Extrait d'un article du Monde, de Christophe Jakubyszyn :
"Depuis son retour de sa croisière au large de l'île de Malte, le
président élu s'est installé rue Saint-Dominique, dans un bâtiment de
la République, annexe de Matignon, pour consulter et réfléchir à la
constitution de son gouvernement. Car, pour son premier acte de
président, Nicolas Sarkozy a choisi de frapper fort. En redécoupant les
ministères, il veut en profiter pour réformer l'Etat, éliminer les
doublons, réduire le nombre de fonctionnaires. "Depuis 48 heures,
les grandes directions des ministères ont réalisé qu'elles vont se
faire bouffer, on croule sous les contre-propositions", rigole un des artisans du "grand redécoupage".
A
titre d'exemple, une partie des douanes devrait rejoindre le ministère
de l'intérieur (environ 10 000 agents sur 20 000), la direction du
travail, qui s'occupe des relations sociales et du droit du travail, va
être rattachée à Bercy et au futur ministre de la croissance et de
l'emploi. "Ça va permettre à des dizaines de milliers de fonctionnaires de mieux appréhender la réalité économique", glisse un conseiller.
Mais aussi de découvrir quelquefois "leur double dans le ministère d'en face", ajoute-t-il. Car la forteresse Bercy a souvent doublonné l'organisation des ministères dépensiers : "D'un côté un fonctionnaire qui dépense, de l'autre un fonctionnaire qui empêche de dépenser",
résume un connaisseur des arcanes de l'Etat. Une autre partie de Bercy
- le Trésor, la dette et la macroéconomie - serait fusionnée avec les
directions s'occupant de la Sécurité sociale, notamment de
l'élaboration de la loi de financement de la Sécurité sociale, le reste
du ministère de la santé fusionnant avec les sports. Ce nouveau
ministère des "comptes" pourrait être confié à un UDF, en gage
d'ouverture.
Des ministères importants pourraient disparaître,
comme l'agriculture et la culture. Cette dernière serait rattachée à
l'éducation nationale pour promouvoir l'enseignement artistique à
l'école."
