Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Prof et plus si affinités
Publicité
Archives
Prof et plus si affinités
22 mai 2006

Ladies and gentlemen

The winner of the Eurovision 2006 is....

lordi_2

Finland, with Lordi, "Hard rock Hallelujah" !

lordi

(Je trouve absolument extraordinaire que la Finlande accepte d'envoyer un groupe aussi peu orthodoxe au concours de l'Eurovision, mais encore plus incroyable qu'ils aient gagné ! Quelle baffe magnifique à tous les refrains sirupeux dégoûlinants ! Y aura-t-il un "après Lordi", qui rendra ce concours kistchissime un tant soit peu plus intéressant ?)

Publicité
22 mai 2006

I'm in

Retour de D2 hier soir vers 20h30. Longue journée, plutôt harassante : tir + vent + frisson des matches. Nous sommes partis samedi vers 10h, et le voyage n'était guère rassurant pour l'équipe : la voiture bougeait tant il y avait du vent, et la pluie se faisait brutale.
Nous avons quand même décidé de tenter l'entraînement officiel une fois sur place. Les arbres étaient couchés.

dscf2648 Rafales à 75km/h en moyenne. De la folie. Nous avons tiré trois ou quatre volées, dont deux en tourniquet (archères en alternance, comme pour un match de duel). A notre grande surprise, les flèches arrivaient en cible. Mais à quel prix... Angoisse pour le tir compté du lendemain. Même les organisateurs, pourtant habitués à une météo difficile, étaient pessimistes (ils n'ont pas pu installer les barnums et devaient être à quatre pour fixer un blason de 122cm en cible...). dscf2646
Le dimanche matin, je crois que  nous avons attendu et les fortes rafales, et la pluie. On sentait que tout le monde était crispé. Pourtant, j'ai pris du plaisir et j'ai eu l'impression de plutôt bien tirer. Les points ne suivent toujours pas (je finis à 450 sur 720), ce qui m'a un peu déçue. Le vent était très pernicieux car tournant et jamais au même endroit. Difficile à gérer, d'après de nombreux échos, mais je n'en ai pas souffert plus que ça. dscf2665
Repas du midi en abri, heureusement. La pause est courte (45mn), avant de reprendre en duels. Le premier match, nous le perdons assez naturellement car l'équipe en face de nous est forte (et que nous avons un léger stress ?). Score un peu faible, mais nous espérons nous refaire au suivant.
Malheureusement, un élément inattendu nous sape ce deuxième match. A., notre première archère, monte au tir. Le coach, soudain, lui dit : "Jaune ! Jaune !".  Elle ne comprend pas, et nous non plus. "Carton jaune ! Sors !" L'arbitre nous fait le coup deux fois. Pas le temps de rentrer dans de grandes discussions : nous avons deux minutes pour tirer six flèches, et la perte de temps est notable. Je suis placée en dernière position car je tire vite, et heureusement : je crois que mon dernier tube quitte mon arc dans les 15 secondes finales. Mauvaise volée, évidemment. A. s'énerve; il faut la calmer pour éviter le carton rouge et l'expulsion.
A rebours, nous savons maintenant que l'arbitre avait tort; il a fait un excès de zêle. Selon lui, A. aurait sorti sa flèche du carquois trop tôt, avant d'être sur la ligne de tir. Il nous a soutenu que la flèche ne pouvait être sortie avant d'être sur la dite ligne. Faux : on peut commencer à sortir la flèche, mais l'arbitre ne doit pas voir la pointe.
Nous n'avons  rejoué ni la volée ni le match, car on a étouffé cette injustice pour pouvoir continuer. Match au score minable : 111 pts (sur 240 possibles...). On tâche d'en rire car il nous reste un duel, puis le match de classement à affronter. dscf2661

Je ne sais encore comment nous avons fait pour revenir d'aussi loin, mais nous l'avons fait. L'équipe adverse nous prend 13 points d'avance sur la première volée. Nous finissons avec dix points d'avance, ce qui signifie que nous avons grignoté en trois volées 23 points ! Ma dernière flèche, retardée à cause du vent et tirée dans les dernières secondes est un 9, dont je suis très fière.
Il nous restait le match de classement, que nous avons gagné. Nous terminons à la 5ème place, miraculeusement (nous n'aurions jamais espéré un tel résultat après l'écueil des premiers matches).

dscf2654

20 mai 2006

Ronchon

La petite Vodka a passé le stade la puberté : elle est en chaleur malgré sa stérilisation. Roucoulements à foison, même si à 1h du matin je lui ai mis les fesses dans de l'eau froide. Elle avait presque l'air content. Cachou ne sait plus où donner de la tête pour la satisfaire. Bilan : une nuit atroce. Je suis lessivée.
Et le déluge qui m'accueille au réveil n'arrange pas ma mauvaise humeur. Savoir que je vais tirer par ce temps la D2, c'est le pompon.

deluge_g_ricault
(Déluge de Géricault, Louvre Edu)



Allez, peut-être qu'après une bonne douche ça ira mieux, qui sait ? (Je parle évidemment d'une vraie douche, pas d'un passage éclair dehors).

19 mai 2006

Like the wind

Lasse, le réveil aux coups de marteau piqueur.

marteau_piqueur


Mais il faut préparer le week-end à venir : deuxième étape de Division 2, annoncée sous la pluie, par 15°C maximum, avec rafales allant jusqu'à 80km/h... Rien de très encourageant, quoi. Pauvres petites flèches partant sous une puissance de 32 livres, pfiout, balayées par le vent et finissant dans l'herbe. C'est la pire des versions. Deux équipes du nord de la France seront "avantagées", car habituées à cette météo. Précision : nous allons tirer non loin de Lille. Départ demain matin, retour dimanche soir,  assez tard je suppose.


apache

 

 

Pour une fois, je vais essayer de faire quelques photos (pas avec le boîtier numérique, trop peur de l'abîmer).
Sinon, grosse réflexion pour l'organisation des stages handisport. Quelques courriers nécessaires.
Envie d'aller au magasin de déstockage Adidas, pour griller un peu la carte en profitant de l'excuse :  "C'est pour le tir à l'arc". Et pour fuir le bruit des travaux.
Se retenir.  Car les impôts veillent. Les vaches.

vaches

18 mai 2006

Rien de neuf

Puisque les "grands" sujets n'amènent pas de réaction, en voici un bien riquiqui :

Petite journée banale et tranquille : ménage du matin; livraison du climatiseur que ma mère m'offre pour cet été (record personnel à mon sixième étage : 37°C dans l'appartement, c'est-à-dire plus chaud qu'à l'extérieur...); quelques pirates pillés sur le net; vente en ligne de livres; courses de secours; dîner avec mon amie V. ce soir.

banal

Publicité
17 mai 2006

Triste constat

homophobie


PARIS, 17 mai (AFP) - Une homophobie primaire et souvent violente persiste en France, alimentée, paradoxalement, par l'acceptation croissante de l'homosexualité dans la société, selon l'association SOS homophobie, qui présentait mardi son 10ème rapport annuel, alors que la Journée mondiale de la lutte contre l'homophobie a lieu mercredi.

"Ce rapport, c'est aujourd'hui le seul outil qui existe en France pour une analyse quantitative et qualitative de l'homophobie", faute de statistiques policières, a assuré Julien Lemonnier, l'un des rédacteurs du rapport.

"Depuis 10 ans, on a bien sûr constaté une visibilité et une acceptation accrues dans la société et dans les médias", a reconnu M. Lemonnier. Il a évoqué le Pacs, la lutte contre les discriminations au travail, la pénalisation de certains propos homophobes, l'aggravation des peines pour agression à motif homophobe et la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde).

"Le débat actuel est un petit peu confisqué par tout ce qui est la thématique du droit au mariage et du droit à la parentalité"

"Le débat actuel est un petit peu confisqué par tout ce qui est la thématique du droit au mariage et du droit à la parentalité", a souligné le président de SOS homophobie, Flannan Obé. "Il ne faut pas oublier qu'une homophobie beaucoup plus primaire existe encore et continue à faire rage".

Selon le rapport, les "agressions physiques restent à un niveau élevé". Perpétrées à 49% dans les lieux publics, elles représentent 11% des 1.212 témoignages recensés par l'association en 2005, principale source du document.

"C'est une phase de transition", a affirmé M. Obé. "On est à une période charnière, où les gens se montrent de plus en plus", a-t-il ajouté, évoquant l'agression en avril de deux jeunes hommes qui s'embrassaient sous un abribus à Orléans.

"De la base jusqu'aux élites, les homophobes qui l'étaient de façon un peu latente et qui n'avaient pas besoin de l'exprimer plus que ça puisque la société l'était suffisamment, se sentent d'un coup presque menacés", a-t-il poursuivi.

"Des gens se sentent presque non seulement le droit, mais le devoir, de rétablir cet hétérocentrisme, c'est-à-dire la prédominance de l'hétérosexualité et que "non, ce n'est pas normal d'être homosexuel" et qu'on est uniquement tolérés, et qu'à la limite si on n'existait pas, ce serait mieux", a-t-il estimé.

L'association s'alarme de "la très importante progression des témoignages "mal de vivre", qui représentent "8% du total, le double de l'année dernière"

L'association s'alarme de "la très importante progression des témoignages +mal de vivre+", qui représentent "8% du total, le double de l'année dernière", qu'elle attribue à une "intériorisation de l'homophobie ambiante" ravivée.

"Le travail et la famille sont les principaux lieux d'expression de l'homophobie", avec respectivement 21% et 10% des témoignages, a ajouté M. Lemonnier.

"C'est juste une homophobie qui ne dit pas son nom. On ne va jamais être licencié ni mis au placard pour cause d'homosexualité, donc elle est toujours déguisée", a expliqué Marion Le Moine, autre rédactrice, ce qui la rend "extrêmement difficile à prouver".


drapeau_pink

17 mai 2006

Faute du jour

16_05_06_0946

17 mai 2006

Littérature buissonnière

belleseigneur

Albert Cohen, Belle du Seigneur,
Gallimard, Folio, 1120p., 9€


Parce qu'une jeune demoiselle m'y a replongée sans le vouloir... Un extrait de Belle du Seigneur, roman troublant-fascinant d'Albert Cohen :
"Attentes, ô délices, attentes dès le matin et tout le long de la journée, attentes des heures du soir, délices de tout le temps savoir qu'il arriverait ce soir à neuf heures, et c'était déjà du bonheur. Aussitôt réveillée, elle courait ouvrir les volets et voir au ciel s'il ferait beau ce soir. Oui, il ferait beau, et il y aurait une nuit chaude avec beaucoup d'étoiles qu'ils regarderaient ensemble, et il y aurait du rossignol qu'ils écouteraient ensemble, elle tout près de lui, comme la première nuit, et ensuite ils iraient, iraient se promener dans la forêt, se promener en se donnant le bras. Alors, elle se promenait dans sa chambre, un bras arrondi, pour savourer déjà. Ou bien, elle tournait le bouton de la radio, et si c'était une marche guerrière déversée de bon matin, elle défilait avec le régiment, la main à la tempe, en raide salut militaire, parce qu'il serait là ce soir, si grand, si svelte, ô son regard.
Parfois, elle refermait les volets, tirait les rideaux, fermait à clef la porte de sa chambre, mettait des boules de cire dans ses oreilles pour n'être pas dérangée par les bruits du dehors, bruits que cette belle pédante appelait des réducteurs antagonistes. Dans l'obscurité et le silence, couchée, elle fermait les yeux pour se raconter, souriante, ce qui s'était passé hier soir, tout ce qu'ils avaient dit et tout ce qu'ils avaient fait, se le raconter, blottie et ramassée, avec des détails et des commentaires, s'offrir une fête de racontage à fond, comme elle disait, et puis se raconter aussi ce qui se passerait ce soir, et il lui arrivait alors de toucher ses seins.
Parfois, avant de se lever, elle chantait tout bas, tout bas pour n'être pas entendue par la domestique, chantait contre l'oreiller l'air de la Pentecôte de Bach, remplaçait le nom de Jésus par le nom de l'aimé, ce qui la gênait, mais c'était si agréable. Ou encore elle parlait à son père mort, lui disait son bonheur, lui demandait de bénir son amour. Ou encore elle écrivait le nom de l'aimé sur l'air, avec son index, l'écrivait dix fois, vingt fois. Et si, n'ayant pas encore pris son petit déjeuner, elle avait soudain un borborygme de faim, elle se fâchait contre le borborygme. Assez! criait-elle au borborygme. C'est vilain ! Tais-toi, je suis amoureuse! Bien sûr, elle se savait idiote, mais c'était exquis d'être idiote, toute seule, en liberté.
Ou encore elle décidait de faire une séance de regardage à fond. Mais d'abord se purifier, prendre un bain, indispensable pour le rite, mais attention, engagement d'honneur de ne pas se raconter dans le bain comment ce serait ce soir, sinon on n'en finirait plus et ça retarderait le rite. Vite le bain et puis vite avec lui, vite la séance de regardage ! A cloche-pied parce qu'elle était heureuse, elle courait vers la salle de bains. Devant la baignoire lente à se remplir, elle entonnait de toute âme l'air de la Pentecôte.


Mon âme croyante,
Sois fière et contente,
Voici venir ton divin roi.

Après le bain, c'était le même cérémonial que pour le racontage. Volets fermés, rideaux tirés, lampe de chevet allumée, boules de cire dans les oreilles. Le dehors n'existait plus et le rite pouvait être célébré. Les photographies étalées sur le lit, mais à l'envers pour ne pas risquer de les voir d'avance, elle s'étendait, prenait la photographie préférée, lui sur le sable d'une plage, la recouvrait tout entière de sa main, et c'était la fête de regarder. D'abord, rien que les pieds nus. Beaux, bien sûr, mais pas follement intéressants. Sa main remontait un peu, découvrait les jambes. C'était mieux, beaucoup mieux déjà. Aller plus haut ? Non, pas tout de suite, attendre jusqu'à n'en plus pouvoir. Enfin, par petits coups, sa main se déplaçait, révélant progressivement, et elle se repaissant. C'était lui, lui de ce soir. Ô le visage, le visage maintenant, lieu de bonheur, le visage, son beau tourment. Attention, ne pas regarder trop. Lorsqu'on regardait trop, on ne sentait plus. Oui, le visage était tout de même le plus important, quoique le reste aussi, tout le reste, même ce qui, enfin oui. Lui, tout lui, de tout lui sa religieuse.
Elle se défaisait de son peignoir, regardait tour à tour son homme nu et la femme nue de son homme. Ô Sol, sois ici, soupirait-elle, et elle éteignait, pensait à ce soir, dès qu'il arriverait, leurs bouches. Mais elle n'oubliait pas, ne voulait pas oublier que c'était lui qu'elle aimait avant tout, lui, son regard. Et ensuite il y aurait ce qu'il y aurait, l'homme et la femme, poids béni, ô lui, son homme. Lèvres ouvertes, lèvres humides, elle fermait les yeux, et ses genoux se rapprochaient.
Attentes, ô délices. Après le bain et le petit déjeuner, merveille de rêvasser à lui, étendue sur le gazon et roulée dans des couvertures, ou à plat ventre, les joues dans l'herbe et le nez contre de la terre, merveille de se rappeler sa voix et ses yeux et ses dents, merveille de chantonner, les yeux arrondis, en exagérant l'idiotie pour mieux se sentir végéter dans l'odeur d'herbe, merveille de se raconter l'arrivée de l'aimé ce soir, de se la raconter comme une pièce de théâtre, de se raconter ce qu'il lui dirait, ce qu'elle lui dirait. En somme, se disait-elle, le plus exquis c'est quand il n'est pas là, c'est quand il va venir et que je l'attends, et aussi c'est quand il est parti et que je me rappelle. Soudain, elle se levait, courait dans le jardin avec une terreur de joie, lançait un long cri de bonheur. Ou encore elle sautait par-dessus la haie de roses. Solal ! criait cette folle à chaque bond.
Parfois, le matin, alors qu'elle était absorbée par quelque tâche solitaire, tout occupée à cueillir des champignons ou des framboises, ou à coudre, ou à lire un livre de philosophie qui l'ennuyait, mais il fallait se cultiver pour lui, ou à lire avec honte et intérêt le courrier du cœur ou l'horoscope d'un hebdomadaire féminin, elle s'entendait tout à coup murmurer tendrement deux mots, sans l'avoir voulu, sans avoir pensé à lui. Mon amour, s'entendait-elle murmurer. Vous voyez, mon chéri, disait-elle alors à l'absent, vous voyez, même quand je ne pense pas à vous, en moi ça pense à vous.
Ensuite, elle rentrait, essayait des robes pour décider de laquelle elle mettrait ce soir, et alors elle se regardait dans la glace, se régalait d'être admirée par lui ce soir, prenait des attitudes divines, imaginait qu'elle était lui la regardant, afin de se représenter ce qu'il penserait vraiment de cette robe. Dites, vous m'aimez ? lui demandait-elle devant la glace, et elle lui faisait une moue adorable, hélas gaspillée. Ou encore elle lui écrivait sans raison, pour être avec lui, pour s'occuper de lui, pour lui dire des phrases ornées, intelligentes, et en être admirée. Elle envoyait la lettre par exprès ou allait en taxi l'apporter au Palais et la remettre à l'huissier. Très urgent, disait-elle à l'huissier.
Ou encore, prise d'une terrible envie de l'entendre, elle lui téléphonait, après avoir renvoyé tous chats éventuels de sa gorge et fait quelques essais d'intonations dorées, lui demandait mélodieusement et en anglais s'il l'aimait, en anglais à cause de la domestique aux aguets. Ensuite, toujours en anglais et d'une voix céleste, elle lui rappelait inutilement ce soir à neuf heures, lui demandait s'il pourrait lui apporter cette photo de lui à cheval, et aussi lui prêter cette cravate de commandeur si jolie, thanks awfully, puis l'informait qu'elle l'aimait, et de nouveau lui demandait s'il l'aimait, et alors, la réponse ayant été satisfaisante, elle faisait à l'embouchure du téléphone un sourire de cadeaux de Noël. La conversation terminée, elle raccrochait, sa main gauche tenant encore une touffe de ses cheveux et l'effilant comme au temps de son enfance lorsqu'elle devait, fillette gênée, répondre à une grande personne. La touffe lâchée et les ondes d'émoi disparues, elle souriait de nouveau. Oui, elle s'était bien comportée, sans enrouements et sans embrouillages de timidité. Oh oui, elle lui avait plu ! Chic, chic !
Un dimanche, alors qu'elle lui téléphonait au Ritz, sa voix s'étant soudain enrouée, elle n'avait pas osé se racler la gorge pour l'éclaircir, de peur du son ignoble qui la déshonorerait, et il l'aimerait moins. Alors, sans hésiter, elle avait brusquement raccroché, avait chassé une famille nombreuse de chats, avait prononcé quelques mots pour s'assurer que sa voix était redevenue divine, avait téléphoné de nouveau et bravement expliqué qu'ils avaient été coupés, lui avait demandé s'il avait regardé sa photographie en se réveillant, et comment était-il habillé, ah en robe de chambre, et laquelle ? Et l'aimait-il ? Merci, oh merci, moi aussi tellement, et savez-vous, aimé, tout à l'heure je suis allée dans une église pour penser à vous, une église catholique parce qu'on peut mieux s'y concentrer. Dites, voulez-vous que je mette ma robe roumaine ce soir ou la soie sauvage ? La roumaine ? Très bien. A moins que vous ne préfériez la rouge que vous avez aimée, je crois. La roumaine plutôt ? Vous en êtes sûr ? Vous n'en êtes pas fatigué ? Bien, ce sera la roumaine. Dis, tu m'aimes ?
Le téléphone terminé, elle restait immobile, le récepteur à la main, charmée par lui, charmée par elle. Soudain, je me rappelle. Une autre fois, étant en train de lui téléphoner et sentant qu'elle allait éternuer, elle avait raccroché sans plus, afin de lui cacher cet autre bruit dégradant. Bon, assez, ça suffit."
Les amours d'Ariane et Solal, chef d'oeuvre ironique et littéraire, qui ont mis trente ans à être édités en poche. L'écriture est envoûtante; la subtilité des sentiments désarmante. A lire, résolument (pour des lecteurs déjà aguerris, il me semble).

16 mai 2006

Message temporaire

Voilà, je peux quitter AOL si je le désire sans aucun regret : toutes mes archives de l'ancien blog ont été basculées sur Canalblog ! La collection automne-hiver 2005 est enfin en ligne... ;o)

16 mai 2006

Save the world

palau

(Lu dans le magazine Géo)
La petite République de Palau, dans l'archipel de Micronésie, a mis dans sa Constitution la sauvegarde de la nature et de l'environnement. Cette dernière notion est au programme scolaire depuis dix ans...
Cet archipel est devenu le paradis des plongeurs tant la faune et la flore sous-marines sont belles. Les habitants font preuve d'une écologie sensible et intelligente (ils replantent eux-mêmes certaines espèces dans les fonds marins...).

 

Tout cela laisse rêveur, en notre pays dit "avancé", non ?

palau_2

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 > >>
Newsletter
19 abonnés
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 421 444
Publicité