En rentrant, voilà ce qu'on apprend
Devoirs du soir pour occuper les collégiens de ZEP
Le ministre de l’Education veut développer les activités éducatives après les cours.
Par TONINO SERAFINI
Libération : vendredi 20 juillet 2007
C’était l’une des
promesses du candidat Sarkozy : mettre en place un dispositif d’études
dirigées et d’activités éducatives sportives et culturelles, le soir
après la classe. Deux mois après l’élection présidentielle, le ministre
de l’Education nationale, Xavier Darcos, réunissait les représentants
d’associations, de collectivités territoriales, et du monde sportif et
culturel impliqués dans ce dossier. L’idée étant d’apporter un soutien
scolaire aux élèves en difficulté et éviter que des enfants ne «se retrouvent livrés à eux-mêmes en fin d’après-midi dans l’attente du retour de leurs parents», a souligné hier le ministre. Habitué à forcer le trait avec des formules chocs, le chef de l’Etat avait qualifié ces enfants d’
«orphelins de 16 heures» pendant la campagne électorale.
Pour commencer, ce
dispositif concernera dès la rentrée scolaire 2007, les 900 collèges
des zones d’éducation prioritaire (ZEP), qui scolarisent une majorité
d’enfants issus de milieux socioculturels défavorisés.
Allégements fiscaux. Selon les chiffres fournis par le ministère, 540 000 collégiens sur les 3 250 000 que compte le pays, vont bénéficier de cet
«accompagnement éducatif» en fin de journée. Une circulaire signée par Xavier Darcos, et publiée hier au
Bulletin officiel, stipule que
«le dispositif a vocation à s’étendre à l’ensemble des collèges à
la rentrée 2008 et, par la suite, à l’ensemble des écoles et des
lycées». Ce qui nécessite de gros moyens financiers. Or, le débat sur
les orientations budgétaires lundi à l’Assemblée a mis en exergue une
dépense publique sous tension. Chaque ministère est tenu de se montrer
économe. En raison notamment des 13,7 milliards d’allégements fiscaux
votés par l’UMP pour les plus aisés (
Libération du 14-15 juillet).
Pour l’immédiat, c’est-à-dire la rentrée 2007, Xavier Darcos a assuré qu’il disposait de moyens suffisants.
«Actuellement, les dotations qui sont prévues pour le ministère en
termes d’heures supplémentaires [pour les enseignants, ndlr] devraient
nous permettre sans aucune difficulté de mettre en place le dispositif
.»
D’une durée de deux heures, l’encadrement éducatif sera organisé
quatre jours par semaine après la classe. Il sera ouvert à tous les
élèves sur la base du volontariat et proposera diverses activités :
aide aux devoirs et aux leçons, pratiques sportives, artistiques et
culturelles. Etant entendu que l’aide aux devoirs sera plutôt assurée
par les enseignants volontaires «qui percevront une rémunération sous forme d’heures supplémentaires», précise la circulaire ministérielle.
Cours particuliers. Ce dispositif d’
«école après l’école», selon les termes de Xavier Darcos, est censé
contribuer à l’égalité des chances entre tous les élèves
.
«L’un des critères de réussite scolaire est d’avoir à côté de
l’école un accompagnement», a pointé le ministre. Allusion aux enfants
qui ne bénéficient pas d’une assistance familiale pour les devoirs, ou
de cours particuliers en cas de difficultés. L’encadrement sera «plus particulièrement» axé sur des études dirigées pour les
élèves de sixième, étape clé du parcours scolaire au collège. L’aide
portera notamment sur la méthodologie, l’approfondissement de certaines
disciplines, la lecture.
Les activités
sportives, culturelles, artistiques, pourront être organisées en
partenariat avec les associations et les municipalités. «Nous ne partons pas de zéro. Il existe déjà beaucoup de choses dans les collèges d’éducation prioritaire»,«Les élus demandent la signature de conventions d’objectifs et de moyens pluriannuelles». La réussite du dispositif dépend des budgets alloués. Vérification à la rentrée 2007.
observait, hier, Maïté Sanchez-Schmid, adjointe au maire UMP de
Perpignan, chargée des affaires scolaires, et invitée à la réunion qui
s’est tenue au ministère.