L'art pour l'art
Ce matin, ma super seconde m'a donné mal à la tête et m'a ôtée beaucoup d'énergie. On travaillait sur Zola et le genèse de son roman L'Oeuvre, portant sur un peintre en échec face à son génie. Je ne sais plus pourquoi ni comment mais l'un des meilleurs élèves me sort, sans aucune provocation, que l'art est une distraction, rien de plus. Qu'il nous suffit de boire, manger, dormir pour vivre, rien d'autre. Tout le reste est distraction.
J'ai bondi.
Ils étaient tous plus ou moins d'accord. Ils n'établissent aucun hiérarchie entre allumer la télé sur la star Ac' et composer une chanson, par exemple. Ou entre le dessin de leur petite soeur sur le frigo familial et un Picasso. C'est le principe du "tout se vaut". Ils ne sont pas vraiment fautifs, car c'est ce que la société leur balance à l'envi.
Mais je me suis sentie totalement inutile à ce moment précis. En échec, même. Car peu m'importe finalement qu'ils aiment ou non Manet, Zola et consorts : je veux juste qu'ils fassent la différence entre le talent des uns, et l'arnaque intellectuelle des autres. Qu'ils aient un sens critique. Une ouverture sur le monde. Une absence de passivité face à ce qu'on leur offre. Qu'ils reconnaissent le génie là où il est. Dans tous les domaines.
Pas entendre que l'art ne sert à rien, n'est pas vital comme manger ou boire. Nous ne sommes pas que des estomacs, bon sang !
