On a long long road
A l'heure où vous me lisez (si vous me lisez exactement aujourd'hui et maintenant, ce qui est une notion hautement philosophique, ça), je suis dans le train. Je ne le prends plus souvent, pourtant j'adore ça. C'est sans doute le moyen de transport que je préfère : tout se prête à la réflexion, à la nostalgie, à l'écriture (sauf si un mioche hurle dans tout le wagon pendant quatre heures, of course)...
J'ai mon Ipod enfoncé sur les oreilles, je pense. Ma Nintendo DS à portée de main. Mon livre, un carnet de notes. Un stylo avec lequel on se dit que l'on ne peut écrire que des chefs d'oeuvre.
Je regarde défiler les paysages, nouveaux pour moi. Je me prépare psychologiquement (nan, ça fait pas mal) à affronter la vie en collectivité pendant dix jours. Parce que pour moi, ça ne coule pas de source d'être dispose, calme, attentionnée, ouverte aux autres pendant aussi longtemps. J'ai grand besoin de solitude, de silence. En fait, je crois qu'avec le métier de prof, parfois je suis sâoule de paroles : j'ai la tête qui tourne à force de me répéter, d'émettre des sons qui sortent de ma bouche et que je trouve majoritairement inutiles et superflus. Cette année, j'ai trop parlé. Il me faut donc mon quota de silence pour équilibrer le tout...
Il ne manque au train qu'une chose : le bruit du vent. Mon son préféré. Après le silence -qui n'est pas un bruit, j'en ai conscience.
