Impuissance
C'est moi, ou ce genre de nouvelles se banalise ? Je commence à me dire qu'à force d'effectuer des remplacements un peu partout, j'ai opté pour une prise de recul vitale mais pas toujours efficace.
Mon collège actuel, je n'en parle guère, parce que chaque cours heure passée sans trop de fracas me semble être une victoire. Je suis flic, pas prof. Je ne vois même pas ce que j'enseigne vraiment... Et pourtant, vous me demanderiez de vous décrire ce qui ne va pas, ma description paraîtrait presque ridicule aux yeux de certains lecteurs. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai souvent l'impression de vivre dans un monde parallèle, où mes règles de vie basiques ne sont qu'illusion : leur absence de limites m'effraie, parfois; me peine, toujours.
Alors oui, il m'arrive de cesser de couvrir leurs voix, de les regarder s'agiter sans que cela les perturbe, d'attendre de reprendre pied pour recommencer à lutter... C'est ça, ou j'en attrape un par le col. C'est ça ou je tombe dans la déprime. C'est ça ou je pleure en cours.
Et pourtant, pourtant, comme dit Peps, et tout le monde ne comprendra pas cette contradiction, c'est le plus beau métier du monde...
Edit du 13 mai à 13h30 : encore aujourd'hui, une agression...
