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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
politique
16 octobre 2011

Petites douleurs, petits bonheurs

Il fait grand beau sur Paris, nous avons même déjeuné sur le balcon. Avant, nous sommes allées à la piscine. Je suis assez peu fluide dans cet élément, mais je parviens à améliorer un peu les choses : j'ai fait 27 longueurs de 25m en 45mn. Ne riez pas : pour quelqu'un qui a peur de l'eau, c'est l'équivalent des championnats du monde, là.

Nous alternons petits joggings et piscine depuis que Flûtine est là, alors que nous sommes moyennement en forme mais cela fait le plus grand bien.

Et avant la piscine, j'ai voulu voter pour le second tour des primaires. (Je n'avais pas pu y aller au premier tour, passons) J'arrive, et j'annonce que je suis en attente de ma nouvelle carte d'électeur, ayant fait la demande sur le site du service public. Et là, gros hic : comme je n'existe pas encore dans ma ville, et que je n'existe plus dans l'ancienne (ils m'avaient radiée des listes sans que je le sache), je n'ai pas pu voter. Cela fait deux fois que je suis frustrée dans mon droit civique. Je suis en colère contre moi-même parce que j'aurais dû m'inscrire bien plus tôt sur les listes, mais aussi contre cet empêchement de pouvoir voter alors que je le veux.

A part ça, nous sortons aussi au théâtre : nous avons vu vendredi La Douleur de Duras avec Dominique Blanc. J'étais très fatiguée, et j'avais du mal à me concentrer. Ou alors c'était une défense de ma part : ce texte m'avait bouleversée quand je l'avais lu il y a des années. D. Blanc est évidemment impeccable, aussi rigide que les mots l'imposent. J'attendais peut-être trop de cette pièce dont j'avais beaucoup entendu parler : cela m'arrive souvent d'être un brin déçue face à une oeuvre trop admirée.

douleur duras

Et hier soir, Flûtine m'a invitée à une représentation de Derniers remords avant l'oubli de Lagarce (pièce au programme de l'agreg). C'était la deuxième mise en scène que je voyais de ce texte, ce qui m'a permis de le découvrir encore autrement, et d'apprécier certains points, certains traits. Je reste cependant sur ma position initale : Lagarce est intéressant, vraiment, mais de là à le choisir pour un programme d'agrégation... J'y vois un laboratoire du langage (comme Robbe-Grillet l'an dernier, me direz-vous) mais je ne ressens pas d'émotion particulière, ou de plaisir de la lecture. Lagarce me semble être fait pour être joué, et non lu.

Ce soir, séance de travail avec Asa et Tinette, ce qui nous fera le plus grand bien : non pas de travailler, mais se voir. Nos semaines ont été difficiles, pour diverses raisons : le blocus (qui a continué jusqu'à vendredi...), l'enterrement de leur ancienne collègue et surtout amie...

Je n'ai jamais vécu ce type de deuil, celui de quelqu'un que l'on a choisi de faire entrer dans sa vie, et qui nous a choisi également. Y penser me noue, et me renvoie à d'autres décès, d'autres douleurs, dont celle liée à mon père, évidemment...

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25 août 2011

Babillage

Hier, j'ai investi dans des ouvrages pour mes élèves mais aussi pour moi : puisque Médée de Corneille est au programme de l'agreg, je vais travailler cette pièce en seconde et en première. Il y aura aussi Sarraute et Reza sans doute. Car oui, j'ai la tête un peu moins en vacances : j'ai repris le travail par anticipation.
J'ai aussi acheté un livre pour Flûtine et moi : La cuisine des écrivains. Rien qu'à l'idée de lire des textes littéraires sur le sujet, je me réjouis. Et puis il me fallait autre chose que des lectures pour le lycée.
Je ne sais si j'ai épuisé mon stock de rêves/cauchemars concernant celui-ci pendant les mois de juillet et août, mais pour l'instant, ça va à peu près.

harry-potter- maggie smith

Après mes achats zintellectuels, j'ai filé à Opéra pour enfin voir le dernier Harry Potter. J'étais contente de parvenir à retourner seule au ciné. En dehors du fait que j'ai failli avoir une attaque en payant ma place 10,50€, j'ai apprécié ce moment.

En attendant ma séance, quelques personnes sont sorties d'une salle et l'une d'elles était à classer dans les médailles du concours de lapalissades (et de suffisance ? de naïveté ? de bêtise ?) : "Elle est magnifique, elle est comme moi : naturelle !", "Il faut le voir en entier, ce film !", "Génial, ce film ! Et les acteurs jouent, jouent, jouent ! Y'en a marre des effets spéciaux.", "Il est au-delà du jeu. J'applaudissais.", et "J'aime bien discuter avec quelqu'un qui a aimé le film".

Quant au film, il ne m'a pas déçue : j'ai été émue à deux moments bien précis, et j'ai apprécié que ce ne soit pas une simple bataille rangée, pleine de bruit et d'action. Cependant, j'ai trouvé le personnage de Harry moins proche, et sa "résurrection" très peu crédible (et non convaincante). L'actrice Maggie Smith me réjouit toujours autant, en revanche.

Quand Flûtine sera là, nous irons voir La Piel que habito grâce à France inter qui m'a fait gagner des places, mais j'ai des doutes sur mon enthousiasme face à ce film qualifié de "chirurgical"...

Sans transition, j'aime beaucoup la une de Libération aujourd'hui : "Se renier plus pour rogner plus", concernant la politique de rigueur pour les mois à venir. Tiens, ça me fait penser que je dois payer mes impôts. Quand je pense que certains riches demandent à être taxés et que le gouvernement cherche à se les mettre dans la poche...

14 octobre 2010

Bloque us !

Aujourd'hui, les élèves du lycée ont bloqué l'accès à l'établissement. Je ne sais qu'en penser, mais je crois surtout qu'ils ne savent pas trop pourquoi ils font cela. Leur slogan était unique : "Blo-cus ! Blo-cus ! Blo-cus !"
Donc ce matin, la plupart des professeurs (dont moi) étaient enfermés au sein de l'établissement, mais aucune entrée n'était non plus possible. Il y a eu des oeufs, un chef blessé, un car de police, des cris, et ensuite, le grand silence...
Demain, il parait que ça recommence.
Mais cet après-midi, j'avais quand même la moitié de ma classe de minettes, et ça, c'était un miracle ! Elles sont revenues juste pour moi. Je pense que j'étais quasiment la seule à faire cours dans tout l'établissement, ce qui est une expérience étonnante à vivre.
A part ça, les discours de certains syndicalistes deviennent pénibles car ils cherchent à nous culpabiliser et je n'aime pas cette méthode. Comme si ne pas être radical, c'était ne pas être engagé...

Sinon, Flûtine commence à beaucoup trop me manquer; je suis allée me faire faire une petite coupe chez le coiffeur hier soir pour me sentir jolie, et pas seulement "cerveau".

Les copies s'amoncellent, je corrige un peu au lycée dans les heures creuses, et j'ai lu La Jalousie de Robbe-Grillet en deux fois cette semaine, sans savoir si c'était pire ou mieux que Les Gommes.

tnt

Ah et puis c'est dérisoire, mais je me suis équipée d'un boîtier TNT pour pouvoir continuer à regarder C+ en clair, et cela m'apporte d'autres petites joies : regarder des séries ou des films en VO, avec ou sans sous-titrages. Et ça, c'est génial !

17 septembre 2010

J'aime pô la réforme des secondes paske :

r_forme_patate

1) Les élèves sont rincés en fin de journée et leurs emplois du temps sont effrayants. En effet, deux demies journées sont bloquées pour les enseignements d'exploration (qui n'ont pas débuté car c'est une horreur à mettre en place), donc le reste des matières est casé sur le reste du planning. Bilan : ils sont là de 8h à 17h, tous les autres jours, sans pause en dehors du déjeuner. Je n'ose imaginer dans un mois ou deux, ce que cela va donner en cours... On a déjà du mal.

2) Je ne vois jamais mes copines. Impossible de parler d'autre chose que du boulot, actuellement.

3) Je ne peux répondre aux questions de mes élèves, dont je suis PP...

4) Ce sera pareil pour les parents. Super, la crédibilité.

Sinon, je me découvre sous un autre jour en cours. Et je tâtonne, je cherche la nouvelle prof que je suis. Expérience intéressante.

Demain, journée complète de cours à la fac, puis tir, puis soirée avec Pumpkin. Piouh !

7 septembre 2010

Destrier à plat

Disons-le tout de go : je m'angoisse pour la rentrée, mais tout va bien c'est normal. Demain matin, je vais expérimenter le bloc de cinq heures d'affilée.
Dès la semaine prochaine, ça donnera un mercredi 8h-18h non stop. Gloups.
Heureusement, l'adjoint -que j'ai vu ce matin- m'arrange quelque peu mon emploi du temps. Ce n'est pas Byzance, mais c'est bien mieux : le vendredi aprèm sera libéré (à partir de fin septembre).
Je ferai cours sur de gros blocs. Tant pis.

Et puis sinon, j'étais à la manif aujourd'hui. Je peux vous affirmer que le chiffre de 80.000 personnes à Paris est faux : nous étions bien plus. Il a fallu doubler le défilé tant il y avait de monde, et mes collègues et moi-même n'avons jamais vu notre bloc enseignants arriver. C'est dire.

Sinon, au retour, j'ai constaté que j'avais perdu mes clefs de scooter. Je ne sais ni à quel moment, ni comment, ni où. Ma seule crainte : les avoir oubliées sur le top case. Résultat : je suis rentrée en bus, et je devrai retourner le chercher demain avec le double des clefs. En espérant qu'il n'ait pas été volé...

Là, pause télé pour me vider la tête. Bonne soirée à tous !

(Photos de la manif peut-être à venir !)

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14 mars 2010

Vote etc

Je viens de finir de prendre mon petit-déjeuner, il fait gris dehors, j'anticipe mon programme du jour.
Hier soir, j'étais invitée chez une jeune collègue pour sa crémaillère. J'ai décliné l'invitation : je ne me sentais pas d'être au milieu d'une vingtaine de personnes inconnues dans un deux pièces. Et puis je l'aime bien cette collègue, mais je sens que je ne passerai pas le stade de la camaraderie avec elle. Autant avec mes copines du cercle littéraire (autrement dit le "G5"), cela coulait de source pour moi, autant là, j'ai un frein (sans trop savoir lequel, d'ailleurs).
J'avais donc décidé de repasser tranquillement devant quelques épisodes d'Ally Mc Beal. Le repassage, passé à la trappe hier soir, va donc être fait aujourd'hui.
Ensuite, et bien évidemment, je dois aller voter dans mon ancienne commune de résidence (je n'ai pas encore véritablement investi ma "nouvelle" ville et donc pas fait les démarches pour être inscrite ici). J'ai fait un cours en ECJS vendredi sur les régionales pour expliquer l'importance de ce vote dans notre vie quotidienne. Je lis partout que l'on craint les 50% d'abstention (rien de tel pour que ce soit le cas et que les gens s'habituent au chiffre). Cela me désespère et me mettrait presque en colère -chose rare chez moi, réellement. Quand je pense aux Irakiens qui se sont déplacés par millions sous les bombes, affrontant les attentats des extrêmistes pour aller voter, certains y laissant leur vie, je me dis que vraiment, ce confort de l'électeur français est un luxe que beaucoup oublient.
Depuis que je suis en âge de voter, je n'ai raté aucune élection. Enfin, un seul tour pour une régionale, à cause d'un accident de voiture dont j'ai réchappé par miracle, ce qui me paraît être une assez bonne excuse. Systématiquement, je ressens une grande fierté et presque un "pouvoir" d'être une femme dans un pays libre, qui a le droit de voter. L'image, le symbole peuvent sembler galvaudés aux yeux de certains, mais je pense toujours à celles et ceux qui se sont battus pour ça.

Par ailleurs, j'aimerais cuisiner aussi en ce dimanche : fondue de poireaux, compotée de pommes vapeur, pain perdu allégé.

Enfin, je dois ranger le linge propre, changer les draps, préparer trois contrôles de lecture et revoir mes cours.

Sinon, et cela n'a rien à voir avec mon dimanche -quoique-, je pense à Jean Ferrat, le poète engagé qui est parti aussi délicatement que possible hier. J'aimais beaucoup, en collège, faire étudier et écouter aux élèves "Nuit et brouillard" dans le cadre de la poésie engagée.

On m'a "offert"  un texte d'Aragon que j'aimerais mettre ici, mais il est un peu long. Alors cliquez sur le lien...

ferrat

Edit de 13h : furax, dépitée, verte, déconfite. Voilà les mots qui me viennent à l'esprit. Tenez-vous bien : moi qui prône l'importance du vote, moi qui voulais lutter contre le taux d'abstentionnisme, tout ça, je ne peux voter. J'ai été radiée des listes électorales de mon ancienne commune. La raison est floue, mais l'on suppose que c'est à cause du retour des courriers électoraux, étant donné que j'ai déménagé. Seul souci : aux dernières élections, j'avais pu voter sans problème. Je suis en colère contre moi-même parce que je ne me suis pas inscrite dans ma ville, certes, mais surtout en colère contre ce système expéditif. Je ne ferai même pas partie des pourcentages d'abstention ! Je ne suis même plus électrice. Quel camouflet !

11 décembre 2009

Devoir de mémoire

Avant de filer pour une journée chargée avec les STG, il fallait bien qu'à un moment ou à un autre, je parle de ça...

histoire_patate


Supprimons Luc Chatel !

 

16 novembre 2009

Intellectuels engagés, unissez-vous !

Etant donné que je ne veux pas "lâcher l'affaire" comme diraient certains de mes élèves, je décide de publier ici un excellent article de Christian Salmon dans le Monde, qui résume parfaitement ce que je ressens. Ma peur, ma colère sont dans cet article (au format Word juste après ou bien voici son lien) : Article_Monde_Raoult

Un appel d'écrivains a été par ailleurs lancé.

Et histoire de sourire malgré tout cela, voici une parfaite illustration de la chose en patates. Merci au génial Martin Vidberg.

goncourt_patates

Un autre article, encore plus théorique et particulièrement dérangeant  -pas écrit par n'importe qui non plus : Tzvetan Todorov- me réjouit. Je suis heureuse de lire enfin ce que je ne parviens pas à exprimer, et de constater que ces articles sont en tête des textes les plus lus et les plus commentés.

Faites passer, ça fait du bien, même si ça fait mal...

14 novembre 2009

Il était un petit avion

babar_avion

Un pavé dans la mare, histoire de diffuser l'info... : c'est ici.

Et sinon, qu'est-ce qu'on fait quand on a mal et qu'on ne peut en parler à personne, ni expliquer pourquoi sur son blog ?

20h10 : Je vais m'engouffrer dans la tempête puis dans le métro pour rejoindre Emy, somewhere un the city...

11 novembre 2009

Ecris mais tais-toi

J'avais déjà du mal avec le fameux débat sur l'identité nationale, aux commentaires ultra modérés.
Mais là, j'ai découvert avec stupeur aujourd'hui ce qu'un député UMP avait osé demander à Marie NDiaye, prix Goncourt 2009 (et au ministre de la culture) : obéir à un droit de réserve parce qu'elle a quitté la France pour aller vivre à Berlin après l'accès à la présidence de N. Sarkozy, qu'elle avait critiqué assez ouvertement mais de façon plutôt feutrée, je trouve.
Les relents nationalistes aux accents pétainistes ou frontistes, l'horreur des termes choisis par ce député, l'image de la France réclamée par ce dernier, et le rétro pédalage absolu d'un gouvernement français à l'égard de ses artistes, me dégoûtent. J'en ai des frissons de peur.
Je ne pensais pas connaître cela de mon vivant. L'artiste, en France, a toujours été auréolé de sa liberté d'expression et n'a jamais eu besoin de justifier ses positions politiques, sauf lorsqu'elles étaient retorses (je pense à Drieu La Rochelle, par exemple, et encore).
Mais des gens comme Zola, Eluard ou Sartre se sont engagés politiquement, sans qu'on vienne leur dire : vous ternissez l'image de la France et vous devez vous taire. Vous devez vous taire...

censure

On a pu leur reprocher leur engagement, mais jamais ces airs de censure ne sont venus taquiner les prix littéraires.

La réponse de Pivot a été magistrale, je trouve : "Le devoir de réserve qu'il [Raoult, député UMP] invoque n'a jamais existé, n'existe pas et n'existera jamais, pas plus pour le lauréat du prix Goncourt que pour le lauréat du prix Nobel de littérature".

Et celle de Marie NDiaye sur le président aussi : "Je ne crois jamais qu'un seul homme puisse faire un pays."

Français, tremblez : on marche sur toutes vos valeurs et la censure s'étend. Après la presse écrite, la télévision, les prix littéraires, les pancartes lors de manifestations ("Casse-toi pauv' con") ou les petites phrases aux airs innocents ("Sarkozy, je te vois !"), quoi d'autre ?

Edit du jeudi matin 8h15 : Marie NDiaye maintient ses propos, suite à la découverte de ceux d'Eric Raoult. C'est beau, quelqu'un d'engagé.

Edit de 9h30 : Et le ministre de la culture, qui s'était pourtant prononcé aussi sec sur l'affaire Polanski, décide qu'il n'a pas à se prononcer dans ce cas... Son oncle doit se retourner dans sa tombe.

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