J'ai encore...
...rêvé d'elle, l'amie de la Butte. Logique, après mon vadrouillage d'hier. Mais je n'ai généralement pas besoin de cela pour y penser. Elle revient, sempiternelle, depuis plus de dix ans, au creux de mes silences. Lui envoyer, peut-être, le petit texte fait hier. Un signe dans le vide de plus, qui n'aura pas d'écho.
Pour une qui aime le silence, je trouve le sien pourtant terrible : car il est choisi. La vie est là; l'espoir aussi, mais elle a décidé de se taire et d'ignorer mes appels aux explications.
Quand je fais cours, souvent je m'inspire -sans le vouloir sur l'instant- de l'enseignante que j'ai vu officier, qu'elle était et qu'elle doit toujours être. Je mets à rêver, parfois, qu'elle est peut-être fière de ce que je suis devenue et que nous aurions dû partager, comme promis.
Comment tourner la page, quand on est seule à la tourner, et qu'elle est si chargée ?
