Incrédule et sereine
Je suis installée à mon nouveau bureau de métal et de verre, assise dans mon fauteuil tout neuf. Dehors, des enfants jouent : c'est le seul réel "bruit" de la journée. La cloche ponctue la journée quand je suis là.
Les cartons se vident et s'enchainent. J'en ai encore pour plusieurs jours d'aménagement, mais j'aime ça. Même si je ne peux pas parler à proprement de vacances, et que je suis fatiguée (mes deux premières nuits ici ont été massacrées par Clochette qui voulait absolument entrer dans le dressing, entre 3h et 6h du matin), je crois pouvoir dire que je suis bien.
Aujourd'hui, j'ai nettoyé l'ancien appartement pour l'état des lieux lundi. Aucun pincement, pas de tristesse, voire un soulagement d'être partie de là. On m'a volé, outre mon casque de moto, la boîte de transport des chats qui était dans la cave commune. J'ai dû fabriquer un carton pour y mettre Clochette, ce qui m'a sacrément agacée, juste pour le principe. Il était temps que je parte de là. Et puis mon lieu de vie était totalement lié à mon travail, ce qui ne provoque pas forcément la détente.
Ici, j'ai déjà fait deux joggings en forêt, dans un cadre idyllique. Micahuète peut témoigner que j'ai effectivement couru, même si cela reste modeste. Hier, je suis allée à vélo au marché. En fait, je suis entre ville et campagne. Si l'on m'avait dit que je choisirais ce type de vie il y a quelques années, j'aurais ri. C'est bon de savoir que l'on peut changer.
Il va me falloir un peu de temps pour m'habituer à dire pleinement "chez moi".
Et pendant ce temps, Flûtine parcourt 300km à vélo vers le sud, sous le cagnard, et force mon admiration.

