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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
20 octobre 2008

Mon quotidien, c'est aussi cela

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20 octobre 2008

Cat's eyes

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J'ai retrouvé visage humain vers 15h seulement, je crois. La tête incrédule de mes collègues en salle des profs à 8h m'a indiqué ce que je craignais : je faisais peur à voir.
J'ai hésité à poursuivre ma longue journée ou à rentrer après avoir fait cours aux 1ères. Je suis restée : je n'aurais fait que pleurer chez moi, et n'aurais même pas réussi à dormir.
Si je suis honnête avec moi-même, je pense que je plonge depuis quelque temps dans une phase dépressive. Cela faisait longtemps.

J'ai mille questions en tête, et aucune réponse.
Une immense fatigue, aussi. Pourtant, malgré un sommeil lourd -quoique agité- je ne retrouve pas pied.
Et je ne veux pas aller chez le médecin pour l'admettre. Le comble, puisque j'affiche ici mon état. Mais c'est tellement plus simple derrière un écran...
Il ne me reste qu'à attendre la délivrance -temporaire et illusoire- des vacances.

19 octobre 2008

Je m'incline

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Face à l'amoncellement de copies qui trônent sur ma table de salon, mais aussi parce que je ne suis guère en forme psychologiquement en ce moment, j'ai décidé d'annuler mon premier concours de tir qui devait avoir lieu aujourd'hui.
J'aurais dû partir à 14h30, pour revenir vers 19h30-20h. Un puits d'angoisses pour moi, ça. D'autant que les presque 220 copies me jettent un oeil accusateur, et que je voudrais finir cette semaine certaines choses avec les 1ères (objectif : suite à la séquence sur la poésie, faire une séance musicale : Léo Ferré, Bénabar, Grand corps malade, Juliette Gréco, Mylène Farmer sont prévus...). Mais je ne sais toujours pas si je poursuis dans le même lycée au retour des vacances...
Très facile à gérer, tout cela.

18 octobre 2008

Brouillonne

crime

Avant de partir à la poste puis faire des courses, je me suis dit qu'il fallait que je fasse une liste rapide des choses dont je dois vous parler :

  • mon premier vrai sourire sur ce remplacement (c'était hier)
  • Zora qui adore le français
  • ma fatigue
  • mes derniers achats musicaux
  • Catherine Frot
  • mon premier concours de tir à l'arc

C'est déjà pas mal pour quelqu'un qui voudrait avoir des journées rallongées de plusieurs heures : je suis tellement hors-service que je mets quinze fois plus de temps à faire les choses... Je ne vous dis pas la galère pour les dix paquets de copies en attente...

A très vite !


18h40 -> Nous y voilà : je fais déjà une pause après quatre copies de première S...

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Je vais vous parler de mon sourire d'hier : en seconde, nous avons des heures d'AI (aide individualisée) qui sont consacrées aux élèves les plus en difficulté (c'est d'ailleurs grandiose ce que l'on peut faire avec une heure... Hum, passons). Je n'avais pas choisi ceux-là mais les tricheurs de mon premier devoir maison. En effet, ils étaient trois à avoir pompé sur le net des textes contre le racisme. Ils avaient été notés respectivement 1 et 3 sur 20, avec les adresses des sites dans la marge.
Je leur ai proposé, après avoir discuté avec eux de l'inutilité et de la malhonnêteté de la démarche, de retenter de faire ce travail avec moi pendant l'heure. L'un d'entre eux, bon élève, a ronchonné, fait semblant de croire qu'il n'y avait pas de souci particulier avec sa copie, puis a joué le jeu. Les deux autres, plutôt sympathiques, ont accepté de suite et reconnu leur erreur. Je suis passée pour les aider tant sur le fond que sur la forme, même si j'ai allégé mes remarques concernant l'orthographe.
Cinq minutes avant la fin, je leur ai attribué des points : ils en ont eu sept chacun. Ce qui m'a redonné le sourire, c'est qu'ils m'ont remerciée sincèrement. Auprès de leurs parents, ils pourront dire qu'ils ont réussi à les gagner ces points-là, et que cette heure, qui devait être particulièrement pénible (dernière heure de la semaine, avec sortie à 17h30...) s'est avérée bien plus riche que prévu.
J'étais épuisée, mais heureuse, en repartant de mon lycée, solitaire.

15 octobre 2008

Loto du coeur

chiffres

Aujourd'hui, mes parents auraient dû fêter leurs 31 ans de mariage.

Le 31, cela fera 15 ans que mon père est mort.

Dans 9 jours, j'aurai 33 ans -l'âge du Christ.

Je dois tenir 9 jours sans communiquer avec la Fée pour faire un point.

Le 24 au soir, aussi, je serai en vacances. Et seule (1).

J'ai environ 150 copies à corriger en moins de dix jours.

Et j'ai 150 ans dans ma tête.


Et dans 150 ans

 

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15 octobre 2008

Jour de repos, ben voyons

bloc_notes

Après m'être réveillée à 3h, 5h30, 6h30 puis 7h30, j'ai décidé de me lever pas trop tard puisque le programme du jour est le suivant :

  • ranger la cuisine, vider l'évier et le lave-vaisselle
  • changer les draps du lit
  • faire tourner une machine et un sèche-linge
  • aménager autrement la chambre pour un aspect plus pratique
  • corriger un deux paquets de copies de seconde
  • préparer mes cours et des contrôles
  • aller chercher un colis à la Poste
  • faire un repas pour quinze, ce qui me permettra d'emmener ma gamelle demain et vendredi au lycée
  • répondre à des mails éventuels
  • tenter de reconstituer le puzzle de ma vie (grand format, 15.000 pièces)

Du coup, je suis peu présente sur le blog, j'en ai conscience, mais je suis dans  ma semaine pourrie et lourde au lycée, alors quand je rentre, ben je n'ai qu'une envie : me coucher vers 20h...

(Je viens de relire ma liste, et là, tout d'un coup, ça me stresse ce jour de repos...)

Edit de 20h : j'ai barré ce qui avait été fait, pour me dire que j'ai avancé...

14 octobre 2008

Moi, moi et encore moi


Isabelle Boulay - Le monde est stone

 

Parce que je suis totalement narcissique et pour faire plaisir à Sarcamande (le nom de cette ville viendrait du sanskrit et signifierait "lieu de la rencontre" ou "lieu du conflit"... Mmmm, c'est intéressant, docteur ?), je vais parler de MOI.

En fait, j'en parlerai certainement plus demain car ce soir "J'ai la tête qui éclate / J'voudrais seulement dormir" et que je dois répondre à des attaques plus ou moins gratuites de tous les côtés.

Juste une chose pour Sarcamande : votre chien devait être un sacré animal s'il est comparé à ma grand-mère. Elle était un phénomène à elle toute seule.

11 octobre 2008

Morceaux

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Je n'ai jamais été douée en puzzle, surtout les grands.
Suis pourtant fort patiente, je crois.
Sans doute dû à la fatigue.
Et à ce fichu mois d'octobre.

9 octobre 2008

Lullaby

Aujourd'hui, deux bonnes nouvelles.

La première, c'est que Sandy a accouché hier en fin d'après-midi de sa petite fille. Je suis allée la voir à la maternité cet aprèm. Et je ne suis pas peu fière d'avoir été la première à la découvrir ! D'ailleurs, son Papa attend mes photos sur le pied de guerre pour ce soir... :-)

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La deuxième, c'est le prix Nobel de littérature attribué à Le Clézio. Je sais que C. doit être heureuse aussi. J'ai découvert cet auteur grâce à elle, et je ne suis pas mécontente qu'un véritable écrivain français revienne sur le devant de la scène internationale. On voit tant d'écrivaillons être encensés...

le_clezio01

Voilà.

Tout le reste n'est que littérature...

8 octobre 2008

Leçons de classe

Hier soir, je suis allée voir Master Class Maria Callas, pièce qui avait été jouée initialement par Fanny Ardant, mais dont le rôle a été repris par Marie Laforêt (mise en scène de Didier Long). C'était au théâtre de Paris, un très beau lieu, quoique les sièges fussent parfois vétustes malgré leur confort apparent.
La pièce était plutôt longue : 20h30-23h10, avec 20mn d'entracte. Mais je n'ai pas vu le temps passer. Beaucoup de gens ont été désarçonnés par la mise en scène, car ils semblaient s'attendre à entendre Marie Laforêt chanter des arias... Ce qui est impossible, et qui ne colle pas au dessein de la pièce : il s'agissait de reproduire assez fidèlement les cours que La Callas a donné à la fin de sa vie (après avoir été répudiée et "virée" de la Scala...) à de jeunes chanteurs d'opéra venus des quatre coins du monde.Nous sommes en 1972, et elle a "perdu" sa voix.
Les erreurs de langue de Callas (elle parlait quand même couramment grec, français, anglais et italien...) ont été laissées intactes ("le trape nigauds" par exemple), ses invectives aussi, sa rage, son désespoir, sa volonté, son humour qui taille en pièce; tout était là. Et c'est sans doute ce qui m'a touché : je savais que Callas n'était pas devant moi, mais j'avais l'impression de m'en rapprocher encore un peu plus.
D'autant que lorsqu'elle crie sa douleur face à son physique qui n'était pas celui d'une jeune première ("Quand je chante, quand je suis sur scène, je ne suis plus grosse ni laide !"), je m'y retrouve pas mal ("Quand je fais cours, je ne suis plus grosse !"). Oui, l'analogie pourra paraître pédante et/ou outrancière à certains, mais peu m'importe.
Admiratrice dès mon adolescence, j'ai toujours été fascinée par ce bourreau de travail, par son perfectionnisme et ses failles si terriblement humaines, dérangée par la cruauté de son entourage et par ce destin hors du commun, tant sur le plan du succès que des souffrances subies...

Cette femme a tout donné, et exigeait qu'on le reconnaisse, qu'on sache entendre, c'est-à-dire recevoir. Beaucoup de passages au cours de la pièce sont déchirants de vérité et de sincérité car on y voit la complexité de La Callas, son humanité, ses contradictions, sa soif de vaincre, sa lassitude, aussi...

J'ai toujours pensé -et je pense encore- être née un peu trop tard : j'aurais payé n'importe quel prix pour la voir en concert, juste une fois (et pour voir Brel, ainsi que Barbara à l'apogée de leurs carrières respectives, entre autres).Il me reste les enregistrements, au grain d'imperfection particulièrement touchant, qui me bouleversent autant à chaque écoute, malgré les années qui passent : j'ai l'estomac et la gorge noués d'émotion devant une telle beauté.

Quand j'écoute La Callas, je crois encore en l'humanité, puisqu'elle est capable de produire cela.


Maria Callas - Norma - Casta Diva

 

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