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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
sentiments
1 juin 2010

Coeur mou

coeur_pages

Peut-on avoir le coeur mou ? C'est ainsi que je sens le mien.
La reprise de ce matin m'a paru extrêmement difficile -d'autant que j'avais fait ce cauchemar récurrent du prof cette nuit : les élèves ne m'écoutent pas, sont insolents, etc. Par ailleurs, Flûtine repartait aussi en fin de matinée, et cette séparation m'a semblé être l'une des plus dures, étrangement. Nous n'allons pas nous revoir avant deux semaines...
D'un autre côté, je suis tellement submergée au lycée que je vais avoir de quoi m'occuper : il me reste un paquet de copies de seconde, tous les bulletins des trois classes à remplir, le conseil à préparer (Kracoukass est en arrêt depuis mi mai et a prolongé jusqu'au 10 juin; on dit qu'il ne veut plus revenir...), les dossiers des premières à remplir, les programme à finir, les révisions à entamer, les oraux d'entrainement pour les élèves volontaires, les descriptifs que j'irai chercher lundi prochain et sur lesquels je devrai travailler...

A part ça, j'ai quand même encore perdu 1,4kg mais je ne le sens pas vraiment : tout cela devient du muscle, je crois.

Aujourd'hui, les inscriptions pour l'Agreg ont été ouvertes. Eh bien, voilà, je suis inscrite pour la session 2011. J'ai presque tous les livres du programme (une fortune encore à dépenser), et Tinette me coache.

Allez, je retourne à mes bulletins. J'aimerais vous parler un peu plus de ce qui me tourmente depuis l'enterrement vendredi (rien de très original, d'ailleurs), mais je tourne autour.

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27 janvier 2010

Révolution intérieure

L'attente de l'Autre est douloureuse depuis hier. Vraiment. Je sais le côté excitant de la frustration, mais là je dois gérer le manque, l'envie de la voir, de continuer à la découvrir, de parler avec elle autrement qu'au téléphone... Il me faut patienter encore deux semaines, et cela me semble intolérable.
Alors je m'accroche au quotidien. J'ai fait une sieste, corrigé cinq dissertations cet aprèm, je m'apprête à filer dans Paris pour une course (j'ai repéré un cadeau dans les soldes pour Flutine...), avant d'enchainer sur le cours du Louvre. Je n'ai guère envie de sortir dans le froid, mais cela me donne un but et m'occupera l'esprit quelque peu.
Mes élèves commencent un peu à s'inquiéter pour le Bac blanc (il était temps !) et me posent des questions ahurissantes du type : "On aura droit à vos cours et aux commentaires pendant l'épreuve ?" ou encore "Les examinateurs, ils prennent en compte l'horaire auquel on passe pour nous noter ? Nan parce que moi le matin, je ne suis pas en forme, vous voyez...". Mais oui bien sûr, et nous allons tous nous tenir la main, vous mettre 20/20 et chanter un cantique de louanges à l'Education Nationale...

Sinon hier soir, la pièce était très chouette. Elle portait sur la société de consommation et le monde de l'entreprise. Je crois qu'elle leur a plu. A moi aussi, d'ailleurs, même si j'étais épuisée en rentrant.

Bon allez, je finis mon thé Mai 68 de chez Fauchon, et je file dans la froidure, Ipod sur les esgourdes...

th__fauchon_mai_68

26 janvier 2010

En passant...

calimero_froid

J'ai ma journée dans les pattes, le coeur en bandoulière, la fatigue dans les yeux, le baume au coeur, et froid aussi, très froid. Je ne parviens pas à me réchauffer. Je suis un papillon en manque d'Elle, déjà...
Ce soir, en plus, j'emmène des élèves au théâtre alors que j'aurais voulu me coucher tôt. La sortie m'a été confirmée... ce matin à dix heures. Youpi.

Heureusement qu'il y a toutes ces/ses douceurs quotidiennes...

25 janvier 2010

Train-train is back

Au programme aujourd'hui

Ranger un peu l'appartement.
Repasser (ce soir devant la saison 3 d'Ally Mc Beal).
Préparer mes cours pour la semaine et peut-être corriger un peu.
Enfin rédiger ma liste temporaire de textes du Bac en prévision du Bac blanc.
Défaire le sapin de Noyel.
Abdos et gym du jour.
Rêvasser.
Ecrire ?
Sourire bêtement.
Aller m'acheter des cartouches bordeaux Mont-Blanc ?

Si le programme varie, je m'adapterai. Flutine va être très occupée cette semaine, il va falloir reprendre un rythme plus habituel... Pffff.

Edit de 18h20 : voilà, je me suis arrachée à l'écran-aimant pour cet après-midi, sinon j'aurais guetté des petits mots doux... Je suis allée dans Paris en scooter pour m'acheter des cartouches Mont-Blanc (je ne corrige qu'avec ça, donc pas de cartouches, pas de corrections, na !), des capsules Nespresso, un marqueur noir, et faire un tour chez Citadium. J'y ai trouvé un sac bowling de la marque Skunk Funk à -70% (contrairement à la photo, il est non pas noir mais dans les verts; à la fois chic et sport). Je me suis fait ce plaisir... Sinon, j'ai envie de refaire Noyel avec Flutine et de lui offrir deux trois choses... C'est grave, docteur ?

sac_skunk_funk

19 janvier 2010

No panic !

Je suis vivante, j'avais fugué, oui, et pas mal de choses se sont passées...  Je suis rentrée hier soir assez tard et j'ai trouvé tous vos messages inquiets.
Je développerai dès que possible, car le devoir m'appelle... La réalité revient au grand galop. Snif.

Koala450j

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14 janvier 2010

Flute, alors...

Parfois, la vie est surprenante. Voilà quatre jours et trois nuits que je communique avec une femme que je baptise Flutine ici. Nous ne nous sommes pas encore vues, mais nous savons en gros à quoi nous ressemblons. Les échanges durent et sont de plus en plus troublants, intimes. La connivence intellectuelle est parfaite pour l'instant... On se lit des textes au téléphone, en en parlant ensuite pendant des heures...
Je sens en écrivant ceci que certains lecteurs pourraient y voir une aventure glauque. Pourtant, très peu de femmes parviennent à me troubler. Flutine y parvient, et je me laisse faire. Je ne sais où cela me mènera, mais le principe même de l'aventure, au sens étymologique, est de se laisser porter par ce qui peut arriver...

Camille_Claudel_flutiste

Sculpture de Camille Claudel

En attendant, je passe mes nuits au téléphone sans voir le temps passer, mais les journées doivent contenir une sieste pour résister à la douce fatigue qui m'enveloppe.

A part ça, routine quotidienne au lycée : les STG sont toujours aussi déprimants et récalcitrants face au travail; il y a eu des vols pendant les TPE de ES; les secondes sont léthargiques; les réunions s'accumulent.

Je corrige lentement mes copies, comme d'habitude. La neige a fondu, le temps est au redoux, et je vais devoir rapporter avant dimanche, chez monamikea, le sapin de Noyel à recycler.

Allez, une petite chanson pour terminer, qui me fait penser à Virginia Woolf et Victoria Sackville-West...

12 janvier 2010

To meet somebody

Il y a des jours de rencontres, petites ou grandes.
Hier, une longue conversation téléphonique.
Aujourd'hui, un retour en arrière en retrouvant une ancienne "camarade de classe" qui me haïssait, et qui est devenue collègue. La vie est étrange, parfois.
Et puis toujours des rires avec mes copines de lettres.
En parlant de lettres, j'en ai trouvé une à l'écriture nouvelle en revenant du lycée. Une lettre inattendue et pourtant espérée.

Il y a des jours où l'espoir emballé initialement dans des mots, prend la forme du réel...

3 décembre 2009

Sexytude zéro

DSC_0327

Ce matin, je me suis réveillée les cheveux dans les yeux, les bras repliés sur l'oreiller, avec Clochette endormie près de ma tête, retenant de ses pattes douces mon poignet. C'était bon d'émerger ainsi, alors que les rêves de la nuit avaient été perturbants (sans faire de psychanalyse de bazar, ils expriment tout bonnement mes inquiétudes sur mon physique, ma capacité à plaire, mes égarement sentimentaux...).
Cloch a poursuivi le câlin en se glissant sous la couette, contre moi. Son ronronnement résonnait délicatement jusqu'à mon oreiller. Le noiraud nous a rejointes, en s'installant sur mon flanc.
Je me suis levée au bout d'un certain temps, en évitant de penser à toutes les corvées que j'ai à faire.
Mon hésitation du jour porte sur mes activités : copies, achat de sapin, courses Karouf, parapharmacie, cours ?

Je commence aussi à angoisser sur cette maudite période de fêtes. Ne vous méprenez pas : j'adore Noyel, les décorations, les lumières, tout ça. Mais je n'ai rien à fêter. Ma mère vit avec un homme que je n'apprécie guère, et avec qui je n'ai jamais voulu passer Noyel. Pourtant, je n'ai plus qu'elle comme famille.

C'est sans doute ce qui me noue : ne plus pouvoir me reposer sur quelqu'un d'autre en ces moments-là. Et me dire que le jour où je perdrai ma mère, je serai seule. Complètement seule.

Je ne prends guère soin de moi depuis quelque temps. J'entends par là que je me néglige pas, mais que je n'ai pas l'impression non plus de me mettre en valeur. D'habitude, je rends mes pieds tout doux, j'utilise des soins pour mes cheveux, je mets même parfois du lait à la figue pour le corps, je me passe de la crème pour les mains le soir... Je n'en ai pas envie. Je me dis sans doute que je n'ai à plaire à personne, ou que je ne plairais à personne. Comme nous disions avec Sandy à une époque, ma "sexytude" est à plat. Zéro pointé.

Cependant, et c'est contradictoire, j'en ai conscience, je ne me pose guère la question au lycée. Je reconnais sentir parfois des bourrelets disgrâcieux; je tire sur mes pulls pour qu'ils en montrent le moins possible, mais je doute que mes élèves sentent cette gêne. J'ai l'air très à l'aise avec mon corps. J'ose les couleurs, parfois une jupe ou une robe, je porte quelques bijoux, et de temps à autre je fais claquer mes talons sur l'estrade.

Renoir_crayon

Dessin de Renoir

Alors quoi ?

Alors je me disais récemment que si l'un d'eux me posait une question du genre "Vous êtes mariée, m'dame ?", je serais bien embêtée de passer pour la vieille fille de service. Avant, je pouvais entretenir le suspense (si je décidais de répondre) avec un "Non, je suis pacsée". Cela résolvait pas mal de choses.

Aujourd'hui, je ne suis qu'une femme de 34 ans, vivant avec ses deux chats, joignant les deux bouts de façon hasardeuse, recevant l'aide financière de sa mère régulièrement, et angoissant pour les fêtes...

17 octobre 2009

Une surprise par semaine !

Quelque chose d'étrange m'est arrivé ce matin,  à la fin de mes deux heures de cours avec les ES. Amouna, élève un peu dissipée et souvent en franche camaraderie avec un groupe de garçons hâbleurs, est venue me voir. Elle a patiemment attendu que le dernier élève, le plus lent, sorte de la salle. Elle avait l'air embarrassé.
Elle m'a demandé si je serais d'accord pour qu'intervienne en cours une association, et qu'elle préférait me le demander à moi plutôt qu'à l'administration directement. Forcément, je demande quel type d'association. "Une association contre l'homophobie".

symbole_femme

Et pas la moindre, apparemment : la LGBT. Amouna a un contact dans l'association, qui a l'air de connaître les procédures : le lycée doit inviter des intervenants extérieurs à entrer dans l'enceinte de l'établissement, avec une autorisation. J'avais remarqué des rainbow flags (elle semble ignorer le sens de la chose car elle découvrait l'expression dans ma bouche, même en lui montrant sa dernière copie parsemée d'arc-en-ciel) et le symbole de la femme, disséminés sur sa trousse ou ses feuilles...
Je ne m'avance pas trop, et dis qu'il me faudrait plus d'informations si je veux parler en plus hauts lieux de cette idée.

Avant de sortir de la salle, je lui demande, en précisant bien qu'elle n'a aucune obligation de me répondre, pourquoi elle s'investit dans ce type de lutte et d'association. C'est une fausse question et je le sais, mais Amouna ne s'en doute guère, je crois. Elle bafouille, rougit comme un coquelicot, et me fait deviner qu'elle est gay. Les seuls mots qui ressortent de son embarras, sont "Ben... moi...", accompagnés d'un geste de la main.

Je lui dis qu'elle peut me parler quand elle le veut, si elle me comprend bien. Je la rassure en banalisant l'aveu, et pour cause.

Ceci étant, je descends les escaliers en souriant, dans un premier temps : la confiance qu'elle me porte en moins de deux mois de cours est touchante et flatteuse, surtout que je ne suis pas prof principal de la classe. Mais que faire de cette bombe à retardement concernant l'association ? Justement, je ne suis pas PP. Je ne suis pas l'infirmière, non plus. Et encore moins CPE ou CO PSY.

Je n'ai pas non plus souvenir d'avoir parlé d'homosexualité en cours, ou de tolérance à cet égard. Alors pourquoi Amouna m'a-t-elle choisie ? Ai-je été percée à jour sans le vouloir, contre mon gré ? A-t-elle déjà ce fameux gaydar que je n'ai pas ? Damned !

Il me reste deux ou trois alternatives : m'assumer et revendiquer le droit des homosexuels au sein du lycée ou me montrer gay friendly, comme on dit. Cela me créerait une sacrée réputation, là... Ou bien refiler le bébé et l'eau du bain à autrui, ce qui ne me convient guère non plus : si Amouna s'est adressée à moi, et qu'elle est sincère, elle m'a tendu une perche, que je ne peux décemment laisser tomber sans rien faire. Ou encore essayer de lui parler à part, afin de savoir ce qu'elle veut vraiment au travers de cette intervention, qui pourrait aussi la mettre en porte-à-faux dans la classe ou le lycée : elle est arabe ET gay... Dernière solution, que je dois envisager même si cela ne m'arrangerait guère : je lui plais... :-s

Bon, vivement les vacances, que je ne doive pas gérer un Jack-in-the-box toutes les semaines...

jack

13 octobre 2009

Pacse-moi

pacs

On parle beaucoup des dix ans du Pacs, en ce moment. Dix ans. C'est peu et c'est beaucoup. J'entends partout les fameux pourcentages sur le nombre de couples hétéro (95% l'an dernier) face aux couples homo pacsés. Sur les dépacsages (16%, contre 45% de divorces), aussi.
Comme s'il fallait se justifier sur le succès du Pacs. Ou se positionner absolument face aux hétéros. Et puis c'est si rassurant de se dire que 95% des Pacs l'an dernier ont été contractés par des couples "standards"...
Et bien moi, cela m'agace de rentrer dans les statistiques qui rassurent les bonnes gens : je suis dépacsée de cette année. Je n'ai toujours pas ouvert le courrier qui l'officialise. Oui, c'est très facile comme démarche à effectuer. Et c'est aussi personnel et enthousiasmant que lors de la signature du pacte entre deux personnes qui s'aiment : froid, distant, mécanique.

Oui, j'ai quitté S. et j'ai donc rompu le contrat de moi-même, implicitement. Nous allions vers nos cinq ans de Pacs. Six en novembre. Que les homophobes se réjouissent, donc.

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