Lot de consolation
Anna Gavalda, La Consolante, éd. Le Dilettante, 636 p., 24.50€
Anna Gavalda fait partie des auteurs contemporains que je respecte. Pas racoleuse, pas gnangnan, écrivant fort bien et ayant une acuité psychologique étonnante. J'avais dévoré en deux fois Ensemble c'est tout, durant un été ibère. Je l'avais découverte il y a quelques années avec ce recueil au titre merveilleux, Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part.
Alors forcément, quand La Consolante a paru, j'ai frémi d'impatience. Mais mon porte-monnaie aussi. J'ai donc dû attendre. Finalement, je l'ai lu tardivement grâce à ma mère qui l'a emprunté à la bibliothèque.
Mon impression est mitigée : ma lecture étant hâchurée (période de déprime et de fatigue durant laquelle je m'effondrais le soir), mon plaisir aussi. Comme si tant d'attente avait été gâchée. Là, tout de suite, j'ai un souci, par exemple : je voulais vous en faire le pitch, et j'ai un trou de mémoire. C'est dire.
Ce qu'il m'en reste, c'est une grande maîtrise de l'écriture, qui a donné du fil à retordre à ma mère (petite lectrice, elle a abandonné). Il y a de nombreuses références culturelles et architecturales (le personnage principal est architecte), des anglicismes, des jeux sur la narration. Ce n'est pas un livre que je classerais dans les lectures "faciles".
L'histoire d'un retour à la vie en recherchant le passé heureux est assez belle. Les personnages sont très réussis, et l'on retrouve dans leurs portraits -directs ou en pointillés- la sensibilité qui est propre à Gavalda.
Disons simplement qu'à force d'être au top, on espère toujours plus d'un auteur, et que lorsqu'il nous donne six cents pages de talent, nous avons encore le culot d'être un soupçon déçus...
Yôko Ogawa, Parfum de glace, éd. Actes Sud Babel, 304 p., 8.50€
Dans un tout autre genre, j'ai fini hier soir Parfum de glace de Yôko Ogawa, offert par la Fée. Roman japonais assez court et mystérieux, onirique par instant, dans un style tout à fait propre aux romanciers du Soleil Levant : épuré, simple, elliptique, quasi clinique. Nous n'avons pas toutes les réponses aux questions posées par Ryoko, le personnage principal, mais l'intérêt du roman est sans doute ailleurs. L'homme qu'elle aime, Rooky, s'est suicidé, sans que rien n'ait permis de s'y attendre. Il était nez dans un laboratoire de parfumerie. En tentant de s'accrocher à la vérité et à la famille du défunt, elle va découvrir qu'elle ne connaissait pas si bien Rooky, esprit supérieur en beaucoup de points...
Ma prochaine lecture sera sans doute elle aussi japonaise : il s'agira de Murakami, avec Les Chroniques de l'oiseau à ressort. Je reviendrais à mes premières amours en littérature étrangère, moi ?

