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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
8 décembre 2005

Le peuple français s'indigne

Objet : « Au nom du peuple français »

 

Madame le Juge,

 

Étant donné que nous n’avons pu nous exprimer lors de l’audience du 13/10/2005- contrairement à notre ancienne locataire- et parce que nous avions foi en la justice française, nous avons décidé par la présente de vous dire ce que « le peuple français » pouvait ressentir suite à une décision de justice.

 

Cette missive ne changera rien à la situation, mais je crois qu’il est parfois nécessaire de redonner un aspect concret aux cas que vous étudiez.

 

Mlle X n’a pas payé les loyers qu’elle nous devait durant quasiment un an. Pendant ce temps, nous avons dû honorer les traites de notre crédit portant sur le studio loué, qui s’élevaient à 687€ par mois : cela représente plus de la moitié de mon salaire.

 

Par ailleurs, nous avons avancé la somme de 800 € afin de procéder honnêtement et de passer par la justice pour résoudre le différend qui nous opposait à notre locataire. Sans compter, bien évidemment, les autres factures et les frais de la vie courante. Nous vivons dans un immeuble régi par la loi de 1948, au sixième étage sans ascenseur, avec WC sur le palier, et une cage d’escaliers qui tombe en ruines.

 

Nous nous interrogeons donc quant à savoir pourquoi le principe d’équité mentionné dans votre jugement n’a été appliqué qu’à notre locataire…

 

Cette dernière s’est gaussé pendant des mois et n’a jamais failli dans ses mensonges et ses promesses non tenues. Je pense qu’elle a bien ri à la lecture de votre jugement, puisque les sommes demandées ont été divisées par deux, qu’elle a eu un délai de deux ans pour nous rembourser, et que sa mère, qui était caution solidaire, n’a rien à payer pour l’instant.

 

Nous tenons à vous signaler qu’à ce jour, Mlle X n’a pas payé la première mensualité de sa dette, et que nous devons payer une fois de plus des huissiers à hauteur de 250 € afin de lui « signifier » le jugement (en recevoir une copie n’est sans doute pas assez clair), et effectuer une saisie sur ses biens (sans être sûres de toucher quoi que ce fût)…

Notre ancienne locataire, qui est la mauvaise foi incarnée, poursuit donc sa voie dans le « j’en-foutisme » absolu (pardonnez cet écart de langage, mais je ne trouve rien de plus adapté à cette « demoiselle »). Je vous signale pour information qu’elle n’a jamais daigné aller chercher un de nos nombreux recommandés (de 4.50 € pour notre poche à chaque fois), ne répondait jamais à nos coups de fil, et n’a cessé de nous promettre monts et merveilles dans de multiples mensonges pendant des mois… Encore mieux : elle a eu le culot de le faire une dernière fois à la sortie de votre Tribunal  !

 

Par ailleurs, X et moi-même avons respectivement une Maîtrise de Droit et une de Lettres. Pourtant, malgré nos études, nous n’avons pas appris l’art de la divination : comment savoir que l’échéance débute après la signification du jugement, c’est-à-dire après avoir encore payé la justice française pour signaler à notre ancienne locataire qu’elle était condamnée ? Nos huissiers ont même haussé les épaules et se sont abstenus de répondre, considérant ce point aussi absurde que tant d’autres.

 

Notre bilan de cette affaire est simple : notre écoeurement est à son comble; nous nous demandons à quoi cela nous a servi d’être honnêtes, puisque les gens qui ne le sont pas s’en sortent mieux ; nous hésitons aujourd’hui à payer nos loyers étant donné le peu de risques que cela entraîne et les économies substantielles que nous pourrions faire (cela nous aiderait à payer notre crédit immobilier et les huissiers) ; nous ne croyons plus en la justice française qui semble condescendante avec les chouineurs, et aveugle avec les honnêtes gens (je vous renvoie d’ailleurs à la définition de cet adjectif dans le Robert) ; enfin, en tant que propriétaires, nous avons eu un mal fou à relouer notre studio tant notre confiance a été flouée ces derniers mois.

 

Certes, cette affaire doit vous paraître bien ridicule et impropre à tant d’épanchements, mais elle a failli nous faire passer du côté des interdits bancaires, nous, les petits propriétaires avec une morale, l'agent bancaire, et la fonctionnaire de l’Education Nationale…

 

Veuillez recevoir, malgré tout, Madame le juge, nos salutations distinguées.

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