Ne rien esquiver du bonheur
C'est peut-être stupide, mais le fait que ma future adresse soit au nom d'un peintre m'a influencée dans mon choix : j'ai vécu pendant plus de vingt ans dans les bras de Voltaire, puis je suis partie rejoindre Manet au balcon. Là, je vis dans une caserne au nom militaire. Retrouver le domaine de l'art et de la culture me sied parfaitement.
Je vais signer le compromis de vente lundi, déjà. Mon offre a été acceptée par les vendeurs, même si j'ai craint qu'ils refusent (c'était leur prix plancher). Demain, premier rendez-vous en banque pour voir ce que l'on me propose ailleurs qu'à la Bihènepi. Si tout va bien, je serai dans mes nouveaux murs mi août. J'ai peine à le croire, mais je me projette parfaitement bien dans mon beau quatre pièces. Je ferai de l'une des deux chambres mon bureau, et de l'autre un lieu à double fonction pour recevoir les amis (avec couchage) et un espace de travail pour Flûtine quand elle vient. Le grand luxe ! Mais la cuisine est vraiment la pièce maîtresse de l'appartement.
Je feuillette donc force magazines pour trouver la déco qui me plaîrait, le meuble adéquat, sans rien charger dans les pièces : je vais considérablement m'alléger en quittant mon deux pièces actuel. J'ai d'ailleurs vendu pas mal de choses à la brocante de dimanche : à 11h du matin, mon étal était quasi vide. J'ai vendu au total pour 240€ ! Une réussite, en partie due à mon épatante mère qui a le commerce dans le sang.
Je garde ce petit pécule pour acheter un élément de mon futur appart dans les soldes (parfaite synchronisation avec mon achat immobilier, les soldes !).
A part ça, la fin d'année suit son cours : des grappes d'élèves viennent, dont des absentéistes notables que je n'avais pas vu depuis un bail. Les élèves semblent contents de réviser, de jouer à des jeux littéraires, de voir avec moi La Journée de la jupe et L'Esquive. Leurs petits mots sur une fiche bilan de l'année m'ont redonné la foi et l'envie de poursuivre dans ma façon de travailler. Asa m'avait ébranlée avec ses critiques maladroites et féroces...
Les collègues se lâchent un peu et ça fait du bien : on rit plus. Il était temps.
En plus, je n'ai toujours pas été convoquée pour le bac, et je commence à croire que l'on va me laisser tranquille cette année. Ce serait le signe d'une période vraiment faste pour moi ! Et je n'ai que deux jours de surveillance.
Cerise sur le gâteau : je suis amoureuse.
Alors mon fond de mal de tête, je m'en moque un peu là.
