Tu le dois j'aurais dû M'engouffrer dans le soleil Descendre pour mieux remonter J'aurais dû impossible Découvrir les vallées Riantes et apaisées L'embouchure de l'amitié La musique m'aurait portée Le sourire aux lèvres Vers de nouveaux visages Vers de nouveaux rivages Partir je range la voiture Le silence aurait primé Peut-être Gêne complice Complices gênées Partie remise Les dés étaient pipés Je regrette le soleil D'un sourire Caché encore Un peu
Et voici mes trois autres textes, toujours classé dans l'ordre chronologique...
Puzzle
Carrés de thé
Feuilles de chocolat
Brin de cheveu
Brosse à herbe
Crayon à soie
Ver à papier
Tasse à repasser
Table à café
Carafe à pain
Machine d’eau
Bouquet à bulles
Enveloppe de fleurs
Chat de bien
Homme de race
Mise de plain-pied
Maison en demeure
Bille à pied
Verre en verre
Flûte de textes
Cahier en bois
Sans revoir
Au lieu
Silences
« Chut », dit-elle
doucement, tout doucement pour éviter de répondre. Ou pour assagir. Ou pour rassurer.
Ou pour éviter d’admettre qu’elle pleure.
Elle imagine toujours ce chut
comme un murmure, dit avec un sourire.
Rien d’autoritaire dans ce vœu de
silence.
Mais comment le faire comprendre
au travers d’une simple fenêtre de messagerie illuminée dans la nuit ?
Il manque la voix, le souffle,
les lèvres qui se plissent dans un rictus doux comme un nuage, les yeux qui
abaissent les paupières lentement, pour les relever ensuite sur un regard
sucré, presque implorant…
« Chut », dit-elle.
« Chut », dis-je… sur une messagerie qui sera toujours en-deçà de la
voix..
Feuillets d'automne
Octobre peut être rouge. Ou
brumeux. Jaune d’or aussi.
Octobre est souvent gris, pour
moi.
Octobre est le mois de ma
naissance. Je suis une fille de l’automne. Une fille aux feuilles qui
brunissent et volètent.
Octobre est le mois de ma mort. Je
suis morte et j’ai dû renaître de mes cendres juste avant la Toussaint, il y a
quinze ans.
Octobre est un mois que je
redoute toujours. Et un mois que j’aime pour ses couleurs.
Octobre est le mois où mon
anniversaire précède toujours celui de la mort de mon père. Comment peut-on
d’ailleurs parler d’anniversaire de mort ? Je me suis toujours posé la
question.
Octobre : mois d’or et de
cendres.
Je suis la fille de celui qui m’a
protégée avec ses branches nues. En toute saison.
Je suis la fille aux cheveux dans
le vent froid de l’automne, aux feuilles qui volètent au gré des souvenirs.
Je suis celle qui meurt et renaît
chaque année, chaque mois, chaque automne, chaque jour.
Le sommeil est mon passage de
l’un à l’autre.
Je vais m’y engouffrer, et vous
laisser là pour cette fois…
J'ai participé l'autre soir, pour la première fois de ma vie, à un marathon. Oui, moi, la non sportive, la récalcitrante du short, l'anti balleuse, je l'ai fait. Normal, remarquez : c'était un marathon d'écriture.
Le principe est simple : admettons que vous commenciez à écrire à 20h. Vous devez fournir un premier texte avant 21h. Et ainsi de suite chaque heure. J'en ai fait six en quatre heures, en compagnie de ma délicieuse camarade Val.
Le plus dur, c'est de se retrouver face au clavier sans trop savoir quelle voie suivre. Voici mes trois premiers textes, par ordre chronologique...
Ptit poème
Il en est de l’amour
Comme des gaufres
C’est chaud et croustillant
Sur le moment
Mais ramolli le lendemain
Quoique toujours délicieux
Il en est du silence
Comme des mots
On les savoure
On les partage
Quand les ondes
Sont les mêmes
Il en est des écrits
Comme des bijoux
Les plus précieux sont cachés
Les pacotilles s’exposent
Les pierres scintillent
Et l’on referme le coffre
Il en est du désir
Comme du feu
Il ne dure que si
On l’entretient
Il s’allume
Et nous brûle
Délicieusement
Il en est de mon texte
Comme d’une aventure
Celle qui éclot
Au détour d’un clavier
Celle qui avance lentement
De peur de tomber
Bouquet de fleurs
Elle portait une robe fleurie,
aux couleurs légères. On aurait dit un tableau impressionniste à elle seule : la lumière se dégageait d’elle, et
elle absorbait le soleil. Elle avait voulu porter un chapeau de paille, mais
celui-ci s’échappait à la moindre occasion.
Sa longue main fine de pianiste
le retenait, comme si les oiseaux pouvaient le lui voler. Ou le vent.
Tout rayonnait autour d’elle.
Nous n’osions jamais lui parler
d’autre chose que du lycée, de fleurs, de nos familles… Nous étions tous
amoureux d’elle. Mais elle, elle était libre et riait à gorge déployée dès que
nous parlions d’avenir ou d’amour.
Libre.
Libre…
Et puis elle est partie après le
Bac. Ses parents l’ont trainée dans une ville sombre, sans fenêtres sur la lune
ou le soleil. Elle était le soleil, mais celui-ci s’est éteint progressivement.
Elle ne nous a plus écrit et n’est pas revenue en vacances nous voir…
Je l’ai croisée des années plus
tard, par hasard. J’attachais ma bicyclette; elle arrangeait des bouquets. Les
tournesols se tournaient vers elle. Elle rayonnait à nouveau, dans ce quartier
parisien un peu bobo mais sympathique. Elle était devenue fleuriste. Comment
aurait-il pu en être autrement, d’ailleurs ?
J’étais heureux. Je ne suis pas
allé la saluer, même si j’étais toujours amoureux d’elle, évidemment.
Mon soleil.
Ma lune.
Ma fleur.
A rebours
J’aurais dû commencer par là.
Je suis assise à ma table de
salon, les chats passent parfois devant le clavier pour réclamer une caresse,
mais je dois les éloigner afin de m’en tenir au timing imposé par le marathon.
Je me suis fait un thé à la
menthe sucré, comme on le boit en Afrique (on en boit trois, normalement :
le premier sucré comme l’amour, le deuxième doux la vie, le dernier amer comme
la mort…) mais je me contenterais de l’amour pour ce soir.
J’ai chaussé mes lunettes pour
éviter une éventuelle fatigue oculaire, même si la correction est minime.
Seules trois petites lampes sont allumées, ce qui crée un espace feutré. Je
n’aime pas les lumières vives : elles m’agressent.
Voilà, le chat noir s’affale dans
mes bras et tricote contre moi. Peu pratique pour écrire, mais je ne peux
refuser tant d’amour sans condition.
Au loin, la Défense se perd peu à
peu dans la brume. J’écoute Fip en fond sonore. C’est doux.
Je me demandais en début de
soirée ce que j’allais écrire, un peu tétanisée par ce nouveau défi littéraire…
Progressivement, je m’apprivoise.
Vendredi, Clochette a eu un an. C'est arrivé comme une fleur.
J'ai eu une rose blanche hier.
Aujourd'hui, je vais me balader avec Peps sous un soleil léger.
C'est bon de ne rien faire et d'oublier les tracas du boulot...
Edit de presque 20h
Nous avons finalement fait Auvers-sur-Oise : le château-musée (avec des beaufs à la retraite qui ont... pété -!- et parlé fort), le parc (qui a failli nous échapper, merci le site officiel de la ville !), l'église, le cimetière, un petit restaurant sympa et un pot (photos à venir). Seul souci : j'ai les pieds qui ont souffert dans mes Converse. Je crois avoir bien fait de ne pas en acheter deux paires : ce n'est pas aussi confortable que je le croyais. On rigole bien, Peps et moi. Et puis ça ne nous empêche pas de nous confier non plus. Maintenant, je dois gérer mes angoisses habituelles pour les cours du lundi... Qui a dit que je taisais cet aspect de ma vie, mmm ?
Mazette, j'aurais dû évoquer le poker avant : cela vous inspire ! La cravate ne m'a pas fait gagner (mise de 5€ par partie, donc pas de quoi se ruiner), malheureusement mais l'ambiance était super chouette. Les collègues de Pumpkin sont rigolotes comme tout. On a mangé des pizzas, elles ont pas mal bu, on a beaucoup ri. La soirée, au final, m'a coûté 20€ (deux parties de poker et ma participation aux frais). C'est presque moins qu'un restaurant, et ça n'a rien à voir avec. Je "savais" jouer au poker en ligne, mais je n'avais jamais joué "en vrai". Ben ça change quand même. Et pis j'aime bien les jolis jetons ! Et pis on avait même un super tapis très pro. Na. Je suis rentrée à 3h30 et me suis réveillée à 11h. Un paquet de copies m'attend encore... mais je termine d'émerger.
Aujourd'hui, malgré un lever tardif, un petit-déjeuner qui n'en finissait plus de s'étendre, des discussions sur MSN, tout ça, ben j'ai réussi à repasser une peu, corriger un paquet de copies et à me préparer pour ma soirée. Parce que ce soir, je fais pour la première fois un poker entre filles chez Pumpkin. La clique n'ouvre que peu son cercle, alors je suis contente. On joue cinq euro chacune, et la partie dure toute la nuit... Pour le coup, je me suis amusée niveau vêtements à être faussement mafieuse.
Je me demande si j'ajoute le borsalino noir...
A part ça, ben rien que j'aie envie d'étaler complaisamment ici. Qui veut venir admirer mon joli balcon pour causer -ou se taire ?
Passé trente ans, on se fatigue plus vite. Les soirées jusqu'à pas d'heure, ce n'est plus notre truc, ou alors on met plusieurs jours à s'en remettre. A la soirée d'anniversaire de Pumpkin, samedi, que des femmes trentenaires autour de la table (et que des homos; diable, elles se reproduisent !) qui ont fini en buvant une tisane bio affalées au fond du canapé... L'une d'elles a vu juste : "Avant, j'aurais bu une bière et j'aurais filé en boîte finir ma nuit...", dit-elle avachie et à demi couchée. Pour ma part, je suis rentrée vers 1h30 et mon réveil fut assez chaotique. Alors quoi ? On vieillit tant que ça ? Ou l'on peut taxer la vie active de notre état ? Tout ce que je sais, c'est que mes nouveaux gnomes m'épuisent bien plus que mes quatre classes de lycée (malgré la seconde frappée, oui oui !). On a l'impression que ce n'est pas le même métier, presque. Enfin, l'énergie n'est pas dépensée dans les mêmes choses, disons. Avoir trente ans, c'est aussi dresser quelques bilans. Qui est encore dans notre cercle d'amis ? On compte d'ailleurs les amitiés en douzaine d'années. On regarde dans le rétroviseur, on s'inquiète de ne plus y voir les mêmes gens. On se demande pourquoi certains ont disparu du paysage. Pourquoi ils ne reviennent pas nous faire un signe. On flirte avec la culpabilité : qu'est-ce que j'ai fait ? qu'aurais-je dû dire ? et aujourd'hui, comment réagir ? Du coup, hier soir, je ne sais ce qui m'a pris, mais j'ai écrit un mail à C. (énième tentative auprès d'elle) , et j'ai tenté d'appeler Mousse, son mari. Quand il a décroché, j'ai manqué de courage et profité de la mise en route intempestive de son répondeur pour raccrocher sans dire un mot. Je ne sais pourquoi je n'ai pas parlé. Enfin, si : sa voix était lointaine et altérée par le temps. Il faut dire que je ne les ai pas revus depuis plus de dix ans... Après cela, j'ai fait redescendre mes pulsations cardiaques, et j'ai envoyé un sms sur son fixe. J'ai tenté de rappeler une heure après, en vain : il ne décrochait plus et avait débranché le répondeur. Alors quoi ? Je devrais laisser tomber ? Le message a beau être clair, je n'y parviens pas. Quand on a encore le choix de parler à l'Autre, celui qui nous manque, celui qui manque à notre vie, parce qu'il est là, tout proche, il m'est insupportable d'envisager l'idée d'y renoncer totalement. Quand la mort m'aura tout ôté, soit. Mais avant, non.
Clochette se porte bien. Elle n'a rien perdu de sa malice dans l'opération. J'ai juste gros coeur quand je vois son petit ventre rasé et le grand pansement... C'est bête, je sais, puisqu'elle n'est pas malade mais, comme dit le vétérinaire, "c'est quand même un acte chirurgical". Et le noirot ne la reconnaît pas à cause de son odeur. Mais je le comprends : les senteurs, c'est important. Bon, sinon, la souris bleue aura une visite de contrôle demain avec injection d'antibiotiques, puis les fils seront retirés dans dix jours. Tout cela pour la modique somme de 200€. A part ça, je ne suis pas dans le rouge ce mois-ci.
Là, j'attends la visite de Mamanafaim qui commentait ici jadis, quand elle avait du temps. C'est l'une des rares collègues avec qui j'ai gardé un lien amical. Elle enseigne les mathématiques. Parce qu'il faut bien le dire, généralement, je n'ai aucune affinité avec mes collègues de lettres... Ceux-ci sont particulièrement individualistes et souvent obtus.
Ce soir, je rejoindrai Comtesse pour une avant-première. Comtesse est d'ailleurs une exception : c'était ma prof de lettres. Certes, elle n'a jamais été ma collègue (je veux dire dans le même établissement, blabla). Mais quand même.
Je devais voir Sandy cet après-midi mais un mal de tête + la pluie + le froid + le boulot ont raison de moi... J'ai dormi assez tard (8h30, c'est beaucoup pour moi) pourtant hier soir Pumpkin, sa moitié et moi-même avons été sages (même si l'on a bien ri) : j'étais à la maison à 23h. Congelée car rentrée en scooter, mais rentrée. J'ai fini un paquet de copies (il m'en reste quatre); je dois faire un corrigé de commentaire (que je retarde depuis des jours par peur d'en faire un mauvais); je dois remplir les bulletins de S; faire mon planning et recopier mes listes d'élèves sur un nouveau carnet de bord car le mien est fini.
Pourtant, j'ai envie de me reposer. M'arrêter un peu. Respirer.
Demain, après les cours, j'irai voir pour m'acheter un sapin. Il sera sur mon balcon. Ce sera ma petite bouffée d'oxygène.
Pour me changer les idées, je vais rejoindre mon amie Pumpkin dans un Léon de Bruxelles et m'emplir la panse ! Rien de tel qu'un moule-frites pour oublier les soucis (ouèèèèh, j'y crois très fort !). Bonne soirée à tous, et à demain pour les nouvelles aventures de Super TZR...