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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
29 mai 2008

Mue

Quand j'ai fini ma journée de cours, je range consciencieusement et sans précipitation mes affaires; j'essuie le tableau; j'éteins les lumières, et je sors du bâtiment des matières générales d'un pas assez lent.
Je traverse la cour. Quelques élèves sont toujours là à jouer au basket. J'ai généralement dans les bras des livres, des photocopies. Mon trousseau de clefs pend à ma main droite. On y devine un ruban de couleur claire, idée de porte-clefs prise à C., il y a des années. Elle, elle avait un ruban de velours pourpre. Je trouvais ça beau et simple.

DSC_01720004

Je reviens en salle des profs pour déposer mes affaires. Un dernier coup d'oeil à l'ensemble, et je repars. Généralement, je me lave les mains dans les toilettes des profs car j'ai toujours la sensation d'être poisseuse avec les marqueurs et autres craies. Je prends enfin mon temps. Je me lave aussi des turpitudes du métier, je crois.
Je tourne à droite en sortant. Quelques marches hautes de deux centimètres au maximum me permettent de rejoindre le chemin principal. Le long de ce modeste escalier, il y a des rosiers. Je prends le temps de sentir à chaque fois les roses blanches, au parfum légèrement vanillé et doux.

rose_blanche

J'emprunte ensuite le sentier qui amène au parking des enseignants. Et là, c'est le moment que je préfère : juste avant les arbres en fleurs, il y a toujours une odeur de terre mouillée, subtile et fraîche. Un léger parfum de printemps. Quand il pleut, c'est encore plus soutenu. J'inspire profondément. Je peux me recentrer sur moi-même, lâcher la pression, laisser tomber le costume de prof, et revenir en moi-même. Mon pas se ralentit encore plus car je cherche à retrouver encore cette sensation délicieuse, cette fragrance subtile et naturelle. Mais non. Elle est trop souvent unique.

En remontant encore un peu sous les arbres, je me sens protégée. Ce qu'il y a de merveilleux, alors, c'est la caresse du vent dans les feuilles. Si le vent s'invite, je peux l'entendre parler aux arbres de la cour, et à ceux du sentier.

Pour moi, c'est l'un des plus sons au monde.

vent_arbres

Maintenant, je peux rentrer à la maison.

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Commentaires
L
Magnifique, tout simplement.
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C
Très beau texte, sensible et expressif.
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V
Tu es tout sauf un vieux canasson, Comtesse ! Tu es un bel animal fidèle. :-p
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M
Merci de ce moment de vie que tu partages avec nous... <br /> Je pense souvent à Toi dans ton rôle et me prends à rêver que tu as pris le relais ... Ce regard sur le monde, l'émerveillement sont les actes intérieurs des plus précieux..continue...<br /> <br /> "RELAIS.1<br /> (re-lê) s. m.<br /> <br /> 1°Chevaux frais et préparés de distance en distance pour remplacer ceux qui sont fatigués......<br /> ETC "<br /> <br /> et voilà comment d'un texte tout en sensibilité on se retrouve vieux cheval quitté sur le bord du chemin...<br /> À BIENTÔT peut-être...
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