on était reprise
* chacun percevra et comprendra d'une manière différente à quelqu'un d'autre
* le théâtre peut erroner les idées exposées
* crechendo / l'acte de noeud
* Bartholo montrant Marceline en la doigtant (no comment, j'en suis tombée de ma chaise en corrigeant)
* il montre la profitation d'un homme sur une femme
* le pronom subjective "je"

1ère, interrogation de lecture sur Iphigénie de Racine
* se mettre les dieux à dos
* t'en bien que mal
* Achille, le captivateur d'Eriphile
* on retrouve la notion du valet du maître amoureux de l'homme de la maîtresse

Seconde, interrogation de lecture sur Fahrenheit 451 de Bradbury
* ils ont une vie de fuiyares
* l'histoire se déroule vers 1790
* la ville se retrouve anéantie car la guerre explose
* transgraisser la loi (je l'adore, celle-là !)
* ce livre est une littérature / ce livre est un livre qui parle de livres (et c'est pas faux !)
* des otodaffés
* de la valeur alarmante
* ils s'enfuisent
* des hopitales psychatrique

22 janvier 2010

She's got the look

Je vais vers elle
Au milieu de la foule
Anonyme et éteinte
Je souris aux autres
Mais surtout à elle
Et à moi-même
Nos yeux se croisent
Nos mains se causent
A distance
Les rires sont là
Les silences
Doux
En disent long
Je m'épanouis
A l'ombre de
Ses paupières

11 janvier 2010

Ô mes théâtres

Il y a bien longtemps que je n'ai pas causé lektur... Cet après-midi, j'ai relu en diagonale Iphigénie de Racine et en son entier Maison de poupée d'Ibsen. Du théâtre, donc. Racine, c'est, pour moi, l'un des plus grands poètes. J'ai demandé à mes ES de lire cette tragédie du sacrifice, dans laquelle, finalement, le rôle tragique n'est pas forcément celui de l'héroïne éponyme, mais plutôt celui de la servante Eriphile, jalouse, amoureuse, invisible aux yeux de tous, et qui n'existe que par ce qu'elle voit...
Sinon, LA pièce à lire absolument, c'est Phèdre, bien entendu. Je m'en délecte toujours. On touche à la perfection, à mon sens...

Ibsen

Quant à Ibsen, je ne l'avais jamais lu, je l'avoue. Et j'ai dévoré sans pause cette pièce qui se révèle féministe avant l'heure, simple d'accès et fine, dès le début.

A part ça, j'ai enfin terminé Fuck America d'Hilsenrath. Etrangement, là aussi, c'est la fin du roman qui fait sens. On avait tourné autour, par allusion, et la Shoah, l'Holocauste, on se les prend dans la figure dans les derniers chapitres. L'amertume, l'indifférence, le prosaïsme s'expliquent mieux et se comprennent. Ce roman est le plus autobiographique de l'auteur.

J'hésite sur mes lectures prochaines. En attendant, voici un titre qui me plait beaucoup, d'un chanteur au carrefour de beaucoup de styles très sixties et seventies : Arnaud Fleurent-Didier, "France culture".

8 janvier 2010

Mots et muesli

lecture_Morisot

Berthe Morisot, La Lecture

Ce soir, là tout de suite au moment où j'écris, j'aurais dû aller me racheter des céréales et poster un paquet et une lettre. Mais le froid qui tenaille m'a retenue, et j'ai préparé mes courriers moi-même avec de jolis timbres. Je les déposerai demain dans la boîte jaune énorme, pas loin du lycée.
Et puis je finirai les miettes de muesli au petit-déj, ça suffira.
Sinon, aujourd'hui, j'ai pu finir de corriger le satané paquet de copies de type Bac en ES car mes STG m'ont entourloupée, je crois. Explication : j'ai fini plus tôt car j'ai déplacé deux heures de cours au dernier moment pour arranger l'un des deux groupes. Prévenue à 13h (alors que je les avais à 14h...), je leur ai proposé un seul créneau horaire : rattraper les cours mardi matin, de 8h à 10h. Ils m'ont juré leurs grands dieux qu'ils seraient là, alors que cela leur fera trois heures d'affilée de français pour certains... Si j'ai des absents, ils seront collés, et je ne ferai plus aucun effort de ce genre. Ils sont prévenus à l'avance.

Ceci étant, je suis rentrée vers 15h, et j'ai donc corrigé les onze copies de commentaires composés restantes. Le bilan n'est pas si mal en ES : ils progressent globalement, et appliquent mes conseils. Ouf !

Mes secondes m'ont beaucoup agacée ce matin car j'attends d'eux de la participation (mes cours actuels ne peuvent s'en passer), et je suis face à des adolescents aussi réactifs que des poissons morts sur un étal. Est-ce moi qui suis moins patiente en ce moment ? Ou alors cette léthargie me pèse de plus en plus. Ou bien ils sont tout bonnement plus pénibles...

Quant aux STG, ils sont largués et face à leur manque d'armes pour lutter, ils optent pour l'insolence, la forfanterie, la bêtise grasse, tout cela au choix. L'un d'eux m'a dit, parce que je le remettais en place (il essaye la carte du sourire enjôleur avec les adultes femmes, pensant naïvement que nous pourrions être sensibles à ses charmes) que je ne suis pas drôle. "Ah mais mon cher, je ne suis pas Bozo le clown ! Vous n'avez toujours pas compris que je ne suis pas là pour faire rire. Je suis votre prof de français qui vous amène au Bac, pas Bozo !" Voilà le type d'échange dans lequel je suis obligée de tomber, au milieu d'une explication d'un extrait de Beaumarchais...
Mon impuissance -et celle de la littérature, celle des mots- face à eux, face à leurs difficultés; mon impossibilité à les atteindre, mon inutilité -oui, c'est cela, c'est ce mot autour duquel je tournais depuis si longtemps- me dévastent parfois, me minent beaucoup, m'inoculent quelque déprime souvent, me découragent de temps à autre...

Ah,et puis cela n'a rien à voir -quoique-, mais je me fais bêtement un complexe d'infériorité face à mes copines agrégées. Je me sens terriblement en-deçà de leur niveau. Je ne lis plus trop, et même mes Télérama me terrifient : ils s'accumulent depuis des semaines, toujours enfermés dans leur enveloppe de plastique fin... Et pourtant, j'ai mille envies de lecture. Je ne sais pas m'expliquer ce phénomène.

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