Noyeux Joël

En y réfléchissant bien, la tyrannie du "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes" est encore sacrément d'actualité. Malheureusement, nous n'avons plus de Voltaire pour la démonter ni la flinguer.
En période de fêtes, les médias, les entreprises commerçantes et tutti quanti nous assènent de fausses vérités du type : nous sommes tous heureux parce que notre Nain présidentiel a une vie sexuelle; notre pouvoir d'achat va bien; nous achetons donc nous allons mieux; les rennes du Père Noël sont fin prêts; Ingrid Bétancourt va être libérée (je mise d'ailleurs sur le 25 décembre, pour que nous chantions des louanges et des alléluias à Saint Nicolas); etc etc.
Pour ma part, je trouve surtout que c'est une période qui brasse beaucoup de souvenirs souvent douloureux : l'Absence prend des airs d'abymes. De nombreuses personnes craignent les fêtes, les redoutent pour ce qu'elles signifient. Autour de moi, j'entends des voix brisées, souvent. Et des échos de suicides d'inconnus, ou encore de dépressions graves.
Si je peux aujourd'hui faire un sapin et vaguement me réjouir pour Noël, c'est grâce à S.. Sinon, j'en serais toujours à faire ce que j'avais intitulé un "réveillon pré-Noël" avec mes amis, pour compenser. Mais je n'ai plus guère d'amis, de toutes les façons...
Je ne suis pas plus sombre que d'habitude, mais j'en ai un peu marre que l'on cherche à nous lobotomiser et que nous n'ayons comme solution que d'acquiescer. Noël est avant tout une affaire juteuse et un tremplin pour le moral des familles. Mais tout le monde ne peut pas profiter de ce jus. Ni être heureux sur commande.

L'optimisme à tout-va et la politique de l'autruche commencent sérieusement à me taper sur le système. Y a-t-il un pilote dans l'avion pour redresser tout cela ?
Comme les intellectuels sont absents de notre époque !