Silencio
Parler m'est difficile depuis quelques jours. Pas tant sur le fait de formuler des phrases, mais parce que cela m'épuise. Ecrire, même peu, m'est d'un grand réconfort. Comme si la difficulté s'amenuisait dans l'écriture. Ecrire sur un blog appartenant au domaine virtuel, est-ce encore écrire, pourtant ?
Je sais que je replonge dans une de mes périodes d'angoisses. Savoir combien de temps cela dure est toujours une énigme. Le silence est mon refuge, mon repli, ma caverne, ma patrie. J'ai toujours singulièrement aimé les silences. Ce qui rend parfois mon métier douloureux : continuellement dans le bruit, la parole répétitive, la lutte des mots et du sens de ceux-ci.
J'ai fini hier soir un ouvrage dont je parlerai prochainement sur le sujet, justement. Lecture-refuge, aussi. Entre soi et le livre, il n'y a rien d'autre que sa lecture. Le retrait. Le monde que nous créons lors de la lecture est tellement à part. Personne ne peut, ne doit y entrer (quand "l'alchimie" fonctionne, évidemment; sinon, c'est lettre morte).
Pas évident de définir cet état de lecteur. J'avais eu un cours là-dessus en Maîtrise. A la fin de l'année, nous étions repartis avec beaucoup d'interrogations sur cet élément de notre passion et de notre futur métier. Lire est complexe.
Parler aussi.
